SOIXANTE ET UNIEME JOUR : LE 29 DECEMBRE 2017

            Comme hier je n'ai pas eu beaucoup de temps à consacrer à
la rédaction du blog et au transfert des 490 photos de la journée , ce
matin pas question de faire une grasse matinée bien que ce soit relâche
deux jours à Vicugna . Donc je garde le rythme  du lever à 5h30 pour
passer une heure en tête à tête avec l'ordinateur avant de préparer le
café . Ensuite nous prenons le petit déjeuner et je vais aussitôt
jusqu'à l'hôtel pour envoyer le blog pendant qu'il n'y a personne .
Ensuite il faut que je demande à notre voisin suisse s'il peut bouger
son camping car qui nous gène pour sortir du parking ; en effet hier
soir notre campement s'est considérablement encombré de voitures
particulières appartenant aux clients de l'hôtel . Une fois la manoeuvre
de désincarcération terminée , Claire et Roger arrive , suivis de peu
par Catherina qui nous accompagne à La Séréna en qualité d'interprète .

            Encore une manoeuvre délicate, pour sortir cette fois du
parking dans la  petite rue étroite, toujours encombrée de voitures en
stationnement , et il ne reste plus qu'à traverser la petite ville de
Vicugna dont le centre est très sympathique avec ses belles petites
ruelles qui convergent vers la Plaza de Armas , très ombragée  , dotée
d'une fontaine et de bancs publics . Puis nous franchissons un   pont  à
voie unique qui enjambe le  lit très large et très caillouteux d'un
petit torrent . Une fois sur l'autre rive, nous nous retrouvons entourés
de vignobles qui occupent toute la vallée et envahissent  même les
flancs de montagne . Au dessus c'est le domaine des cactus chandeliers
qui semblent avoir été plantés tant ils sont répartis régulièrement .
Puis tout à coup, nous nous retrouvons nez à nez avec un superbe lac :
curieuse rencontre dans cette univers plus qu'aride . Nous enfilons
alors une succession  de virages serrés pour contourner l'immense pièce
d'eau jusqu'au barrage .

            La route descend alors sur plus d'un kilomètre pour
traversée une plaine très fertile, avec l'irrigation  intensive qui 
permet les  cultures maraichères :partout , à perte de vue ,ce ne sont 
que champs de pomme de terres, de tomates , d'oignons , de salades , de
poireaux , sur plus de trente bornes . Puis nous plongeons vers le
Pacifique que nous  apercevons dans le lointain , légèrement masquée par
une brume de chaleur . Nous remontons alors une série d'avenues qui
finissent par nous amener Calle Cordovez où nous devons nous rendre pour
juger notre "délit" ! Nous finissons par trouver du stationnement au
Parque Japonese gardé par un clodo à qui nous refilons quelques pésos .
Avec bien des difficultés , nous trouvons le numéro 281 où siège
effectivement un bureau du Ministère de l'Agriculture . Après 5 à 10
minutes d'attente, le fonctionnaire zélé devant qui nous faisons le
poireau , daigne lever les yeux et prendre la copie de notre procès
verbal . De son côté, il a déjà reçu un papier nous concernant, qu'il se
dépêche d'agrafer ensemble , puis au bout d'un moment semble revenir sur
sa décision , enlève les agrafes , nous redonne notre copie de PV et
décide de nous envoyer dans un autre bâtiment à un kilomètre de là !!

            Il s'agit d'une autre section du Ministère de
l'Agriculture, installée dans un superbe bâtiment de style colonial
espagnol avec de belles grilles en fer forgée aux fenêtres du bas , des
balcons en bois au premier étage , une façade blanchie à la chaux et un
toit débordant, formant un auvent en tuiles romaines .  Je ne sais trop
pourquoi ,mais d'un commun accord ,nous demandons à Catherina de nous
tirer le portrait   en haut des marches du porche . Une fois à
l'intérieur l'hôtesse prévient aussitôt une responsable de service qui
nous introduit dans un tout petit bureau pour nous demander de rédiger
une lettre expliquant notre conduite frauduleuse . Dès que Catharina a
traduit notre version des faits sur papiers et insisté sur notre"méa
culpa" , nous retournons voir la chef de service qui en échange de notre
lettre nous rend nos passeports tout en nous expliquant que notre
dossier sera examiné par le juge Fernandez dès qu'il sera disponible en
cette période de fin d'année et que nous recevrons la sentence par
e-mail d'ici une dizaine de jours . Elle nous rassure en disant que nous
pouvons passer la frontière chilienne sans le moindre obstacle ce qui
nous réjouit aussitôt , même si nous ne lui montrons pas notre
enthousiasme . "Tu parles que si nous sommes au Pérou ou en Bolivie , on
va la payer ta p...n d'amende ! Oh ça c'est sûr , Pierre , je pense
exactement comme toi! Dans dix jours et je pense que ce sera plutôt
quinze avec les fêtes de fin d'année ,on sera loin !"

            Une fois libérés de nos obligations administratives , nous
nous mettons en quête d'un supermercado et Roger ,  en consultant le GPS
nous trouve un SuperJumbo envahi d'autochtones faisant leur scourses
pour la Saint Sylvestre . Comme il n'y a plus de caddie , nous nous
contentons de deux paniers en plastique . Résultat,  il est déjà 11h45
lorsque nous mettons le cap sur Vicugna . En  plus, en route nous sommes
obligés de faire le plein de gasoil car nous roulons sur la réserve
depuis  un moment . Aussi dès que nous retrouvons notre cher parking
ensoleillé , il faut  casser la croute sur le pouce  pour être dans les
temps au briefing de 14h00 que nous réalisons sous l'auvent de Jean Marc
. Et comme les ennuies ne viennent jamais seul , Dominique m'annonce
qu'elle vient de casser une incisive latérale du haut , heureusement
pour elle , déjà dévitalisée . Et par sms nous apprenons que Nathalie
notre fille enceinte de 7,5 mois , est fortement grippée ! Tout baigne
dans l'huile !!

            A 15H30 nous nous retrouvons à la coopérative Capet ,
installée un peu à l'extérieur de ville et spécialisée dans la
fabrication de Pisco . Nous nous y rendons avec le camping car de Roger
alors que les quatre autres équipages s'octroient une petite marche au
soleil . On nous explique d'abord la fermentation du raisin ; on utilise
surtout le moscatel comme cépage pour le pisco plus fruité , le pédro
jiménez , le torrontes pour le pisco plus sec servant dans différents
cocktails . Puis notre hôtesse nous montre de grands alambiques en
cuivre et des hangars plein de cuves en inox servant à la fermentation
du moult et plein de barriques en chêne français ou américain pour le
vieillissement qui dure au maximum deux à trois ans . Cette opération
fait ambré un peu le précieux liquide , bien sûr .Nous apprenons qu'il
existe une dizaine de coopératives comme celle-ci qui emploient un
millier de salariés chacune . Ici , à Vicugna ,ils produisent 16
millions de bouteilles de pisco par an . Puis nous passons au bar pour
une dégustation un peu originale ; en  effet après avoir confectionnée
deux cocktails devant nous , notre hôtesse nous invite à les réaliser
avec les ingrédients déjà servis sur nos tables individuelles . Nous
réalisons d'abord un Pisco Sour avec jus de citron , de la glace , du
pisco , du sirop de sucre, que nous goûtons ; puis un  autre , le Alto
Tiki ,avec en plus un extrait de plantes aromatique et du jus d'ananas
,qui ressemble un peu au Punch Planteur , le goût du Rhum en moins ,
bien sûr . Ensuite nous passons au magasin pour acheter des bouteilles
en forme de Mohaï de l'Ile de Pâques ,qui appartient au Chili.

            Dès notre retour au campement , nous allons nous rafraichir
à la piscine de l'hôtel Terra et dans la foulée nous profitons de ses
douches chaudes . Je peux alors enfin m'occuper du blog pendant que
Dominique se repose un peu , complétement abattue par son infection
respiratoire virale . Puis elle prépare un  vrai repas , cela fait bien
longtemps ,avec les courses que nous avons faites ce matin . A 20h30
Janette nous emmène en taxi à une dizaine de kilomètres de la ville , au
beau milieu des vignes , dans une ferme auberge spécialisée dans
l'observation des étoiles .Un astronome amateur nous projette un beau
petit film consacrée à la formation du système solaire dans une espèce
de grande tente en forme de sphère où on nous sert un verre de vin
produit par l'exploitation . Puis nous nous rendons dans un autre coin
du domaine pour observer le ciel de l'hémisphère sud où nous n'avons
plus nos repères habituels ; étoile Polaire , Grande Ours , Petit Ours ,
... Notre astronome nous montre Syrius , Orion , Casssopé , Béta Orion 
à l'aide d'un gros télescope qui grossit cent fois, installé on fond
d'un petit amphithéâtre où nous nous asseyons sagement comme un groupe
d'étudiants . Passionné par l'observation des astres il nous tient
jusqu'à 23h00 et termine son exposé par l'observation de la Lune . Puis
il nous  en offre une photo, sur notre smartphone ,en guise de cadeau
d'adieu . Gracias sénor !

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