SOIXANTE QUATRIEME JOUR : LE 1ER JANVIER 2017'

            Avec le réveillon qui nous a mené jusqu'à 1h00 et ma crève
qui sévit toujours , ce matin je laisse courir les choses, jusqu'à 6h30
d'autant que  nous n'avons qu'une petite étape au programme . Il faut
malgré tout  que je termine le blog et le transfert des photos de la
fête avant de lancer la préparation du café . Puis ,dès que Dominique
est réveillée , nous prenons le petit déjeuner sur un banc face à la
plage : c'est royal pour un premier janvier ! Un groupe de jeunes
autochtones sont encore assis sur le sable , autour de leur feu de camp
qui brûle depuis la veille . Face à nous les rayons du  soleil  ,qui
finissent par filtrer à travers les nuages de début de matinée , se
mettent à illuminer les maisons blanchies à la chaux du petit village de
Bahia Iglésia , là-bas ,de l'autre côté de la petite baie . Quelques
clichés s'imposent , surtout que maintenant c'est sur le mont du côté
gauche que le spectacle se poursuit .

            Disposés en file indienne le long du front de mer , le
campement ressemble à un coron du nord de la France ; aussi , ce matin ,
nous faisons du porte à porte pour saluer nos voisins et prendre de
leurs nouvelles après le réveillon de Saint Sylvestre . Claire et Roger
, déjà un peu entamés par les huitres de Guanaqueros, n'ont pas trop
bien toléré digestivement  parlant les crevettes à la plancha ,façon
Andy . Monique et Jean Marc,  de leur côté ,ont prolongé les festivités
jusque deux ou trois heures du matin avec quelques équipages suisses .
Comme nous sommes prés vers 8h00, nous décidons de partir tôt pour
pouvoir nous reposer cette après midi. Nous commençons par un city tour
rapide de Bahia Iglesia , que Dominique a eu le temps de visiter hier
pendant ma sieste , mais que je ne connais pas encore . Il s'agit d'une
petite station balnéaire assez coquette dotée de plusieurs petites
plages de sable blanc, nichées entre des récifs rocheux .Puis nous
prenons la direction de Caldera  situé à cinq ou six kilomètres, en
empruntant la petite route  côtière plutôt que la Ruta 5 . Nous espérons
y trouver du pain , un distributeur à pésos et éventuellement de la wifi
. Pour finir , nous faisons choux blanc sur toute la ligne , mais le
fait d'arpenter la ville en tous sens nous permet de découvrir une
superbe petite église nichée au milieu des palmiers  prés de la Plaza de
Armas ,et un très joli port de pêche avec une armées de chalutiers très
colorés ,amarrés aux quais .Dommage que nous soyons obligés d'écourter
notre visite à cause d'autochtones complétement saouls et un peu
entreprenants à notre goût .

            Dès la sortie de la ville nous reprenons la Ruta 5 en
direction du nord, vers Chagnaral .C'est curieux de voir le désert
d'Atacama venir mourir dans le Pacifique : à droite  l'ocre du sable et
les rochers , à gauche le bleu intense de l'océan . Tout le long de la
côte s'égrainent des chapelets de hameaux de cabagnas en planches avec
un toit plat et le réservoir d'eau perché par dessus . La houle violente
du Pacifique se brise sur les nombreux récifs, soulignant ainsi d'un
large liseré blanc d'écume les caps et les  criques qui se succèdent .
Au bout d'une vingtaine de bornes, nous tombons sur le fameux  Santuario
de la Naturaleza  Granito Orbicular  dont nous a parlé Janette  ; il
s'agit d'un ensemble de rochers dotés d'une peau de léopard : en effet,
leur surface est décorée  régulièrement de ronds gris sombre qui
correspondent à des boules d'andésite, de diorite ,de gneiss, entouré
d'une capsule de quartz ou de feldspath ou de mica qui leur donnent cet
aspect de ronds concentriques de couleurs différentes . Lorsque l'eau de
l'océan vient en faire brillé la surface , c'est  vraiment magnifique .
Il parait que l'on ne rencontre ce genre de roche que dans une dizaine
d'endroits au monde .

        Encore soixante bornes à suivre scrupuleusement la côte et ses
caprices  et nous voilà à l'entrée de Chagnaral où notre attention est
attirée  aussitôt par un groupe de rochers tout blancs du fait d'un
important dépôt de guano .C'est vrai qu'il y a énormément d'oiseaux dans
le secteur ! Nous commençons par chercher une station service équipée de
wifi, sans résultat , puis une panadéria(boulangerie) sans plus de
succès . Pour ce qui est de la recherche de pésos, on trouve bien un
distributeur mais il refuse notre carte . Heureusement qu'au cours de
nos recherches nous découvrons par hasard une magnifique petite église
construite tout en bois , ça positive un peu le bilan de notre city-tour .

            Dès la sortie de la ville , nous prenons la direction de
Pan de Azucar (Pain de Sucre) en empruntant une piste de sel qui longe
dans une superbe plage de sable blanc . En grimpant en haut d'un
promontoire rocheux qui domine la côte et la ville dans le lointain ,
nous retrouvons Claire et Roger , déjà installés pour le déjeuner . A
peine à table , Jean Marc et Monique nous rejoignent sur notre perchoir
avec vue imprenable à 360 degrés . Puis nous prenons le café tous
ensemble chez les Gruffat sauf Jean Marc  qui préfère se consacrer à la
sieste . De notre côté, nous repartons tout de suite , car vu mon état
général , je préfère finir l'étape au plus vite . Dès que nous
redescendons de notre nid d'aigle, c'est pour suivre une série de plages
de sable blanc plus belles les unes que les autres . Ici elle est
entourée d'un champs d'éboulis, de gros blocs aux infinies nuances
d'ocre . Là , le blanc du sable tranche comme jamais avec des roches
volcaniques presque noires disséminées un peu partout . La route joue
alors à saute-mouton, franchissant une série de raidillons au niveau des
caps pour replonger à chaque fois qu'il y a une crique . Lorsque nous
atteignons l'entrée du Parc National Pan de Azucar ,nous tombons sur une
guérite fermée : c'est vrai que nous sommes le premier janvier!Ca fait
10 000 pésos de gagnés (15 euros) Tout autour je découvre des "coussins
de belle-mère" : ce sont de gros cactus joufflus , courts sur patte ,
exhibant de jolies fleurs jaunes ou rouges .

            Encore quelques kilomètres et nous trouvons le camping
installé au bord d'une magnifique plage et en face d'un îlot montagneux
où vit la colonie de pingouins la plus septentrionale de l'hémisphère
sud : encore un coup de Humbolt , qui avec ses eaux froides ,permet à
ses oiseaux ,de vivre sous de telles latitudes . Une fois installés ,
nous allons aussitôt goûter l'eau du Pacifique en compagnie de Claire ;
Roger , toujours patraque digestivement préfére déclarer forfait . Avec
la violence des déferlantes , il est impossible de nager mais la
baignade en sautant dans les vagues le premier jour de l'An, reste
Royale  avec un grand "R" et  pour moi  elle se révèle plus efficace sur
mon état fébrile que le Paracétamol . Puis il faut bien se résigner à
travailler un peu sur le blog en attendant l'heure du briefing . Et
comme ici l'eau douce arrive avec le camion citerne de 19h00 , il n'y a
pas de douche avant et celles-ci sont limitées à cinq minutes par
personne et sont froides !

               Ce soir c'est barbecue chez Roger avec dégustation de
foie gras savoyard , tout à fait à la hauteur pour un premier janvier ,
face aux eaux bleues du Pacifique et au soleil couchant sur l'île aux
pingouins Humbolt.

Commentaires

  1. Très bonne année à tous les 2 et à vos compagnons de voyage !
    C’est vrai que commencer 2018 sur une plage face au pacifique c’est pas mal !
    En comparaison, ici dans ch’nord on subit les effets de Eléonore une belle tempête hivernale avec des vents de 130km/h sur la côte

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  2. c'est du rêve distillé à la lecture de ce blog.
    meilleure santé à tous

    RépondreSupprimer

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