CENT DEUXIEME JOUR : LE 8 FEVRIER 2018

                    Ce sont d'abord des détonations de pétards puis les
flonflons d'une fanfare qui nous réveillent vers 6h00 ce matin : en
prêtant l'oreille on entend bien des cris et les bruits d'un défilés
tout proche ,tout autour d'une église de type coloniale espagnole ,
dotée de deux jolis clochers et d'une façade bleu ciel .C'est presque
irréelle comme spectacle avec les nuages de brouillasse qui flottent
juste derrière , à flanc de coteau  . Devant, de petites maisons basses,
nichées dans la verdure et très colorées, descendent en cascade jusqu'au
bas de la montagne .Après le café et le petit déjeuner, nous descendons
jusqu'à l'hôtel pour profiter des thermes avec de l'eau à 42 degrés et
des douches . Puis je me dépêche de finir le blog pour pouvoir l'envoyer
avant notre départ en ville prévu à 9h00 .

                Nous prenons un bus de ligne régulière , la ligne
douze, qui longe un moment le rio arrosant Cuenca . A bord ,c'est un peu
la bousculade : nous sommes serrés comme des sardi nes , pas question de
pouvoir bouger , ne serait-ce qu'une jambe ! On voit que nous sommes
dans une grande ville de plus de 300 000 habitants avec de larges
avénidas grouillantes de circulation . La sortie du bus  se révèle hard
, vue la faible durée des arrêts et l'inertie d'un groupe de 34
personnes . Nous laissons les Suisses aller directement au musée du
Panama , le célèbre chapeau de paille qui en fait ,est fabriqué
uniquement ici en Ecuador et en particulier à Cuenca . En fait, c'est
parce qu'on a offert un de ces célèbres chapeaux à Roosevelt alors qu'il
était en déplacement au Panama que le nom est resté , même si l'Equateur
en souffre un peu au niveau de l'amour-propre ! De notre côté , nous
commençons à arpenter de jolies petites rues bordées de maisons aux
façades espagnoles, avec de magnifiques balcons un peu partout . Nous
finissons par déboucher devant le Mercado Principal , grouillant de
monde : on commence par se faufiler parmi les superbes étales de fruits
disposés d'une façon très artistiques ,qu'on ne se lasse pas de prendre
en photo sous tous les angles . En haut , la pointe vers le ciel ce sont
les ananas et les papayes, dont la forme allongée ne fait que renforcer
le mouvement vers le sommet de la pyramide ; viennent ensuite les fruits
de la passion , les oranges , les citrons verts , les noix de coco ,les
tomates locales qui ressemblent à une grosses prunes par leur aspect et
leur acidité et qui se mangent comme un fruit ,des anones et toutes
sortes d'autres fruits tels que les chilimoyas(pommes cannelles) ,les
pacays(espèces de grosses gousses) ,fruits du dragon , caramboles ,...
Nous passons ensuite au secteur des bouchers, plus pour faire quelques
clichés chocs que par nécessité ou par goût . Une belle tête de cochon
qui sourit , un fagot de pattes de chèvre avec leurs sabots , des boyaux
qui pendent à un crochet , bref de quoi couper l'appétit .Nous montons
ensuite à l'étage : là, nous commençons par le coin des légumes : des
pyramides de choux , de concombres , de carottes , d'oignons de toutes
les couleurs , une multitude de sortes de pomme de terre , des épinards
et bien sûr une quantité impressionnante de maïs , de fèves et de
haricots . Un peu plus loin, nous achetons du cacao pur que nous goûtons
sur place : après avoir les papilles emportées par l'amertume , il reste
un arrière goût très agréable de chocolat noir qui perdure une bonne
demi heure ; c'est économique vue la quantité infime que nous avions
absorbé : en plus nous payons 1 dollar US la plaque de chocolat  de 200
grammes. Nous achetons également , du cacao en poudre , une noix de
cacao entière et du café d'Ecuador .

                Nous allons ensuite visiter le musée del Sombréro de
paja Toquilla (terme préféré par les équatoriens plutôt que Panama) :
nous apprenons que la fibre utilisée vient de la feuille d'un palmier
spécifique à l'Ecuador appelé toquilla :elles sont lavées , puis séchées
, puis divisées en des écheveaux de fibres qui passent du vert clair au
blanc cassé . Elles sont ensuite tressées en partant du centre pour
aller vers la périphérie : il faut quatre jours pour faire un chapeau de
mauvaise qualité et six mois pour réaliser les plus beaux modèles qui
coûtent jusqu'à 300 dollars US . Ensuite le produit du tressage passe
sur un moule en bois sur lequel on frappe avec un gros maillet pour
assouplir les fibres pendant une demi heure et on répète ainsi
l'opération pendant plusieurs jours . Le bord est humidifié et soumis au
fer à repasser . On les passe dans un moule métallique à l'étuvée pour
donner les vingt différentes formes qui existent ; en général le bord
avant descend alors qu'on fait remonter légèrement celui de l'arrière .
On enduit enfin le rebord de colle pour le consolider . On coud ensuite
un galon de renfort tout autour à l'intérieur . Certains  chapeaux sont
blanchis et on y ajoute un ruban décoratif . Heureusement que
maintenant, beaucoup d'étapes de la fabrication sont mécanisées , ce qui
permet de sortir des chapeaux à 30 dollars US !Roger et Dominique ne
résistent pas longtemps à l'envie de s'en payer un . Monique , plus
gourmande en prend deux , Isabelle  , Michèle et Annie  succombent
également . Pour finir , nous sommes invités à l'étage pour déguster un
excellent expresso sur une terrasse dominant la ville et le rio . Ils ne
sont que deux fabriques de ce niveaux à Cuenca .

                Nous décidons de trainer un peu dans les petites rues
du centre , très sympathiques pour aller voir la Cathédrale et le marché
aux fleurs : bien que  celui-ci soit très petit puisqu'il ne rassemble
qu'une dizaine de commerçants , les étales débordent de magnifiques
compositions et de splendides bouquets très colorés . Puis nous longeons
le côté latérale droit de la Cathédrale construite en briques roses  :
grâce à des modifications  d'assemblage des briques, les maçons ont
réussi à alléger ces imposantes murailles sans pour cela surcharger la
décoration comme dans les églises baroques que nous avions vu jusque là
. L'intérieur , de ligne très dépouillée , associe le marbre polie et le
porphyre pour le plus grand plaisir des yeux . Les vitraux sont
également remarquables de finesse et de simplicité . En plus ,elle est
dotée d'écrans géants accrochés sur chaque pilier qui permet de
visualiser le prélat qui officie . Nous continuons notre exploration du
centre en remontant quelques callés et avenidas pour trouver un
restaurant recommandé par un ami français de Jean Marc , installé prés
de la Merced  , "El tunnel" . Pour finir la tambouille y  est médiocre
avec une soupe locale , un émincé de cerdo plein de gras avec du riz ,
une cuillère de confiture de fraise et un biscuit en guise de dessert .
Comme hier , çà ne vaut même pas les 5 dollars US la tête . Puis nous
prenons un taxi pour rentrer à l'hôtel Duran où nous goûtons le café et
le chocolat acheté ce matin : l'association des deux se révèle sublime .
Pendant que je blogge un peu , Dominique attaque un rangement profond de
la soute . Puis nous terminons nos démarches administratives sur
internet grace à la wifi de l'hôtel . Il faut aussi faire le plein d'eau
et s'occuper des toilettes , la journée de demain étant assez hard avec
400 bornes de route de montagne , soit un bon 9 heures de volant en
perspective d'après Janette !

Commentaires

  1. Mauvaise idée de lire le blog qd on est au régime d l hôpital depuis 1semaine...les fruits ont l air vrt...sublimes, mais je donnerai vrt cher pour un petit morceau de votre plaque de chocolat associé à un bon petit café noir...hummm le rêve!

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  2. Félicitations aux grand-parents de jumeaux !

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