QUARANTE SEPTIEME JOUR : LE 15 DECEMBRE 2017

            Malgré la virée nocturne d'hier jusqu'à 23h30 , j'arrive à
me réveiller spontanément un peu avant 6h00 . Il ne faut quand même pas 
trop trainer car il y a du taffe  ce matin ,avant de prendre la route .
Déjà , je n'ai pas bouclé mon chapitre du blog  avec ce retour un peu
tardif . Je m'y colle, aussitôt habillé, tout en préparant le café et le
petit déjeuner . Puis Dominique descend de la chambre pour ranger le
camping car , et il y a du boulot, car nous nous sommes  un peu étalés
avec ces trois jours passés  à Bariloche  . Lorsqu'on entend Roger
démarrer , nous décidons d'avancer jusqu'à l'entrée du camping pour
faire le plein de notre réserve d'eau et pour s'occuper des toilettes .
Pendant ce temps , qui se prolonge anormalement tant le débit au robinet
est plus que faible , Dominique va jusqu'au bâtiment administratif pour
essayer de passer le blog . De mon côté je profite de cette attente
forcée pour terminer ma toilette et me raser . En errant dans le
campement je tombe sur Jean Marie qui n'est pas venu au resto hier soir
:" Ne regrétes pas , tu n'as vraiment rien perdu :  pour faire court
c'était une cuisine peu inventive , une présentation prétentieuse et des
ASinsipides ! Eh bien moi , je me suis régalé à griller mes côtelettes
d'agneau au feu de bois ! Tu vois Pierre, moi je suis un vrai paysan de
la Drôme , ces grandes assiettes avec trois traits de confiture ça me
gonfle ! Ah , c'est vrai , au fait ,bon anniversaire , Jean Marie !
Merci d'y avoir pensé!"

            Comme Dominique a essuyé une série d'échecs , nous décidons
d'aller faire le plein de gasoil dans la première station service
ouverte et de ré-essayer la transmission du blog . Là aussi nous perdons
un temps précieux avec trois essais infructueux ! Il est temps de partir
si nous ne voulons pas arriver trop tard au poste frontière et se
retrouver dans une queue interminable ! Nous commençons par contourner
le lac Nahuel Huapi en traversant Bariloche de part en part .
Malheureusement le ciel grisâtre nous empêche de jouir pleinement du
paysage : l'eau du lac parait bien sombre , les îles jouent même à
cache-cache derrière un léger rideau de brume et le jaune des genêts
omni-présent a perdu de son éclat ! Nous suivons la côte rocheuse du lac
Nahuel Huapi jusqu'au village éponyme ,pour retrouver la Ruta 40  que
nous prenons sur la gauche . Elle grimpe aussitôt à flanc de coteau ,
puis franchit la crête pour nous offrir quelques derniers panoramas sur
Bariloche, étalée de tout son long sur la rive d'en face . Nous nous
arrêtons pour nous occuper des eaux grises , laver le pare-brise et
aussi tirer le portrait d'un superbe  arc en  ciel qui vient
d'apparaitre sur notre gauche . Dès que nous plongeons sur l'autre
versant la route se met à contourner une enfilade de lacs bordés de
genêts mais qui paraissent bien  tristes sous la pluie qui commence à
tomber . Même les montagnes qui tombent a-pic dans l'eau , tout autour
de nous et leur sommet neigeux, ne parviennent pas à nous captiver avec
cette désolation météorologique , qui casse tout !

            Un panneau parvient  toutefois à nous sortir de notre
morosité : nous entrons en territoire "Mapuche" .Nous avions déjà
parcouru une partie de leur domaine , du côté de Témuco au Chili lors de
notre premier voyage il y a 35 ans . Janette nous a expliqué il y a
quelques jours ,qu'actuellement il y avait un soulèvement , des
descendants de cette tribu suite, à un problème écologique , mais aussi 
économique en Argentine . Il y a eu quand même un mort dans la bataille
! Le projet de construction d'un barrage hydro électrique a entrainer
l'expropriation de beaucoup d'entre eux . Mais la réalité de l'histoire
est que l'état Argentin a revendu ces terres à des compagnies
pétrolières, étrangères pour la plupart, afin d'exploiter des forages
très profond s, voir même du gaz de schiste .

            Après une centaine de bornes , nous tombons sur une
première station de sport d'hiver , La Estancia , qui arbore de
magnifiques chalets faits de troncs entiers , de murs de pierres et de
grandes baies vitrées . Une architecture vraiment superbe . Puis nous
traversons Villa Angostura  , dernière ville avant la frontière, où nous
achetons du pain et où nous refaisons le plein de gasoil pour essayer
une dernière fois d'envoyer le blog . Après deux nouveaux échecs , je
décide d'envoyer le chapitre quarante cinq sans photo et ça passe de
justesse ! Quelle galère encore aujourd'hui avec cette wifi ! Résultat
il est déjà 10h00 lorsque nous atteignons le poste frontière argentin
pour nous installer dans une queue impressionnante . Il faut presque une
demi heure avant de pouvoir stationner et commencer la tourner des
bureaux . Un coup de tampon ici , un papier là , le passeport à montrer
ici , la carte grise là-bas , c'est toujours le scénario !!

            Il est plus de 11h00 lorsque nous reprenons le camping car
pour faire les 40 bornes de no man's land qui nous sépare de la
frontière chilienne . Pour cela il faut continuer l'ascension du col
Cardenal Samoré qui atteint plus de 1300 mètres . Nous terminons dans la
neige qui forment de vastes coulées parmi les arbres de la forêt de
feuillus . Puis nous plongeons sur le versant chilien en faisant
attention d'éviter les nombreuses et profondes ornières  de la route et
en négociant gentiment les virages serrés et glissants sous la pluie
battante .Nous traversons ensuite une curieuse forêt dont il ne reste
que des alignements de troncs coupés à mi-hauteur et des buissons qui
ont repoussé après le cataclysme : nous apprendrons par la suite de la
bouche de Janette que ceci date de la dernière éruption volcanique de
2011 ,dont le nuage de cendres incandescentes a brulé les branchages,
laissant derrière lui cette armée de squelettes végétaux .Pour finir,
nous retrouvons Jean Marc et Monique, qui patientent devant la barrière
fermée du poste frontière . Il faut attendre que les douaniers en aient
fini avec la fournée précédente pour espérer entrer dans l'enclos avec
la vague suivante . Et encore une demi heure d'attente que nous meublons
en mangeant les oeufs que Dominique a dû faire cuire dur hier avec un
petit coup de blanc argentin .

            Dès que nous sommes autorisés à stationner sur le parking ,
il faut à nouveau errer d'un traimit (bureau) à l'autre jusqu'à ce que
nous ayons gagné le droit de passer à la fouille du camping car , et
quand je dis fouille ce n'est pas exagéré : notre douanier , tout juste
juvénile , se comporte comme un vrai chien d'avalanche . Pas un recoin ,
pas un placard , pas une porte , pas une étagère n'échappe à notre
Sherlock Holmes en herbe . Alors, lorsqu'il trouve enfin des pots de
confiture nichés dans les chaussures , placer là pour éviter de se
fracasser en s'entrechoquant sur la piste , il se dit qu'il tient un
gros gibier et  c'est alors qu'il redouble de zèle ! Une demi-heure de
stress dont on se serait passé !

            Nous roulons ensuite machinalement , le plus loin possible
,comme pour s'éloigner d'un danger jusqu'à ce que nous trouvons un petit
belvédère  qui donne sur  le lac ,équipé d'un joli kiosque en bois :
nous terminons notre déjeuner par un sandwich au fromage et un café que
nous buvons à l'abri du kiosque , face au lac qui semble bien triste
sous un ciel aussi menaçant . Nous reprenons la route jusqu' à Osorno où
nous ne parvenons pas à f aire les courses au super marché Jumbo indiqué
par Janette , faute de stationnement . Pour finir ,nous revenons sur nos
pas  , pour nous installer au campement .  Claire et Roger y sont déjà
depuis un moment car ils ont préféré faire leurs courses au patelin
d'avant .

            Comme prévu on retrouve Janette à 17h45 pour le briefing où
elle nous propose plusieurs options de parcours pour les deux jours à
venir ,qui pourront changer en fonction de la météo , le seul impératif
étant de se retrouver dans deux jours à proximité des Termas Géometricas
vers 15h30 pour nous y rendre en bus car l'accès est très difficile .
Puis nous fêtons les 72 ans de Jean Marie au troquet du camping où il
nous offre deux tournées de Pisco Sur , égaux à eux même ! Merci Jean
Marie et encore bonne anniversaire !

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