VINGT NEUVIEME JOUR : LE 29 NOVEMBRE 2017'''
C'est le branle-bas de combat ce matin , nous sommes farcés
, il est plus de 6h30 lorsque j'ouvre l'oeil ! Entre l'absence de soleil
et les volets parfaitement clos , je n'ai rien vu venir . Il faut dire
aussi qu'à l'abri derrière le phare , nous étions parfaitement au calme
. Donc pas de petit déjeuner au lit , il faut aller droit au but si nous
voulons être opérationnels pour 7h00 . Nous n'avons que180 bornes au
programme mais il y a beaucoup de choses annexes à faire aujourd'hui
comme le plein de gaz , de gasoil , d'eau , les courses et nous avons
rendez vous avec Janette à 14h00 pour la visite de Punta Arenas . Le
temps que je m'occupe du sacro-saint café, Dominique a tout le loisir de
se préparer . En guise de petit déjeuner , nous nous contentons de
quelques tranches de cake grignotées tout en rangeant le camping car en
vue du départ . Puis je retrouve Roger et Jean Marc dehors , pour faire
nos adieux au Détroit de Magellan .
Un ciel gris très bas sur l'horizon , avec de gros nuages
sombres, effilochés par le vent , digne d'un mois de novembre dans le
Pas de Calais , semble poser sur la pampa . Dès que nous quittons l'abri
de notre phare , nous reprenons un vent latéral assez violent , qui
souffle en rafales . Ici c'est le domaine de l'herbe rase , mais
vraiment très courte et sèche , par contre partout des massifs de genets
nains envahissent les bas côtés et les talus ; même si c'est minime ,
cette tâche d'un jaune vif éclaire cet univers hostile. Seuls des
moutons avec une toison de laine qui traine jusque par terre peuplent
la plaine . Notre route suit la côte du Détroit de Magellan, souvent
déchiquetée , où alternent des caps rocheux , voir même parfois de
petites falaises de quelques mètres de hauteur , et de grandes plages de
galets couvertes d'immenses bancs d'algue .
Comme nous a conseillé Janette , nous arrêtons à proximité
des bâtiments désaffectés de la Estancia San Grégorio pour aller voir
de plus prés deux épaves rejetées sur la plage depuis de nombreuses
années , à en juger par l'état de l'une d'elle , dont il ne reste que
l'arête principale. Avec la luminosité magnésienne de ce matin ,la mer
en arrière plan, prend des aspects métalliques qui mettent en valeur les
vieilles carcasses rouillées d'avant scène . On ne peut pas rester
insensible au cauchemar que les matelots de ces deux vaisseaux ont dû
connaitre avant de périr noyés dans les eaux glacées du Détroit de
Magellan .
Après ce court intermède, nous retrouvons la monotonie de
la pampa avec ses lignes droites interminables , où il faut sans cesse
lutter contre le vent latéral mais aussi contre l'assoupissement . Pour
ne pas sombrer dans la torpeur , nous essayons de composer une liste de
courses correcte car nous devons tenir cinq jours , sans aucune
possibilité de compléter nos vivres en bivouac dans le parc de Torres
del Paine .Il faut aussi s'occuper de la vidange des eaux grises, ça ne
vaut pas un arrêt photo mais ça a le mérite de ménager une coupure et de
nous obliger à prendre l'air , et quel bol d'air ! On dirait que ça
décoiffe par ici !
Parvenus à l'entrée de Punta Arenas, quel soulagement quand
nous voyons la première station service ! Depuis trente kilomètres je
roule sur la réserve et l'ambiance à bord commençait à être pesante ! Et
lorsque je constate que :le pompiste me met 69 litres sur un réservoir
de 70 , j'ai une sueur froide rétrospective ! Et bien sûr , dès que je
regagne la cabine , j'ai droit à un "remonté de bretelles" en règle , je
ne vous dis pas ...! Dominique n'ai pas contente du tout , du tout .
Heureusement qu'il faut tout de suite embrayer sur le plein de gaz . Là
aussi, je suis surpris que nous ayons déjà consommé 11 litres en 5 jours
. Il faut dire qu'avec le froid que nous avons eu en Terre de Feu , il
n'y a rien d'étonnant , le chauffage a bien tourné , même la nuit !
Nous partons ensuite à la recherche d'un supermarché: après
avoir essayé en centre ville ,où la circulation est difficile et le
stationnement impossible ,nous décidons de chercher en périphérie . Nous
finissons par tomber sur une zone franche entourée de barbelés et
défendue par des miradors . Nous tombons sur un premier magasin qui vend
essentiellement des légumes et qui ressemble aux établissements réservés
aux cas sociaux chez nous . Et comme on n' y vend pas de pain , nous en
trouvons un autre plus grand un peu plus loin où nous complétons nos
achats . Pour finir nous décidons de trouver l'établissement proposé par
Janette où les autres équipages ont certainement fait leurs courses .
Une fois stationnés , nous nous dépêchons de manger pour prendre ensuite
le café chez Claire et Roger .Puis nous allons retirer des pésos
chiliens au distributeur de la galerie marchande : 200 000 pésos pour
300 euros . Il faut faire une seconde opération du même montant avec
notre seconde carte de crédit pour alimenter la caisse commune tenue par
Janette , qui doit couvrir les trois semaines de notre séjour chilien .
Aujourd'hui , c'est à bord du véhicule de Jean Marc que
nous nous rendons à six, au point de rendez vous fixé par Janette, pour
commencer la visite de la ville . Punta Arenas , qui veut dire "pointes
de sable", est la plus grosse ville australe du continent sud américain
, Ushuaïa étant sur l'île de la Terre de Feu . Elle compte à peu prés
100 000 habitants et possède un grand port . Nous commençons par la
visite du musée Braun-Ménendez , du nom de deux familles illustres à
l'époque de l'or blanc , c'est à dire de la laine de mouton , au cours
de la seconde moitié du 19 ème siècle . C'est l'époque du plein boum de
l'élevage des ovins , où 16 familles se partageaient la surface de
l'actuelle Patagonie ,faisant exterminer au passage les indiens par des
tueurs professionnels : autant de pésos par paire d'oreilles d'indigènes
. Les bateaux qui partaient pour l'Europe chargés de laine revenaient
débordant de matériaux et de mobilier de luxe , pour fournir à ces
nouveaux riches des demeures somptueuses dont le musée est un exemple
.C'était la propriété de la famille Braun et Ménendez . Rien n'était
trop beau pour ces parvenus qui dépensaient des fortunes jusqu'à ce que
le creusement du Canal de Panama sonne le glas de leur succès . Pour la
plupart , il s'agissait d'immigrés croates en route vers les Etats Unis
, qui pour finir , faute de moyens , débarquaient en Argentine . Dans ce
petit musée , hormis les traces de luxe de l'ameublement de fin du 19
ème siècle , on trouve quelques salles consacrées aux indiens de
Patagonie , avec des canoës creusés dans des troncs d'arbres , des
collections de pointes de flèches en pierre , des arcs , des harpons et
même des photos de ces malheureux voués à l'extermination . Puis nous
allons voir la Place d'Armes où la statue de Hernando de Magellanes
règne en maitre sous de grands cèdres . Nous montons ensuite au Mirador
, superbe point de vue sur la ville et le port pour redescendre à
l'hôtel Cabo de Horno (Cap Horn) pour déguster un Pisco Sur (boisson
nationale chilienne faite d'un mélange de marc de raisin à 40° ,de jus
de citron vert ,de glace pilée , de sucre et de blanc d'oeuf battu en
neige ) tout en surfant sur le net grâce à la wifi de l'établissement .
C'est l'occasion pour nous de voir Nathalie , notre fille , et Alexandre
, notre petit fils , sur Skype . Malheureusement les nouvelles
concernant le renouvellement de nos papiers volés ne sont pas
encourageantes .
Nous prenons ensuite la direction du campement situé à une
quinzaine de bornes de la ville , en bordure de mer ,sur une hauteur ,
parmi les bois . Claire et Roger arrivent un peu plus tard car ils ont
pu visiter les reconstitutions grandeur nature de la Victoria , bateau
principal de Magellan et du Beagle , goélette à bord de laquelle a
voyagé Darwin , que nous avons aperçus à droite sur le port .Comme il
parait que ça vaut vraiment la peine , nous envisageons de retarder
notre départ demain matin ,afin d'aller y faire un tour . L'endroit est
fort sympathique et nous y fêtons les 62 ans de Gérard avec beaucoup de
plaisir, après un court briefing pour expliquer l'étape de demain, qui
doit nous conduire à Puerto Natales , situé à l'entrée du parc Torres
del Paine .
, il est plus de 6h30 lorsque j'ouvre l'oeil ! Entre l'absence de soleil
et les volets parfaitement clos , je n'ai rien vu venir . Il faut dire
aussi qu'à l'abri derrière le phare , nous étions parfaitement au calme
. Donc pas de petit déjeuner au lit , il faut aller droit au but si nous
voulons être opérationnels pour 7h00 . Nous n'avons que180 bornes au
programme mais il y a beaucoup de choses annexes à faire aujourd'hui
comme le plein de gaz , de gasoil , d'eau , les courses et nous avons
rendez vous avec Janette à 14h00 pour la visite de Punta Arenas . Le
temps que je m'occupe du sacro-saint café, Dominique a tout le loisir de
se préparer . En guise de petit déjeuner , nous nous contentons de
quelques tranches de cake grignotées tout en rangeant le camping car en
vue du départ . Puis je retrouve Roger et Jean Marc dehors , pour faire
nos adieux au Détroit de Magellan .
Un ciel gris très bas sur l'horizon , avec de gros nuages
sombres, effilochés par le vent , digne d'un mois de novembre dans le
Pas de Calais , semble poser sur la pampa . Dès que nous quittons l'abri
de notre phare , nous reprenons un vent latéral assez violent , qui
souffle en rafales . Ici c'est le domaine de l'herbe rase , mais
vraiment très courte et sèche , par contre partout des massifs de genets
nains envahissent les bas côtés et les talus ; même si c'est minime ,
cette tâche d'un jaune vif éclaire cet univers hostile. Seuls des
moutons avec une toison de laine qui traine jusque par terre peuplent
la plaine . Notre route suit la côte du Détroit de Magellan, souvent
déchiquetée , où alternent des caps rocheux , voir même parfois de
petites falaises de quelques mètres de hauteur , et de grandes plages de
galets couvertes d'immenses bancs d'algue .
Comme nous a conseillé Janette , nous arrêtons à proximité
des bâtiments désaffectés de la Estancia San Grégorio pour aller voir
de plus prés deux épaves rejetées sur la plage depuis de nombreuses
années , à en juger par l'état de l'une d'elle , dont il ne reste que
l'arête principale. Avec la luminosité magnésienne de ce matin ,la mer
en arrière plan, prend des aspects métalliques qui mettent en valeur les
vieilles carcasses rouillées d'avant scène . On ne peut pas rester
insensible au cauchemar que les matelots de ces deux vaisseaux ont dû
connaitre avant de périr noyés dans les eaux glacées du Détroit de
Magellan .
Après ce court intermède, nous retrouvons la monotonie de
la pampa avec ses lignes droites interminables , où il faut sans cesse
lutter contre le vent latéral mais aussi contre l'assoupissement . Pour
ne pas sombrer dans la torpeur , nous essayons de composer une liste de
courses correcte car nous devons tenir cinq jours , sans aucune
possibilité de compléter nos vivres en bivouac dans le parc de Torres
del Paine .Il faut aussi s'occuper de la vidange des eaux grises, ça ne
vaut pas un arrêt photo mais ça a le mérite de ménager une coupure et de
nous obliger à prendre l'air , et quel bol d'air ! On dirait que ça
décoiffe par ici !
Parvenus à l'entrée de Punta Arenas, quel soulagement quand
nous voyons la première station service ! Depuis trente kilomètres je
roule sur la réserve et l'ambiance à bord commençait à être pesante ! Et
lorsque je constate que :le pompiste me met 69 litres sur un réservoir
de 70 , j'ai une sueur froide rétrospective ! Et bien sûr , dès que je
regagne la cabine , j'ai droit à un "remonté de bretelles" en règle , je
ne vous dis pas ...! Dominique n'ai pas contente du tout , du tout .
Heureusement qu'il faut tout de suite embrayer sur le plein de gaz . Là
aussi, je suis surpris que nous ayons déjà consommé 11 litres en 5 jours
. Il faut dire qu'avec le froid que nous avons eu en Terre de Feu , il
n'y a rien d'étonnant , le chauffage a bien tourné , même la nuit !
Nous partons ensuite à la recherche d'un supermarché: après
avoir essayé en centre ville ,où la circulation est difficile et le
stationnement impossible ,nous décidons de chercher en périphérie . Nous
finissons par tomber sur une zone franche entourée de barbelés et
défendue par des miradors . Nous tombons sur un premier magasin qui vend
essentiellement des légumes et qui ressemble aux établissements réservés
aux cas sociaux chez nous . Et comme on n' y vend pas de pain , nous en
trouvons un autre plus grand un peu plus loin où nous complétons nos
achats . Pour finir nous décidons de trouver l'établissement proposé par
Janette où les autres équipages ont certainement fait leurs courses .
Une fois stationnés , nous nous dépêchons de manger pour prendre ensuite
le café chez Claire et Roger .Puis nous allons retirer des pésos
chiliens au distributeur de la galerie marchande : 200 000 pésos pour
300 euros . Il faut faire une seconde opération du même montant avec
notre seconde carte de crédit pour alimenter la caisse commune tenue par
Janette , qui doit couvrir les trois semaines de notre séjour chilien .
Aujourd'hui , c'est à bord du véhicule de Jean Marc que
nous nous rendons à six, au point de rendez vous fixé par Janette, pour
commencer la visite de la ville . Punta Arenas , qui veut dire "pointes
de sable", est la plus grosse ville australe du continent sud américain
, Ushuaïa étant sur l'île de la Terre de Feu . Elle compte à peu prés
100 000 habitants et possède un grand port . Nous commençons par la
visite du musée Braun-Ménendez , du nom de deux familles illustres à
l'époque de l'or blanc , c'est à dire de la laine de mouton , au cours
de la seconde moitié du 19 ème siècle . C'est l'époque du plein boum de
l'élevage des ovins , où 16 familles se partageaient la surface de
l'actuelle Patagonie ,faisant exterminer au passage les indiens par des
tueurs professionnels : autant de pésos par paire d'oreilles d'indigènes
. Les bateaux qui partaient pour l'Europe chargés de laine revenaient
débordant de matériaux et de mobilier de luxe , pour fournir à ces
nouveaux riches des demeures somptueuses dont le musée est un exemple
.C'était la propriété de la famille Braun et Ménendez . Rien n'était
trop beau pour ces parvenus qui dépensaient des fortunes jusqu'à ce que
le creusement du Canal de Panama sonne le glas de leur succès . Pour la
plupart , il s'agissait d'immigrés croates en route vers les Etats Unis
, qui pour finir , faute de moyens , débarquaient en Argentine . Dans ce
petit musée , hormis les traces de luxe de l'ameublement de fin du 19
ème siècle , on trouve quelques salles consacrées aux indiens de
Patagonie , avec des canoës creusés dans des troncs d'arbres , des
collections de pointes de flèches en pierre , des arcs , des harpons et
même des photos de ces malheureux voués à l'extermination . Puis nous
allons voir la Place d'Armes où la statue de Hernando de Magellanes
règne en maitre sous de grands cèdres . Nous montons ensuite au Mirador
, superbe point de vue sur la ville et le port pour redescendre à
l'hôtel Cabo de Horno (Cap Horn) pour déguster un Pisco Sur (boisson
nationale chilienne faite d'un mélange de marc de raisin à 40° ,de jus
de citron vert ,de glace pilée , de sucre et de blanc d'oeuf battu en
neige ) tout en surfant sur le net grâce à la wifi de l'établissement .
C'est l'occasion pour nous de voir Nathalie , notre fille , et Alexandre
, notre petit fils , sur Skype . Malheureusement les nouvelles
concernant le renouvellement de nos papiers volés ne sont pas
encourageantes .
Nous prenons ensuite la direction du campement situé à une
quinzaine de bornes de la ville , en bordure de mer ,sur une hauteur ,
parmi les bois . Claire et Roger arrivent un peu plus tard car ils ont
pu visiter les reconstitutions grandeur nature de la Victoria , bateau
principal de Magellan et du Beagle , goélette à bord de laquelle a
voyagé Darwin , que nous avons aperçus à droite sur le port .Comme il
parait que ça vaut vraiment la peine , nous envisageons de retarder
notre départ demain matin ,afin d'aller y faire un tour . L'endroit est
fort sympathique et nous y fêtons les 62 ans de Gérard avec beaucoup de
plaisir, après un court briefing pour expliquer l'étape de demain, qui
doit nous conduire à Puerto Natales , situé à l'entrée du parc Torres
del Paine .
Commentaires
Enregistrer un commentaire