SOIXANTE QUATORZIEME JOUR : LE 11 JANVIER 2018

                Ce matin , c'est grand luxe car je peux m'offrir une
grasse mat jusqu'à 7h00 étant donné que le blog et le transfert des
photos est fait . Et puis nous n'avons rencard qu'à partir de 9h00 au
bureau du ministère de l'agriculture pour payer notre amende de 400
dollars ,donc pas question de courir ! Après la préparation du café ,
nous prenons tranquillement le petit déjeuner à table , face au
Pacifique qui nous a bercé toute la nuit ! Un régal ! Comme nous devons
monter à 3800 m cette après midi , je profite de l'oisiveté de ce matin
pour vérifier le niveau d'huile : cette fois il n'a pas bougé , c'est
super ! A 8h00 Roger vient nous voir car il a envi de partir pour
envoyer son blog depuis la station service où il a retiré des pésos hier
au distributeur pour payer son amende de 200 dollars . Nous lui
emboitons donc le pas pour en faire autant . Il faut remonter le
boulevard de la mer sur 8 km pour tomber sur la fameuse station
Pétrobras . Pendant que Dominique s'occupe de retirer les 282 000 pésos
de l'amende  au distributeur ,j'essaie d'envoyer les deux derniers
chapitres du blog  .Pour ce qui est de la wifi ça marche comme sur des
roulettes , par contre Dominique , certainement contrariée par cette
affaire stupide , se trompe et  sort le double de ce qu'il faut , soit
580 000 pésos !! Cà ne va pas être facile de reconvertir les pésos en
dollars US , ce qui est sûr , c'est que ce sera au prix d'une grosse
perte !bon pas si grosse que cela au vue du non paiement de l amende..

                Contrariés , nous reprenons le camping car pour
remonter  l'avenida de bord de mer jusqu'au pied de la haute falaise qui
domine le port d'Arica . Là , nous voyons le camping car de Janette déjà
stationné sur le parking qu'elle nous avait indiqué hier .En nous
rendant au ministère de l'agriculture nous admirons au passage l'église
construite par Gustave Eiffel , puis nous  nous enfonçons dans un dédale
de petites rues sympathiques telle que 25 de Mayo ou bien le paséo
Baquedano , piétonnes bien sûr , pour déboucher dans 18 de Septiembre où
nous retrouvons Catharina au numéro 390 . Après avoir fait patte blanche
en montrant notre passeport à la réceptionniste nous sommes introduits
dans un bureau où quatre ou cinq fonctionnaires tuent le temps en
discutant ou en buvant du café .L'un d'eux  daigne enfin s'occuper de
nous  et après avoir consulter son ordinateur puis discuter longuement
en espagnol avec Catharina , finit par nous faire comprendre qu'il nous
reste encore huit jours pour contester la décision du tribunal et qu'en
principe il n'y a aucun obstacle à passer la frontière bolivienne demain
. La cause est donc entendue , nous ne payerons pas l'amende : le seul
inconvénient est que nous ne pourrons plus mettre les pieds au Chili !

                A peine sortis , nous tombons sur Roger qui a été
retardé à la station service à cause de la wifi : tout de suite notre
décision l'enchante et nous nous mettons en quête d'un bureau de change
pour reconvertir nos pésos en dollars . Puis nous retrouvons Claire
devant l'église Eiffel que nous décidons de visiter de ce fait . Bien
que d'un style dépouillé , l'intérieur avec ses colonnes métalliques
moulurées et ses décorations en fer forgé, ne se révèle  pas désagréable
à regarder .

                Nous reprenons le camping car pour aller au musée
archéologique installé dans la vallée d'Azapa à 15 km du centre ville .
Au milieu des palmiers et des oliviers l'ensemble  doté de quatre
bâtiments parait bien sympathique au milieu de toutes ces dunes de sable
qui nous entourent . Il s'agit d'une ancienne hacienda spécialisée dans
la culture de l'olive ; au XVI ème siècle les Espagnols avaient ramené
des pieds d'oliviers mais sur leur cargaison trois seulement survécurent
. Actuellement on récolte 5 à 6000 tonnes d'olives par an . Donc la
première salle est consacrée au traitement des olives à l'époque de la
colonisation espagnole avec une collection de moulins à huile plus ou
moins perfectionnés . Puis nous attaquons le second bâtiment consacrés
aux  célèbres momies des indiens chinchorros : ce sont les plus
anciennes du monde puis qu'elles datent de 8000 avant JC (beaucoup plus
ancienne que celles d'Egypte qui ne datent que de 3000 avant JC) La
technique d'embaumement était très compliquée puisqu'ils dépouillaient
le defunt de ses muscles et de ses viscères . Ils mettaient les os à nu
, les traitaient avec du sulfate de cuivre pour qu'ils ne noircissent
pas puis ils enrubannaient les os , qu'ils replaçaient dans l'enveloppe
cutanée qu'ils bourraient alors d'herbes séchées .Pour la tête , ils
enlevaient les os et  la bourraient de paille aussi . Ensuite , ils
posaient un masque sur le visage . Les archéologues  ont recensés 300
momies jusque maintenant .D'après ce que l'on a retrouvé dans les
sépultures les indiens chincheros vivaient de la pêche et de la chasse :
ils mangeaient du poisson , des coquillages , des oiseaux de mer , du
lama et de la vigogne . Ils sont restés indépendant jusqu'en 1470 ,
c'est à dire jusqu'à la domination Inca puis Espagnole en 1530 .
Malheureusement pour nous les autres salles du musée sont en réfection !

                Il est déjà 11h00 lorsque nous reprenons la route de
Putré qui grimpe aussitôt en longues lignes droites accrochées à la
montagne offrant au départ de magnifiques vues sur Arica et la vallée
d'Azapa ,envahie de tonnelles sous lesquelles les paysans peuvent
cultiver le sable du désert . En quatre ou cinq longues lignes droites
nous voilà arrivés à 1000 mètres d'altitude, au niveau du premier
plateau .Là , la route se met à jouer les toboggans tout en grimpant
régulièrement sans que nous nous en rendions compte .C'est le GPS  , en
indiquant 1500 mètres d'altitude au bout d'une dizaine de bosses ,  qui
nous en fait prendre conscience . Nous quittons le plateau pour attaquer
de nouveau la montagne en décrivant des lacets successifs parmi les pans
de caillasses et les rochers . La ruta 27 plonge ensuite sur quelques
centaines de mètres pour rejoindre la Ruta 11, plus importante , envahie
de camions ,que nous prenons sur la droite . Nous suivons un moment une
vallée encaissée  avant d'attaquer à nouveau les flancs de la montagne
voisine en enfilant de longues lignes droites à pourcentages redoutables
. Il faut sans arrêt doubler des poids lourds complétement scotchés dans
la pente . Heureusement que le V6 Mercédes arrache comme jamais en 3 ème
manuelle . Arrivés au niveau d'une espèce de petit col à 3100 mètres
d'altitude , nous profitons du parking d'un mirador pour nous arrêter
déjeuner . L'à-pic sur la vallée est  vraiment effrayant , d'ailleurs
Dominique fait l'impasse  sur le belvédère et reste à bord du camping
car jusqu'au départ .

                Nous reprenons la route à la descente  cette fois ,au
milieu d'un décor totalement minéral pour  arriver à 2800 mètres . Là ,
bien sûr , on rebondit et c'est reparti pour une belle grimpette qui
nous mène à 3800 mètres d'altitude . Une fois que nous franchissons la
crête , c'est pour replonger  vers Putré que nous commençons à deviner
là-bas en bas . Comme prévu pour le bivouac , nous nous installons sur
le terrain de football  , face au mont neigeux qui culminent à plus de
6000 mètres . Pendant que Dominique , un peu accablée par l'altitude ,
fait la sieste, j'attaque la rédaction du blog . Vers 17h00 Claire et
Roger se pointent et nous prenons le café avant de descendre au village
brûler les derniers billets  en pésos chiliens car demain nous passons
la frontière . Nous achetons du pain , du beurre et une bouteille de vin
pour Christian dont nous fêtons l'anniversaire ce soir en petit comité
(les français seulement) . Comme le village est sympathique,  avec ses
petites maisons basses et ses rues en pente ,pavées de grosses pierres
avec un écoulement des eaux  au centre  , nous continuons la visite
jusqu'à la place  de l'église . Dominique et Claire achètent au passage
une belle nappe brodée de motifs  du crus , lamas  et guanacos , of course !

                Nous sommes juste de retour pour le briefing qui est
très important car demain nous passons la frontière bolivienne et aussi
nous tentons d'approcher le Paris-Dakar et ce n'est pas chose facile :
une étape de 475 km nous attend avec un col à 4800 m et de la piste ! On
n'est pas couché ! Puis nous fêtons pour la deuxième fois l'anniversaire
de Christian entre équipage français avec Janette ,bien sûr .
Malheureusement la pluie écourte un peu les festivités , c'est bien
dommage !  Mais malgré tout ,bonne anniversaire Christian !

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