QUATRE VINGT DEUXIEME JOUR : LE 19 JANVIER 2018
Encore une nuit à écouter la pluie clapoter sur le
toit de la chambre et à se blottir sous la couette car le thermomètre
intérieur descend à 9 degrés . Par contre ce matin pas de course après
la wifi , de même pas de transmission possible avec le téléphone comme
modem , il n'y aucun signal ici à Sillustani . Donc, dès que nous avons
pris le petit déjeuner et que nous nous sommes occupés des rangements
habituels pour la route, nous mettons le moteur à chauffer pendant dix
bonnes minutes, histoire de ne pas avoir le problème qu'hier, lorsque je
suis resté bloqué sous le porche de l'école militaire de Puno . Comme
je n'avais plus de compression , dans l'affolement j'avais même demandé
à Janette de brancher sa mallette de diagnostic électronique . Après
quelques minutes de patience à faire chauffer correctement le moteur,
tout était rentré dans l'ordre .
Nous décollons donc de bonne heure, vers 7h00 ,
juste derrière Jean Marc et Roger , car nous avons une longue étape au
programme ,de 380 km, qui doit nous mener à Cuzco . Après un dernier
coup d'oeil au magnifique site inca qui se dresse orgueilleusement en
haut de la montagne , de l'autre côté du lac , nous tombons sur deux
mamas déjà entrain de déambuler le long de la route ; la fille accepte
de monter à bord mais la mère , très méfiante décline l'invitation .
Comme nous déposons notre autostoppeuse en chapeau melon vingt bornes
plus loin, nous avons le temps de savoir qu'elle a quarante ans et
qu'elle habite le village de Sillustani, peuplé de 30 habitants
seulement . Elle nous montre au passage le chantier où travaille son
mari en tant que cantonnier puis nous la laissons au péage ,sur la route
de Juliaca ,où elle exhibe un smartphone dernier cri dès qu'elle est
descendue du camping car . Après avoir réglé les 6 solés réclamés pour
notre passage, nous nous mettons à traverser un haut plateau ; envahi de
petits champs de pomme de terres et de quinoa parfois disposés en walus
walus : Dullio nous en a montré un exemple hier soir ,au pied du site .
Les autochtones cultivent sur de longues bandes de terre, larges d'un
mètre ou deux , séparées par de profonds fossés qui gardent l'humidité,
soit du lac, soit comme ici des dernières pluies .
Après vingt bornes ,nous laissons de côté le
contournement de Juliaca pour entrer dans la ville suivant les conseils
de Janette . Nous commençons par nous enfoncer dans d'étroites ruelles
envahies de collectivos(taxi collectifs) , de bus , de camions et
surtout de pousse-pousses à moteur, qui font du slalom en permanence à
grand renfort de coups de klaxon ,négligeant les règles élémentaires du
code de la route : ici , tous les coups sont permis , c'est affreux . On
passe au centimètre prés en permanence ! Il y en a partout devant
derrière , à droite , à gauche .Le plus dangereux , c'est qu'il arrête
devant nous sans prévenir , pour débarquer des passagers . Mais le pire
est à venir , lorsque nous commençons à quitter le centre : c'est le
même cirque mais dans 10 à 20 centimètre d'eau et de boue , d'où sortent
de grosses pierres qu'il faut tenter d'éviter sans accrocher les voisins
! Un véritable enfer pour automobiliste civilisé et ça sur dix à quinze
bornes ! Heureusement que Janette nous avait prévenu que ça serait du
style El Alto à la sortie de La Paz , mais c'est bien pire, du moins en
ce qui concerne la pataugeoire !
Dès la sortie de cet enfer, nous suivons une vallée
où serpente une large rivière, le long de laquelle s'égraine un chapelet
de fermes en pisés et toit de chaume . Le plus souvent un petit troupeau
de vaches broutent l'herbe autour des bâtiments .Quelques bottes de
pailles montrent qu'ici on cultive du blé ou d'autres céréales . Dans le
fond , derrière les nuages , on aperçoit quelques sommets neigeux . La
route grimpe doucement mais surement : étant partis de 3800 , nous
frisons maintenant les 4000 mètres tout en traversant une successions de
beaux petits villages : celui qui retient le plus notre attention est
Pucara , producteur de taureaux en céramique que l'on pose sur le toit
et toujours par deux : le père et la mère ,symbole de fertilité et
d'abondance .Un modèle grandeur nature décore d'ailleurs l'entrée et la
sortie du village . Nous suivons aussi la ligne de chemin de fer
Cuzco-Puno , mondialement célèbre , puisqu'elle passe par un col à plus
de 4350 m d'altitude , une ligne que nous avions empruntée il y a trente
cinq pour notre plus grand plaisir . A cette époque , tout le long de la
voie des mamas en chapeau melon proposaient des empanadas ou des fruits
à manger . Parvenus autour de 4200 mètres nous tombons sur de superbes
troupeaux de lamas noirs ou chocolat et d'alpagas . Encore une centaine
de mètres et nous voilà au sommet du col où nous retrouvons Roger et
Jean Marc . Devant un cirque de montagne neigeuses des autochtones
proposent des produits artisanaux à base de laine ,de bonne qualité ;
il y a surtout des peaux de lama , des bonnets d'alpaga , des pulls en
laine aux motifs péruviens . Dominique , Claire et Monique ne résistent
pas longtemps à l'envie d'acheter une toque en fourrure d'alpaga pour
une centaine de solés (un peu plus de trente euros ).
Nous amorçons la descente parmi des "alpages" où
paissent pêle-mêle moutons et lamas, puis nous traversons des zones très
cultivées où le maïs s'est taillé la part du lion . La rivière suit un
bon moment un torrent boueux à souhait au bord duquel nous envisageons
de trouver un coin pour déjeuner quand , en passons sur un pont, nous
voyons Jean Marc et Monique stationnés en contre-bas nous faire signe
pour les rejoindre . Un demi tour et nous nous installons sur la berge
de la rivière où une mamie aidée de ses filles grillent des cuy
(cochons d'Inde) enfilés sur des broches . A peine avons-nous le temps
de commander notre repas que Claire et Roger nous rejoignent pour
déguster un cuy à la broche sous un préau en paille : la viande se
révèle plus délicate que celle du lapin , par contre les pomme de terres
noires et le maïs à grains énormes ne remportent pas nos suffrages .
Nous terminons notre repas avec le fromage de vache acheté la veille à
la ferme et un bon café . Et attention à la cuenta (addition) 10 solés
par tête, soit 3 euros !
Avant de reprendre la route je demande à Jean Marc
d'essayer de neutraliser un voyant lumineux sur notre tableau de bord,
apparu en cours de matinée . Après deux échecs , nous décidons de
reprendre la route comme ça , d'autant que cela ne gène pas le
fonctionnement du camion . La route de Cuzco se révèle vite très
circulante avec beaucoup de camions difficiles à doubler . Nous arrêtons
à Rumicolca pour visiter un superbe site Inca : notre guide d'hier ,
Dullio , nous expliquait que nous devrions dire quetchua , le terme Inca
ne concernant que le roi de ce peuple . En travers d'une vallée, les
quetchuas donc , avaient construit une redoutable muraille qui soutenait
un aqueduc ,dont on voit encore très bien le canal . Comme dans toutes
les réalisations de ce peuple le plus admirable est l'assemblage de
pierres énormes de plusieurs mètres de longueur parfois ,à joints vifs
.On pourrait à peine y glisser une feuille de papier . Et puis cette
finition , avec un polissage des surfaces inégalables , c'est à faire
rougir tous nos artisans des temps modernes ! On n'a qu'une envie ,
c'est de caresser la pierre , de suivre de la main ces arêtes et ces
galbes . L'appareil photo , encore une fois est mis à rude contribution
et il y a de quoi . Pour mal faire ,à cause d'un doublement de camion,
Jean Marc et Monique en sont privés , c'est bien dommage !
Encore une vingtaine de bornes et nous voilà confrontés
à la circulation infernale de Cuzco qui est devenue une grande ville
depuis trente cinq ans que nous n'y avons pas mis les pieds .Nous ne
reconnaissons rien pour l'instant , même pas le site , tant elle s'est
étendue extra-muros ! Hier Dullio nous disait : les Péruviens parlent
quatre langues ; le quetchua , l'aymara , l'espagnol et maintenant le
klaxon . C'est infernal de circuler par ici car c'est la loi de la
jungle et en plus nous avons les oreilles fracassées par le concert des
avertisseurs sonores . Aussi quel soulagement quand nous parvenons à
entrer dans le parc de l'Hôtel Club y Centro de Convenciones et de nous
installer sur la pelouse .
Janette , aussitôt mise à contribution avec sa mallette
diagnostic magique , ne parvenient pas à éliminer l'erreur ; elle nous
prend dans la foulée ,un rendez vous chez Mercédes pour demain matin
8h00 . Aussi pour nous remonter le moral , ce soir nous dégommons le
foie gras que nous avions amené de France pour le Réveillon en
accompagnement de l'apéro avec les Bories et les Gruffat !
toit de la chambre et à se blottir sous la couette car le thermomètre
intérieur descend à 9 degrés . Par contre ce matin pas de course après
la wifi , de même pas de transmission possible avec le téléphone comme
modem , il n'y aucun signal ici à Sillustani . Donc, dès que nous avons
pris le petit déjeuner et que nous nous sommes occupés des rangements
habituels pour la route, nous mettons le moteur à chauffer pendant dix
bonnes minutes, histoire de ne pas avoir le problème qu'hier, lorsque je
suis resté bloqué sous le porche de l'école militaire de Puno . Comme
je n'avais plus de compression , dans l'affolement j'avais même demandé
à Janette de brancher sa mallette de diagnostic électronique . Après
quelques minutes de patience à faire chauffer correctement le moteur,
tout était rentré dans l'ordre .
Nous décollons donc de bonne heure, vers 7h00 ,
juste derrière Jean Marc et Roger , car nous avons une longue étape au
programme ,de 380 km, qui doit nous mener à Cuzco . Après un dernier
coup d'oeil au magnifique site inca qui se dresse orgueilleusement en
haut de la montagne , de l'autre côté du lac , nous tombons sur deux
mamas déjà entrain de déambuler le long de la route ; la fille accepte
de monter à bord mais la mère , très méfiante décline l'invitation .
Comme nous déposons notre autostoppeuse en chapeau melon vingt bornes
plus loin, nous avons le temps de savoir qu'elle a quarante ans et
qu'elle habite le village de Sillustani, peuplé de 30 habitants
seulement . Elle nous montre au passage le chantier où travaille son
mari en tant que cantonnier puis nous la laissons au péage ,sur la route
de Juliaca ,où elle exhibe un smartphone dernier cri dès qu'elle est
descendue du camping car . Après avoir réglé les 6 solés réclamés pour
notre passage, nous nous mettons à traverser un haut plateau ; envahi de
petits champs de pomme de terres et de quinoa parfois disposés en walus
walus : Dullio nous en a montré un exemple hier soir ,au pied du site .
Les autochtones cultivent sur de longues bandes de terre, larges d'un
mètre ou deux , séparées par de profonds fossés qui gardent l'humidité,
soit du lac, soit comme ici des dernières pluies .
Après vingt bornes ,nous laissons de côté le
contournement de Juliaca pour entrer dans la ville suivant les conseils
de Janette . Nous commençons par nous enfoncer dans d'étroites ruelles
envahies de collectivos(taxi collectifs) , de bus , de camions et
surtout de pousse-pousses à moteur, qui font du slalom en permanence à
grand renfort de coups de klaxon ,négligeant les règles élémentaires du
code de la route : ici , tous les coups sont permis , c'est affreux . On
passe au centimètre prés en permanence ! Il y en a partout devant
derrière , à droite , à gauche .Le plus dangereux , c'est qu'il arrête
devant nous sans prévenir , pour débarquer des passagers . Mais le pire
est à venir , lorsque nous commençons à quitter le centre : c'est le
même cirque mais dans 10 à 20 centimètre d'eau et de boue , d'où sortent
de grosses pierres qu'il faut tenter d'éviter sans accrocher les voisins
! Un véritable enfer pour automobiliste civilisé et ça sur dix à quinze
bornes ! Heureusement que Janette nous avait prévenu que ça serait du
style El Alto à la sortie de La Paz , mais c'est bien pire, du moins en
ce qui concerne la pataugeoire !
Dès la sortie de cet enfer, nous suivons une vallée
où serpente une large rivière, le long de laquelle s'égraine un chapelet
de fermes en pisés et toit de chaume . Le plus souvent un petit troupeau
de vaches broutent l'herbe autour des bâtiments .Quelques bottes de
pailles montrent qu'ici on cultive du blé ou d'autres céréales . Dans le
fond , derrière les nuages , on aperçoit quelques sommets neigeux . La
route grimpe doucement mais surement : étant partis de 3800 , nous
frisons maintenant les 4000 mètres tout en traversant une successions de
beaux petits villages : celui qui retient le plus notre attention est
Pucara , producteur de taureaux en céramique que l'on pose sur le toit
et toujours par deux : le père et la mère ,symbole de fertilité et
d'abondance .Un modèle grandeur nature décore d'ailleurs l'entrée et la
sortie du village . Nous suivons aussi la ligne de chemin de fer
Cuzco-Puno , mondialement célèbre , puisqu'elle passe par un col à plus
de 4350 m d'altitude , une ligne que nous avions empruntée il y a trente
cinq pour notre plus grand plaisir . A cette époque , tout le long de la
voie des mamas en chapeau melon proposaient des empanadas ou des fruits
à manger . Parvenus autour de 4200 mètres nous tombons sur de superbes
troupeaux de lamas noirs ou chocolat et d'alpagas . Encore une centaine
de mètres et nous voilà au sommet du col où nous retrouvons Roger et
Jean Marc . Devant un cirque de montagne neigeuses des autochtones
proposent des produits artisanaux à base de laine ,de bonne qualité ;
il y a surtout des peaux de lama , des bonnets d'alpaga , des pulls en
laine aux motifs péruviens . Dominique , Claire et Monique ne résistent
pas longtemps à l'envie d'acheter une toque en fourrure d'alpaga pour
une centaine de solés (un peu plus de trente euros ).
Nous amorçons la descente parmi des "alpages" où
paissent pêle-mêle moutons et lamas, puis nous traversons des zones très
cultivées où le maïs s'est taillé la part du lion . La rivière suit un
bon moment un torrent boueux à souhait au bord duquel nous envisageons
de trouver un coin pour déjeuner quand , en passons sur un pont, nous
voyons Jean Marc et Monique stationnés en contre-bas nous faire signe
pour les rejoindre . Un demi tour et nous nous installons sur la berge
de la rivière où une mamie aidée de ses filles grillent des cuy
(cochons d'Inde) enfilés sur des broches . A peine avons-nous le temps
de commander notre repas que Claire et Roger nous rejoignent pour
déguster un cuy à la broche sous un préau en paille : la viande se
révèle plus délicate que celle du lapin , par contre les pomme de terres
noires et le maïs à grains énormes ne remportent pas nos suffrages .
Nous terminons notre repas avec le fromage de vache acheté la veille à
la ferme et un bon café . Et attention à la cuenta (addition) 10 solés
par tête, soit 3 euros !
Avant de reprendre la route je demande à Jean Marc
d'essayer de neutraliser un voyant lumineux sur notre tableau de bord,
apparu en cours de matinée . Après deux échecs , nous décidons de
reprendre la route comme ça , d'autant que cela ne gène pas le
fonctionnement du camion . La route de Cuzco se révèle vite très
circulante avec beaucoup de camions difficiles à doubler . Nous arrêtons
à Rumicolca pour visiter un superbe site Inca : notre guide d'hier ,
Dullio , nous expliquait que nous devrions dire quetchua , le terme Inca
ne concernant que le roi de ce peuple . En travers d'une vallée, les
quetchuas donc , avaient construit une redoutable muraille qui soutenait
un aqueduc ,dont on voit encore très bien le canal . Comme dans toutes
les réalisations de ce peuple le plus admirable est l'assemblage de
pierres énormes de plusieurs mètres de longueur parfois ,à joints vifs
.On pourrait à peine y glisser une feuille de papier . Et puis cette
finition , avec un polissage des surfaces inégalables , c'est à faire
rougir tous nos artisans des temps modernes ! On n'a qu'une envie ,
c'est de caresser la pierre , de suivre de la main ces arêtes et ces
galbes . L'appareil photo , encore une fois est mis à rude contribution
et il y a de quoi . Pour mal faire ,à cause d'un doublement de camion,
Jean Marc et Monique en sont privés , c'est bien dommage !
Encore une vingtaine de bornes et nous voilà confrontés
à la circulation infernale de Cuzco qui est devenue une grande ville
depuis trente cinq ans que nous n'y avons pas mis les pieds .Nous ne
reconnaissons rien pour l'instant , même pas le site , tant elle s'est
étendue extra-muros ! Hier Dullio nous disait : les Péruviens parlent
quatre langues ; le quetchua , l'aymara , l'espagnol et maintenant le
klaxon . C'est infernal de circuler par ici car c'est la loi de la
jungle et en plus nous avons les oreilles fracassées par le concert des
avertisseurs sonores . Aussi quel soulagement quand nous parvenons à
entrer dans le parc de l'Hôtel Club y Centro de Convenciones et de nous
installer sur la pelouse .
Janette , aussitôt mise à contribution avec sa mallette
diagnostic magique , ne parvenient pas à éliminer l'erreur ; elle nous
prend dans la foulée ,un rendez vous chez Mercédes pour demain matin
8h00 . Aussi pour nous remonter le moral , ce soir nous dégommons le
foie gras que nous avions amené de France pour le Réveillon en
accompagnement de l'apéro avec les Bories et les Gruffat !
Jolies couleurs comme d habitude. Bon allez manger du foie gras la bas qd mm :D c original!
RépondreSupprimer