SOIXANTE DOUZIEME JOUR : LE 9 JANVIER 2018

            Nous avons au programme une longue étape de plus de 500
bornes , le plein de gaz à faire en route et la visite d'Iquique , mais
comme mon blog est fait et envoyé , ce n'est pas la peine de  se lever
aux aurores malgré   tout .C'est la lumière d'ambiance du camping car
qui me tire du lit ce matin vers 6h00 . Qu'est-ce-que c'est que cette
farce encore ? Et tout doucement le cerveau se met en branle , c'est
vrai que ça se produit quand la batterie est faible et déclenche le plan
sécurité : elle coupe alors tous les circuits , ne laissant en marche
que quelques LED ! Donc , pas de gaz pour faire le café puisque le
groupe de sécurité fonctionne à l'électricité , plus de chasse d'eau
dans le WC , plus d'eau au robinet de l'évier et du lavabo ! Dur ,dur !
Le pire c'est l'absence de café ! Il faut se contenter d'un verre de
lait froid et d'un morceau de brioche pris à la lueur de la lampe de
poche . Pour ce qui est du rasage , ce n'est pas triste non plus , avec
le rasoir dans la main droite et la torche dans la main gauche . Pas de
brosse à dent électrique , aie ...aie ...aie ... ! Comme hier nos
batteries au lithium après six jours sans rouler commençaient à donner
des signes de faiblesse , j'avais branché le camping car sur le secteur
toute l'après midi . Mais ,en voulant ouvrir la fenêtre  électrique du
chauffeur dans la cabine , j'ai mis le contact et ça n'a pas plu du tout
au chargeur de batterie . En y regardant ce matin avec Roger , nous
constatons effectivement que le fusible a grillé dans la bataille et
nous le changeons aussitôt . Par contre en faisant tourner le moteur 
ce  matin ,je constate avec plaisir que la charge passe rapidement de 19
à 23% grâce à l'alternateur . C'est sûr qu'avec un chargeur 220 volts en
rideau , mon installation pourtant sophistiquée n'a pas pu prendre de
charge . En plus hier soir , en mangeant en terrasse jusque tard , nous
avons dû pomper le peu qu'il y avait et cette nuit en chargeant la
tablette j'ai fini le stock de jus !

            Il est donc évidant que dans de tels conditions , le plus
simple est de partir au plus vite . Dès la sortie de San Pédro de
Atacama , nous prenons la direction de Calama ce qui nous oblige à
repasser un col à 3400 m offrant de magnifiques vues sur la Vallée de la
Mort dans un premier temps , puis sur la Vallée de la lune un peu plus
haut ,qui s'embrase dans le soleil levant . La descente sur l'autre
versant nous offre un aussi joli spectacle avec des flancs de montagne
très colorés ,  de superbes canyons sculptés par l'érosion , des dunes
de sables et des champs d'éboulis . Nous traversons ensuite une forêt
d'éoliennes avant d'atteindre les faubourgs de Calama où notre premier
soucis est de chercher la station GPL .Après quelques "returno"sur la
quatre voies d'abord , puis sur de larges avenidas , nous trouvons de
quoi satisfaire notre soif de gaz et de gasoil par la même occasion
(c'est la sixième fois que nous rechargeons une bouteille depuis le
début de notre périple )

            Nous prenons ensuite la direction du nord , vers d'Iquique
. Nous commençons par longer une série d'énormes terrils multicolores
,ressemblant à des pyramides avec leurs gradins empilés les uns sur les
autres . C'est Chucicamata , la plus grande mine de cuivre du Monde ,
qui envahie tout notre horizon . C'est monstrueux ! Dominique a un petit
pincement au coeur de savoir qu'elle ne pourra pas la revisiter trente
cinq après . Mais il parait d'après Janette que maintenant c'est très
compliqué , surtout en ce qui concerne les horaires . Nous nous
contentons donc de quelques clichés pris à la sauvette avant de
poursuivre notre chemin vers Tocopilla à travers un paysage aride au
possible : des montagnes pellées , des vallées asséchées envahies de
pierres , du sable et des caillasses à perte de vue . Puis nous nous
mettons à perdre brutalement de l'altitude pour plonger jusqu'au bord du
Pacifique où nous découvrons le grand port de Tocopilla . A partir de là
, nous ne quittons plus l'Océan des yeux  en remontant vers le nord
jusque Iquiqué . Nous longeons une côte rocheuse où vient se briser la
forte houle du Pacifique , auréolant d'un ruban d'écume le moindre récif
, le moindre îlot , le moindre cap . Une belle dentelle blanche qui
vient décoré le bord du drap de velours bleu sombre de l'Océan . Les
arrêts photos s'accélèrent tout à coup ; il faut dire qu'après trois
jours de désert, nos retrouvailles avec l'eau sont formidables
d'intensité . Un peu plus loin , ce sont des cormorans occupés à sécher
leurs ailes grandes ouvertes dans le vent qui attisent notre curiosité .
Qu'ils sont drôles tout habillé de noir avec une capuche rouge à tourner
sur place au gré du vent , debout sur leur pattes et ailes déployées.

            Vers 12h30 nous arrêtons dans un petit village de pêcheurs
, niché au bord d'une crique : des cabanes en bois , peintes de couleurs
vives , perchées sur des pilotis dégringolent la pente rocheuse jusqu'à
l'eau où des barcasses se dandinent au mouillage . Un vrai petit havre
de paix !  Nous  nous posons là, le plus discrètement possible, pour
prendre notre déjeuner tout en admirant ce petit coin de paradis . Avant
de repartir nous descendons  jusqu'à la grève à la rencontre des
pêcheurs qui débarquent des caisses de poissons  de leurs esquifs . Un
peu plus haut, sur les rochers, d'autres autochtones rangent des ballots
d'algues qu'ils ont préalablement fait sécher . Ensuite ils les hachent
avec une vieille machine, en fines lamelles ,qu'ils placent dans de gros
sacs de toile blanche . Ils m'expliquent qu'ils envoient tout ça en
Chine pour fabriquer du shampoing , de la crème pour la peau et même du
plastique .

            Nous reprenons la route qui continue à suivre
scrupuleusement la côte jusque Iquiqué où nous arrivons vers 15h30 . Une
barrière de hauts buildings se dresse tout au long de la plage sur plus
de vingt kilomètres de long , coincée au pied de la montagne qui tombe
à-pic dans l'Océan . Nous traversons de part en part cette mégalopole
jusqu'au parking indiqué par Janette pour aller visiter le centre ville
. Après avoir remonté la calle Thompson , nous débouchons sur la Plaza
de Armas dotée d'une superbe Tour de l'Horloge , d'un délicat kiosque à
musique, de quelques immenses palmiers et de beaux massifs d'ibiscus .En
face, de l'autre côté de la place on découvre de vieilles maisons de
style coloniale espagnole avec de jolis balcons de bois , des coursives
au premier étage soutenues par des d'immenses piliers de bois sculptés
qui abritent des clubs  privés. Nous empruntons ensuite la calle
Baquedano, piétonne et très commerçante, pour faire ensuite un tour dans
les petites rues voisines bordées elles aussi de maisons en bois parfois
vernis , le plus souvent peintes de couleurs vives et dotées de balcons
défendues par des barreaux de bois travaillés au tour . Le plus curieux
de cette ballade en centre ville, c'est la juxtaposition de bâtiments 
datant d'un autre siècle et de buildings en béton  et peut être aussi
d'apercevoir au bout des rues les dunes du désert  d'Atacama d'un côté
et le bleu du Pacifique de l'autre .

            Après avoir regagné le camping car, nous nous lançons dans
la  recherche du supermercado Lider , opération délicate étant donné la
circulation infernale de cette méga station balnéaire  et à 17h00 de
surcroît . Par chance nous trouvons un stationnement dans la
contre-allée de l'avenida , juste à la porte du magasin . Résultat, nous
dégommons cette corvée en moins d'une heure . Il ne nous reste plus qu'à
repartir vers le sud en longeant le front de mer et ses plages
interminables bordées de palmiers . Quinze bornes plus loin ,nous
trouvons notre campement sur Playa Blanca , une belle petite plage
encadrée  de rochers . Roger et Claire sont déjà entrain de s'y baigner
. Malheureusement la présence de nombreuses méduses termine
prématurément notre baignade . Après le briefing de 19h00 où Janette
nous apprend que nous sommes condamnés à une amende de 400 dollars US
pour nous et 200 pour les Gruffat ,nous faisons barbecue face au soleil
couchant, tout en discutant de la façon de gérer cette affaire : on paie
pour avoir la paix lors du passage de la frontière chilio-bolivienne
dans deux jours ou on prend le risque de ne pas payer avec le stress que
cela va occasionner ? Affaire à suivre !

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