CENT TROISIEME JOUR : LE 9 FEVRIER 2018

                    Comme nous avons prés de quatre cent bornes de
montagne au programme plus la visite d'un site pré-inca ,je descends dès
5h00 du matin pour préparer le café et le petit déjeuner . Pendant ce
temps Dominique s'occupe du rangement intérieur en vue d'un départ
rapide . On entend un peu partout dans le campement que tout le monde
est déjà sur le pied de guerre malgré l'obscurité . Résultat à 6h30 nous
quittons le parking de l'hôtel pour attaquer la traversée de Cuenca .
Après avoir remonté deux larges avenues nous décidons de nous arrêter
dans la première station service qui se présente pour faire le plein de
gasoil .Nous  y retrouvons Claire et Roger . Pendant que nous réglons le
pompiste avec la carte Visa , Monique et Jean Marc arrivent . Je suis
surpris , une fois de plus de m'en sortir avec 9 dollars US pour 40 litres !

                    Après une sortie peu olé-olé de la pompe , parce
qu'il faut traverser les trois voies de l'avenida en plein arrêt de bus
pour la quitter immédiatement sur la gauche , encore un plan fumeux du
GPS , nous  rejoignons la Panaméricaine . Nous repassons devant le grand
supermarché où nous sommes allés lors de notre arrivée à Cuenca . Nous 
suivons alors la vallée du rio Cuenca qui longe une forêt d'eucalyptus ,
c'est très agréable dans la fraicheur du matin . Nous bénéficions d'un
tronçon d'autoroute jusqu'à Azogues , curieuse ville qui  tapissent les
flancs d'une petite montagne au sommet   de laquelle  une superbe église
de style colonial  rayonne en plein soleil levant . Nous prenons une
petite route à droite à la sortie de la ville, en direction de Biblian .
Celle-ci se met aussitôt à grimper à flanc de coteau sur l'autre versant
de la vallée . Un peu partout ,devant de petites gargotes, des cochons
entiers tournent sur leur broche. Notre triste expérience d'il y a
quelques jours nous donne la nausée rien qu'à voir tout cet étalage dans
la poussière du bord de route ! Nous prenons ensuite la direction de
Canar ( qui se prononce Cagnar en raison d'une virgule sur le "n") où 
nous trouvons , après un demi-tour , l'entrée de la route du site
pré-inca que nous avions repéré sur la carte et dont nous avons vu des
photos publicitaires allèchantes sur le cul des bus . Malheureusement la
petite route se mais brutalement à grimper très fort au point que je
suis obligé de mettre en seconde . C'est effrayant de monter comme ça
droit dans la pente ! Arrivés à la seconde épingle à cheveux , un
autochtone me coupe la route en descendant à fond les manettes , ce qui
m'oblige à passer la première . Sur trois ou quatre bornes nous revivons
ce que nous avions vécu lors de la sortie de La Paz , c'est affreux .
Une fois parvenu à un carrefour en "Y" , nous tombons sur Claire et
Roger qui ont pris le second embranchement menant au site , beaucoup
plus confortable .Après une dizaine de bornes sur une petite route de
montagne très sinueuse avec un long passage à voie unique suite à un
effondrement de la chaussée , nous atteignons Ingapirca situé à 3100
d'altitude (soit 800 m plus haut que Machu Pichu , son homologue
péruvienne ).

                    Notre guide espagnole nous explique qu'il s'agit
d'un site canari (cagnari) datant de 1200 après JC au départ et qui
après l'invasion Inca de 1470 a subi certains remaniements
architecturaux . Nous commençons la visite par celle d'un petit musée
montrant la reconstitution d'une des sépultures vue en coupe , contenant
les restes de 11 personnes avec de nombreuses offrandes (bijoux ,
poteries ,...),  une belle collection de céramiques canaries , puis
influencés par le style inca , des meules pour broyer la maïs afin de
fabriquer  la farine et aussi la chicha , une belle panoplie de tissus
finement tissés , des armes qui servirent dans la guerre entre Canaris
et Incas . Puis nous  nous rendons sur le site lui même qui, comme Machu
Picchu, occupe le sommet d'une montagne . L'ocre de la  pierre est
magnifiquement mis en valeur par  le vert de superbes pelouses
parfaitement entretenues . Nous commençons par le Temple de la Lune à
gauche qui abritait les sépultures exposées dans le musée : celles-ci
étaient protégées par un pavage de grosses pierres et enfouies à 5
mètres de profondeur . Un monolithe dressé signalait leur présence . De
là, nous avons une superbe vue sur le temple du Soleil tout au bout du
site et un peu plus proche , sur les canaux et les bassins qui servaient
aux ablutions . Des terrasses ,soutenues par de jolies murs de pierres
décrivent des arcs de cercle concentriques, à la manière  de gradins d'
amphithéâtre , unissant ainsi le temple de la Lune à gauche au superbe
temple du Soleil à droite . Celui-ci ,de forme ovale, en impose avec son
soubassement de terrasses empilées . En plus, construit en pierres de
couleur verdâtre , il tranche avec l'ocre du reste des murailles . Comme
dans les  autres sites incas, l'agencement des pierres à joints vifs est
remarquable . Et puis toutes ces portes trapézoïdales , quelle merveille
d'équilibre ! Nous finissons par la visite du  temple lui même en
grimpant un large escalier de pierre et en passant sous un majestueux
portail . Le temple était doté de  quatre niches , trapézoïdales aussi ,
que le soleil éclairait une fois l'an lors des différents solstices . De
la terrasse supérieure on voit partir le chemin de l'Inca, pavé et
équipé de marches dès que le terrain est déclive .

                    Ravis par notre visite du site d' Ingapirca ,
considéré comme le plus important d'Equateur , nous reprenons la route 
de Riobamba vers 10h30 .  Un peu avant Tambo nous croisons un cortège
d'autochtones en costume traditionnelle qui fêtent carnaval aux sons
d'une petite fanfare . Des enfants nous bombardent de mousse les deux
camping cars à l'aide  d'espèce de grosses pompes à vélo .Une fois avoir
traversé  Tambo avec quelques difficultés en raison de l' effervescence
,nous grimpons à nouveau violemment au point que le GPS frise les 3700 m
d'altitude . Très vite la route devient  dangereuse à cause d'épaisses
nappes de brouillard et de glissements de terrain sur la chaussée qui
envahissent parfois tout une voie . Et puis il y a aussi les autochtones
...à pieds , sur la route , avec un âne parfois , en plein nuage que
l'on voit surgir devant le capot à la dernière minute .... Les voitures
sans phares , qui doublent en plein virage ....Les camions , qui contre
vents et marées , descendent les pentes à fond les manettes , doublant
tout ce qui se présente sans se soucier le moins du monde de ce qui
pourrait arriver en face ...Et puis , il y a les tumulos , les boudins
de bétons de 20 à 30 cm qui traversent la route cinq à six fois  dans
chaque village !.... La chaussée ,qui devient glissante avec le léger
crachin  accompagnant inexorablement la brouillasse . Je ne vous
explique pas la tension nerveuse et la fatigue que cela peut occasionner
d'autant que nous roulons  toujours sans assurance ! Pendant un court
instant de relâchement , nous voyons surgir des nuages  sur la gauche
,la bourgade d'Alausi sur le versant d'en face . Malgré les risques que
cela comporte , nous nous arrêtons pour tirer quelques clichés . Après
la traversée d'Alausi , la route se met à grimper de façon redoutable ,
négligeant les normes de la DDE pour gagner un haut plateau couvert de
superbes cultures formant un jolie damier . Nous décidons d'arrêter
juste à l'embranchement de la piste qui dessert San Miguel pour casser
la croute et se détendre aussi .

                    A peine avons nous repris la route que nous
descendons de presque mille mètres d'altitude pour longer la Laguna de
Colta dont les rives sont envahies de totoras (roseaux) . Au bout du lac
, sur la gauche nous admirons au passage la Iglésia Barbanera  datant de
1534 ,c'est l'église la plus ancienne d'Equateur ! Avec ses deux petits
clochetons et sa façade en pierres décorées de bas relief , elle en
impose par sa sobriété ! Nous plongeons ensuite sur Riobamba , grande
ville un peu crade et pas facile à traverser à cause de la circulation ,
pour prendre la direction d'Ambato  . Sur notre droite , très haut au
dessus de nos têtes ,nous commençons à voir l'imposante silhouette du
Chimborazo , magnifique cône volcanique  avec   son petit collier de
neige tout blanc qui culmine à 6310 m d'altitude : il parait que c'est
le sommet le plus haut du monde si on le mesure depuis le centre de la
Terre ! Puis nous obliquons à droite en direction de Banos ( lire
Bagnos) où nous nous installons sur le parking des piscines thermales
pour deux nuits . Nous sommes éreintés par huit heures de volant dans
des conditions souvent très difficiles . Heureusement que la visite du
site d'Ingapirca et les magnifiques paysages dont nous avons bénéficié
ont vite fait de faire oublier les désagréments d'une aussi longue étape
. Aussi ce soir , pas de folie ! Comme il n'y a pas de briefing prévu et
que l'obscurité s'abat dès 18h30 , chacun se retrouve chez soi pour
passer la soirée ., bercés par la musique de différents cortèges :
Carnaval est vraiment beaucoup fêté par ici .

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

CHAPITRE 5

CHAPITRE 9

CHAPITRE 8