CENT HUITIEME JOUR : LE 14 FEVRIER 2018

                       Tout d'abord bonne fête de Saint Valentin à
tous  les amoureux qui lisent le blog  !   Aujourd'hui , pas question de
trainer au lit  car nous avons du pain sur la planche : une étape de 300
bornes et le passage de la frontière colombienne . Résultat je descends
vers 5h00 pour préparer le café tout en finalisant le blog laisser en
chantier hier soir ! Nous avons un petit pincement au coeur de quitter
l'Ecuador : c'est vrai que nous n'avons pas vu passer les dix étapes 
équatoriennes tant nous avons apprécier  le pays pour sa propreté , la
gentillesse de ses habitants et la beauté des paysages , même si nous
n'avons rien vu de grandiose comme le Périto Moréno  en Argentine , les
chutes d'Iguazu au Brésil , le Torre del Paine au Chili , Machu Picchu
au Pérou ou le Salar de Uyuni   en Bolivie . Le clou de l'Ecuador reste
pour nous la ville de Quito , un vrai bijoux surtout par rapport à ses
homologues sud-américaines .

                    Après avoir réussi à envoyer le blog grâce à la
wifi du camping , nous décidons de partir bien qu'il ne soit que 6h30 .
Roger et Jean Marc sont déjà en route depuis un quart d'heure . Nous
commençons par contourner le  superbe lac d'Ibarra : il offre un miroir
parfait au volcan qui se dresse orgueilleusement en face et à une
colonie d'aigrettes qui squattent les roseaux de la rive . Après un
petit arrêt photo incontournable nous traversons Ibarra en suivant la
Panaméricaine sans la moindre embûche . Ensuite nous prenons la
direction de Tulcan  située à 120 km au nord-est .Nous sommes au milieu
d'une mer de cannes à sucre : il y en a partout . Nous comprenons milieu
alors la présence d''une communauté d origine afriquaine que nous
avions vu hier à la fête de Carnaval à Ibarra . Dès qu'il y a de grandes
exploitations agricoles de coton ou de cannes à sucre on retrouve une
communauté noire importée par les Espanole à l'époque de l'esclavage .
Très vite l'autoroute attaque vigoureusement la montagne : il a fallu
tailler les flancs de celle-ci pour y faire passer une quatre voies
aussi large ! C'est très joli de voir les  ondulations des couches
géologiques ainsi mises à nues, à la verticale . Dans les grands
virages, l'association du jeux des strates de couleurs  de ces falaises
artificielles avec la rotation de la chaussée donnent un résultat
spectaculaire , un vrai dessin de coquille d'escargot. De même en
prenant de l'altitude ,on peut admirer pleinement le patchwork des
cultures, intensives dans le secteur; c'est un joli camaïeu de vert qui
s'offre à nous ,renforcé par les haies de buissons  plus sombres qui
viennent souligner avantageusement la limite des parcelles . Des petits
mamelons se retrouvent ainsi divisés en croissants comme les quartiers
d'une orange  . C'est magnifique mais il faut se contenter de photo
tirer à travers le pare-brise car il est impossible d'arrêter sur cette
route !

                Nous traversons une série de villages avec des noms
bien typés comme Bolivar ,San Gabriel ou Tulcan . Plus nous rapprochons
du poste frontière de Rumichaca , plus la circulation se fait dense . Il
ne faut pas oublier que nous sortons d'un pont de trois jours en
Equateur . Aussi nous doublons une quantité impressionnante de camions .
Pour finir nous mettons un peu plus de deux heures pour parcourir les
130 km qui nous séparaient de la frontière . Nous retrouvons Roger et
Jean Marc à la douane équatorienne où les formalités vont très vite
aussi bien au niveau de l'immigration qu'au bureau de douane proprement
dit . Puis il faut avancer de trois cent mètres pour atteindre la
frontière colombienne . Ici il y a un peu plus de queue au bureau de
l'immigration . Ensuite il faut faire des photocopies du tampons que
nous venons d'obtenir pour notre entrée en Colombie . Il faut faire une
empreinte de la plaque moteur et enfin passer au bureau des douanes
proprement dit : là nous devons fournir tout un tas de photocopies ,
passeport , carte grise du véhicule , tampon d'entrée en Colombie , ...
Nous changeons ensuite cent dollars US en COB (Pésos Colombiens) : un
dollars US pour 2680 COB ! J'ai la chance aussi de pouvoir changer mes
Solés péruviens qui restaient , c'est super ! Maintenant  il faut
attendre Janette qui doit s'occuper de l'assurance auto pour la Colombie
où nous ne sommes pas encore couverts . En attendant Dominique charge la
carte de Colombie dans le GPS pendant que je bloggue un peu .

                   Une fois l'histoire de l'assurance auto réglée
pour 25 dollars US , nous prenons la direction de Pasto .
Malheureusement , nous ne regardons pas le road book suffisamment et
nous prenons la voie de droite qui nous fait traverser Ipiales . En
grimpant dans la ville , je vois le camping car de Roger là-bas tout en
bas dans la vallée . Résultat dès que je peux ,je fais mon premier
demi-tour en Colombie et ce n'est pas simple dans une ville encombrée où
çà grouille de voitures partout . Je ne vous explique pas le concert de
klaxons que déclenche ma manoeuvre . Une fois revenus au poste frontière
nous devons faire un virage en "U" pour tourner à gauche ,interdit sur
les panneaux , bien sûr . Pour cela je dois couper les deux voies qui
arrivent de Colombie et les deux voies qui sortent de la douane . Pour
éviter la tuerie, j'attends que le feu se mette au rouge dans mon dos
pour être tranquille avec les colombiens , puis je profite qu'un énorme
semi-remorque de 50 tonnes sorte de la douane pour me mettre en travers
des quatre voies . Bien sûr un groupe de motards sortis de je ne sais où
se met à klaxonner et à faire des histoire . Qu'importe , je suis enfin
sur le bon chemin , et tant pis pour les chauffeurs irascibles  ! Pour
finir nous sommes sur le contournement de la ville et nous serions
arrivés au même endroit sans prendre deux fois des risques dans une
manoeuvre délicate ! Merci Janette pour ce plan foireux ! Puis nous
prenons une petite route à droite ,à la sortie d'Ipiales, qui nous même
quatre kilomètres plus loin au parking d'un téléphérique . Moyennant 6
dollars US par personnes nous descendons au fond de la vallée pour
visiter le Santuario de la Virgen del Rosario de Las Lajas .
Effectivement, nous nous rendons compte que par la route ce serait
impossible en camping car . Le téléphérique , installé en 2008 , bien
qu'un peu lent , permet de survoler de magnifiques gorges et le
patchwork des cultures qui tapissent les monts aux alentours . Arrivés
au fond de la vallée après 25 minutes de ballade aérienne, nous
découvrons l'imposant édifice religieux construit sur un pont , à
cheval sur la vallée du Guaitara  . En débarquant au niveau du toit nous
pouvons admirer au passages les nombreuses aiguilles gothiques qui le
décorent . Puis nous descendons plusieurs escalier pour découvrir
l'ancien édifice religieux creusé dans le rocher avec une chair en
pierre toute décorée de bas reliefs . L'édifice est d'une sobriété
remarquable . Nous remontons d'un niveau pour tomber sur la basilique
proprement dite , plus vaste, mais tout aussi sobre avec une décoration
à base de blanc sur les murs et les voûtes ,juste soulignés par une
bordure en or . C'est sobre et c'est beau à la fois ! Une série de
vitraux montrent la vierge sous toutes ses coutures : en y regardant de
plus prés nous voyons que l'une vient de Lourdes , une autre de La
Salette , une troisième de Fatima , une de la Guadeloupe , ... Nous
continuons notre visite en grimpant sur le coteau d'en face où des
sentiers donnent des points de vue remarquables sur l'édifice et sur le
torrent qui écume au fond des gorges .

                De retour au camping car nous décidons de manger là,
sur le parking, d'où nous avons une vue imprenable sur le vallon . Après
avoir pris le café chez Claire et Roger , nous reprenons la route de
Pasto . Il faut se familiariser avec  la conduite colombienne , toute
aussi folle que la péruvienne mais dans un autre registre .Par exemple
devant nous, sur une route de montagne particulièrement sinueuse ,nous
avons trois autochtones qui roulent de front au grand mépris de
l'automobiliste qui arrive en face . Comme personne ne cède dans ce bras
de fer , c'est pour finir celui qui arrive en face qui décide se cacher
dans un recoin pour que nos trois machos finissent leur démonstration de
bêtise ! Malheureusement ce genre de situation n'a rien
d'exceptionnelle, c'est notre pain quotidien . Pas une seconde
d'inattention n'est possible dans cette jungle automobile . Le pire est
que nous sommes obligés de conduire de cette manière si nous voulons
survivre et si nous voulons avancer . Comme je dis à Dominique , il va
me falloir des semaines de rééducation pour reconduire en France si non
il me faudra au moins 24 points par jours pour garder mon permis !!Nous
suivons une route magnifique avec des a-pics à se pisser dessus(n'est-ce
pas Mumu!) . Sur les flancs de montagnes, les damiers de cultures se
succèdent pour notre plus grand plaisir : c'est d'autant plus beau
lorsqu'un rayon de soleil vient les caresser .

                Un peu avant Pasto, nous prenons à droite la rocade
de contournement de cette ville de plus 500 000 habitants, suivant les
conseils de Janette . C'est très circulant mais l'inconvénient est
surtout que ça n'existe pas  encore sur le GPS . Heureusement que de
temps en temps nous apercevons la mégalopole nichée au creux des vallées
là-bas en bas sur notre droite . Sa présence nous rassure et nous sommes
aussi très contents de la contourner plutôt que de la traverser ! De
notre côté , nous continuons notre course en sautant d'une crête à
l'autre, sur plus de vingt kilomètres . C'est au moment où nous
commençons à trouver le temps long que nous tombons sur le tunnel dont
nous avions parlé au briefing : "si fous tombait sur le tunnel , c'est
que fous êtes sur la bonne route !" Quelques kilomètres plus loin nous
trouvons aussi l'usine de gaz où Janette nous a fortement conseillé de
faire le plein car ce sera beaucoup plus difficile en Amérique Centrale
. Nous commençons par faire une bonne heure de queue devant le portail
fermé car ils ne font rentrer qu'un camping car à la fois . Comme ils
mettent  au moins vingt minutes par véhicule , je vous laisse imaginer !
Lorsque notre tour arrive , nous comprenons aussitôt pourquoi c'est si
long ; d'abord les ouvriers sensés faire le branchement en sont
incapables  ! Il faut que je le fasse moi même et que Dominique
soutienne le tuyau , très lourd , pour éviter de détériorer notre
installation . Pour finir ils ne nous mettent que 4 gallons soit à peu
prés 16 litres car leur machine n'a pas de puissance pour en mettre
d'avantage . Ensuite il faut attendre un bordereau  qu'il faut aller
porter à la comptabilité où il faut faire la queue , puis payer !
Ensuite pour sortir de l'enceinte il faut donner la facture acquittée
attendre qu'elle soit contre-signée et enfin la porte s'ouvre !! Une
vraie histoire de fou , tout ça pour 4 gallons de gaz que nous payons
quand même 22 000 COB , soit une dizaine de dollars US !

                Heureusement que le camping est à un kilomètre à
peine dans un parc en pleine nature situé juste en dessous . A peine
arrivés , nous sommes obligés de solliciter Roger car nous n'arrivons
pas à remettre le frigo en route : il est obligé de démonter la
veilleuse et le piézo pour que cela fonctionne à nouveau . Puis nous
embrayons avec le briefing reculé à 19h00 pour que tout le monde soit
rentré de la corvée de gaz . Aussi dès que Janette nous lâche , nous
rentrons tous dans nos roulottes respectives pour y passer la fin de
soirée : repas , blog , photos , café , ...

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