SOIXANTE SEIZIEME JOUR : LE 13 JANVIER 2018

                Pendant toute la nuit ,des torrents de pluie se sont
abattus sur La Paz quasiment sans interruption depuis hier 17h00 .
Janette nous avait  bien prévenu que janvier correspondait à la saison
des pluies sur l'Altiplano , mais je ne pensais pas à ce point ! Cela  a
eu le mérite de rafraichir l'atmosphère et de nous bercer toute la nuit
avec un léger  clapotis au dessus de la chambre . Et puis le fait de
savoir qu'aujourd'hui est une journée de repos total , sans contrainte ,
sans programme nous a totalement déchargé du moindre stress . Après 75
jours passés à crapahuter dans tous les sens , par tous les temps , sous
toutes les latitudes et les altitudes , avec 14 000 km de routes et de
pistes  parcourues , je pense qu'une vraie journée de repos s'imposait
.Nous la recevons d'autant plus comme une bénédiction que ce n'était
prévu .Aussi nous faisons une nuit de bébé de 21h00  jusqu'à six heures
ce matin pour Dominique . De mon côté , je n'ai pas pu faire autrement
que de m'occuper du blog jusque 22h00 , ce qui m'a valu le plaisir
d'avoir la visite nocturne de Christian , puis de Janette, ruisselants
de pluie tous les deux !

                De ce fait ce matin, lorsque je descends préparer le
café ,je suis obligé de mettre un peu de chauffage pour casser la
fraicheur et l'humidité ambiante . Après avoir pris le petit déjeuner
nous allons jusqu'à la réception pour bénéficier de la wifi de l'hôtel
et je profite  d'avoir affaire au patron , un allemand marié avec une
bolivienne ,pour demander l'autorisation de faire le plein de la réserve
d'eau . Puis j'embraye  sur une série de quelques petites réparations à
faire à bord : en premier lieu , le verrou du tiroir du bar qui lâche
sur les chaos de la piste ;il faut épaissir le dessous de la butée pour 
consolider la fermeture du système . Ensuite il faut reposer l'un des
ventilateurs de la chambre qui n'a pas supporté d'être passé au shaker
depuis deux mois et demi , avec les ornières que nous prenons
régulièrement . Autre problème délicat , ce sont les tiroirs de dessous
le camping car ,dont les glissières souffrent des bains de boue répétés
et de la projection de sable et de poussière ; résultat, ils sont quasi
impossibles à ouvrir , il faut forcer en faisant attention de ne pas
arracher la garniture plastique de bas de caisse comme l'année dernière
au PPI , puis une fois que je récupère une course d'ouverture de quatre
ou cinq centimètres , je fais une succession des aller et retour jusqu'à
ouverture totale . Puis il faut que je lave les glissières pleines de
graviers et que je recommence les mouvements de vas et vient et puis je
lubrifie .

                Nous profitons ensuite d'une petite éclaircie pour
aller visiter le quartier et faire quelques courses par la même occasion
. Le plus ennuyeux est que nous partons à la descente , et quelle
descente... ! C'est vertigineux , même à pieds ! Le retour n'en sera que
plus dur , surtout qu'au niveau respiratoire  nous sentons que nous
sommes toujours autour de 4000 mètres d'altitude . Nous trouvons un
petit marché aux fruits et légumes où nous achetons des bananes , des
figues de barbarie , des avocats pour 20 bolivianos (3 euros) , puis à
la tienda d'à côté nous tombons sur des petits pains sandwichs (4
bolivianos pour 8 , soit 1/2 euros) et en remontant nous achetons un
poulet rôti à la broche et au feu de bois  , directement sur le
trottoir, pour 75 bolivianos (10 euros ) avec une sauce épicée et des
condiments . En rentrant ,nous trouvons malgré tout suffisamment de
souffle pour explorer de petites rues latérales qui donnent toutes sur
la Vallée de la Lune au bord de laquelle nous voyons des maisons
accrochées  à même le bord du précipice .

                Une fois au campement, nous tombons sur Annie et
Christian qui sont en quête de wifi sécurisée : nous leur expliquons
qu'il faut s'adresser directement au patron  de l'hôtel qui donne son
propre code . Puis je propose à Christian de profiter de l'installation
de mon tuyau pour faire son plein d'eau propre avant que je le  range .
Il ne nous reste plus qu'à passer à table pour déguster notre "Pollo al
Sagiedo" qui se révèle excellent  et très parfumé , rien à voir avec nos
poulets élevés en batterie  . Par contre , pour ce qui est du dessert
nous nous sommes plantés : ce sont des bananes à cuire ; heureusement
que les figues de barbarie sont délicieuses . Après le café , malgré la
nuit d'enfer que nous nous sommes octroyés , je ne résiste pas à la
tentation d'une petite sieste pendant que Dominique s'active à nettoyer
le camping car .

                Après une  heure de blog et de rangement , nous
décidons d'aller faire une petite ballade à pieds du côté de la Vallée
de la Lune . Dès la sortie de l'hôtel , nous remontons l'avenida Florida
qui joue au toboggan sans pitié pour notre souffle de gens de la plaine
. Les petites rues qui partent à droite et à gauche , souvent pavées de
gros galets , ont des pentes redoutables . Les quarante centimètres de
profondeur des caniveaux en disent long aussi sur la violence des pluies
qui doivent tomber  dans le secteur .En route nous longeons des bouquets
de cheminées de fée de couleur ocre qui s'alignent parmi les maisons .
Comme nous sommes samedi des autochtones viennent visiter leur
patrimoine : il y en a même un  d'entre eux , habillé d'un poncho rouge
,qui chante en jouant de la guitare depuis le haut d'une des
Demoiselles? ce qui ne gâte rien de la visite . En arpentant les rues
nous sommes surpris par toutes ces maisons inachevée où les fers à béton
se dressent vers le ciel comme des paratonnerres  , où il manque des
murs extérieurs , ou  bien des encadrements de fenêtre . Parfois c'est
carrément un étage complet qui est absent au beau milieu du bâtiment !
Par contre nous voyons quelques superbes villas cachées derrière de
hauts murs de clôture coiffés de barbelé .

                Comme ce midi nous nous sommes régalés avec le poulet
au feu de bois , nous récidivons après un apéro-blog . Vers 20h00 Roger
et Jean Marc arrivent très enthousiastes par leur journée passé sur le
Dakar mais comme il fait déjà nuit , nous les laissons s'installer
tranquillement d'autant qu'ils sont très fatigués apparemment .

                PS : La dernière photo , avec les compteurs
électriques installés à l'extérieur , dans la rue ,est dédié à mon
camarade Jeannot , il sait pourquoi !

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