QUATRE VINGT NEUVIEME JOUR : LE 26 JANVIER 2018
Décidés à partir de bonne heure en raison de la
longueur de l'étape , je me lève tôt vers 5h30 et j'attaque d'entrée le
rangement à bord tout en préparant le petit déjeuner . Comme j'ai
bouclé la rédaction du blog hier et que ce matin il n'est pas question
de l'envoyer étant donné que nous sommes au milieu de nulle part , nous
gagnons un temps précieux . Résultat , après la toilette , il ne me
reste plus qu'à descendre le camping car de ses cales et à laisser
chauffer le moteur suffisamment avant d'attaquer la montagne . Pendant
ce temps je vais discuter le bout de gras avec Roger et Jean Marc qui
trainent déjà dehors et je tire un cliché du campement .
A 6h30 nous quittons le parking de Quebrada Linda
pour suivre la vallée tout en remontant le courant du torrent impétueux
qui nous a bercé toute le nuit . Le compteur indique ce matin 15 000 km
depuis notre départ de Buenos Aires voilà bientôt trois mois et
curieusement par moment nous avons l'impression que c'était hier .Par
endroit le torrent s'enfonce dans d'étroits couloirs rocheux pour en
ressortir encore plus écumant qu'avant . A plusieurs endroits , nous
évitons de justesse de grosses pierres tombées des hautes falaises qui
dominent la route : il faut dire que nous venons d'avoir une semaine de
pluies diluviennes qui ont dû entrainer bien des dégâts avec le
ravinement sur des pentes aussi raides. Nous passons d'ailleurs encore
plusieurs passages à gué sur la route , l'eau n'ayant pas encore fini de
s'écouler , ce qui permet de nettoyer le bas de caisse du camping car
encore boueux à souhait après le séjour de six jours sur la pelouse
détrempée . Sur les cinquante bornes passées à longer le torrent ,
Dominique a plus d'une fois des frissons en voyant les ponts suspendus
en cordes qui desservent des maisons individuelles sur la rive d'en face
. Nous voyons même un autochtone glisser sous un câble , couché sur une
planche en guise de cabine de téléphérique !
Parvenus au bout de la vallée, nous nous mettons à
grimper dans le coteau de droite en enfilant lacets sur lacets . La vue
plongeante sur le torrent est vite magnifique d'autant qu'au dessus
nous voyons quelques sommets neigeux sortir la tête des nuages ! Arrivés
au sommet du premier raidillon , nous nous retrouvons nez à nez avec un
troupeaux de lamas décidés à traverser la nationale : c'est amusant de
les voir avec leurs rubans de couleur à leurs oreilles ,courir l'un
derrière l'autre , au risque de se faire écraser . Un peu plus loin sur
le plateau , nous voyons un autre troupeau entrain de brouter aux bords
d'une série de petits étangs qui leur servent de miroirs pour la
circonstance . Nous continuons note chemin en grimpant encore un étage
sur l'Altiplano pour découvrir des fermes aux murs de grosses pierres et
aux toits de chaume ( de ichu exactement , l'herbe dont nous avait parlé
Juan) . A coté, des enclos en pierres souvent de forme circulaire,
servent à réunir les troupeaux de lamas .Un peu plus haut le torrent ,
toujours présent mais beaucoup plus petit ,serpente au pied de deux
groupe de cheminées de fée blanches et grisâtres, en pierre pour une
fois et polies par le vent. C'est magnifique de les voir grouper comme
pour commencer un cortège dans les prés verts le long de la rivière .
En grimpant encore une marche , en nous hissant en
haut d'un front de falaises d'où dégringolent une ribambelle de cascades
aussi hautes que fluettes , nous voilà au pays de la neige . Là bas,
elle saupoudre les prairies qui couvrent la première rangée de
montagnes , ici elle blanchit le toit de chaume des petites fermes
disposées en carré autour d'une cour intérieure , plus loin elle forme
de grands pans laiteux qui barrent l'horizon . Nous arrêtons auprès d'un
petit lac dans lequel les eaux issues de la fonte des neiges cascadent
pour notre plus grand plaisir . Nous y arrêtons pour admirer le paysage
et aussi pour faire quelques boules de neige . C'est vrai qu'à cette
époque de l'année nous devrions être aux sports d'hiver , c'est peut
être pour ça que nous sommes aussi sensible à ce manteau blanc! Un peu
plus loin , nous tombons sur une mamie en chapeau melon et vêtements
andins , entrain de garder un troupeau de lamas! Nous essayons d'établir
le contact mais pour finir, tout ce qui l'intéresse c'est le"plata" que
nous pouvons lui donner (argent au sens noble du terme c'est à dire le
métal noble, rien que ça !)
Arrivés à plus de 4560 mètres , nous commençons à traverser un vaste
plateau sur lequel la route joue au toboggan .Nous rencontrons ainsi
plusieurs hameaux perdus à cette altitude extrême et même un gros
village du nom de Mayo Négro .Dès que je sors pour aller prendre
quelques clichés je me sens aussitôt oppressé : il faut, en tant
qu'habitant des plaines ,que j'adapte mon rythme à l'altitude . Puis
plusieurs fois nous redescendons de cinq ou six cent mètres pour
regrimper de plus bel comme nous le montre le profil de l'étape confié
par Janette . Nous plongeons ensuite en suivant de longues lignes
droites où les lourds camions d'en face semblent scotchés dans la
pente puis nous enfilons une série de lacets qui nous mène à Puquio ,
petite ville andine perdue au milieu de nulle part à 3244 m . Nous la
laissons sur notre droite pour attaquer la dernière grosse ascension de
la journée , encore un col à 4600 m . Après dix bornes de virages nous
tombons sur Monique et Jean Marc qui nous font signe d'arrêter : ils ont
installé la plancha sous de grands eucalyptus . Nous décidons de manger
là aussi mais comme nous n'avons pas de viande décongelée , nous nous
contentons de croques-messieurs bricolés avec le fromage du pays et de
rondelles de saucissons , le tout passé au grill du camping car .
Après le café pris chez Monique et Jean Marc , nous reprenons
l'ascension sous un ciel très menaçant . Le paysage change brutalement
de ce côté de la Cordillère des Andes . Petit à petit les cultures
disparaissent pour laisser place à de vastes pans d'herbes sèches
parsemés de gros blocs de pierre descendus des hauteurs de la montagne
lors des chaos météorologiques précédents . Certains champs d'éboulis
exhibent des blocs monstrueux , pouvant atteindre le volume de cinq ou
dix camions . C'est impressionnant . Arrivés à 4600 mètres , nous
traversons à nouveau un vaste plateau où la pluie se transforme en neige
,qui s'est déjà accumulée sur les bords de la chaussée . Heureusement
pour nous que le thermomètre indique au plus bas 5,5 degrés! Elle ne
tiendra pas !
Après avoir roulé dans la neige sur quelques kilomètres , cette fois
nous descendons pour de bon, dans un paysage de plus en plus sec , sous
le soleil enfin revenu . La route offre des a-pics vertigineux et enfile
virage sur virage , quand ce ne sont pas carrément des lacets qui nous
font revenir sur nos pas cinquante ou cent mètres en dessous . Autour de
nous les monts ont des sommets complétements arrondis et pellés . Par
endroit un cactus chandelier ose se dresser dans cet univers de plus en
plus minéral d'où même l'herbe sèche à disparue .Heureusement que la
terre , ou plutôt le sable et les rochers prennent de jolies nuances
d'orange , de jaune et d'ocre pour faire passer la pilule de la
sécheresse .C'est vraiment très dur pour nous de quitter ainsi
définitivement l'Altiplano sur lequel nous trainons nos guêtres depuis
quelques temps . Même si l'adaptation à la vie à 4 000 mètres a posé
quelques problèmes à certains au début , cela reste un des clou de notre
périple. Adieu les mamas avec leur chapeau melon , leur cinq jupons
superposés et leur grand châle multicolore sur le dos ,chargé de fruits
ou de bois de chauffe .Adieu les paysans courbés sous des charges pas
possible , le bonnet péruvien en laine visé sur la tête!
Un peu avant Nazca , nous voyons de curieux vergers plantés de
cactus destinés à la production de figues de Barbarie. Une fois en ville
, notre premier soucis est de faire le plein de gasoil et nous loupons
de peu le plein de GPL suite à un problème de compréhension avec la
taulière . Puis nous nous installons dans le jardin d'un hôtel où nous
profitons aussitôt de la piscine : il faut dire qu'ici à 800 mètres
d'altitude il fait 32 degrés , ça nous change un peu . Et puis quel
bonheur après une étape marathon de 400 bornes de routes de montagnes
avec trois ou quatre cols à 4500 mètres ,soit 8h30 de volant à la clé !
Ce soir nous prenons l'apéro chez Claire et Roger en compagnie de
Monique et Jean Marc . Janette , qui a des éléments nouveaux consernant
le vol de demain à nous confier , finit par nous rejoindre .Puis nous
terminons la soirée chez nous en s'occupant des 360 photos de la journée
et du blog .
longueur de l'étape , je me lève tôt vers 5h30 et j'attaque d'entrée le
rangement à bord tout en préparant le petit déjeuner . Comme j'ai
bouclé la rédaction du blog hier et que ce matin il n'est pas question
de l'envoyer étant donné que nous sommes au milieu de nulle part , nous
gagnons un temps précieux . Résultat , après la toilette , il ne me
reste plus qu'à descendre le camping car de ses cales et à laisser
chauffer le moteur suffisamment avant d'attaquer la montagne . Pendant
ce temps je vais discuter le bout de gras avec Roger et Jean Marc qui
trainent déjà dehors et je tire un cliché du campement .
A 6h30 nous quittons le parking de Quebrada Linda
pour suivre la vallée tout en remontant le courant du torrent impétueux
qui nous a bercé toute le nuit . Le compteur indique ce matin 15 000 km
depuis notre départ de Buenos Aires voilà bientôt trois mois et
curieusement par moment nous avons l'impression que c'était hier .Par
endroit le torrent s'enfonce dans d'étroits couloirs rocheux pour en
ressortir encore plus écumant qu'avant . A plusieurs endroits , nous
évitons de justesse de grosses pierres tombées des hautes falaises qui
dominent la route : il faut dire que nous venons d'avoir une semaine de
pluies diluviennes qui ont dû entrainer bien des dégâts avec le
ravinement sur des pentes aussi raides. Nous passons d'ailleurs encore
plusieurs passages à gué sur la route , l'eau n'ayant pas encore fini de
s'écouler , ce qui permet de nettoyer le bas de caisse du camping car
encore boueux à souhait après le séjour de six jours sur la pelouse
détrempée . Sur les cinquante bornes passées à longer le torrent ,
Dominique a plus d'une fois des frissons en voyant les ponts suspendus
en cordes qui desservent des maisons individuelles sur la rive d'en face
. Nous voyons même un autochtone glisser sous un câble , couché sur une
planche en guise de cabine de téléphérique !
Parvenus au bout de la vallée, nous nous mettons à
grimper dans le coteau de droite en enfilant lacets sur lacets . La vue
plongeante sur le torrent est vite magnifique d'autant qu'au dessus
nous voyons quelques sommets neigeux sortir la tête des nuages ! Arrivés
au sommet du premier raidillon , nous nous retrouvons nez à nez avec un
troupeaux de lamas décidés à traverser la nationale : c'est amusant de
les voir avec leurs rubans de couleur à leurs oreilles ,courir l'un
derrière l'autre , au risque de se faire écraser . Un peu plus loin sur
le plateau , nous voyons un autre troupeau entrain de brouter aux bords
d'une série de petits étangs qui leur servent de miroirs pour la
circonstance . Nous continuons note chemin en grimpant encore un étage
sur l'Altiplano pour découvrir des fermes aux murs de grosses pierres et
aux toits de chaume ( de ichu exactement , l'herbe dont nous avait parlé
Juan) . A coté, des enclos en pierres souvent de forme circulaire,
servent à réunir les troupeaux de lamas .Un peu plus haut le torrent ,
toujours présent mais beaucoup plus petit ,serpente au pied de deux
groupe de cheminées de fée blanches et grisâtres, en pierre pour une
fois et polies par le vent. C'est magnifique de les voir grouper comme
pour commencer un cortège dans les prés verts le long de la rivière .
En grimpant encore une marche , en nous hissant en
haut d'un front de falaises d'où dégringolent une ribambelle de cascades
aussi hautes que fluettes , nous voilà au pays de la neige . Là bas,
elle saupoudre les prairies qui couvrent la première rangée de
montagnes , ici elle blanchit le toit de chaume des petites fermes
disposées en carré autour d'une cour intérieure , plus loin elle forme
de grands pans laiteux qui barrent l'horizon . Nous arrêtons auprès d'un
petit lac dans lequel les eaux issues de la fonte des neiges cascadent
pour notre plus grand plaisir . Nous y arrêtons pour admirer le paysage
et aussi pour faire quelques boules de neige . C'est vrai qu'à cette
époque de l'année nous devrions être aux sports d'hiver , c'est peut
être pour ça que nous sommes aussi sensible à ce manteau blanc! Un peu
plus loin , nous tombons sur une mamie en chapeau melon et vêtements
andins , entrain de garder un troupeau de lamas! Nous essayons d'établir
le contact mais pour finir, tout ce qui l'intéresse c'est le"plata" que
nous pouvons lui donner (argent au sens noble du terme c'est à dire le
métal noble, rien que ça !)
Arrivés à plus de 4560 mètres , nous commençons à traverser un vaste
plateau sur lequel la route joue au toboggan .Nous rencontrons ainsi
plusieurs hameaux perdus à cette altitude extrême et même un gros
village du nom de Mayo Négro .Dès que je sors pour aller prendre
quelques clichés je me sens aussitôt oppressé : il faut, en tant
qu'habitant des plaines ,que j'adapte mon rythme à l'altitude . Puis
plusieurs fois nous redescendons de cinq ou six cent mètres pour
regrimper de plus bel comme nous le montre le profil de l'étape confié
par Janette . Nous plongeons ensuite en suivant de longues lignes
droites où les lourds camions d'en face semblent scotchés dans la
pente puis nous enfilons une série de lacets qui nous mène à Puquio ,
petite ville andine perdue au milieu de nulle part à 3244 m . Nous la
laissons sur notre droite pour attaquer la dernière grosse ascension de
la journée , encore un col à 4600 m . Après dix bornes de virages nous
tombons sur Monique et Jean Marc qui nous font signe d'arrêter : ils ont
installé la plancha sous de grands eucalyptus . Nous décidons de manger
là aussi mais comme nous n'avons pas de viande décongelée , nous nous
contentons de croques-messieurs bricolés avec le fromage du pays et de
rondelles de saucissons , le tout passé au grill du camping car .
Après le café pris chez Monique et Jean Marc , nous reprenons
l'ascension sous un ciel très menaçant . Le paysage change brutalement
de ce côté de la Cordillère des Andes . Petit à petit les cultures
disparaissent pour laisser place à de vastes pans d'herbes sèches
parsemés de gros blocs de pierre descendus des hauteurs de la montagne
lors des chaos météorologiques précédents . Certains champs d'éboulis
exhibent des blocs monstrueux , pouvant atteindre le volume de cinq ou
dix camions . C'est impressionnant . Arrivés à 4600 mètres , nous
traversons à nouveau un vaste plateau où la pluie se transforme en neige
,qui s'est déjà accumulée sur les bords de la chaussée . Heureusement
pour nous que le thermomètre indique au plus bas 5,5 degrés! Elle ne
tiendra pas !
Après avoir roulé dans la neige sur quelques kilomètres , cette fois
nous descendons pour de bon, dans un paysage de plus en plus sec , sous
le soleil enfin revenu . La route offre des a-pics vertigineux et enfile
virage sur virage , quand ce ne sont pas carrément des lacets qui nous
font revenir sur nos pas cinquante ou cent mètres en dessous . Autour de
nous les monts ont des sommets complétements arrondis et pellés . Par
endroit un cactus chandelier ose se dresser dans cet univers de plus en
plus minéral d'où même l'herbe sèche à disparue .Heureusement que la
terre , ou plutôt le sable et les rochers prennent de jolies nuances
d'orange , de jaune et d'ocre pour faire passer la pilule de la
sécheresse .C'est vraiment très dur pour nous de quitter ainsi
définitivement l'Altiplano sur lequel nous trainons nos guêtres depuis
quelques temps . Même si l'adaptation à la vie à 4 000 mètres a posé
quelques problèmes à certains au début , cela reste un des clou de notre
périple. Adieu les mamas avec leur chapeau melon , leur cinq jupons
superposés et leur grand châle multicolore sur le dos ,chargé de fruits
ou de bois de chauffe .Adieu les paysans courbés sous des charges pas
possible , le bonnet péruvien en laine visé sur la tête!
Un peu avant Nazca , nous voyons de curieux vergers plantés de
cactus destinés à la production de figues de Barbarie. Une fois en ville
, notre premier soucis est de faire le plein de gasoil et nous loupons
de peu le plein de GPL suite à un problème de compréhension avec la
taulière . Puis nous nous installons dans le jardin d'un hôtel où nous
profitons aussitôt de la piscine : il faut dire qu'ici à 800 mètres
d'altitude il fait 32 degrés , ça nous change un peu . Et puis quel
bonheur après une étape marathon de 400 bornes de routes de montagnes
avec trois ou quatre cols à 4500 mètres ,soit 8h30 de volant à la clé !
Ce soir nous prenons l'apéro chez Claire et Roger en compagnie de
Monique et Jean Marc . Janette , qui a des éléments nouveaux consernant
le vol de demain à nous confier , finit par nous rejoindre .Puis nous
terminons la soirée chez nous en s'occupant des 360 photos de la journée
et du blog .
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