SOIXANTE TREIZIEME JOUR : LE 10 JANVIER 2018
Bien que nous ayons dormi sur la plage nous n'avons pas
été bercés par le bruit du ressac tant la fatigue nous a procuré un
sommeil de plomb . Malgré tout ce matin, je descends de bonne heure vers
5h30 pour m'occuper du blog et des photos car hier avec la visite
d'Iquique , les courses , le briefing et le barbecue chez Roger , je
n'ai guère pu m'avancer .Aussi je travaille d'arrache-pieds pendant une
heure et demi avant de commencer la préparation du petit déjeuner .
Comme hier Annie nous a ramené une baguette de pain français de San
Pédro , j'en fais griller quelques morceaux tout en m'occupant du café
,et pour une fois depuis un bon moment, j'installe la grande table pour
la circonstance : un petit déjeuner face au Pacifique , ça se déguste
posément , assis dans son fauteuil .
Ensuite je démonte la bouteille de propane que je porte
chez Janette qui a proposé de s'occuper du remplissage .Puis comme nous
sommes prés , nous décidons de partir tôt pour s'occuper le l'envoie du
blog en ville .Nous reprenons la route de bord de mer sur 15 bornes pour
tenter notre chance dans trois stations services sans résultat .De
dépit , nous donnons nos deux grands cafés intacts à un mendiant qui
fait la manche devant la porte du magasin de la station . Même après
avoir réduit le volume du blog de 25 à 18 photos , il n'y a pas moyen
que ça parte .Nous décidons de laisser tomber après une heure d'essais
infructueux .
Nous prenons la route de Humberstone , une ville fantôme
située à 70 km sur la Ruta 5 qui doit nous amener à Arica ce soir .Il
faut donc résigner à quitter le bord de mer , ses plages et ses
palmiers, pour s'enfoncer dans l'Est de la ville et très vite grimper à
l'assaut de la montagne .On traverse des quartiers populaires aux
maisons en planches peintes de couleurs vives , avec des porches ou de
petites terrasses garnies de balustrades . En prenant de l'altitude ,la
vue sur la ville éclairée par le soleil levant, est remarquable .C'est
amusant de voir ces grands buildings posés par-ci par-là , comme des
quilles, au bord de l'eau, avec un tapis de maisons individuelles entre
eux .Dominique tente de tirer quelques clichés en roulant car il est
techniquement impossible de s'arrêter . Un étage au dessus, notre
surprise est encore forte : sous nos pieds , une énorme dune de sable de
plusieurs centaines de mètres de haut rappellent que nous sommes aux
portes du désert . C'est effrayant de voir une telle masse si fragile et
si haute ,très proche des bâtiments de la ville et qui du coup ,
paraissent bien frêle devant une telle menace !
Nous grimpons à 1150 mètres en un rien de temps , ce
qui fait peiner le moteur et monter la consommation à 20 litres . Une
fois sur le plateau côtier la route joue au toboggan parmi les dunes et
les petites montagnes pelées . Arrivés à Humberstone , il faut attendre
11h30 , l'heure de rendez vous fixée par Janette pour visiter cette
ancienne citée minière spécialisée dans l'exploitation du salpêtre . En
attendant je commence à m'occuper des 800 photos de la troisième journée
d'expédition en Bolivie et ce n'est pas une mince affaire de trier et
d'éliminer les ratées , les doublons et les triplons ! Puis dès que
Janette arrive, je récupère ma bouteille de propane que je réinstalle
aussitôt . Enfin nous décidons de casser la croute vite fait avant
d'attaquer la visite , et puis il faut consommer le maximum de choses
fraiches avant le contrôle sanitaire installé à 120 bornes d'ici .
C'est sous un soleil de plomb que nous commençons la
visite :Janette nous explique que l'exploitation a commencée à la fin
du 19 ième siècle à une petite échelle puisque les ouvriers n'étaient
qu'une centaine.Puis très vite l'exploitation a prospéré pour atteindre
jusqu'à 4000 salariés ; on y appliquait le taylorisme un peu comme dans
le Familistère Godin à Guise : il y avait dans l'enceinte de
l'entreprise une école , un théâtre , un hôpital , des boutiques , ce
qui faisait que tous les employés vivaient ici au milieu du désert , en
autarcie totale .Nous visitons les habitations des ouvriers de base ,
puis des employés et des ingénieurs , ensuite l'église très sobre , la
place du village avec un kiosque à musique et entourée d'arcades sous
lesquels on trouvait les commerces .Nous visitons ensuite le théâtre ,
la piscine avec un bassin métallique de 25 mètres , l'école dotée de 8
classes , et l'hôpital avec ses chambres et son bloc opératoire .
Partout dans les rues il y avait un réseau de distribution électrique et
un éclairage publique . Ensuite nos pas nous mènent sur le site
d'exploitation du salpêtre : il fallait dans un premier temps
l'extraire , puis le minerais subissait une opération de lessivage dans
l'eau chaude , ensuite une cristallisation aidée par addition d'acide
et d'autres substances chimiques , enfin c'était le conditionnement
.Outre sa transformation en poudre explosive , le salpêtre servait à
l'époque d'engrais qui était commercialisé dans le monde entier jusqu'à
ce que deux chimistes allemands parviennent à le synthétiser
chimiquement dans les années 1930 .Humberstone continua son exploitation
malgré tout jusqu'en 1960 , date de sa fermeture définitive . Nous
terminons la visite par de grands hangars qui abritaient de grosses
machines à vapeur ,des ateliers de réparations mécaniques et bien sûr
au milieu de la cour l'énorme cheminée métallique , rouillée à souhait .
On se demande ce qu'il pouvaient bien utiliser comme combustible au
milieu de ce désert pour chauffer les énormes chaudières ! Il parait
que depuis peu , le site est devenu Patrimoine de l'Humanité par
décision de l'UNESCO .
Après une bonne réhydratation , nous reprenons la Ruta
5 en direction du nord vers Arica . Comme j'ai envi de blogger
,Dominique prend le volant . Nous traversons une région montagneuse où
nous ne faisons que descendre au fond de vallées arides pour remonter
sur l'autre flancs de la montagne . Après une heure et demi je propose à
Dominique de prendre le relais mais au bout de 10 bornes je sens le
poids du sommeil peser sur mes paupières . Résultat , je rends le manche
à Dominique qui termine l'étape par une énorme descente jusqu'à Arica
qui s'étale au bord de l'Océan ,comme Antofagasta et Iquiqué , coincé
entre la montagne et le Pacifique . Après avoir fait sagement le plein
de gasoil , d'autant plus que demain soir à l'étape , à Pucré ,il n'y
a pas de pompe , nous cherchons le parking encore distant d'une dizaine
de kilomètres , face à la plage . Comme il n'est que 18h00 je tente une
baignade mais comme hier je reviens vite bredouille : trop de mazout
sur le sable mais aussi trop de méduses dans l'eau , et je ne parle pas
des énormes vagues du Pacifique qui n'ont rien d'engageant . Je préfère
déclarer forfait et blogger un peu en attendant le briefing et
l'anniversaire de Christian qui fête ses 66 ans . Pour la circonstance
la communauté suisse et la communauté française se retrouvent un verre
de vin à la main face au spectacle du couchant sur l'Océan .
été bercés par le bruit du ressac tant la fatigue nous a procuré un
sommeil de plomb . Malgré tout ce matin, je descends de bonne heure vers
5h30 pour m'occuper du blog et des photos car hier avec la visite
d'Iquique , les courses , le briefing et le barbecue chez Roger , je
n'ai guère pu m'avancer .Aussi je travaille d'arrache-pieds pendant une
heure et demi avant de commencer la préparation du petit déjeuner .
Comme hier Annie nous a ramené une baguette de pain français de San
Pédro , j'en fais griller quelques morceaux tout en m'occupant du café
,et pour une fois depuis un bon moment, j'installe la grande table pour
la circonstance : un petit déjeuner face au Pacifique , ça se déguste
posément , assis dans son fauteuil .
Ensuite je démonte la bouteille de propane que je porte
chez Janette qui a proposé de s'occuper du remplissage .Puis comme nous
sommes prés , nous décidons de partir tôt pour s'occuper le l'envoie du
blog en ville .Nous reprenons la route de bord de mer sur 15 bornes pour
tenter notre chance dans trois stations services sans résultat .De
dépit , nous donnons nos deux grands cafés intacts à un mendiant qui
fait la manche devant la porte du magasin de la station . Même après
avoir réduit le volume du blog de 25 à 18 photos , il n'y a pas moyen
que ça parte .Nous décidons de laisser tomber après une heure d'essais
infructueux .
Nous prenons la route de Humberstone , une ville fantôme
située à 70 km sur la Ruta 5 qui doit nous amener à Arica ce soir .Il
faut donc résigner à quitter le bord de mer , ses plages et ses
palmiers, pour s'enfoncer dans l'Est de la ville et très vite grimper à
l'assaut de la montagne .On traverse des quartiers populaires aux
maisons en planches peintes de couleurs vives , avec des porches ou de
petites terrasses garnies de balustrades . En prenant de l'altitude ,la
vue sur la ville éclairée par le soleil levant, est remarquable .C'est
amusant de voir ces grands buildings posés par-ci par-là , comme des
quilles, au bord de l'eau, avec un tapis de maisons individuelles entre
eux .Dominique tente de tirer quelques clichés en roulant car il est
techniquement impossible de s'arrêter . Un étage au dessus, notre
surprise est encore forte : sous nos pieds , une énorme dune de sable de
plusieurs centaines de mètres de haut rappellent que nous sommes aux
portes du désert . C'est effrayant de voir une telle masse si fragile et
si haute ,très proche des bâtiments de la ville et qui du coup ,
paraissent bien frêle devant une telle menace !
Nous grimpons à 1150 mètres en un rien de temps , ce
qui fait peiner le moteur et monter la consommation à 20 litres . Une
fois sur le plateau côtier la route joue au toboggan parmi les dunes et
les petites montagnes pelées . Arrivés à Humberstone , il faut attendre
11h30 , l'heure de rendez vous fixée par Janette pour visiter cette
ancienne citée minière spécialisée dans l'exploitation du salpêtre . En
attendant je commence à m'occuper des 800 photos de la troisième journée
d'expédition en Bolivie et ce n'est pas une mince affaire de trier et
d'éliminer les ratées , les doublons et les triplons ! Puis dès que
Janette arrive, je récupère ma bouteille de propane que je réinstalle
aussitôt . Enfin nous décidons de casser la croute vite fait avant
d'attaquer la visite , et puis il faut consommer le maximum de choses
fraiches avant le contrôle sanitaire installé à 120 bornes d'ici .
C'est sous un soleil de plomb que nous commençons la
visite :Janette nous explique que l'exploitation a commencée à la fin
du 19 ième siècle à une petite échelle puisque les ouvriers n'étaient
qu'une centaine.Puis très vite l'exploitation a prospéré pour atteindre
jusqu'à 4000 salariés ; on y appliquait le taylorisme un peu comme dans
le Familistère Godin à Guise : il y avait dans l'enceinte de
l'entreprise une école , un théâtre , un hôpital , des boutiques , ce
qui faisait que tous les employés vivaient ici au milieu du désert , en
autarcie totale .Nous visitons les habitations des ouvriers de base ,
puis des employés et des ingénieurs , ensuite l'église très sobre , la
place du village avec un kiosque à musique et entourée d'arcades sous
lesquels on trouvait les commerces .Nous visitons ensuite le théâtre ,
la piscine avec un bassin métallique de 25 mètres , l'école dotée de 8
classes , et l'hôpital avec ses chambres et son bloc opératoire .
Partout dans les rues il y avait un réseau de distribution électrique et
un éclairage publique . Ensuite nos pas nous mènent sur le site
d'exploitation du salpêtre : il fallait dans un premier temps
l'extraire , puis le minerais subissait une opération de lessivage dans
l'eau chaude , ensuite une cristallisation aidée par addition d'acide
et d'autres substances chimiques , enfin c'était le conditionnement
.Outre sa transformation en poudre explosive , le salpêtre servait à
l'époque d'engrais qui était commercialisé dans le monde entier jusqu'à
ce que deux chimistes allemands parviennent à le synthétiser
chimiquement dans les années 1930 .Humberstone continua son exploitation
malgré tout jusqu'en 1960 , date de sa fermeture définitive . Nous
terminons la visite par de grands hangars qui abritaient de grosses
machines à vapeur ,des ateliers de réparations mécaniques et bien sûr
au milieu de la cour l'énorme cheminée métallique , rouillée à souhait .
On se demande ce qu'il pouvaient bien utiliser comme combustible au
milieu de ce désert pour chauffer les énormes chaudières ! Il parait
que depuis peu , le site est devenu Patrimoine de l'Humanité par
décision de l'UNESCO .
Après une bonne réhydratation , nous reprenons la Ruta
5 en direction du nord vers Arica . Comme j'ai envi de blogger
,Dominique prend le volant . Nous traversons une région montagneuse où
nous ne faisons que descendre au fond de vallées arides pour remonter
sur l'autre flancs de la montagne . Après une heure et demi je propose à
Dominique de prendre le relais mais au bout de 10 bornes je sens le
poids du sommeil peser sur mes paupières . Résultat , je rends le manche
à Dominique qui termine l'étape par une énorme descente jusqu'à Arica
qui s'étale au bord de l'Océan ,comme Antofagasta et Iquiqué , coincé
entre la montagne et le Pacifique . Après avoir fait sagement le plein
de gasoil , d'autant plus que demain soir à l'étape , à Pucré ,il n'y
a pas de pompe , nous cherchons le parking encore distant d'une dizaine
de kilomètres , face à la plage . Comme il n'est que 18h00 je tente une
baignade mais comme hier je reviens vite bredouille : trop de mazout
sur le sable mais aussi trop de méduses dans l'eau , et je ne parle pas
des énormes vagues du Pacifique qui n'ont rien d'engageant . Je préfère
déclarer forfait et blogger un peu en attendant le briefing et
l'anniversaire de Christian qui fête ses 66 ans . Pour la circonstance
la communauté suisse et la communauté française se retrouvent un verre
de vin à la main face au spectacle du couchant sur l'Océan .
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