QUARANTE QUATRIEME JOUR : LE 12 DECEMBRE 2017'

            Comme en principe nous n'avons qu'une petite étape de 140
bornes au programme ,nous décidons de nous lever un peu plus tard . Et 
d'ailleurs après le café , je prends même le temps de tirer quelques
clichés de mes travaux mécaniques de la veille pour mettre çà dans le
blog . C'est alors que Dominique me propose d'aller faire le plein de
gaz avec Roger au dépôt indiqué par Janette . Comme il faut  faire  un
peu plus de 10 kilomètres pour y aller et absolument y être avant le
départ du camion de livraison , c'est à dire avant 7h45 , nous devons 
partir tout de suite d'autant que Roger est déjà sur le pied de guerre 
. Il m'offre une boite d'embouts et une clé à cliquets en remplacement
de celui qui est tombé dans le moteur ;il l'a acheté pour nous hier ,
lorsqu'il a fait ses courses à Esquel  . C'est vraiment délicat de sa
part  ; ça l'embêtait de nous savoir sur des routes aussi peu sûr ,
sans  ce genre d'outil universel . Merci Roger ! Résultat je n'ai même
pas le temps de me laver ni de me raser , j'ai juste quelques minutes
pour mettre la table  de camping dans la soute avant de partir.

               Parvenus à l'entrepôt , on voit bien des ouvriers
travailler sur  un quai de chargement au fond de la cour mais tout est
bouclé et grillagé à souhait . Pour finir en y regardant de plus prés ,
nous trouvons un petit portail mais une fois dans la cour nous nous
faisons sortir en beauté car nous n'avons pas de casque de protection 
sur la tête ! Mais heureusement, un des employés plus sympa , décide de
nous accompagner dehors pour voir nos bouteilles et nous explique qu'il
faut attendre l'arrivée du "réfé"(chef) car nous ne pouvons pas pénétrer
dans l'enclos avec les camping cars pour des raisons de sécurité . Sur
les entre-faits Christian arrive pour remplir une bouteille normale
alors que nous c'est notre réserve fixe Gazlow qui est vide . Un bon car
d'heure plus tard un jeune cadre dynamique arrive d'un air rageur en
fonçant à travers tout avec sa voiture , soulevant un nuage de poussière
indescriptible . Nous nous regardons entre nous d'un air septique:  "il
n'a pas l'air commode , le réfé ! Cà ne s'annonce pas terrible , notre
affaire !"A peine est-il disparu dans un  bureau qu'un camion citerne 
sort de la cour et vient au devant de nous : en deux minutes le
chauffeur nous injecte 10,4 kg de précieux GPL pour 262 pésos . Pour
Christian , ça se révèle un peu plus long du fait qu'il embarque la
bombonne jusque dans l'atelier .

            Une fois le plein réalisé pour tout le monde , Roger et
Christian filent directement sur Bariloche alors que nous, nous
préférons revenir sur El Bolson pour s'occuper du plein de gasoil cette
fois, et de la transmission du blog .Après l'échec de l'envoie du blog à
la seconde pompe , la première étant démunie de wifi , nous allons au
supermarché La Anonima car nous n'avons plus ni viande ni légume . Puis
nous nous arrêtons à la sortie de la ville pour acheter des truites du
Rio Négro , mais lorsque nous constatons qu'il s'agit d'un élevage, nous
mettons les bouts sans rien acheter . Nous nous contentons de  quelques
photos du torrent qui écume parmi d'énormes bouquets de lupins et du
pont suspendu qui mène à la cabane des vendeurs de "truchas" .

            La  Ruta 40 suit un bon moment la vallée du Rio Négro avant
de pivoter à 90 degrés sur la gauche, pour se mettre à grimper la
montagne . Ici c'est le domaine des lupins qui descendent les coteaux en
formant des coulés de mauve et de violet parmi les genets d'un jaune
éclatant en ce début d'été patagon . Au fond, les sommets rivalisent en
arborant de superbes manteaux neigeux : c'est à celui qui épatera le
plus son voisin . Une fois parvenus à 1000 mètres d' altitude,  nous
franchissons le portail du Parc National Nahuel  Huapi , pour suivre les
côtes rocheuses et boisées d'une successions de lacs offrant leur miroir
naturel aux montagnes voisines . J'ai les genoux en bouillis à force de
monter et de descendre du camping car à chaque arrêts photos , et Dieu
sait s'ils sont nombreux ( nous mettrons six heures pour faire 180 km) .
La profusion de genets devient si démentielle que nous avons
l'impression que la route est prise en étau entre les massifs de fleurs
jaunes . Dominique me demande d'arrêter pour cueillir un bouquet de
lupins depuis qu'elle a vu celui de Claire et de Monique hier . Jusque
là nous n'avions pas osé froissé les écolos du coin , mais vu la
profusion notre conscience est tranquille  aujourd'hui!

            Vers midi nous arrivons à proximité de Bariloche et pour
éviter le centre nous essayons de prendre la ruta 82 à gauche qui coupe
dans l'angle : au premier essai nous tombons sur une piste , au second
nous nous retrouvons  nez à nez avec  un immense golf 18 trous .
Résultat ,nous décidons de continuer tout droit vers le centre en
traversant une zone sinistre de bidonvilles . Mais comme la circulation
devient de plus en plus dense , nous prenons de nouveau à gauche dans
l'Avénida Guitirez  . Nous commençons à bien voir le lac Nahuel Huapi à
droite mais il est là-bas tout en bas à 100 mètres en dessous de nous .
Malheureusement en voulant le rejoindre , nous empruntons une petite rue
qui descend en biais  avec une pente vertigineuse ,ce qui fait qu'à un
croisement , nous nous retrouvons en devers avec une angulation qui
commence à être critique , même très critique, au point
qu'instinctivement je me verticalise sur mes pédales pour me mettre à la
contre-gîte .Nous avons franchement l'impression que notre brave camping
car va se coucher sur le flan, le pauvre !  "Heureusement que Roger ne
nous suit pas , Dominique ,il frotterait à coup sûr avec son
porte-à-faut très bas !" Une fois revenus sur le plancher des vaches ,
nous nous mettons à suivre la côte de l'immense lac Nahuel jusqu'à ce
que nous trouvons un parking panoramique où nous décidons de déjeuner .
A peine sommes-nous au milieu du repas que Claire et Roger viennent se
stationner devant nous . Nous sommes étonnés qu'ils arrivent seulement
alors qu'ils sont partis beaucoup plus tôt que nous . En fait, ils ont
perdu un temps fou dans le centre ville pour essayer de changer des
dollars en pésos et le pire c'est qu'ils sont passés par la même petite
rue pentue que nous et bien sûr l'arrière de leur véhicule a frotté !!
Après le repas nous prenons le café ensemble avant de nous lancer dans
la visite du "Circuito Chico" ; comme son nom l'indique il s'agit d'un
petit circuit d'une cinquantaine de bornes qui serpentent entre les
montagnes neigeuses des environs en suivant la côte de tout un réseau de
lacs qui communiquent entre eux , tout ça parmi une explosion de genêts
. A l'approche de petites plages , nichées aux fond de jolies criques
rocheuses , les eaux se font cristallines , couleur aigue-marine : c'est
à couper le souffle . La route passe également dans des forêts de
conifères pour mieux  en surgir brutalement et offrir un nouveau
panorama sur une autre enfilade de lacs et d'îlots .

            C'est affreux à dire , mais à 16h00 nous sommes contents 
de rentrer au camping Pétunia , tant nous en avons plein la tête des
montagnes neigeuses , des fleurs , des lacs , une véritable indigestion
! La manoeuvre d'installation au campement ne se révèle pas facile car
il faut mettre le camping car à plat ,entre les arbres très nombreux, et
avec vue lac de surcroît ! Dominique apprend par Janette que nos papiers
sont bien arrivés en Allemagne , c'est super ! Aussi ce soir nous
versons l'apero aux six équipages français, à Janette  et à quelques 
binomes suisses comme Susy et Urs qui décline l'invitation , étant déjà
pris ailleurs . Ensuite Roger sort le barbecue et de ce fait nous
dressons une table collective , type grande famille , face au lac pour
manger tous  ensemble .

Commentaires

  1. Super! Contente que les papiers soient en bonne voie d acheminement. C est qd mm mieux qu ils arrivent jusqu a vous par des mains de confiance. Maintenant vous allez pouvoir vous détendre pleinement!

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  2. Apparemment les doudounes sont rangées !!! il y a une semaine, vous étiez dans les glaciers et maintenant dans les champs de fleurs et en tee-shirt ... quel contraste !
    les paysages changent mais toujours aussi magnifiques .
    Bonne route

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