SOIXANTE SEPTIEME JOUR : LE QUATRE JANVIER 2018
Comme aujourd'hui c'est relâche à San Pédro de Atacama ,
pas besoins de courir ! Je me lève tranquillement à sept heure moins le
quart pour préparer le café et le petit déjeuner que nous prenons
ensemble pour une fois sur la table de salon . Puis , comme il ne faut
surtout pas perdre les bonnes habitudes , je termine le blog en sirotant
un dernier café . Comme ça commence à bouger sur le campement je vais
aux nouvelles d'abord chez les Gruffat pour le bulletin de santé :
Claire est un peu moins dans le gaz qu' hier soir mais reste fébrile
malgré la prise de Paracetamol . Roger , qui a dû arrêter son traitement
à visée intestinale trop tôt , est de nouveau ennuyé de ce côté . Chez
les Bories ,tout va bien même si l'idée des trois jours en 4x4 et le
fait de monter à 5000 mètres inquiète un peu Monique qui a peur de ne
pas supporter . A vrai dire , nous avons tous un peu la même crainte ,
et il y a de quoi , coincés à cinq personnes dans des véhicules
spartiates, sur 1500 kilomètres de piste ! Pour améliorer le confort ,
nous avons d'ailleurs prévu une rotation à bord de chaque véhicule
toutes les deux heures , histoire que celui qui va se retrouver dans le
coffre ne soit pas complétement cassé à l'arrivée .
Comme nous devons attendre que la colonne allemande quitte
San Pédro pour prendre leur place dans un autre camping plus
confortable , je décide d'essayer les douches du notre , installées dans
une cabane en pisés . Il n'y a pas d'eau chaude mais étant donné qu'il
fait déjà bon , c'est presque agréable . De retour au camping car nous
essayons de combattre les méfaits des dix centimètres de poussière qui
recouvre le terrain : c'est vraiment très , très désagréable ...! Aussi
à 9h30 , malgré les consignes de Janette concernant les horaires
d'installation de l'autre côté , nous partons chercher d'abord un coin
isolé pour nous débarrasser des eaux grises et des toilettes puis à
10h00 nous nous installons à l'ombre d'une tonnelle couverte d'un filet
, ce qui permet quand même aux heures chaudes de passer de 41 à 30
degrés . En plus dans cet établissement les employés viennent mouiller
le gravier avec un camion citerne : c'est vraiment le top !
A 10h30 nous décidons d'aller visiter la petite ville de
San Pédro à pieds : sur les conseils de Janette, nous commençons par la
boulangerie tenue par un français qui fait effectivement des baguettes
craquantes comme nous n'en avons pas vu depuis plus de deux mois . C'est
pourtant pas grand chose , mais qu'est-ce-que c'est bon ! Surtout quand
on en a été privée pendant un bon moment ! Puis nous gagnons la place
d'Armes au centre de laquelle trône encore un sapin de Noël , qui a
drôle de mine au milieu des palmiers et des massifs de fleurs . Un peu
partout au bord des allés sont disposés des bancs en fer forgé . Au fond
, nous tombons sur une belle petite église aux murs en pisés et à la
toiture faite avec des planches de cactus : c'est assez original ,non !
A l'intérieur nous admirons au passage une jolie crèche installée sur de
la vraie paille . Puis nous commençons à arpenter les petites ruelles en
terre battue , bordées de maisons aux mûrs blanchis à la chaux , du
moins prés du centre , puis au fur et à mesure que l'on s'éloigne
simplement en pisés sans le moindre crépi . Dommage que le tourisme ,
relativement important pour une contrée aussi reculée , gâche beaucoup
l'authenticité des autochtones et de leur artisanat . De même , pour le
photographe ,il est quasi impossible de réaliser un cliché d'un coin
pittoresque sans voir surgir , un sac à dos , un short ou un tee-shirt
bariolé ! Je sais très bien que tout le monde a le droit de voyager mais
c'est vraiment pénible ! Dominique trouve de belles broderies à encadrer
, avec des motifs du pays mais malheureusement la carte de crédit ne
fonctionnant pas , nous sommes donc obligés de lâcher l'affaire .
De retour au camping car nous déjeunons à bord ,où nous
n'avons que 27 degrés avec les courants d'air .Puis après le café
collectif pris chez nous avec Jean Marie et Michèle et les Gruffat , nos
voisins immédiats , nous attaquons la préparation du sac pour notre
fameuse expédition qui commence demain matin . Il faut prévoir beaucoup
de crème solaire ,nous a dit Janette lors du briefing d'hier, car avec
la réverbération sur les lacs salés , il parait que c'est terrible .
Notre expérience de La Vallée de la Mort aux USA datant de plus de
trente ans , il ne nous reste guère de souvenirs pratiques . Il faut
aussi prévoir des vêtements pour la chaleur mais aussi pour le froid car
nous sommes en permanence au dessus de 4000 mètres d'altitude avec un
maximum à 5 000 . Comme nous allons osciller entre Chili et Bolivie , il
faut prévoir les passeports , des raccords électriques pour pouvoir
brancher l'ordi , des médocs pour les petits bobo de la vie courante ,
un peu de Diamox pour le mal d'altitude au cas où ... et plein de
petites choses car pendant trois jours nous serons coupés du monde . Le
pire est que tout cela doit rentrer dans la valeur d'un bagage à main
par couple .
Vers 16h00 nous décidons d'aller visiter la vallée de la
Lune en compagnie de Monique et Jean Marc dont le camping car est coincé
au fond du camping . L'entrée du parc est située à 5 km de chez nous .
Par chance ils font des réductions pour le 3ème âge et Jean Marc tient à
régler les 10 000 pésos d'entrée pour nous quatre (15 euros) . Il faut
alors emprunter une piste en mauvaise état sur 5 km avant de tomber sur
le premier parking consacrée à une "Grotte de Sel" . Nous commençons par
grimper un sentier parmi les rochers qui s'enfonce progressivement en
tortillant tout ce qu'il peut parmi des formations géologiques faites de
prismes collés les uns aux autres , très durs , et très brillants . En
goûtant avec le doigt mouillé , nous nous rendons compte qu'il s'agit
bien de sel . Puis le couloir devient de plus en plus étroit ,
s'inclinant dangereusement par moment , effectuant des sortes de siphon
où il est bien difficile de progresser pour des sexagénaires de notre
trempe . Ensuite , il faut descendre une petite paroi en faisant un
rétablissement que je trouve difficile , malgré ma taille . Monique qui
me suit , saute , rebondit sur ses jambes , plonge tête la première
dans le sable et reste scotché au tapis . En l'aidant à la relevée nous
constatons que l'un de ses verres de lunette est profondément rayé et
qu'elle a le visage tout blanc , poudré de sable , comme un Pierrot . Le
problème c'est qu'elle nous fait une série de trois évanouissements
malgré quelques baffes . Elle finit par avoir la force de terminer
l'ascension mais en amorçant la descente on constate que le genou droit
a dû subir une torsion dans la bataille avec laxité du latéral interne
provoquant une belle instabilité . Il faut donc la soutenir tout au long
de la descente qui est assez longue jusqu'au parking . Par chance la
vessie à glace de Claire est encore dans notre congélateur , ce qui nous
permet de glacer l'articulation assez rapidement .
Malgré tout, nous continuons la visite du site en avançant
de quelques kilomètres sur la piste et atteindre le Mirador Mayor .
Nous laissons ces dames au camping car pour monter un étroit sentier qui
serpente dans un couloir rocheux avant de partir à l'assaut d'une crête
d'où nous avons une vue magnifique sur une énorme dune et son épine
dorsale travaillée par le vent et aussi sur un vaste espace lunaire
parsemé de formations géologiques qui ressemblent à des petits cratères
ou à des trolls ,avec des tonnes de nuances d'ocre , le tout saupoudré
de blanc . Il ne faut pas oublier que nous sommes dans le royaume du
sel .Après avoir réalisé un mitraillage photographique tous azimuts ,
nous reprenons le camping car pour terminer les 13 kilomètres de pistes
et revenir par la même route qui nous offre d'autres points de vue
remarquables .
Il est déjà 20h00 lorsque nous regagnons le campement pour
finir la prise en charge de l'entorse de genou droit de Monique :
glaçage , immobilisation , anti inflammatoire et mise en décharge car
nous avons des béquilles ! Puis chacun vaque à ses occupations car le
départ de l'expédition est avancé à 6h15 demain matin et il y a donc du
taffe !
pas besoins de courir ! Je me lève tranquillement à sept heure moins le
quart pour préparer le café et le petit déjeuner que nous prenons
ensemble pour une fois sur la table de salon . Puis , comme il ne faut
surtout pas perdre les bonnes habitudes , je termine le blog en sirotant
un dernier café . Comme ça commence à bouger sur le campement je vais
aux nouvelles d'abord chez les Gruffat pour le bulletin de santé :
Claire est un peu moins dans le gaz qu' hier soir mais reste fébrile
malgré la prise de Paracetamol . Roger , qui a dû arrêter son traitement
à visée intestinale trop tôt , est de nouveau ennuyé de ce côté . Chez
les Bories ,tout va bien même si l'idée des trois jours en 4x4 et le
fait de monter à 5000 mètres inquiète un peu Monique qui a peur de ne
pas supporter . A vrai dire , nous avons tous un peu la même crainte ,
et il y a de quoi , coincés à cinq personnes dans des véhicules
spartiates, sur 1500 kilomètres de piste ! Pour améliorer le confort ,
nous avons d'ailleurs prévu une rotation à bord de chaque véhicule
toutes les deux heures , histoire que celui qui va se retrouver dans le
coffre ne soit pas complétement cassé à l'arrivée .
Comme nous devons attendre que la colonne allemande quitte
San Pédro pour prendre leur place dans un autre camping plus
confortable , je décide d'essayer les douches du notre , installées dans
une cabane en pisés . Il n'y a pas d'eau chaude mais étant donné qu'il
fait déjà bon , c'est presque agréable . De retour au camping car nous
essayons de combattre les méfaits des dix centimètres de poussière qui
recouvre le terrain : c'est vraiment très , très désagréable ...! Aussi
à 9h30 , malgré les consignes de Janette concernant les horaires
d'installation de l'autre côté , nous partons chercher d'abord un coin
isolé pour nous débarrasser des eaux grises et des toilettes puis à
10h00 nous nous installons à l'ombre d'une tonnelle couverte d'un filet
, ce qui permet quand même aux heures chaudes de passer de 41 à 30
degrés . En plus dans cet établissement les employés viennent mouiller
le gravier avec un camion citerne : c'est vraiment le top !
A 10h30 nous décidons d'aller visiter la petite ville de
San Pédro à pieds : sur les conseils de Janette, nous commençons par la
boulangerie tenue par un français qui fait effectivement des baguettes
craquantes comme nous n'en avons pas vu depuis plus de deux mois . C'est
pourtant pas grand chose , mais qu'est-ce-que c'est bon ! Surtout quand
on en a été privée pendant un bon moment ! Puis nous gagnons la place
d'Armes au centre de laquelle trône encore un sapin de Noël , qui a
drôle de mine au milieu des palmiers et des massifs de fleurs . Un peu
partout au bord des allés sont disposés des bancs en fer forgé . Au fond
, nous tombons sur une belle petite église aux murs en pisés et à la
toiture faite avec des planches de cactus : c'est assez original ,non !
A l'intérieur nous admirons au passage une jolie crèche installée sur de
la vraie paille . Puis nous commençons à arpenter les petites ruelles en
terre battue , bordées de maisons aux mûrs blanchis à la chaux , du
moins prés du centre , puis au fur et à mesure que l'on s'éloigne
simplement en pisés sans le moindre crépi . Dommage que le tourisme ,
relativement important pour une contrée aussi reculée , gâche beaucoup
l'authenticité des autochtones et de leur artisanat . De même , pour le
photographe ,il est quasi impossible de réaliser un cliché d'un coin
pittoresque sans voir surgir , un sac à dos , un short ou un tee-shirt
bariolé ! Je sais très bien que tout le monde a le droit de voyager mais
c'est vraiment pénible ! Dominique trouve de belles broderies à encadrer
, avec des motifs du pays mais malheureusement la carte de crédit ne
fonctionnant pas , nous sommes donc obligés de lâcher l'affaire .
De retour au camping car nous déjeunons à bord ,où nous
n'avons que 27 degrés avec les courants d'air .Puis après le café
collectif pris chez nous avec Jean Marie et Michèle et les Gruffat , nos
voisins immédiats , nous attaquons la préparation du sac pour notre
fameuse expédition qui commence demain matin . Il faut prévoir beaucoup
de crème solaire ,nous a dit Janette lors du briefing d'hier, car avec
la réverbération sur les lacs salés , il parait que c'est terrible .
Notre expérience de La Vallée de la Mort aux USA datant de plus de
trente ans , il ne nous reste guère de souvenirs pratiques . Il faut
aussi prévoir des vêtements pour la chaleur mais aussi pour le froid car
nous sommes en permanence au dessus de 4000 mètres d'altitude avec un
maximum à 5 000 . Comme nous allons osciller entre Chili et Bolivie , il
faut prévoir les passeports , des raccords électriques pour pouvoir
brancher l'ordi , des médocs pour les petits bobo de la vie courante ,
un peu de Diamox pour le mal d'altitude au cas où ... et plein de
petites choses car pendant trois jours nous serons coupés du monde . Le
pire est que tout cela doit rentrer dans la valeur d'un bagage à main
par couple .
Vers 16h00 nous décidons d'aller visiter la vallée de la
Lune en compagnie de Monique et Jean Marc dont le camping car est coincé
au fond du camping . L'entrée du parc est située à 5 km de chez nous .
Par chance ils font des réductions pour le 3ème âge et Jean Marc tient à
régler les 10 000 pésos d'entrée pour nous quatre (15 euros) . Il faut
alors emprunter une piste en mauvaise état sur 5 km avant de tomber sur
le premier parking consacrée à une "Grotte de Sel" . Nous commençons par
grimper un sentier parmi les rochers qui s'enfonce progressivement en
tortillant tout ce qu'il peut parmi des formations géologiques faites de
prismes collés les uns aux autres , très durs , et très brillants . En
goûtant avec le doigt mouillé , nous nous rendons compte qu'il s'agit
bien de sel . Puis le couloir devient de plus en plus étroit ,
s'inclinant dangereusement par moment , effectuant des sortes de siphon
où il est bien difficile de progresser pour des sexagénaires de notre
trempe . Ensuite , il faut descendre une petite paroi en faisant un
rétablissement que je trouve difficile , malgré ma taille . Monique qui
me suit , saute , rebondit sur ses jambes , plonge tête la première
dans le sable et reste scotché au tapis . En l'aidant à la relevée nous
constatons que l'un de ses verres de lunette est profondément rayé et
qu'elle a le visage tout blanc , poudré de sable , comme un Pierrot . Le
problème c'est qu'elle nous fait une série de trois évanouissements
malgré quelques baffes . Elle finit par avoir la force de terminer
l'ascension mais en amorçant la descente on constate que le genou droit
a dû subir une torsion dans la bataille avec laxité du latéral interne
provoquant une belle instabilité . Il faut donc la soutenir tout au long
de la descente qui est assez longue jusqu'au parking . Par chance la
vessie à glace de Claire est encore dans notre congélateur , ce qui nous
permet de glacer l'articulation assez rapidement .
Malgré tout, nous continuons la visite du site en avançant
de quelques kilomètres sur la piste et atteindre le Mirador Mayor .
Nous laissons ces dames au camping car pour monter un étroit sentier qui
serpente dans un couloir rocheux avant de partir à l'assaut d'une crête
d'où nous avons une vue magnifique sur une énorme dune et son épine
dorsale travaillée par le vent et aussi sur un vaste espace lunaire
parsemé de formations géologiques qui ressemblent à des petits cratères
ou à des trolls ,avec des tonnes de nuances d'ocre , le tout saupoudré
de blanc . Il ne faut pas oublier que nous sommes dans le royaume du
sel .Après avoir réalisé un mitraillage photographique tous azimuts ,
nous reprenons le camping car pour terminer les 13 kilomètres de pistes
et revenir par la même route qui nous offre d'autres points de vue
remarquables .
Il est déjà 20h00 lorsque nous regagnons le campement pour
finir la prise en charge de l'entorse de genou droit de Monique :
glaçage , immobilisation , anti inflammatoire et mise en décharge car
nous avons des béquilles ! Puis chacun vaque à ses occupations car le
départ de l'expédition est avancé à 6h15 demain matin et il y a donc du
taffe !
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