QUATRE VINGT DIX HUITIEME JOUR ; LE 4 FEVRIER 2018
Bien que nous ayons dormi sur la plage de Huanchaco ,
nous n'avons guère profité de la musique de l'Océan . Qu'importe ,avec
la fatigue de la journée marathon d'hier et l'apéro chez Jean Marc ,
nous n'avons pas eu besoins d'être bercés par le bruit du ressac . Comme
j'ai du retard au niveau du blog je descends de bonne heure et je laisse
le travail de préparation du petit déjeuner à Dominique . Puis il faut
mettre le chauffe-eau en route car ici nous ne bénéficions d'aucune
structure pour prendre une douche . Ensuite nous réussissons à envoyer
les deux derniers chapitres du blog restés en plan faute de wifi ou de
réseau téléphonique . Là , ce matin nous passons par la carte Sim
péruvienne . Ensuite je bricole un peu car il faut attendre l'ouverture
du site de Chanchan vers 9h00 : j' en profite pour réparer un tiroir à
chaussures complétement démantibulé : repose d'un rail latéral et du
système de verrouillage trois points . Puis je vérifie le niveau d'huile
moteur qui est satisfaisant et je repose l'insigne Mercédes de la
calandre dont les vis de fixation sont encore disparues .
Vers 8h30 ,nous quittons notre plage pour remonter
deux avenues et tomber sur l'entrée du site de Chanchan qui parait
gigantesque avec de hautes murailles en adobes courant à perte de vue
des deux côtés de la route . Nous retrouvons avec beaucoup de plaisir
Marysa , notre guide d'hier , qui fait aussitôt connaissance avec le
reste du groupe des Français . Elle nous explique que Chanchan était la
capitale des Chimus , civilisation indienne de la côte Pacifique qui
succéda au Moché de 900 à 1600 . Tombés sous le joug des Incas à partir
de 1470 , ils ont beaucoup contribué à la chute de ceux-ci en aidant
Pissaro à les combattre . Chanchan était une ville de plus de 40 000
habitants étendue sur 25 km carrés . Devant l'ampleur du site les
archéologues ont décidé de ne s 'occuper de que de 11 km carrés . Cette
capitale était dotée de 9 forteresses : aujourd'hui nous allons visité
la huitième , Nican . En fait , comme chez les Mochés , chez les Chimus
ont construisé une nouvelle forteresse à chaque règne , l'ancienne
servant de mausolée au roi défunt : il y était enterré avec sa suite ,
sacrifiée pour la circonstance , dont son épouse officielle, ses
maitresses et les enfants de celles-ci , le fils légitime étant
destiné à régner à la place de son père . L'accompagnés également dans
la mort le chef des armées et quelques soldats .On sacrifiait aussi des
jeunes filles encore vierges certainement ,de la haute société comme
l'atteste les squelettes retrouvés .Il pouvait y avoir jusqu'à deux cent
accompagnants avec bien sur des quantité de céramiques , quelques
animaux (chiens et lamas) , des vivres et de la chicha (bière de maïs )
. Marysa commence par nous montrer les remparts faits de briques
d'adobes , de section trapézoïdale ,ce qui leurs donnait une large
assise anti-sismique : les murailles atteignaient 10 à 12 mètres de
hauteur : on pénétrait dans la forteresse par une porte étroite qui
apparemment restait ouverte . Le peuple vivait toujours à l'extérieur de
l'enceinte . Seuls les dignitaires et les prêtres pouvaient s'y
introduire . D'épais contreforts disposés perpendiculairement venaient
encore consolider l'édifice . Nous entrons alors dans une vaste cour
dont les murs sont décorés de bas reliefs moulés dans l'argile de
l'enduit : l'espace lisse du haut correspond au ciel , les lignes
horizontales et parallèles de dessous figurent la mer et la frise de bas
de mur avec son chapelet d'écureuils matérialise la terre avec la forêt
. Au centre de la cour, on trouve un vaste autel à sacrifice . Dans le
corridor d'à côté les murs sont également décorés de bas reliefs
figurant une succession de vagues avec des poissons qui donnent un
mouvement alternatif : des chapelets de poissons ascendants affrontent
des chapelets de poissons descendants . Un alignement de canard vient
souligner le tout .La stylisation des animaux est remarquable sur le
plan décoratif qu'ils s'agissent des écureils , des poissons ou des
canards . Nous débouchons dans une nouvelle cour aux murs décorés de
niches en formes de losanges qui ont fait la renommée de Chanchan dans
les livres d'histoire . Puis nous pénétrons dans le coeur même du
bâtiment où nous découvrons un ensemble de plusieurs temples juxtaposées
, souvent de petites tailles pour respecter une espèce d'intimité .
L'autel y est, en forme de "U" qui suit l'axe principal du temple . Là
aussi les murs sont décorés de bas reliefs avec des motifs animaliers
parfaitement stylisés : poissons , pélicans , toucans ,...! Il faut
remarquer que tous les éléments décoratifs utilisés par les Chimus font
référence à l'Océan . Marysa nous conduit ensuite vers une vaste pièce
d'eau envahie de joncs : elle nous explique qu'il y en avait plus de 250
comme celui la à Chanchan . Le bas des murs du bassin est fait de
grosses pierres pour éviter aux briques d'adobe de fondre dans l'eau .
Les puits ainsi creusé étaient très vastes mais peu profond . L'eau
descend de la Cordillère des Andes parfois sous forme de rivières
souterraines , ce qui explique que la nappe phréatique n' est vraiment
pas très profonde . Comme malheureusement nous avons encore beaucoup de
route au programme pour aujourd'hui , nous en restons là de cette
patiente visite de Chanchan . Merci Marysa !
Il est déjà 10h15 lorsque nous reprenons le camping
car afin de continuer notre marche folle vers le nord . A vouloir gagner
quatre jours sur un programme déjà hyper chargé , Janette est entrain de
nous pourrir la vie ! Après être revenus sur nos pas à Huanchaco nous
prenons la Panaméricaine en direction de Chiclayo . Nous constatons
rapidement que El Nino en janvier 2017 a occasionné de graves dégâts
sur de longues portions d'autoroute . Résultat nous sommes cantonnés sur
un seul côté et de ce fait en double sens , ce qui ne facilite pas les
doublements de gros camions très nombreux sur cette route ; on voit sur
notre droite la chaussée complétement rongée par les eaux des rios qui
ont dû gonfler affreusement à l'époque des pluies diluviennes. Par
endroit les ponts ont été emportés , l'équipement s'est contenté de
macadamiser le fond de la rivière , sans même niveler , ce qui
occasionne de belles surprises lorsque l'on se pointe à 120 km/h : un
joli toboggan , voir même quelquefois une sensation de tremplin ! C'est
vraiment très difficile de rouler au Pérou ! Il n'y a aucune possibilité
de relâcher l'attention , ne fusse que quelques secondes sans risquer un
accident grave . Ils ne fonctionnent vraiment pas comme nous ces gens
là! Actuellement c'est la récolte de la canne à sucre : eh bien , ils
sont capable de charger des camions avec deux fois la valeur d'un bus en
hauteur et trois fois en largeur , au risque de rester coincé sous un
pont . Aujourd'hui encore nous traversons de vastes plantations de riz
et de cannes à sucre ,et aussi beaucoup de champs d'asperges et de maïs
. Hier nous avons demandé à Marysa pourquoi nous ne trouvons pas
d'asperges au marché : elle nous a expliqué que les Péruviens du Nord
n'aiment pas les légumes : ils mangent essentiellement du riz et du maïs
. Les asperges sont donc uniquement destinées à l'exportation , surtout
vers l'Europe .
Aujourd'hui la Panaméricaine traverse beaucoup de
petites villes et de villages , donc nous n'avons guère de tronçons
équipés de quatre voies et la moyenne s'en ressent ! Ce qui nous choque
également c'est la crasse qui règne partout : c'est général au Pérou
mais ici c'est dix fois pire ! On dirait qu'on traverse une vaste
décharge : tout le long de la route ce n'est que sacs poubelles et
déchets qui volent au gré du vent ! Les trottoirs sont couverts
d'immondices dans lesquels les autochtones vont et viennent comme si de
rien n'était ! Nous sommes dimanche , beaucoup d'autochtones se
baignent dans les rivières aux eaux croupissantes : ils s'y baignent
d'ailleurs tout habillé . Comme je dis à Dominique , je pense qu'ils
n'ont pas le choix du fait qu'ils ne portent pas de sous vêtement , tout
simplement !
Fatigués après quatre heures de routes très
difficiles avec beaucoup de traversées de villages, nous nous installons
sur le parking du musée de Lambayeque vers 14h00 . Il faut se dépêcher
de manger car nous avons rendez vous à 15h30 pour la visite guidée du
fameux musée du Sénor de Sipan . Nous prenons quand même le temps de
skyper un dernier petit coup avec Nathalie , notre fille , qui pourrait
bien accoucher demain matin si le déclenchement se passe comme il faut .
Puis nous attaquons la visite du plus beau musée du Pérou et qui selon
eux ferait parti du Top 10 des musées dans le Monde !! Celui-ci est
consacré aux tombes retrouvées en 1980 à Sipan , un petit village à
quarante kilomètres d'ici . Sur ce site Moché (200 à 800 après JC)
comportant deux grosses pyramides en adobes , rongées par le ravinement
, les archéologues ont trouvé un cimetière juste à côté . Celui-ci
comporte 9 niveaux différents . En creusant de 5 mètres la partie
supérieure ils ont mis à jour la tombe du "Seigneur de Sipan" qui régna
autour de 650 de notre ère . Il y était enterré avec neufs
accompagnants sacrifiés pour l'accompagner dans l'au delà : son épouse
légitime, ses maitresses , les enfants de celle-ci , un guerrier aux
pieds coupés pour ne pas qu'il se sauve . Dans la vaste tombe il y avait
aussi des lamas , un chien , plus de mille céramiques , du maïs et de la
chicha .Le Seigneur de Sipan portait des vêtements de coton dont on voit
encore les subtiles motifs et tous ses bijoux en or et en argent :
d'énormes boucles d'oreille en or incrustées de turquoises , un
plastron en or des colliers avec de grosses cacahuètes d'or et d'argent,
des hochets semi circulaires avec des grelots qui pendaient à la
ceinture ,une plaque d'or qui décorait le dessous du nez , deux énormes
plaques en forme un peu de tumi qui venait sur les hanches et bien sur
la couronne . D'après le guide il mesurait 1,62 mètre et était agé d'une
quarantaine d'années .
Fort de la découverte d'un tel trésor , les archéologues ont alors
fouillé le troisième niveau pour y trouver la sépulture d'un prêtre ,
reconnaissable par le symbole de la chouette sur la tête et du bol
contenant encore des traces de sang des sacrifiés ; il était accompagné
pour son voyage dans l'au delà de cinq sacrifiés : son épouse , ses
concubines ,un guerrier aux pieds coupés et un enfant . Là aussi les
archéologues ont trouvé beaucoup de bijoux et de céramiques .
Une troisième campagne d'exploration à donc était lancée devant autant
de succès . En descendant jusqu'au sixième niveau , les archéologues ont
découvert la sépulture du "Vieux Seigneurs de Sipan" qui lui aurait
régné en 300 après JC . En tout 16 tombes ont été mise à jour jusqu'à
maintenant . Lui aussi avait été enterré avec toutes ses décorations
mais ici on en a encore retrouvé d'avantage : au lieu de deux hochets à
la ceinture , "le viejo" en avait une douzaine ! Et le reste est à
l'avenant ! Nous pouvons également admirer au passage une belle
collection de céramiques . Dommage que la visite ait eu lieu un dimanche
, donc en pleine affluence d'autant que les autochtones ne paient pas ce
jour-là .
Nous embrayons aussitôt sur un briefing important puisque la route que
nous devions prendre a été coupée par El Nino l'année dernière : il faut
donc passer plus à l'ouest selon la colonne allemande qui nous précède
de trois jours . Ensuite pendant que je commence à m'occuper du blog et
des photos , Dominique part en ville avec Jean Marc , Monique ,
Christian et Annie pour aller au super marché à pieds . Heureusement
qu'au retour Gérard et Isabelle , partis en pick-up assurent le
transport des sacs ; merci à tous les deux de cette délicate attention .
Nous terminons la soirée chacun dans notre camping car bien aéré car il
commence à faire très chaud : nous voyons que nous remontons vers
l'équateur : le thermomètre frise les 35 et le degré d'hygrométrie est
en hausse ! Ca promet pour cette nuit !
nous n'avons guère profité de la musique de l'Océan . Qu'importe ,avec
la fatigue de la journée marathon d'hier et l'apéro chez Jean Marc ,
nous n'avons pas eu besoins d'être bercés par le bruit du ressac . Comme
j'ai du retard au niveau du blog je descends de bonne heure et je laisse
le travail de préparation du petit déjeuner à Dominique . Puis il faut
mettre le chauffe-eau en route car ici nous ne bénéficions d'aucune
structure pour prendre une douche . Ensuite nous réussissons à envoyer
les deux derniers chapitres du blog restés en plan faute de wifi ou de
réseau téléphonique . Là , ce matin nous passons par la carte Sim
péruvienne . Ensuite je bricole un peu car il faut attendre l'ouverture
du site de Chanchan vers 9h00 : j' en profite pour réparer un tiroir à
chaussures complétement démantibulé : repose d'un rail latéral et du
système de verrouillage trois points . Puis je vérifie le niveau d'huile
moteur qui est satisfaisant et je repose l'insigne Mercédes de la
calandre dont les vis de fixation sont encore disparues .
Vers 8h30 ,nous quittons notre plage pour remonter
deux avenues et tomber sur l'entrée du site de Chanchan qui parait
gigantesque avec de hautes murailles en adobes courant à perte de vue
des deux côtés de la route . Nous retrouvons avec beaucoup de plaisir
Marysa , notre guide d'hier , qui fait aussitôt connaissance avec le
reste du groupe des Français . Elle nous explique que Chanchan était la
capitale des Chimus , civilisation indienne de la côte Pacifique qui
succéda au Moché de 900 à 1600 . Tombés sous le joug des Incas à partir
de 1470 , ils ont beaucoup contribué à la chute de ceux-ci en aidant
Pissaro à les combattre . Chanchan était une ville de plus de 40 000
habitants étendue sur 25 km carrés . Devant l'ampleur du site les
archéologues ont décidé de ne s 'occuper de que de 11 km carrés . Cette
capitale était dotée de 9 forteresses : aujourd'hui nous allons visité
la huitième , Nican . En fait , comme chez les Mochés , chez les Chimus
ont construisé une nouvelle forteresse à chaque règne , l'ancienne
servant de mausolée au roi défunt : il y était enterré avec sa suite ,
sacrifiée pour la circonstance , dont son épouse officielle, ses
maitresses et les enfants de celles-ci , le fils légitime étant
destiné à régner à la place de son père . L'accompagnés également dans
la mort le chef des armées et quelques soldats .On sacrifiait aussi des
jeunes filles encore vierges certainement ,de la haute société comme
l'atteste les squelettes retrouvés .Il pouvait y avoir jusqu'à deux cent
accompagnants avec bien sur des quantité de céramiques , quelques
animaux (chiens et lamas) , des vivres et de la chicha (bière de maïs )
. Marysa commence par nous montrer les remparts faits de briques
d'adobes , de section trapézoïdale ,ce qui leurs donnait une large
assise anti-sismique : les murailles atteignaient 10 à 12 mètres de
hauteur : on pénétrait dans la forteresse par une porte étroite qui
apparemment restait ouverte . Le peuple vivait toujours à l'extérieur de
l'enceinte . Seuls les dignitaires et les prêtres pouvaient s'y
introduire . D'épais contreforts disposés perpendiculairement venaient
encore consolider l'édifice . Nous entrons alors dans une vaste cour
dont les murs sont décorés de bas reliefs moulés dans l'argile de
l'enduit : l'espace lisse du haut correspond au ciel , les lignes
horizontales et parallèles de dessous figurent la mer et la frise de bas
de mur avec son chapelet d'écureuils matérialise la terre avec la forêt
. Au centre de la cour, on trouve un vaste autel à sacrifice . Dans le
corridor d'à côté les murs sont également décorés de bas reliefs
figurant une succession de vagues avec des poissons qui donnent un
mouvement alternatif : des chapelets de poissons ascendants affrontent
des chapelets de poissons descendants . Un alignement de canard vient
souligner le tout .La stylisation des animaux est remarquable sur le
plan décoratif qu'ils s'agissent des écureils , des poissons ou des
canards . Nous débouchons dans une nouvelle cour aux murs décorés de
niches en formes de losanges qui ont fait la renommée de Chanchan dans
les livres d'histoire . Puis nous pénétrons dans le coeur même du
bâtiment où nous découvrons un ensemble de plusieurs temples juxtaposées
, souvent de petites tailles pour respecter une espèce d'intimité .
L'autel y est, en forme de "U" qui suit l'axe principal du temple . Là
aussi les murs sont décorés de bas reliefs avec des motifs animaliers
parfaitement stylisés : poissons , pélicans , toucans ,...! Il faut
remarquer que tous les éléments décoratifs utilisés par les Chimus font
référence à l'Océan . Marysa nous conduit ensuite vers une vaste pièce
d'eau envahie de joncs : elle nous explique qu'il y en avait plus de 250
comme celui la à Chanchan . Le bas des murs du bassin est fait de
grosses pierres pour éviter aux briques d'adobe de fondre dans l'eau .
Les puits ainsi creusé étaient très vastes mais peu profond . L'eau
descend de la Cordillère des Andes parfois sous forme de rivières
souterraines , ce qui explique que la nappe phréatique n' est vraiment
pas très profonde . Comme malheureusement nous avons encore beaucoup de
route au programme pour aujourd'hui , nous en restons là de cette
patiente visite de Chanchan . Merci Marysa !
Il est déjà 10h15 lorsque nous reprenons le camping
car afin de continuer notre marche folle vers le nord . A vouloir gagner
quatre jours sur un programme déjà hyper chargé , Janette est entrain de
nous pourrir la vie ! Après être revenus sur nos pas à Huanchaco nous
prenons la Panaméricaine en direction de Chiclayo . Nous constatons
rapidement que El Nino en janvier 2017 a occasionné de graves dégâts
sur de longues portions d'autoroute . Résultat nous sommes cantonnés sur
un seul côté et de ce fait en double sens , ce qui ne facilite pas les
doublements de gros camions très nombreux sur cette route ; on voit sur
notre droite la chaussée complétement rongée par les eaux des rios qui
ont dû gonfler affreusement à l'époque des pluies diluviennes. Par
endroit les ponts ont été emportés , l'équipement s'est contenté de
macadamiser le fond de la rivière , sans même niveler , ce qui
occasionne de belles surprises lorsque l'on se pointe à 120 km/h : un
joli toboggan , voir même quelquefois une sensation de tremplin ! C'est
vraiment très difficile de rouler au Pérou ! Il n'y a aucune possibilité
de relâcher l'attention , ne fusse que quelques secondes sans risquer un
accident grave . Ils ne fonctionnent vraiment pas comme nous ces gens
là! Actuellement c'est la récolte de la canne à sucre : eh bien , ils
sont capable de charger des camions avec deux fois la valeur d'un bus en
hauteur et trois fois en largeur , au risque de rester coincé sous un
pont . Aujourd'hui encore nous traversons de vastes plantations de riz
et de cannes à sucre ,et aussi beaucoup de champs d'asperges et de maïs
. Hier nous avons demandé à Marysa pourquoi nous ne trouvons pas
d'asperges au marché : elle nous a expliqué que les Péruviens du Nord
n'aiment pas les légumes : ils mangent essentiellement du riz et du maïs
. Les asperges sont donc uniquement destinées à l'exportation , surtout
vers l'Europe .
Aujourd'hui la Panaméricaine traverse beaucoup de
petites villes et de villages , donc nous n'avons guère de tronçons
équipés de quatre voies et la moyenne s'en ressent ! Ce qui nous choque
également c'est la crasse qui règne partout : c'est général au Pérou
mais ici c'est dix fois pire ! On dirait qu'on traverse une vaste
décharge : tout le long de la route ce n'est que sacs poubelles et
déchets qui volent au gré du vent ! Les trottoirs sont couverts
d'immondices dans lesquels les autochtones vont et viennent comme si de
rien n'était ! Nous sommes dimanche , beaucoup d'autochtones se
baignent dans les rivières aux eaux croupissantes : ils s'y baignent
d'ailleurs tout habillé . Comme je dis à Dominique , je pense qu'ils
n'ont pas le choix du fait qu'ils ne portent pas de sous vêtement , tout
simplement !
Fatigués après quatre heures de routes très
difficiles avec beaucoup de traversées de villages, nous nous installons
sur le parking du musée de Lambayeque vers 14h00 . Il faut se dépêcher
de manger car nous avons rendez vous à 15h30 pour la visite guidée du
fameux musée du Sénor de Sipan . Nous prenons quand même le temps de
skyper un dernier petit coup avec Nathalie , notre fille , qui pourrait
bien accoucher demain matin si le déclenchement se passe comme il faut .
Puis nous attaquons la visite du plus beau musée du Pérou et qui selon
eux ferait parti du Top 10 des musées dans le Monde !! Celui-ci est
consacré aux tombes retrouvées en 1980 à Sipan , un petit village à
quarante kilomètres d'ici . Sur ce site Moché (200 à 800 après JC)
comportant deux grosses pyramides en adobes , rongées par le ravinement
, les archéologues ont trouvé un cimetière juste à côté . Celui-ci
comporte 9 niveaux différents . En creusant de 5 mètres la partie
supérieure ils ont mis à jour la tombe du "Seigneur de Sipan" qui régna
autour de 650 de notre ère . Il y était enterré avec neufs
accompagnants sacrifiés pour l'accompagner dans l'au delà : son épouse
légitime, ses maitresses , les enfants de celle-ci , un guerrier aux
pieds coupés pour ne pas qu'il se sauve . Dans la vaste tombe il y avait
aussi des lamas , un chien , plus de mille céramiques , du maïs et de la
chicha .Le Seigneur de Sipan portait des vêtements de coton dont on voit
encore les subtiles motifs et tous ses bijoux en or et en argent :
d'énormes boucles d'oreille en or incrustées de turquoises , un
plastron en or des colliers avec de grosses cacahuètes d'or et d'argent,
des hochets semi circulaires avec des grelots qui pendaient à la
ceinture ,une plaque d'or qui décorait le dessous du nez , deux énormes
plaques en forme un peu de tumi qui venait sur les hanches et bien sur
la couronne . D'après le guide il mesurait 1,62 mètre et était agé d'une
quarantaine d'années .
Fort de la découverte d'un tel trésor , les archéologues ont alors
fouillé le troisième niveau pour y trouver la sépulture d'un prêtre ,
reconnaissable par le symbole de la chouette sur la tête et du bol
contenant encore des traces de sang des sacrifiés ; il était accompagné
pour son voyage dans l'au delà de cinq sacrifiés : son épouse , ses
concubines ,un guerrier aux pieds coupés et un enfant . Là aussi les
archéologues ont trouvé beaucoup de bijoux et de céramiques .
Une troisième campagne d'exploration à donc était lancée devant autant
de succès . En descendant jusqu'au sixième niveau , les archéologues ont
découvert la sépulture du "Vieux Seigneurs de Sipan" qui lui aurait
régné en 300 après JC . En tout 16 tombes ont été mise à jour jusqu'à
maintenant . Lui aussi avait été enterré avec toutes ses décorations
mais ici on en a encore retrouvé d'avantage : au lieu de deux hochets à
la ceinture , "le viejo" en avait une douzaine ! Et le reste est à
l'avenant ! Nous pouvons également admirer au passage une belle
collection de céramiques . Dommage que la visite ait eu lieu un dimanche
, donc en pleine affluence d'autant que les autochtones ne paient pas ce
jour-là .
Nous embrayons aussitôt sur un briefing important puisque la route que
nous devions prendre a été coupée par El Nino l'année dernière : il faut
donc passer plus à l'ouest selon la colonne allemande qui nous précède
de trois jours . Ensuite pendant que je commence à m'occuper du blog et
des photos , Dominique part en ville avec Jean Marc , Monique ,
Christian et Annie pour aller au super marché à pieds . Heureusement
qu'au retour Gérard et Isabelle , partis en pick-up assurent le
transport des sacs ; merci à tous les deux de cette délicate attention .
Nous terminons la soirée chacun dans notre camping car bien aéré car il
commence à faire très chaud : nous voyons que nous remontons vers
l'équateur : le thermomètre frise les 35 et le degré d'hygrométrie est
en hausse ! Ca promet pour cette nuit !
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