TRENTE CINQUIEME JOUR : LE 3 DECEMBRE 2017

            Ce matin je profite d'être réveillé très tôt , un peu avant
5h00 , pour descendre transférer les photos et finir le blog . Eh oui ,
avec la soirée cartes d'hier soir j'ai pris un peu de retard . Aussi je
ne prends même pas le temps de préparer le café , je m'installe dans mon
petit coin , avec un spot allumé au dessus de la tête ,car il ne fait
pas encore très clair . A 6h00, Dominique sort de la chambre pour me
préparer un petit noir bien mérité. Elle a vraiment pitié de moi car un
quart d'heure après j'ai mon  petit déjeuner sur un plateau , le panard
, car je suis vraiment à la bourre . Hier après midi , devant les échecs
successifs de transmission du vingt neuvième jour , j'ai décidé ,
conseillé par Dominique, de retaper l'article complet avec les vingt
pièces jointes ! Pour cela j'ai photographié l'écran de l'ordi avec mon
téléphone et j'ai recopié l'intégralité du chapitre . En plus, avec la
tonte du mouton hier après midi , mon travail a été interrompu .

            Malgré tout, je vais voir Roger et Jean Marc dès 7h00
lorsque j'ai fini mon travail de bureau .Bien que l'étape ne soit pas
très longue , 210 km , nous décidons de ne pas trainer pour partir étant
donné que nous avons beaucoup de courses à faire , le frigo n'ayant
jamais été aussi vide . Dès la sortie de l'Estancia , nous reprenons la
Ruta 40 en direction d'El Calafate . Aussitôt, nous nous enfonçons dans
une pampa d'herbe rase en remontant des lignes droites  interminables.
La monotonie s'installe très vite , heureusement qu'à gauche , la
Cordillère toute blanche de  neige et de glaciers  est là pour barrer
l'horizon et surtout pour nous distraire un peu  .Ici , il n'y a même
plus de guanacos pour agrémenter le paysage . A croire qu'hier Zarucho
nous a dit vrai en expliquant que depuis cette année, en Argentine, la
chasse aux lamas sauvages était autorisée car avec plus de 2 millions
d'individus  au palmarès, les herbages étaient menacés  . Il parait que
l'on en trouve à vendre dans certaines boucheries ! D'après lui ,ça a le
goût de l'agneau et c'est très tendre ,à condition de manger les plus
jeunes . Pour finir, les indiens n'étaient pas si bêtes , après tout !

            Après une  corvée d'eau grise au milieu de nul part ,, nous
atteignons le rebord du plateau sur lequel nous évoluons depuis
plusieurs jours et là , nous nous lançons dans une descente vertigineuse
qui offre une vue exceptionnellement dégagée sur la chaine de montagne
neigeuse qui domine un lac d'un bleu intense . Dommage que la lumière
excessivement violente  du moment rende les photos palichones au
possible , même en sur-exposant de deux diaphragmes . Cette descente
sur  plusieurs kilomètres a le mérite de ramener notre consommation de
19.6 l à 17.1, ce qui n'est pas négligeable . Encore des kilomètres de
pampa et nous voilà devant un immense portique en bois qui annonce notre
entrée dans le district de El Calafate . Nous longeons alors les rives
du Lago Argentino pour nous retrouver en centre ville à la recherche
d'un super marché pour faire les courses .Jean Marc préfère s'arrêter
d'abord à l'office du tourisme pendant que nous nous contentons du
premier magasin venu alors que Claire et Roger continuent leur route le
long de l'avenue Libertador vers un plus grand super mercado .

           Une fois le plein de vivres en tous genres fini , nous
rechargeons la carte téléphonique argentine dans le premier kiosco venu
. Nous finissons par retrouver Roger et Claire au syndicat d'initiative
entrain de monopolyser la wifi  . Nous décidons d'un commun accord
d'aller visiter le glacier Périto Moréno aujourd'hui , même si cela nous
oblige à payer l'entrée du parc deux fois , une fois pour  la visite à
pieds sur les passerelles aujourd'hui et une fois pour la promenade en
bateau de demain . Et comme les Gruffat sont en pleine téléphonie du
dimanche , nous partons en avant .

            Il faut d'abord remonter l'avénida Libertador jusqu'au bout
, c'est à dire jusqu'au lac , puis prendre la Ruta 11 qui en suit la
rive gauche pour notre plus grand plaisir : de l'eau bleue intense en
premier plan et derrière une chaine montagneuse  toute blanche de neige
,qui forme une barrière hermétique à l'horizon . Malheureusement des
nuages commencent à s'accumuler dans le ciel et comme il est déjà 11h30
, nous décidons de nous arrêter dès que nous trouvons un joli coin pour
manger , histoire d'attendre l'évolution de la météo pour ne pas risquer
de payer 1000 pésos soit 50 euros pour rien . Claire et Roger finissent
par nous rejoindre et décide d'aller manger au bout à cause du manque
d'antenne où nous sommes .

            Vers 13h30 la situation météo étant toujours instable ,
nous partons malgré tout vers l'entrée du parc .Après nous être délesté
des milles pésos , nous empruntons une petite route en béton qui suit
l'autre rive du lac et là miracle le soleil se stabilise , les nuages
restant petit à petit derrière nous . Avant d'arrivés nous nous arrêtons
sur le parking de plusieurs miradors aménagés pour permettre d'avoir une
vue d'ensemble du site .Une fois au terminus , après 56 km de virages
serrés nous parvenons au point de départ de navettes qui nous montent en
haut de la moraine frontale . Là ,il faut suivre tout un réseau de
passerelles en ferraille nichées dans les arbres pour pouvoir enfin voir
la bête , le Périto Moréno , un des rare glacier au monde qui ne recule
pas , bien au contraire puisqu'il traverse un lac , le coupant en deux
lorsqu'il parvient sur la rive d'en face et formant ainsi un barrage
naturel . Côté source , l'eau monte alors jusqu'à ce que la pression
qu'elle exerce rompe la digue de glace dans un fracas de fin du monde .
Et ce cycle infernal se produit tout les quatre ans environ . Mais assez
de savantes explications , je vois que comme moi vous dévorez 
d'impatience de vous en mettre plein les yeux . Au détour d'un virage,
ça y est ,on se retrouve face à une falaise , si ,si , une falaise de 70
mètres de hauteur , bleu ciel , qui barre l'horizon, droit devant vous :
c'est à couper le souffle ! Même si pour nous c'est du remake , que nous
l'avions déjà vue il y a  prés de 35 ans , le choc reste aussi violent
tant la majesté du site en impose ! Sur des centaines de mètres de
chaque côté de nous le front de glace courre sur les eaux turquoises du
lac , touchant juste un peu la moraine frontale en son centre . Et puis
ce n'est pas seulement visuel , même si on en prend plein les yeux ,
c'est aussi au niveau de la peau que ça se passe, car nous sommes
parcourus de frissons en sentant l'air froid venir jusqu'à nous . C'est
auditif aussi , avec tous ces bruits de craquements , parfois coupés par
un coup de tonnerre, qui fait écho sur les parois rocheuses voisines .
Là, c'est un gros bloc , voir un pan complet de glace ,qui se détache
pour éclater soixante dix mètres plus bas , en projetant vers le haut
d'immenses gerbes d'eau . Puis, calmement le bloc de glace remonte à la
surface et se retourne comme un nageur qui voudrait faire du dos crowlé
, exhibant le bleu intense de sa face cachée contre le reste du glacier
. Nous marchons prés de 3 heures au gré de ces passerelles sans voir
tourner les aiguilles de la montre , tant le spectacle est continu .En
partant vers la gauche du front de glace on découvre les montagnes
toutes blanches qui sont à l'origine de la formation du Périto Moréno
qui descend très doucement dans sont lit , un peu comme la Mer de Glace
à Chamonix , mais la comparaison s'arrête là . Ici , on ne joue pas dans
la même court ! La partie haute du site permet d'effleurer la surface
chaotique de la glace avec ses séracs , sculptés de mille façons
différentes , une vraie meringue travaillée à la fourchette . Et ces
profondes crevasses où il ne ferait pas bon de tomber , mais qui nous
offrent une gradation de bleu devenant d'une intensité extrême en
s'enfonçant dans les profondeurs du glacier . Personnellement nous
assistons au spectacle de décollement de deux pans de glace complet , et
c'est vrai que c'est un petit plus , qu'il ne faut surtout essayer
d'admirer au travers de l'objectif de l'appareil photo , mieux vaut le
déguster nature , en direct , et surtout avec le son . En route nous
rencontrons les Gruffat : Roger me fait penser à un boxeur qui viendrait
de prendre quelques belles châtaignes sur la tronche , il est dans les
cordes , anéanti   , j'arrive à peine à percevoir le son de sa voix: "
c'est vraiment trop beau !" Il en a presque la larme à l'oeil . Claire ,
plus réservée , admire en silence , le jeu des lumières aussi bien sur
le glacier qu'à la surface du lac ; un spectacle plus subtile , mais
plus fugace aussi , bien difficile à saisir par le photographe . De
notre côté nous décidons de rentrer au parking en suivant la balade
fléché en bleu , la plus longue , qui évite de reprendre la navette .
Elle offre aussi l'avantage de contourner le glacier par la gauche , de
voir des centaines d'icebergs aux formes psychédéliques et aux reflets
bleus infinis , dévirées au grès du courant . Certaines viennent 
jusqu'à s'échouer sur les galets de la rive . Là nous rencontrons
Janette et Maria , toujours bardées d'appareils photos , qui commencent
seulement l'ascension des passerelles .

            En repartant vers 17h45 du parking , je me trompe en
prenant à droite le chemin emprunté par les navettes . Parvenus en haut
,nous tombons sur deux couples suisses très sympas , Suzy  et son copain
, Ernest et son épouse à qui nous proposons de monter à bord pour les
redescendre plutôt que d'attendre la navette . Puis nous regagnons la
sortie du parc en ayant soin de nous arrêter aux miradors , pour faire
nos adieux au Périto Moréno qui commence à rosir dans la lumière du soir
. Nous allons ensuite nous installer au petit port de Punta Banderas où
nous organisons un apéro commun avec Suzy et son copain , les Gruffat ,
les Bories  , , Isabelle et Gérard qui doivent prendre le bateau demain
matin avec nous . Après le repas , c'est de nouveau le Rami
"Tarno-Corse" qui est à l'honneur , ce qui ravi une fois de plus Monique
qui m'offre ma seconde leçon privée .

Commentaires

  1. Houaouuuu...il n y a pas bcp de mots ça a l air vrt grandiose

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  2. Quelle beauté !! c'est vrai qu'il n'y pas de mots assez fort pour décrire une telle merveille de la nature ! Ça donne envie

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