




















Avec la fatigue de notre randonnée en montagne , cette nuit nous dormons comme des bébés jusqu'à 6h00 du matin . Une vraie grasse mat ! Malheureusement, le vent de Patagonie en a décidé autrement et voilà qu'il se remet à secouer le camping car comme un prunier, dès l'aube ! Un fléau ce vent de Patagonie : il vous rentre en force par les narines dès qu'on lui fait face , au point d'avoir les poumons gonfler à bloc et de suffoquer ! Pas la peine d'essayer de comprendre ce qui se dit autour de vous tant il bourdonne dans les oreilles . Il cingle les yeux au point de les faire larmoyer ! C'est affreux ! Et il miaule dans les aérateurs ! Et il hurle dès que les rafales rencontrent le moindre obstacle sur son passage , ne serait-ce qu'un rétroviseur ! Et quand il faut essayer d'ouvrir ou de fermer une porte , c'est un tour de force , mieux vaut s'y mettre à deux ! C'est Boulogne , au sommet des falaises , un jour de tempête et ceci en permanence ! Ca rend fou , on a la tête farcie et je ne parle pas de la démarche ébrieuse , voir des vertiges, carrément, pour les plus sensibles d'entre nous ! C'est l'horreur ! Aussi nous quittons El Chalten sans remord , sauf celui de quitter nos deux géants , le Cerro Torre et bien sûr le Fitz Roy , que nous allons saluer une dernière fois du mirador installé au dessus de la station service . Après ce dernier hommage , nous attaquons l'interminable ligne droite de la Ruta 23 , de 90 km de longueur, pour rejoindre la mythique Ruta 40 et tourner à gauche pour reprendre notre lente progression vers le nord . Nous longeons le lac Viedma où dérivent de nombreuses icebergs , beaucoup plus nombreuses d'ailleurs qu'il y a deux jours , lors de notre arrivée à El Chalten , certainement du fait du grand beau que nous y avons eu et du vent d'aujourd'hui qui les poussent . Au fond , derrière nous ,nous voyons l'énorme masse de glace bleutée, zébrée de crevasses, du Glacier Viedma d'où elles s'échappent . Derrière la bande turquoise des eaux du lac , la Cordillère des Andes alignent orgueilleusement ses sommets neigeux comme les piquets d'une immense clôture ,ininterrompue ,et surtout infranchissable . Comme nous avons le vent dans le dos, notre consommation n'est jamais tombait si bas , nous battons notre record de sobriété , et de très loin ,avec 9,2 litres affichés au compteur ! C'est incroyable ! Et dire qu'avec le même vent de Patagonie , lors de notre descente en Terre de Feu nous avons connu le record inverse ,avec plus de 23 litres au cent kilomètres . Aujourd'hui , les six équipages français roulent séparés du groupe suisse ,resté avec Janette à El Chalten pour une journée de repos. Comme nous voulons aller visiter Las Cuevas de Los Manos , des grottes décorées de peintures rupestres datant de plus de 13 000 ans ,qui se situent un peu en dehors de l'itinéraire prévu , nous avons décidé d'un commun accord d'écourter notre séjour à El Chalten d'autant plus que Roger , Jean Marie et moi même sommes limités pour les randonnées pédestres ,étant donné l'état de nos genoux . Dès que nous retrouvons la Ruta 40 , nous renouons avec la monotonie de la pampa. J'en profite pour filer le manche à Dominique , histoire de m'avancer un peu dans la rédaction du blog . Nous ne tardons pas à atteindre Très Lagos, petite bourgade distante de 30 km : ici on dirait qu'on va traverser un village de western , que l' on est en Arizona , on ne serait d'ailleurs pas surpris de croiser Clint Eastwood ou John Wayne à cheval ,avec sa rue unique , bordée de maisons basses en planches , des rafales de vent qui soulèvent la poussière , quelques vieillards assis avec leur chien à côté d'eux qui nous regardent passer .A la sortie du village nous obliquons à gauche et catastrophe, nous nous mettons à prendre le vent de travers , ce qui n'est pas du tout du goût de Dominique qui finit par demander grâce ,suite à l'attaque répétée des rafales . Résultat ,je suit obligé d'abandonner l'ordi pour reprendre le volant et ce n'est pas de la tarte , je comfirme ,je suis même obligé de me caler sur le 70 km/h pour ne pas sortir de la route . Puis très vite le macadam disparait pour faire place à une piste caillouteuse et surtout poussiéreuse à souhait . Je propose alors à Dominique de la déposer quelque part avec l'appareil photo , de faire marche arrière et de repartir en avant pour avoir des clichés du camping car au milieu du nuage de poussière qu'il soulève . Malheureusement, la violence du vent ne permet pas à notre photographe commis d'office , de tenir debout et encore moins de pointer le zoom dans la bonne direction . J'ai d'ailleurs un mal de chien à récupérer le matériel photo et le personnel aussi , qui râle aussitôt suite à un bain de poussière pas piqué des hannetons , il faut l'admettre! Ensuite nous longeons une série de tables rocheuses qui , couper au couteau côté vallée , offre un ligne continue de falaises sur lesquels on ne serait pas surpris de voir des signaux de fumée , voir même une silhouette de cavalier se découper à contre-jour . Partout autour de nous ce ne sont que des dunes dont les flancs sont parsemés de touffes d'épineux éparses , des lits de rivière complétement asséchées , de vastes étendues de terre mise à nue et craquelée à souhait . C'est le domaine de la soif ! De temps en temps ,nous croisons une voiture que nous repérons de loin par le nuage de poussière qui l'accompagne . Tout à coup , à l'entrée d'une descente nous apercevons un petit animal qui traverse à notre nez ,sans le moindre scrupule : comme il s'agit d'un tatoue et que notre présence ne semble guère le perturber , il a droit à une volée de clichés sous tous les angles possibles . Quelques centaines de mètres plus loin, c'est une dizaine de nandous qui obstruent le passage . Décidément cette piste est très fréquentée ! Encore quelques kilomètres et un superbe lac bleu turquoise apparait sur notre gauche au beau milieu de cette aridité .Comme il est midi ,nous décidons de prendre la première piste qui y mène . C'est à ce moment que Monique et Jean Marc arrivent juste derrière nous:" oh Pierre , tu trouves ça normal de devoir payer pour aller au bord du lac? Mais c'est une Estancia , c'est un chemin privé , c'est pour ça ! D'après le GPS il y en a une autre plus loin ! Ok , on y va ,alors !" Pour finir nous trouvons un superbe coin au bord de la piste d'où on domine le lac ,sans être obliger d'emprunter un chemin secondaire , hasardeux. Jean Marc ne tarde pas à nous y rejoindre . Le temps de faire la photo du campement ,Roger , pourtant parti bien avant nous ce matin arrive seulement . Il vient de crever de l'arrière en allant à la Estancia La Siberia et il a eu bien des soucis pour positionner son cric. Pour finir il décide de manger avec nous et de partir assez vite pour faire réparer sa roue . De notre côté ,nous trainons un peu à table pour profiter pleinement du paysage , puis nous prenons le café avec Monique et Jean Marc . Nous partons vers 14h30 en suivant la piste sur une bonne dizaine de kilomètres puis dès que nous récupérons le macadam , je file le manche à Dominique pour continuer à taper le blog ,étant donné qu'il reste 60 bornes . Une fois parvenus à Gobernador Grégores un bien grand nom pour un tout petit patelin , où nous devons passer la nuit , notre premier souci est de faire le plein de gasoil et bien sûr nous profitons de la wifi de la station service pour passer les deux derniers chapitres avec toujours autant de difficultés à cause de notre anti virus qu'il faut sans cesse remettre à jour . Puis nous passons vite fait au super marché La Anonima où nous trouvons du whisky argentin pour la première fois . Nous allons ensuite nous installer à proximité du stade pour y passer la nuit comme nous l'avait conseillé Janette il y a deux jours . Aussitôt Roger installe son jeu de Molkky une sorte d'intermédiaire entre le jeu de quille et la pétanque qui réunit l'unanimité : la première partie est remportée brillamment par Jean Marie qui de ce fait se trouve obligés de payer l'apéro . Puis Roger installe son barbecue pendant que Jean Marc s'active autour de sa plancha et pour finir nous nous retrouvons douze à table !Bon appétit tout le monde !
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