SOIXANTE DIX SEPTIEME JOUR : LE 14 JANVIER 2018

                Comme la veille nous nous octroyons une  nuit de
nourrisson de 21h00 à 6h00 ce matin . De plus j'ai réussis à boucler le
blog hier , donc pas de stress de ce côté-là et nous ne partons en
excursion qu'à partir de 9h00 , donc pas la peine de courir ! Nous
prenons tranquillement le petit déjeuner en tête à tête sur la table de
salon avant d'aller à la réception de l'hôtel pour envoyer le blog .
Comme la wifi est d'excellente qualité nous en profitons pour skyper un
peu . Vincent n'est pas pas joignable mais chez Nathalie nous les
choppons de justesse avant leur départ pour la piscine .

                Vers 9h00 nous prenons un bus pour aller faire la
visite de  La Paz, guidée par "Pépé" , un  bolivien bien sympathique
doté d'un prénom à coucher dehors , d'où ce surnom qui correspond à ses
initiales . Nous commençons par longer la Vallée de la Lune , toujours
un peu terne du fait d'un sérieux manque de soleil . Mais comme cette
fois nous tournons à droite pour plonger encore plus profondément dans
La Paz nous voyons les choses sous un angle plus favorable avec même
quelques petits tunnels pour laisser passer la "serpentine" comme dans
un manège de fête foraine . Arrivés au niveau de la rivière qui arrose
la capitale , notre guide nous explique que c'est à cause d'elle que les
envahisseurs espagnols s'installèrent ici . Une dualité existait entre
Pissaro qui avait conquis le Pérou et Almagro qui venait de s'installer
en Bolivie à cause du gisement d'argent de Potosi . La couronne
d'Espagne imposa aux deux guerriers la paix qui fut signée ici , ce qui 
lui donna  son nom de La Paz . Pendant ce temps notre chauffeur grimpe
vers les hauteurs de la ville en suivant l'avenida de Espagna jusqu'à un
belvédère appelé Kili-kili , qui veut dire vautour en aymara , la langue
des natifs de la région .Nous arrêtons une petite demi-heure pour
admirer un panorama à couper le souffle sur la mégalopole peuplée de
plus d'un million d'habitants malgré une forte exode à l'étranger:
beaucoup de gens fuient la débâcle économique et la corruption du régime
politique instauré par Evo Moralès qui termine son troisième mandat en
2020 . Il parait qu'il est entrain de changer la constitution pour
briguer un quatrième mandat de 5 ans alors que normalement c'est limité
à deux  maximum ! Mais revenons à notre vue à 360 degrés sur cette
immense fosse qui part de l'Altiplano à 4100 m d'altitude pour descendre
jusqu'à 2800 m dans les quartiers chics du sud . Ici , plus on est
pauvre , plus on habite haut ! Donc le haut des flancs de la montagne
sont couverts de petites constructions souvent individuelles , en
briques rouges , qui dévalent jusqu'à mi pente . Ensuite c'est le coin
des buildings de verre et de beton qui n'hésitent pas à faire de l'ombre
à quelques bâtiments historiques au passage . Plus bas ce sont les
quartiers résidentiels dotés de jardins , d'espaces verts et
d'installations de sport .

                Notre chauffeur nous dépose ensuite devant une gare de
téléphériques: Pépé nous explique que La Paz en possède 4 que l'on
individualise par la couleur : la ligne orange que nous allons emprunter
, mais il y a aussi la rouge , la jaune et la verte . Quatre autres sont
en projet .Ces téléphériques sont très récents car ils ont étaient
terminés en 2015 et le support technique vient d'Autriche . Avec la
structure géologique du sous sol à base d'argile et la disposition de la
ville en forme de vaste carrière , c'était de loin la meilleur solution
pour doter la capitale d'un réseau de transport en commun  permettant de
transporter 5000 personnes à l'heure . Nous grimpons donc à 10 à bord
d'une superbe cabine panoramique , ce qui nous permet de survoler la
ville et de mieux comprendre sa structure avec l'absence de route dans
les quartiers populaires du haut où il faut tout transporter à dos
d'homme . On voit aussi des zones inhabitées qui correspondent à
d'anciens glissements de terrain ayant souvent occasionnés des dizaines
de victimes . Arrivés à la station supérieure de la ligne orange , nous
empruntons une rue bordées de vieilles maisons coloniales espagnoles
avec de magnifiques balcons en bois sculpté . Arrivés à Cruce Verdé ,
nous entrons dans une galerie d'art consacré à Mamani-Mamani (aigle en
aymara) , un artiste peintre qui possède un style que nous apprécions
beaucoup avec Dominique ; aussi je ne résiste pas à l'envie de lui
acheter un collier et des boucles d'oreilles réalisées par l'artiste .
Un peu plus bas , nous tombons sur le Théâtre Principal de La Paz  puis
nous nous mettons à emprunter des ruelles souvent très pentues ,
grouillantes de piétons , de voitures et de petits bus colorés très
"latinos" . Nous admirons au passage une ancienne église romane décorée
de bas reliefs représentants les fruits de la région , le portail est de
style mauresque et le reste de la façade de style espagnol , c'est
vraiment curieux la rencontre de ces trois styles . Sous le porche , des
boliviennes en chapeaux melons vendent des pétales de fleurs coupées en
fines lamelles .En entrant dans la nef on voit tout de suite que nous
sommes domingo(dimanche) car elle est pleine de pratiquants . Nous
continuons à descendre en suivant des ruelles très animés pour déboucher
sur la Plaza des Armas où la première chose qui choque est la
juxtaposition de la cathédrale et d'un building de verre et d'acier qui
n'existait pas il y a deux ans d'après Janette . A côté, nous voyons le 
Palais Présidentiel défendu par des gardes en uniformes rouges .Pépé
nous montre  le blason de la Bolivie surmonté d'un condor et les dix
drapeaux des différentes provinces , un absent celui de la région
d'Arica , territoire perdu lors de la guerre avec le Chili à  la fin du
19 ème siècle . En entrant dans la Cathédrale , il nous explique que la
particularité de celle-ci est le fait d'avoir des vitraux décorés du
portrait de cinq de généraux , présidents dictateurs de Bolivie : en
regardant la photo de plus prés on peut constater qu'ils ne sont quand
même pas armés , encore heureux !

                Nous avançons ensuite jusqu'à l'hôtel Presidente , cinq
étoiles , pour déjeuner au premier étage dans une superbe salle à manger
: nous goûtons deux potages boliviens, l'un à base de légumes du
pays(fèves , maïs , oignons ,tomates ,..) et l'autre à base  de poissons
et fruits de mer . Ensuite on nous invite à nous servir à un vaste
buffet de crudités très variées et très bien présentées . Puis nous
goûtons du cerdo braisé (porc) de langue de boeuf cuisinée avec une
sauce bolivienne très relevée ,et un chevelu de viande séchée très
goûteux . Le tout suivi d'un vaste buffet de desserts , l'après midi
risque d's être difficile .

                Nous reprenons le bus pour grimper jusqu' à la gare
inférieur de la ligne rouge de téléphérique qui doit nous conduire  à 
El Alto , ancien quartier de La Paz devenue ville indépendante ,sur le
bord de l'Altiplano où se trouve l'un des plus grands marchés d'Amérique
du Sud . Pépé nous montre d'abord le belvédère  , puis après de
multiples recommandations concernant le vol , nous nous mettons à
déambuler dans des allées étroites , grouillantes d'autochtones en quête
de la bonne affaire . Ici on vend tout , même des voitures ! C'est un
régal photographique avec toutes ses boliviennes en costume avec leur
chapeau melon vissé sur la tête . Des étales de fruits très colorés ,
des gargotes où l'on peut manger de la viande braisée , des poissons du
lac Titicaca frits , des tas de vêtements d'occasions , des soutiens
-gorges ,des pièces de machines , des postes de radio , bref tout ce
qu'il est possible d'imaginer . Nous avançons ensuite jusqu'au "marché
aux sorcières" où des chamans installés dans de petites cabanes
disposées les unes à côté des autres exercent leur art ; Pépé va
chercher un mélange  de sucre , de poils de lama et quelques autres
ingrédients locaux ,chez l'une d'entre elle dans un petit sac plastique
; il nous explique qu'il faut brûler ça le premier août comme offrande à
Pachamama , la Terre Mère pour obtenir ce que l'on désir : une voiture ,
une maison , une épouse ,... Ensuite Janette décide , moyennant 10
bolivianos , de consulter un chaman pour en savoir plus, concernant son
avenir : et bien sûr voilà qu'il lui promet une rencontre avec l'être
cher avant la fin de l'année !! En rejoignant la gare de téléphérique de
la ligne jaune  pour redescendre de notre perchoir, nous tombons sur
deux groupes de musiciens ,  de chanteurs et de danseurs .

                Au cours du survol des quartiers défavorisés du haut de
La Paz , Pépé nous explique que les Boliviens sont très gais et adorent
faire la fête : il y en a plus de deux cents par an dans la capitale ,
presque une tous les jours .On y boit de la bière , beaucoup de bière et
un alcool à 40 degrés issu de la distillation du raisin , un peu comme
le Pisco . Après la ligne jaune , nous empruntons la verte pour terminer
la descente en survolant d'énormes propriétés entourées de parcs arborés
et des superbes piscines . Arrivés à 3200 mètre d'altitude , nous
reprenons le bus qui nous ramène au campement .

                Ce soir , Andy , un des Suisses fêtent ses 65 ans , en
grande pompe ,dans les locaux de l'hôtel avec forces cocktails ,
brochettes de viandes grillées , pizzas et bien sûr gâteau
d'anniversaire ! Et il a même droit à un feu d'artifice surprise , lancé
par une société folklorique qui réalise une méga fiesta dans le quartier
d'en bas . Cela promet une belle nuit avec  la sono qui nous casse les
oreilles depuis notre retour au camping !

                   PS : encore à l'attention de Jeannot , la dernière
photo . Il t'attende , Jeannot pour mettre un peu d'ordre dans les sacs
de noeuds de fils aux coins des rues !

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