QUATRE VINGTIEME JOUR : LE 17 JANVIER 2018

                   Après une nuit très calme face au lac Titicaca ,
nous avons droit en guise de lever de soleil à un curieux arc en ciel en
forme de boule posé à la surface de l'eau , là-bas à l'horizon  . Comme
d'habitude je descends tôt  de la chambre pour boucler le blog tout en
préparant le petit déjeuner . Après l'incontournable séance wifi dans le
hall de l'hôtel Gloria pour envoyer le blog , nous nous retrouvons tous
pour un exceptionnel briefing du matin prévu à 8h00 au cours duquel
Janette nous expose le début de notre séjour au Pérou car aujourd'hui
nous quittons définitivement Copacabana et aussi la Bolivie  . A ce 
propos Dominique vient de lire  que le  nom Copacabana du Brésil vient
d'un moine originaire d'ici en Bolivie qui fit naufrage  au large de la
célèbre baie  brésilienne . Il promit alors de donner le nom de son
village à la plage  sur laquelle il eut la vie sauve .

                Nous décollons donc beaucoup plus tard que d'habitude
,vers 8h30 ,pour nous diriger vers la frontière bolivio-péruvienne ,
distante seulement de 8 km . La route suit scrupuleusement la côte ,
nous offrant de magnifiques points de vue sur le lac Titicaca et sur le
patchwork des champs de pomme de terres qui descend jusqu'à l'eau . Déjà
beaucoup de mamas coiffées de leur melon , le châle  multicolore bombant
sur leur dos tant il est chargé de denrées, déambulent sur les bas-côtés
pour aller  au village le plus proche . D'autres sont  dans les champs
entrain de butter  les pieds de pomme de terres ou de biner . Et  tout à
coup  , au détour d'un virage nous avons la surprise de tomber sur la
douane , juste à sortie du village de Kasani . Coté bolivien , les
formalités sont très rapides et se résument à la présentation des
passeports  , suivie de quelques coups de tampons, bien sûr . Je profite
de la présence d'un petit bureau de change pour convertir mes derniers
Bolivianos en Soles péruviens .Puis nous passons sous une grande arcade
de pierres pour descendre jusqu'à la douane péruvienne : là, il faut
d'abord remplir un formulaire par personne , le présenter dans un
premier bureau à droite de la route , puis traverser et se présenter
dans un second bureau où là, un fonctionnaire zél,é épluche la carte
grise , l'assurance du véhicule et nous demande même notre adresse mail
ainsi que l'évaluation du prix de notre camping car . Pour finir il nous
lâche après une petite demi-heure de tête à tête au cours duquel il faut
l'intervention de Janette pour expliquer un problème dans la rédaction
de notre contrat d'assurance (le numéro de plaque moteur étant dans la
case réservée au numéro de contrat ! Aie ...aie...aie ...! ) Quand je
vous le disais que c'est un pinailleur... ! Il faut aussi remettre la
montre à l'heure car ici au Pérou il est une heure plus tôt qu'en
Bolivie , ce qui porte le décalage horaire avec la France à 6 heures .

                Après avoir changer 300 dollars US en 950 solés dans un
petit cambio  , nous reprenons aussitôt la route   qui suit encore le
lac sur une bonne trentaine de bornes . C'est l'occasion pour nous de
voir des villages entiers de pêcheurs : certains arrivent avec leurs
barques et déchargent leur cargaison de poissons pour l'étaler sur des
bâches et les faire sécher au soleil . Un peu plus loin ,nous en voyons
d'autres occupés à fabriquer des cordages en brélant de longs filins aux
bords des champs .  En traversant le village suivant , nous avons la
surprise de constater que les maisons sont couvertes de neige et que les
champs de pompe de terres sont zébrés de blanc : c'est ahurissant ! Sur
les conseils de Janette , arrivés à Juli , nous descendons dans le
village niché au bord de l'eau pour admirer ses quatre églises , ce qui
lui vaut le  surnom de "Petite Rome" , 4 églises pour à peine 7 000
habitants , c'est pas mal quand même! Cela est dû au fait que dès sa
naissance, ce village a souffert de l'affrontement entre Dominicains et
Jésuites . Autre particularité du bourg, en 2004 ses habitants ont
exécuté leur maire , corrompu jusqu'à l'os, parce qu'ils n'avaient pas
obtenu gain de cause auprès des autorités supérieures . Personnellement
je trouve que c'est une pratique que l'on devrait généraliser chez nous
, ça ferait peut être réfléchir d'avantage tous nos politicards véreux !
En  admirant donc au passage ces joyaux de l'architecture épiscopale ,
nous tombons sur Claire et Roger , échappés de la douane les premiers .
Nous longeons ensuite le joli marché de Joli mais nous n'osons pas nous
y arrêter de peur de laisser le camping-car à son triste sort sans
surveillance .

                C'est donc un peu à contre coeur que nous continuons
notre route qui quitte  les bords du lac pour s'enfoncer dans les terres
sur une quarantaine de bornes . Sur la gauche de curieuses falaises
rouges semblant sorties des entrailles de la terre attirent notre
attention d'autant plus que le contraste de couleur avec le vert
dominant de la nature est très heureux  . Au pied de celle-ci , un
monument inca ressemblant à une haute colonne de section carrée et
trapue , décorée d'un soleil , bien sûr, nous intrigue : d'après le
panneau indicateur rédigé en espagnol ( el bebedero del inca) , je pense
qu'il s'agissait d'un point d'eau sur le  "Chemin de l'Inca " . Nous
arrêtons ensuite , à Chucuito , toujours sur les conseils de Janette
pour visiter le village qui possèdent deux belles églises également :
l'une d'entre elle est dotée d'une grande Croix de l'Inquisition et
entourée d'arcades en argile rouge qui allègent le mur d'enceinte
blanchie à la chaux . L'autre , plus sobre , exhibe un massif clocher
carré dont la toiture est couverte d'herbes folles . Nous nous mettons
,avec Jean Marc et Monique rencontrés sur place ,à la recherche d'un
temple inca dédié aux vierges et décoré de phalus géants que les
autochtones femelles, en mal d'enfant, viennent caresser . Nous
arpentons le village jusqu'au cimetière qui est perché tout là-haut au
pied de la montagne sans résultat . Pour finir ,nous  trouvons le temple
Inca , à proximité de la nationale . Nous avons toujours autant de
plaisir à admirer l'agencement des pierres à joints vifs de ces murs
massifs qui abritent le trésor tant convoité par la gente féminine et il
y a de quoi : une forêt de phallus en érection nous attend de l'autre
côté du portail du temple . A vous de juger en regardant les photos !

                Nous terminons les vingt dernières bornes pour
atteindre Puno , grande ville installée au bord du lac Titicaca où notre
premier soucis est de faire le plein de gasoil : ici au Pérou il est
vendu non au litre mais en gallon, comme aux USA, qui vaut autour de
11,60 solés ( soit 1 dollars US le litre ) . Puis nous continuons sur
Salcedo , petite ville de la banlieue de Puno où nous nous installons
dans la cour de l'école militaire Inca Manco Chapac . Claire et Roger
nous y retrouve quelques minutes plus tard après avoir fait un crochet
par le centre de Puno . Une fois stationné , nous décidons de manger en
terrasse à l'ombre des arcades .

                Vers 15h00 , nous choppons un collectivos juste devant
l'école militaire pour nous conduire dans le centre de Puno moyennant
1/2 solés par personne (soit 1/6 d'euro) .C'est amusant de se faufiler
dans la circulation infernale de Puno  à bord de ce minibus parmi les
autochtones assis à côté de nous  . La partenaire du chauffeur reste
debout dans le véhicule et sort la tête par la fenêtre latérale pour
recruter des clients parmi les piétons qui circulent sur les trottoirs .
Elle est si petite que nos visages sont au même niveau alors qu'elle est
debout et moi assis sur  la banquette :  "Como  tu estas pequeno! (comme
tu es petite!) et aussitôt elle éclate de rire.  Après avoir encaissé le
prix de la course elle nous dépose juste devant les bureau de Bitel , un
opérateur téléphonique local ; nous décidons  doncde commencer par là ,
c'est à dire d'avoir une carte téléphonique péruvienne avec accès
internet . Le problème c'est que nous sortons de là deux heures plus
tard et qu'en guise de visite de la ville nous nous contentons de l'
achat de fruits et de légumes avant de nous mettre en quête d'un
collectivos pour rentrer . Il faut l'aide d'une jeune collégienne de 14
ans pour arriver à trouver le taxi adéquat . Comme Jean Marc lui offre
une Tour Eiffel pour la remercier en cours de route , elle finit par
discuter avec nous tout au long du voyage qui dure une bonne demi heure
. Elle  finit par descendre avec nous du collectivos , et comme elle est
très curieuse, nous l'invitons à voir l'école militaire et surtout
l'intérieur de nos camping cars . Le problème est qu'elle ne veut plus
nous lâcher et il faut l'intervention de Janette dans un premier temps
puis de Maria et surtout de Catherina pour qu'elle accepte de rentrer
chez elle après une photo collective devant les camping cars !

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