QUATRE VINGT SEIZIEME JOUR : LE 2 FEVRIER 2018
Ce matin c'est le téléphone qui nous réveille à
5h30 : cela fait quelques jours que nous recevons des appels de France à
cette heure matinale mais comme d'habitude je suis déjà au turf , ça ne
m'interpelle pas plus que ça . Et pour finir ça tombe bien puisque nous
devons partir tôt à cause de la traversée de Lima qui demande trois
heures en général , d'après Janette . Après le cérémonial du petit
déjeuner , nous nous occupons en premier lieu de l'envoie du blog , puis
chacun s'affaire au rangement de tout ce que nous avons pu sortir des
coffres et des soutes pendant près de trois jours passés au stade du
touring club automobile de Lima .
A 7h00 nous sortons du camping pour prendre la
Panaméricaine vers le Sud jusqu'à un Returno situé à 5 km . Une fois
dans le bon sens , il faut payer l'entrée sur l'autoroute et ensuite
affronter la circulation déjà très dense malgré l'heure . Les plus
gênant sont les petits bus et les collectivos qui arrêtent sans cesse et
bloquent en permanence la piste de droite . Résultat , les gros poids
lourds monopolisent la piste centrale . Il faut donc emprunter la voie
de gauche , en principe réservée au voiture ! De toutes façons , ici il
n'y a plus de loi , ou plutôt si , une seule ,celle du plus fort ou du
plus casse-cou ! Hier Jean Marc , au retour de son excursion nous avait
raconté que les favellas que nous devinions en haut de la dune , en face
du campement , en fait s'étendent sur une demi couronne de 90 kilomètres
de long autour de la capitale . Ce n'est pas une simple bande le long de
l'autoroute mais une mer de cabanes sur plus de dix kilomètres
d'épaisseur qui envahit le désert , avec des routes en macadam et des
pistes , avec des supermarchés modernes . Des villes où les déshérités
exploitent le système mis en place par les autorités : les aides
financières , le système de distribution d'eau , toutes les mesures
sociales y passent ,avec un seul objectif , surtout ne pas dépasser le
quotient familial qui ferait perdre tous les avantages : en fait un
nivèlement par le bas qui arrangent tout le monde !! Et aujourd'hui ,
éclairés par ce constat , nous nous rendons vraiment compte de l'ampleur
du phénomène favella .
Au bout de 38 km , nous reconnaissons sur notre
gauche la silhouette de la Cathédrale et les clochers de San Pédro ,mais
mieux vaut ne pas trop être distrait car dans cette jungle automobile,
il faut rester vigilant en permanence pour défendre son bifteck : ici
c'est la voie de gauche qui se termine brutalement en impasse, ce qui
nous oblige à pivoter sur la droite aux milieux des machos latinos qui
ne daignent pas lâcher un centimètre ; heureusement qu'avec ce genre de
gaillards , l'intimidation paie , et puis on en impose avec notre
carrure et nos 5 tonnes ! Là c'est un camion de brique en panne sur la
voie du milieu qui déchaine les foules ! En évitant par la droite , bien
sûr on se choppe une grappe de collectivos entrain de décharger leurs
passagers ! Cela a le mérite d'occuper l'esprit car nous trouvons le
temps long : déjà une heure que nous affrontons la mêlée et nous n'avons
fait que quarante bornes .Maintenant ce sont des travaux sur la voie de
gauche qui viennent mettre un peu de piment dans la sauce : nous
constatons que beaucoup d'ouvriers sont d'origine asiatique ; hier
Liliane , notre guide , nous a expliqué les différentes races qui
peuples le Pérou : bien sûr les premiers occupants étaient de race
indienne , descendus du nord du continent américain après avoir traversé
le détroit de Béring .Puis sont débarqués les Espagnols qui ont
rapidement fait venir des esclaves noirs pour travailler dans les champs
de coton et aussi pour porter tout les produits venant du Pérou de la
côte Pacifique à la côte Atlantique , le cap Horn n'étant pas encore
connu ni le canal de Panama creusé ; il fallait donc tous transporter à
dos d'homme à travers l'isthme avant de reprendre la mer ! Après la
disparition de l'esclavage des Noirs, on fit venir des Chinois et des
Japonais pour les remplacer dans les plantations et pour faire les voies
ferrées . C'est ce qui explique que les Péruviens ont eu un Président de
la République japonais nommé Fujimora .
Il faut encore faire quarante bornes dans cet enfer
automobile pour voir enfin les favellas disparaitre dans les
rétroviseurs . Nous grimpons alors une dune énorme de plusieurs
centaines de mètres de haut au sommet de laquelle nous récupérons un
brouillard à couper au couteau . Celui-ci ne nous quitte que lorsque
nous descendons du haut plateau de sable pour plonger le long du
Pacifique . On devine la silhouette de quelques îlots rocheux , blancs
de guano , dans la brouillasse du bord de l'océan . De l'autre côté de
la route on voit des plantations de coton qui me rappellent ce que nous
a expliqué Liliane hier lorsqu'on lui a parlé des différentes couleurs
de fleurs de coton . A chaque couleur de fleur correspond une couleur
différente des fibres de coton ,souvent assez pastel : du bleu clair ,
du rose pâle , du jaune clair qu'utilisaient les indiens de la côte
avant l'arrivée des conquistadors . Ceux-ci imposèrent petit à petit la
culture du coton blanc que nous connaissons ,qu'il faut teinter ensuite
pour obtenir des couleurs plus contrastées que les couleurs naturelles .
Mais dès que nous retrouvons les vastes espaces de sables c'est pour
voir les élevages de pollos en batterie à perte de vue .
Après la sortie de Lima nous dégommons deux cent
bornes d'autoroute qui permettent de rattraper la moyenne de 40 km/h de
la traversée de la capitale . Il faut toutefois faire attention car il
s'agit d'une autoroute sur laquelle il arrive qu' on double un troupeau
de chevaux conduit par deux cavaliers , des charrettes débordantes de
tiges de maïs tirées par des ânes ou qu'on croise des piétons qui
traversent dans tous les sens . Il faut vraiment faire très attention !
Puis nous quittons la Panaméricaine sur la droite en direction de Saint
Nicolas . Nous empruntons alors la fameuse piste "en pétrole" comme nous
avait prévenu Janette ; en fait il s'agit d'une ancienne route qui a dû
être goudronnée dans une vie antérieure et qui ressemble étrangement à
une tôle ondulée à en juger par les vibrations à l'intérieur du camping
car . Et je ne parle pas des énormes ornières qui obligent à faire du
slalom . La moyenne oscille alors entre 20 et 40 km/h : cela permet
d'admirer les riches cultures de la vallée de la Supé : les champs de
cannes à sucre , de maïs ,d'asperges et de fraises sont les premiers à
attirer notre attention . Puis nous arrêtons à côté de ce que nous
croyons être des vignes, tendues sur des fils de fer : il s'agit en
fait de plantation de fruits de la passion et de maracua avec de gros
fruits mais aussi de jolies fleurs blanches et violettes . Plus loin ce
sont des vergers de grenadiers qui nous surprennent avec leurs sachets
de papier blanc autour des fruits . Des nattes couvertes de graines
oranges occasionnent un nouvel arrêt photo : ce sont des grains de maïs
qui sèchent au soleil . De l'autre côté du pont des paysans les mettent
dans de gros sacs de 50 kilos au moins ,puis les chargent à bord d'un
petit camion . C'est curieux de voir tant de riches cultures ,juste au
pied d'une barrière de dunes de sable ,qui limite la vallée du Supé .
Nous finissons, après une heure de piste défoncée,
par atteindre le village de Caral que nous traversons en partie, pour
aller jusqu'au parking du site archéologique éponyme, où nous devons
passer la nuit . Heureusement qu'un garde nous rassure sur l'exactitude
des lieux car nous sommes les premiers arrivés . Installés en plein
cagnard , sur un espace libre en galets , nous craignons le pire au
niveau de la température , le thermomètre indiquant déjà 29°5 . Mais
très vite nous nous rendons compte qu'en établissant un courant d'air
avec toutes les fenêtres ouvertes , la situation est acceptable pour
casser la croute . Comme entre temps arrivent Jean Marc , puis Roger ,
nous nous retrouvons à bord de notre camping car ,malheureusement
envahis par les mouches, pour le café .
Il faut faire deux kilomètres à pieds sous une
voûte de mimosas le long du Rio Supé pour atteindre un site dont je me
souviens de la découverte dans la presse en 1994 : il s'agit d'une ville
de 3000 habitants datant de 5000 ans (- 3000 av JC) ce qui en fait le
plus vieux vestige de la Terre après la Mésopothamie . Autre révolution
qu'a provoqué cette découverte : la Civilisation Chancay (-1800 avant
JC) jusque là reconnue comme la plus ancienne d'Amérique Latine ,
recule au second rang . C'est sûr que pour le profane ça ne représente
rien , mais pour les gens , tant soit peu sensibilisé à l'histoire
,c'est quand même énorme ! La seconde civilisation de notre planète de
part son ancienneté ...! Le site est quand même riche de 8 pyramides
dont la plus imposante mesure quand même 180 mètres de façade et 30
mètres de hauteur . Au cours de la visite , malheureusement au pas
gymnastique, on voit un amphithéâtre circulaire où on aurait retrouvé
une collection d'instruments musiques . D'après notre guide cette
civilisation ne connaissait pas la céramique ni les métaux . Ils
pratiquaient des sacrifices en brûlant le fruit de leur récolte sur des
autels où on retrouve un foyer doté d'un système de ventilation .
D'après les études des restes, ils se nourrissaient de poissons , de
légumes variés et de fruits . Une chose curieuse ; ils n'ont toujours
pas retrouvé de cimetière sur le site hormis la dépouille d'un
prisonnier et de quatre enfants . Les archéologues qui y travaillent
encore , au nombre d'une centaine , ont découvert des sacs en roseaux
qui permettaient le transport des pierres sur le dos jusqu'à soixante
dix kilos . Janette nous fait beaucoup rire en parlant de sacs "farcis
de pierres" !! C'est vraiment très émouvant pour moi de voir l'immensité
de ce site encore à peine sorti de terre au milieu de ce désert entouré
de dunes et de montagnes pelées .
Encore une bonne demi heure de marche pour rentrer
au campement et assister au briefing qui nous annonce encore une étape
de plus de 400 bornes avec la visite d'un site archéologique . C'est
vraiment dommage de bâcler le nord du Pérou , très riche en sites
archéologiques Chimu et Mochica pour essayer de gagner quatre jours sur
le programme prévu , tout ça pour une date de passage en bateau de
Carthagène à Panama !!
5h30 : cela fait quelques jours que nous recevons des appels de France à
cette heure matinale mais comme d'habitude je suis déjà au turf , ça ne
m'interpelle pas plus que ça . Et pour finir ça tombe bien puisque nous
devons partir tôt à cause de la traversée de Lima qui demande trois
heures en général , d'après Janette . Après le cérémonial du petit
déjeuner , nous nous occupons en premier lieu de l'envoie du blog , puis
chacun s'affaire au rangement de tout ce que nous avons pu sortir des
coffres et des soutes pendant près de trois jours passés au stade du
touring club automobile de Lima .
A 7h00 nous sortons du camping pour prendre la
Panaméricaine vers le Sud jusqu'à un Returno situé à 5 km . Une fois
dans le bon sens , il faut payer l'entrée sur l'autoroute et ensuite
affronter la circulation déjà très dense malgré l'heure . Les plus
gênant sont les petits bus et les collectivos qui arrêtent sans cesse et
bloquent en permanence la piste de droite . Résultat , les gros poids
lourds monopolisent la piste centrale . Il faut donc emprunter la voie
de gauche , en principe réservée au voiture ! De toutes façons , ici il
n'y a plus de loi , ou plutôt si , une seule ,celle du plus fort ou du
plus casse-cou ! Hier Jean Marc , au retour de son excursion nous avait
raconté que les favellas que nous devinions en haut de la dune , en face
du campement , en fait s'étendent sur une demi couronne de 90 kilomètres
de long autour de la capitale . Ce n'est pas une simple bande le long de
l'autoroute mais une mer de cabanes sur plus de dix kilomètres
d'épaisseur qui envahit le désert , avec des routes en macadam et des
pistes , avec des supermarchés modernes . Des villes où les déshérités
exploitent le système mis en place par les autorités : les aides
financières , le système de distribution d'eau , toutes les mesures
sociales y passent ,avec un seul objectif , surtout ne pas dépasser le
quotient familial qui ferait perdre tous les avantages : en fait un
nivèlement par le bas qui arrangent tout le monde !! Et aujourd'hui ,
éclairés par ce constat , nous nous rendons vraiment compte de l'ampleur
du phénomène favella .
Au bout de 38 km , nous reconnaissons sur notre
gauche la silhouette de la Cathédrale et les clochers de San Pédro ,mais
mieux vaut ne pas trop être distrait car dans cette jungle automobile,
il faut rester vigilant en permanence pour défendre son bifteck : ici
c'est la voie de gauche qui se termine brutalement en impasse, ce qui
nous oblige à pivoter sur la droite aux milieux des machos latinos qui
ne daignent pas lâcher un centimètre ; heureusement qu'avec ce genre de
gaillards , l'intimidation paie , et puis on en impose avec notre
carrure et nos 5 tonnes ! Là c'est un camion de brique en panne sur la
voie du milieu qui déchaine les foules ! En évitant par la droite , bien
sûr on se choppe une grappe de collectivos entrain de décharger leurs
passagers ! Cela a le mérite d'occuper l'esprit car nous trouvons le
temps long : déjà une heure que nous affrontons la mêlée et nous n'avons
fait que quarante bornes .Maintenant ce sont des travaux sur la voie de
gauche qui viennent mettre un peu de piment dans la sauce : nous
constatons que beaucoup d'ouvriers sont d'origine asiatique ; hier
Liliane , notre guide , nous a expliqué les différentes races qui
peuples le Pérou : bien sûr les premiers occupants étaient de race
indienne , descendus du nord du continent américain après avoir traversé
le détroit de Béring .Puis sont débarqués les Espagnols qui ont
rapidement fait venir des esclaves noirs pour travailler dans les champs
de coton et aussi pour porter tout les produits venant du Pérou de la
côte Pacifique à la côte Atlantique , le cap Horn n'étant pas encore
connu ni le canal de Panama creusé ; il fallait donc tous transporter à
dos d'homme à travers l'isthme avant de reprendre la mer ! Après la
disparition de l'esclavage des Noirs, on fit venir des Chinois et des
Japonais pour les remplacer dans les plantations et pour faire les voies
ferrées . C'est ce qui explique que les Péruviens ont eu un Président de
la République japonais nommé Fujimora .
Il faut encore faire quarante bornes dans cet enfer
automobile pour voir enfin les favellas disparaitre dans les
rétroviseurs . Nous grimpons alors une dune énorme de plusieurs
centaines de mètres de haut au sommet de laquelle nous récupérons un
brouillard à couper au couteau . Celui-ci ne nous quitte que lorsque
nous descendons du haut plateau de sable pour plonger le long du
Pacifique . On devine la silhouette de quelques îlots rocheux , blancs
de guano , dans la brouillasse du bord de l'océan . De l'autre côté de
la route on voit des plantations de coton qui me rappellent ce que nous
a expliqué Liliane hier lorsqu'on lui a parlé des différentes couleurs
de fleurs de coton . A chaque couleur de fleur correspond une couleur
différente des fibres de coton ,souvent assez pastel : du bleu clair ,
du rose pâle , du jaune clair qu'utilisaient les indiens de la côte
avant l'arrivée des conquistadors . Ceux-ci imposèrent petit à petit la
culture du coton blanc que nous connaissons ,qu'il faut teinter ensuite
pour obtenir des couleurs plus contrastées que les couleurs naturelles .
Mais dès que nous retrouvons les vastes espaces de sables c'est pour
voir les élevages de pollos en batterie à perte de vue .
Après la sortie de Lima nous dégommons deux cent
bornes d'autoroute qui permettent de rattraper la moyenne de 40 km/h de
la traversée de la capitale . Il faut toutefois faire attention car il
s'agit d'une autoroute sur laquelle il arrive qu' on double un troupeau
de chevaux conduit par deux cavaliers , des charrettes débordantes de
tiges de maïs tirées par des ânes ou qu'on croise des piétons qui
traversent dans tous les sens . Il faut vraiment faire très attention !
Puis nous quittons la Panaméricaine sur la droite en direction de Saint
Nicolas . Nous empruntons alors la fameuse piste "en pétrole" comme nous
avait prévenu Janette ; en fait il s'agit d'une ancienne route qui a dû
être goudronnée dans une vie antérieure et qui ressemble étrangement à
une tôle ondulée à en juger par les vibrations à l'intérieur du camping
car . Et je ne parle pas des énormes ornières qui obligent à faire du
slalom . La moyenne oscille alors entre 20 et 40 km/h : cela permet
d'admirer les riches cultures de la vallée de la Supé : les champs de
cannes à sucre , de maïs ,d'asperges et de fraises sont les premiers à
attirer notre attention . Puis nous arrêtons à côté de ce que nous
croyons être des vignes, tendues sur des fils de fer : il s'agit en
fait de plantation de fruits de la passion et de maracua avec de gros
fruits mais aussi de jolies fleurs blanches et violettes . Plus loin ce
sont des vergers de grenadiers qui nous surprennent avec leurs sachets
de papier blanc autour des fruits . Des nattes couvertes de graines
oranges occasionnent un nouvel arrêt photo : ce sont des grains de maïs
qui sèchent au soleil . De l'autre côté du pont des paysans les mettent
dans de gros sacs de 50 kilos au moins ,puis les chargent à bord d'un
petit camion . C'est curieux de voir tant de riches cultures ,juste au
pied d'une barrière de dunes de sable ,qui limite la vallée du Supé .
Nous finissons, après une heure de piste défoncée,
par atteindre le village de Caral que nous traversons en partie, pour
aller jusqu'au parking du site archéologique éponyme, où nous devons
passer la nuit . Heureusement qu'un garde nous rassure sur l'exactitude
des lieux car nous sommes les premiers arrivés . Installés en plein
cagnard , sur un espace libre en galets , nous craignons le pire au
niveau de la température , le thermomètre indiquant déjà 29°5 . Mais
très vite nous nous rendons compte qu'en établissant un courant d'air
avec toutes les fenêtres ouvertes , la situation est acceptable pour
casser la croute . Comme entre temps arrivent Jean Marc , puis Roger ,
nous nous retrouvons à bord de notre camping car ,malheureusement
envahis par les mouches, pour le café .
Il faut faire deux kilomètres à pieds sous une
voûte de mimosas le long du Rio Supé pour atteindre un site dont je me
souviens de la découverte dans la presse en 1994 : il s'agit d'une ville
de 3000 habitants datant de 5000 ans (- 3000 av JC) ce qui en fait le
plus vieux vestige de la Terre après la Mésopothamie . Autre révolution
qu'a provoqué cette découverte : la Civilisation Chancay (-1800 avant
JC) jusque là reconnue comme la plus ancienne d'Amérique Latine ,
recule au second rang . C'est sûr que pour le profane ça ne représente
rien , mais pour les gens , tant soit peu sensibilisé à l'histoire
,c'est quand même énorme ! La seconde civilisation de notre planète de
part son ancienneté ...! Le site est quand même riche de 8 pyramides
dont la plus imposante mesure quand même 180 mètres de façade et 30
mètres de hauteur . Au cours de la visite , malheureusement au pas
gymnastique, on voit un amphithéâtre circulaire où on aurait retrouvé
une collection d'instruments musiques . D'après notre guide cette
civilisation ne connaissait pas la céramique ni les métaux . Ils
pratiquaient des sacrifices en brûlant le fruit de leur récolte sur des
autels où on retrouve un foyer doté d'un système de ventilation .
D'après les études des restes, ils se nourrissaient de poissons , de
légumes variés et de fruits . Une chose curieuse ; ils n'ont toujours
pas retrouvé de cimetière sur le site hormis la dépouille d'un
prisonnier et de quatre enfants . Les archéologues qui y travaillent
encore , au nombre d'une centaine , ont découvert des sacs en roseaux
qui permettaient le transport des pierres sur le dos jusqu'à soixante
dix kilos . Janette nous fait beaucoup rire en parlant de sacs "farcis
de pierres" !! C'est vraiment très émouvant pour moi de voir l'immensité
de ce site encore à peine sorti de terre au milieu de ce désert entouré
de dunes et de montagnes pelées .
Encore une bonne demi heure de marche pour rentrer
au campement et assister au briefing qui nous annonce encore une étape
de plus de 400 bornes avec la visite d'un site archéologique . C'est
vraiment dommage de bâcler le nord du Pérou , très riche en sites
archéologiques Chimu et Mochica pour essayer de gagner quatre jours sur
le programme prévu , tout ça pour une date de passage en bateau de
Carthagène à Panama !!
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