SOIXANTE CINQUIEME JOUR : LE 2 JANVIER 2018'
Fatigué par un rêve insensé , comme la plus part des rêves
, vers 6h00 je me lève, harassé comme jamais : reconnus coupables par le
tribunal pour avoir transporté des aliments interdits ,le ministère de
l'Agriculture nous obligeait, pour nous racheter, à faire une bonne
action , en l'occurrence transporter de l'humus pour fertiliser le
désert avec une carriole attelée derrière le camping car . Bien sûr ,cet
humus n'était autre que le moult de raisin pressé, que nous avions vu à
la cave de production de Pisco . Et curieusement, celui-ci était disposé
en strates de couleurs différentes ,comme les jolies roches que nous
avons pu admirer ces derniers jours . Comme quoi, dans le kaléidoscope
des rêves ,même si l'histoire générale est farfelue , les composants
sont bien issus du réel ! Toujours est-il que fourbu comme je suis , je
dois me faire violence pour terminer la rédaction du blog tout en
préparant le café . Dominique me rejoint pour le petit déjeuner juste
lorsque je commence à ranger mon matériel informatique . Puis nous
enchainons avec les préparatifs de départ habituels car nous ne sommes
pas en avance et nous avons une longue étape au programme de plus de 400
bornes .
En faisant le tour des popottes ce matin , nous apprenons
que nous avons dû contaminer Roger qui a passé une très mauvaise nuit .
Jean Marc n'a toujours pas résolu son problème de clef USB
défectueuse qui l'empêche de mettre des photos sur son blog . Contrarié
, il se dépêche de partir pour avoir le temps de résoudre cette histoire
désagréable à l'étape et pour la même raison il prend l'itinéraire le
plus rapide par l'autoroute (Ruta 5) . De notre côté avec Roger ,nous
penchons pour une solution intermédiaire en empruntant la Ruta 1 qui
longe le bord de mer sur 70 à 80 km . Janette avait proposé une
troisième possibilité , mais qui ne nous enchante guère car elle
comporte 80 à 90 km de piste .
A 7h30 nous prenons à gauche à la sortie du camping, pour
continuer la piste de sel qui traverse le Parc National Pan des Azucar .
Très vite , celle-ci quitte la côte rocheuse du Pacifique pour
s'attaquer à la chaine de petites montagnes qui bordent le littoral .
Nous enfilons virage sur virage au milieu de roches très colorées,
allant du rose claire à l'ocre voir même le brun foncé . La pente est
forte car je suis obligé de quitter la boite auto pour passer en
troisième manuelle . Partant du niveau zéro de l'Océan , nous nous
retrouvons en un rien de temps à 1200 mètres d'altitude, sur un immense
plateau complétement désertique avec des nuages de brumes qui courent à
droite , à gauche de la piste . On se croirait dans un film fantastique
. Puis au bout de 5 à 6 km dans ce décor surnaturel , nous retombons
sur la Ruta 5, que nous prenons sur la gauche jusqu'à l'embranchement
pour Taltal, où nous trouvons la Ruta 1 à gauche . Là, nous abandonnons
notre haut plateau pour repiquer vers la côte Pacifique, en descendant
parmi d'étroites gorges très tortueuses . En bas nous tombons sur Taltal
,un petite ville de pêcheurs aux petites maisons à toit plat , en bois
et très colorées . C'est très jolie dans la chaude lumière du matin avec
le bleu du Pacifique en toile de fond .
Dès la sortie du bourg ,nous nous mettons à suivre la rive
scrupuleusement ,car ici la montagne en tombant à-pic dans l'Océan , ne
laisse guère de place aux divagations . Sur notre gauche , la violente
houle du Pacifique auréole d'écume tous les éperons rocheux ,tous les
petits îlots , et tous les caps qui osent s'y aventurer un peu trop loin
.Par endroit , au fin fond d'une étroite crique , une plage de sable
blanc offre un petit havre de paix . Nous profitons des moments où la
route prend un peu d'altitude ,en attaquant un contrefort de la
montagne, pour tirer quelques clichés plongeants . C'est amusant aussi
de voir ces récifs encapuchonnés de blanc , où les oiseaux s'en donnent
à coeur-joie en abandonnant derrière eux des mètres d'épaisseur de guano
. En zoomant je m'aperçois qu'il s'agit d'une colonie de pélicans ,
goitreux au possible , balançant leur bec trop encombrant dans tous les
sens comme s'ils jouaient du saxophone . De vrais jazzmen ! Le spectacle
est sans interruption , tout au long des quatre vingt bornes de route
côtière, et tout à coup nous voilà déjà à Paposo où il faut prendre une
décision : piste ou pas piste . 80km c'est quatre heures de chaos si
elle est mauvaise, et puis, nous avons beaucoup de choses à faire à
l'étape ! Ce sera donc sans piste et nous prenons la direction
d'Antofagasta par la Ruta 1 après un petit tour dans le village . Dès
les dernières maisons ,nous partons à l'assaut de la montagne qui tombe
verticalement dans l'Océan à cet endroit . La pente est redoutable et je
sens qu'il faut jouer avec la boite pour aider les 200 chevaux du V6
Mercédes qui grogne ! Nous montons de la sorte sur une vingtaine de
bornes, ce qui nous fait passer de zéro à 2075 mètres au col, c'est
quand même pas mal comme grimpette! Puis la Ruta se met à jouer au
toboggan dans un paysage lunaire , dépourvu totalement de végétation ,
où le rose est dominant ,sur plus de soixante dix bornes avant de
retrouver la Ruta 5 , la colonne vertébrale du Chili . Encore 60 km et
nous plongeons sur Antofagasta , ville de prés de 250 000 habitants ,
installée entre Océan et désert .
Comme il est déjà midi et demi , dès que nous trouvons un
parking face au Pacifique , nous nous y installons pour déjeuner : c'est
donc en face de l'école d'ingénieurs des mines que nous cassons la
croute le long d'une haie de palmiers .Puis nous attaquons notre liste
d'obligations par la recherche de wifi et le plein de gasoil, que nous
solutionnons d'un coup dans une station Pétrobras ,en face de chez Mac
Do : nous pouvons enfin passer les trois derniers chapitres du blog et
répondre à quelques mails de voeux .Puis nous nous mettons en quête d'un
supermercado en suivant le boulevard du front de mer . Arrivés au niveau
du port de marchandises , par chance nous trouvons un stationnement à
proximité d'un grand magasin, où en une petite heure nous résolvons le
problème des courses . Reste le plein de gaz à faire sur la route du
campement qui se passe comme une lettre à la poste ; on a même
l'agréable surprise de pouvoir payer avec la "tarjeta de crédito"(carte
de crédit pour ceux qui n'auraient pas compris) . Reste à nous installer
en haut des falaises situées à la sortie nord de la ville , exactement
au niveau de La Portada . C'est une magnifique arche de pierre que
l'érosion marine a laissé derrière elle .Avec la violente houle du
Pacifique et les bouillonnements d'écume qui en soulignent les pieds ,
c'est génial . Difficile de freiner l'index droit sur le déclencheur
dans de telles conditions .
Après l'incontournable briefing de 18h00 , je me mets un
peu au blog pendant que Dominique prépare le repas et comme ce soir nous
sommes un peu éparpillés sur le parking , que Roger n'est pas en forme
, nous décidons de passer la soirée dans nos" chez soi " respectifs .
, vers 6h00 je me lève, harassé comme jamais : reconnus coupables par le
tribunal pour avoir transporté des aliments interdits ,le ministère de
l'Agriculture nous obligeait, pour nous racheter, à faire une bonne
action , en l'occurrence transporter de l'humus pour fertiliser le
désert avec une carriole attelée derrière le camping car . Bien sûr ,cet
humus n'était autre que le moult de raisin pressé, que nous avions vu à
la cave de production de Pisco . Et curieusement, celui-ci était disposé
en strates de couleurs différentes ,comme les jolies roches que nous
avons pu admirer ces derniers jours . Comme quoi, dans le kaléidoscope
des rêves ,même si l'histoire générale est farfelue , les composants
sont bien issus du réel ! Toujours est-il que fourbu comme je suis , je
dois me faire violence pour terminer la rédaction du blog tout en
préparant le café . Dominique me rejoint pour le petit déjeuner juste
lorsque je commence à ranger mon matériel informatique . Puis nous
enchainons avec les préparatifs de départ habituels car nous ne sommes
pas en avance et nous avons une longue étape au programme de plus de 400
bornes .
En faisant le tour des popottes ce matin , nous apprenons
que nous avons dû contaminer Roger qui a passé une très mauvaise nuit .
Jean Marc n'a toujours pas résolu son problème de clef USB
défectueuse qui l'empêche de mettre des photos sur son blog . Contrarié
, il se dépêche de partir pour avoir le temps de résoudre cette histoire
désagréable à l'étape et pour la même raison il prend l'itinéraire le
plus rapide par l'autoroute (Ruta 5) . De notre côté avec Roger ,nous
penchons pour une solution intermédiaire en empruntant la Ruta 1 qui
longe le bord de mer sur 70 à 80 km . Janette avait proposé une
troisième possibilité , mais qui ne nous enchante guère car elle
comporte 80 à 90 km de piste .
A 7h30 nous prenons à gauche à la sortie du camping, pour
continuer la piste de sel qui traverse le Parc National Pan des Azucar .
Très vite , celle-ci quitte la côte rocheuse du Pacifique pour
s'attaquer à la chaine de petites montagnes qui bordent le littoral .
Nous enfilons virage sur virage au milieu de roches très colorées,
allant du rose claire à l'ocre voir même le brun foncé . La pente est
forte car je suis obligé de quitter la boite auto pour passer en
troisième manuelle . Partant du niveau zéro de l'Océan , nous nous
retrouvons en un rien de temps à 1200 mètres d'altitude, sur un immense
plateau complétement désertique avec des nuages de brumes qui courent à
droite , à gauche de la piste . On se croirait dans un film fantastique
. Puis au bout de 5 à 6 km dans ce décor surnaturel , nous retombons
sur la Ruta 5, que nous prenons sur la gauche jusqu'à l'embranchement
pour Taltal, où nous trouvons la Ruta 1 à gauche . Là, nous abandonnons
notre haut plateau pour repiquer vers la côte Pacifique, en descendant
parmi d'étroites gorges très tortueuses . En bas nous tombons sur Taltal
,un petite ville de pêcheurs aux petites maisons à toit plat , en bois
et très colorées . C'est très jolie dans la chaude lumière du matin avec
le bleu du Pacifique en toile de fond .
Dès la sortie du bourg ,nous nous mettons à suivre la rive
scrupuleusement ,car ici la montagne en tombant à-pic dans l'Océan , ne
laisse guère de place aux divagations . Sur notre gauche , la violente
houle du Pacifique auréole d'écume tous les éperons rocheux ,tous les
petits îlots , et tous les caps qui osent s'y aventurer un peu trop loin
.Par endroit , au fin fond d'une étroite crique , une plage de sable
blanc offre un petit havre de paix . Nous profitons des moments où la
route prend un peu d'altitude ,en attaquant un contrefort de la
montagne, pour tirer quelques clichés plongeants . C'est amusant aussi
de voir ces récifs encapuchonnés de blanc , où les oiseaux s'en donnent
à coeur-joie en abandonnant derrière eux des mètres d'épaisseur de guano
. En zoomant je m'aperçois qu'il s'agit d'une colonie de pélicans ,
goitreux au possible , balançant leur bec trop encombrant dans tous les
sens comme s'ils jouaient du saxophone . De vrais jazzmen ! Le spectacle
est sans interruption , tout au long des quatre vingt bornes de route
côtière, et tout à coup nous voilà déjà à Paposo où il faut prendre une
décision : piste ou pas piste . 80km c'est quatre heures de chaos si
elle est mauvaise, et puis, nous avons beaucoup de choses à faire à
l'étape ! Ce sera donc sans piste et nous prenons la direction
d'Antofagasta par la Ruta 1 après un petit tour dans le village . Dès
les dernières maisons ,nous partons à l'assaut de la montagne qui tombe
verticalement dans l'Océan à cet endroit . La pente est redoutable et je
sens qu'il faut jouer avec la boite pour aider les 200 chevaux du V6
Mercédes qui grogne ! Nous montons de la sorte sur une vingtaine de
bornes, ce qui nous fait passer de zéro à 2075 mètres au col, c'est
quand même pas mal comme grimpette! Puis la Ruta se met à jouer au
toboggan dans un paysage lunaire , dépourvu totalement de végétation ,
où le rose est dominant ,sur plus de soixante dix bornes avant de
retrouver la Ruta 5 , la colonne vertébrale du Chili . Encore 60 km et
nous plongeons sur Antofagasta , ville de prés de 250 000 habitants ,
installée entre Océan et désert .
Comme il est déjà midi et demi , dès que nous trouvons un
parking face au Pacifique , nous nous y installons pour déjeuner : c'est
donc en face de l'école d'ingénieurs des mines que nous cassons la
croute le long d'une haie de palmiers .Puis nous attaquons notre liste
d'obligations par la recherche de wifi et le plein de gasoil, que nous
solutionnons d'un coup dans une station Pétrobras ,en face de chez Mac
Do : nous pouvons enfin passer les trois derniers chapitres du blog et
répondre à quelques mails de voeux .Puis nous nous mettons en quête d'un
supermercado en suivant le boulevard du front de mer . Arrivés au niveau
du port de marchandises , par chance nous trouvons un stationnement à
proximité d'un grand magasin, où en une petite heure nous résolvons le
problème des courses . Reste le plein de gaz à faire sur la route du
campement qui se passe comme une lettre à la poste ; on a même
l'agréable surprise de pouvoir payer avec la "tarjeta de crédito"(carte
de crédit pour ceux qui n'auraient pas compris) . Reste à nous installer
en haut des falaises situées à la sortie nord de la ville , exactement
au niveau de La Portada . C'est une magnifique arche de pierre que
l'érosion marine a laissé derrière elle .Avec la violente houle du
Pacifique et les bouillonnements d'écume qui en soulignent les pieds ,
c'est génial . Difficile de freiner l'index droit sur le déclencheur
dans de telles conditions .
Après l'incontournable briefing de 18h00 , je me mets un
peu au blog pendant que Dominique prépare le repas et comme ce soir nous
sommes un peu éparpillés sur le parking , que Roger n'est pas en forme
, nous décidons de passer la soirée dans nos" chez soi " respectifs .
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