QUARANTE HUITIEME JOUR : LE 16 DECEMBRE 2017
Une pluie battante a fait des roulements de tambour sur le
toit de la chambre une bonne partie de la nuit . Je crains le pire pour
le démarrage du matin ,car nous stationnons dans une pelouse à peine
stabilisée, où déjà hier soir nos roues s'enfonçaient jusqu'au milieu du
pneu sous le simple poids du camping car . A six heures je descends
pour faire le café et mais surtout pour évaluer la situation . Comme ce
n'est pas fameux , nous décidons de nous préparer vite fait . Ca tombe
bien car la veille j'ai acheté des croissants et nous pouvons prendre
rapidement le petit déjeuner au lit . Jean marc , conscient qu'avec son
Fiat traction avant , il va faire aussitôt des tranchées en patinant ,
installe d'entrée ses plaques de désensablement . J'enfile immédiatement
mon ciré pour aller lui prêter main forte car il faut renouveler la mise
en place des plaques tous les deux mètres . Une fois arrivé à proximité
du parking en graviers , il faut même lui filer une petite poussette
par l'arrière, à cause de la pente pourtant très faible . De notre côté
,avec notre propulsion arrière , nos double roues et les 200 chevaux du
V6 Mercédes , ca file comme à la parade , à tel point que je ne sens
pas les cales et que je passe par dessus ; j'ai complétement oublié que
je les ai mise côté gauche du fait que nous étions en travers de la
pente . Roger ,vite en rideau dans la boue , avait anticipé en
s'installant prés du parking . Jean Marie avec son Ivéco doté d'une
propulsion arrière et de double roues nous rejoint sans problème sur la
terre ferme .Comme il faut maintenant laisser la place aux suisses sur
le parking , nous nous faisons ouvrir le portail du camping pour nous
stationner en file indienne dans la rue .Pendant que chez les Gruffats
et chez les Bories on finit de se préparer , nous décidons de partir
tranquillement direction Puerto Montt , c'est à dire vers le sud.
Nous commençons par retourner sur Orsono pour récupérer
l'autoroute 5 . Avec leur disposition d'accès à la chilienne , en
entrant sur l'autopista , je me retrouve immédiatement au péage de
sortie .La caissière , aussi surprise que moi, m'invite gentiment à
faire marche arrière sur la bretelle! Et comme quelqu'un arrive derrière
moi , elle va jusqu'à demander à la voiture de reculer pour m'aider
dans ma périlleuse manoeuvre !! J'en ai les cheveux qui dressent sur la
tête , heureusement que nous sommes samedi et qu'il est de bonne heure .
La pluie reprend de plus belle ,m' obligeant à mettre les essuies glaces
à grande vitesse tant les gouttes sont épaisses . Si avec une telle
douche le camping car est encore poussiéreux , je n'y comprend plus rien
. Après quarante bornes , nous devinons sur notre gauche le Lago
Llanquihue , le troisième lac chilien pour sa superficie . Janette ,
avant que la météo ne se dégrade, nous avait conseillé d'aller visiter
la région qui a des allures allemandes du fait de son passé . En effet
un sénateur de la région du milieu du 19 ème siècle qui possédait une
propriété du côté de Hambourg a encouragé beaucoup de cultivateurs
germaniques à venir s'installer dans la région , très peu peuplée à
l'époque .Il leur a fallu beaucoup de courage pour défricher et
fertiliser le sol encore vierge . Ils ont construit des écoles , des
églises et des villages en respectant l'architecture de leur pays
d'origine . Il parait qu'il y a également un petit musée qui retrace
leur histoire à Frutillar Bajo , mais comme le temps est complétement
bouché, nous décidons de shunter le lac Llanquihué et de filer
directement sur Puerto Montt .
Nous ne sommes pas génés de reconnaitre l'approche de la
mégalopole car nous nous mettons à traverser une série de zones
industrielles et commerciales plus ou moins désaffectées . Puis nous
nous mettons à remonter de larges avenues bordées de maisons en planches
peintes de couleurs vives qui ressemblent un peu aux isbas de Sibérie
,mis à part qu'ici elles ont des formes plus variées et possèdent
souvent un étage qui déborde largement du rez de chaussée . Nous
profitons des arrêts aux nombreux feux tricolores pour leur tirer le
portrait . Une chose commune aussi avec la Russie, ce sont les énormes
faisceaux de fils électriques qui parcourent les rues , formant d'
énormes sacs de noeuds au niveau des carrefours . Après quelques
demi-tours nous finissons par tomber, non pas sur le Super Jumbo promis
par Janette ,mais sur un grand magasin Unimark qui fait aussi bien
l'affaire et qui a le mérite d'avoir un parking gardé par un vigile .
Vers 10h30 , une fois le frigo rempli de vivres , nous
descendons vers le port à la recherche du marché aux poissons que nous
devons visiter . Après avoir longé le front de mer sur 4 à 5 kilomètres
, en contournant toute une série de bassins où sont amarrés des cargos ,
nous arrivons dans un quartier très animé qui grouille d'autochtones
venus faire leur marché . Beaucoup de gens descendent les rues en pente
bordées de maisons en planches peintes de couleurs vives qui nous
rappellent aussitôt un autre port chilien , Valparaiso , où nous étions
passés il y a 35 ans , les funiculaires en moins . Le plus difficile
maintenant , est de trouver un stationnement . Comme c'est plein partout
,en voulant quitter le bord de mer nous tombons sur une grande cour
privée vide . Apparemment c'est le parking d'un restaurant dont le chef
nous donne la permission de rester là jusqu'à midi .
En arpentant les allées du marché aux poissons, nous
retrouvons les différents équipages français et suisses .Il y a aussi
pas mal d'étales de fruits et légumes , de charcuterie et de fromages.
Les stands de pêcheurs proposent des quantités industrielles de saumons
frais ou fumés ,des moules plus grandes que la main , de petits belons ,
des clams , des centollas (araignée de mer), des oursins , de grosses
télines , beaucoup de congres et un gros mollusque doté d'une énorme
carapace qu'ils cassent à grands coups de marteau après être passé sur
un brasero pendant quelques minutes (cf photo :qui en trouvera le nom
cette fois?) . Pour finir , vue le poids des portions proposées , nous
nous arrangeons avec Michèle et Jean Marie pour partager un kilo de
pinces de crabe déjà débarrassées de leur carapaces et un demi saumon
frais . Puis nous allons manger dans une gargote installée au premier
étage , au dessus du marché . Nous y goûtons un plat typique de la
région , le Curanto , sorte de ragoût avec de grosses moules , des clams
, des pommes de terre , de la saucisse , du petit salé , du poisson :
celui que nous mangeons n'est vraiment pas très bon mais vu
l'établissement où nous le goûtons , ce n'est pas forcément une
référence en soi .Ce qui est sûr c'est que ce plat est la rencontre de
la cuisine germanique et de la cuisine espagnole . En sortant du
troquet, en arpentant le quai du port de pêche ,nous rencontrons des
phoques et des Lions de Mer venus mendier les débris de poissons jetés
par les poissonniers ! Bande de fainéants , vas ! De l'autre côté de la
ruelle , un autre groupe de mendiants , des chiens de toutes races, font
la sieste en attendant les restes des troquets .
Comme la météo ne s'est pas améliorée , nous décidons de
laisser tomber la visite du volcan Osorno qui doit être dans les brumes
et de rentrer au camping où nous étions hier soir afin de nous avancer
sur la route des thermes prévue pour demain . Arrivés à Osorno , nous
allons faire le plein de gasoil chez Shell où nous bénéficions d'une
wifi dotée d'un débit exceptionnel (20 fois plus que d'habitude !!) ce
qui nous permet de passer le dernier chapitre et les photos des deux
précédents en sirotant un cappuccino . Puis nous rentrons au campement
où nous retrouvons Michèle et Jean Marie pour partager nos achats
communs de poissons et fruits de mer . Monique et Jean Marc nous
rejoignent un peu plus tard car ils ont eu un remord en passant sur
l'autoroute et sont sortis pour faire le tour du lac mais très vite le
temps gris et la pluie les ont rattrapés .
Comme Jean Marc sort la plancha pour faire cuire les pinces
de crabe , nous organisons un petit apéro dehors ,devant notre camping
car, où nous invitons un équipage suisse François et son épouse Javloska
: il m'avait aidé mécaniquement parlant en me donnant des colsons de
toutes les tailles pour ma réparation de filtre à air il y a quelques
jours et jusque là l'occasion de le remercier ne s'était pas présenté .
Il nous explique qu'il nous envie car notre groupe est très uni alors
que chez les suisses il n'y a pas de cohésion , même lorsqu'il y a des
problèmes ,comme ce matin avec les camping cars qui patinaient dans la
boue . C'est très agréable de pouvoir échanger nos impressions de voyage
d'autant que François parle parfaitement le français . Aussi nous lui
promettons de l'inviter à se joindre à nous lorsque la météo nous
permettra un repas de groupe en terrasse . Pendant que nous discutons
des couples d'Ibis n'arrêtent de jacasser et de batifoler au dessus de
nos têtes , parmi les branches de sapins voisins . Avec leurs
intonations de canards ils arrivent à couvrir le son de nos voix !!
Après le diner, au cours duquel nous nous régalons avec les pinces de
crabes à l'ail et au persil , nous nous retrouvons chez Monique et Jean
Marc pour un double mille de belote qui nous mène jusqu'à 23h00 .
toit de la chambre une bonne partie de la nuit . Je crains le pire pour
le démarrage du matin ,car nous stationnons dans une pelouse à peine
stabilisée, où déjà hier soir nos roues s'enfonçaient jusqu'au milieu du
pneu sous le simple poids du camping car . A six heures je descends
pour faire le café et mais surtout pour évaluer la situation . Comme ce
n'est pas fameux , nous décidons de nous préparer vite fait . Ca tombe
bien car la veille j'ai acheté des croissants et nous pouvons prendre
rapidement le petit déjeuner au lit . Jean marc , conscient qu'avec son
Fiat traction avant , il va faire aussitôt des tranchées en patinant ,
installe d'entrée ses plaques de désensablement . J'enfile immédiatement
mon ciré pour aller lui prêter main forte car il faut renouveler la mise
en place des plaques tous les deux mètres . Une fois arrivé à proximité
du parking en graviers , il faut même lui filer une petite poussette
par l'arrière, à cause de la pente pourtant très faible . De notre côté
,avec notre propulsion arrière , nos double roues et les 200 chevaux du
V6 Mercédes , ca file comme à la parade , à tel point que je ne sens
pas les cales et que je passe par dessus ; j'ai complétement oublié que
je les ai mise côté gauche du fait que nous étions en travers de la
pente . Roger ,vite en rideau dans la boue , avait anticipé en
s'installant prés du parking . Jean Marie avec son Ivéco doté d'une
propulsion arrière et de double roues nous rejoint sans problème sur la
terre ferme .Comme il faut maintenant laisser la place aux suisses sur
le parking , nous nous faisons ouvrir le portail du camping pour nous
stationner en file indienne dans la rue .Pendant que chez les Gruffats
et chez les Bories on finit de se préparer , nous décidons de partir
tranquillement direction Puerto Montt , c'est à dire vers le sud.
Nous commençons par retourner sur Orsono pour récupérer
l'autoroute 5 . Avec leur disposition d'accès à la chilienne , en
entrant sur l'autopista , je me retrouve immédiatement au péage de
sortie .La caissière , aussi surprise que moi, m'invite gentiment à
faire marche arrière sur la bretelle! Et comme quelqu'un arrive derrière
moi , elle va jusqu'à demander à la voiture de reculer pour m'aider
dans ma périlleuse manoeuvre !! J'en ai les cheveux qui dressent sur la
tête , heureusement que nous sommes samedi et qu'il est de bonne heure .
La pluie reprend de plus belle ,m' obligeant à mettre les essuies glaces
à grande vitesse tant les gouttes sont épaisses . Si avec une telle
douche le camping car est encore poussiéreux , je n'y comprend plus rien
. Après quarante bornes , nous devinons sur notre gauche le Lago
Llanquihue , le troisième lac chilien pour sa superficie . Janette ,
avant que la météo ne se dégrade, nous avait conseillé d'aller visiter
la région qui a des allures allemandes du fait de son passé . En effet
un sénateur de la région du milieu du 19 ème siècle qui possédait une
propriété du côté de Hambourg a encouragé beaucoup de cultivateurs
germaniques à venir s'installer dans la région , très peu peuplée à
l'époque .Il leur a fallu beaucoup de courage pour défricher et
fertiliser le sol encore vierge . Ils ont construit des écoles , des
églises et des villages en respectant l'architecture de leur pays
d'origine . Il parait qu'il y a également un petit musée qui retrace
leur histoire à Frutillar Bajo , mais comme le temps est complétement
bouché, nous décidons de shunter le lac Llanquihué et de filer
directement sur Puerto Montt .
Nous ne sommes pas génés de reconnaitre l'approche de la
mégalopole car nous nous mettons à traverser une série de zones
industrielles et commerciales plus ou moins désaffectées . Puis nous
nous mettons à remonter de larges avenues bordées de maisons en planches
peintes de couleurs vives qui ressemblent un peu aux isbas de Sibérie
,mis à part qu'ici elles ont des formes plus variées et possèdent
souvent un étage qui déborde largement du rez de chaussée . Nous
profitons des arrêts aux nombreux feux tricolores pour leur tirer le
portrait . Une chose commune aussi avec la Russie, ce sont les énormes
faisceaux de fils électriques qui parcourent les rues , formant d'
énormes sacs de noeuds au niveau des carrefours . Après quelques
demi-tours nous finissons par tomber, non pas sur le Super Jumbo promis
par Janette ,mais sur un grand magasin Unimark qui fait aussi bien
l'affaire et qui a le mérite d'avoir un parking gardé par un vigile .
Vers 10h30 , une fois le frigo rempli de vivres , nous
descendons vers le port à la recherche du marché aux poissons que nous
devons visiter . Après avoir longé le front de mer sur 4 à 5 kilomètres
, en contournant toute une série de bassins où sont amarrés des cargos ,
nous arrivons dans un quartier très animé qui grouille d'autochtones
venus faire leur marché . Beaucoup de gens descendent les rues en pente
bordées de maisons en planches peintes de couleurs vives qui nous
rappellent aussitôt un autre port chilien , Valparaiso , où nous étions
passés il y a 35 ans , les funiculaires en moins . Le plus difficile
maintenant , est de trouver un stationnement . Comme c'est plein partout
,en voulant quitter le bord de mer nous tombons sur une grande cour
privée vide . Apparemment c'est le parking d'un restaurant dont le chef
nous donne la permission de rester là jusqu'à midi .
En arpentant les allées du marché aux poissons, nous
retrouvons les différents équipages français et suisses .Il y a aussi
pas mal d'étales de fruits et légumes , de charcuterie et de fromages.
Les stands de pêcheurs proposent des quantités industrielles de saumons
frais ou fumés ,des moules plus grandes que la main , de petits belons ,
des clams , des centollas (araignée de mer), des oursins , de grosses
télines , beaucoup de congres et un gros mollusque doté d'une énorme
carapace qu'ils cassent à grands coups de marteau après être passé sur
un brasero pendant quelques minutes (cf photo :qui en trouvera le nom
cette fois?) . Pour finir , vue le poids des portions proposées , nous
nous arrangeons avec Michèle et Jean Marie pour partager un kilo de
pinces de crabe déjà débarrassées de leur carapaces et un demi saumon
frais . Puis nous allons manger dans une gargote installée au premier
étage , au dessus du marché . Nous y goûtons un plat typique de la
région , le Curanto , sorte de ragoût avec de grosses moules , des clams
, des pommes de terre , de la saucisse , du petit salé , du poisson :
celui que nous mangeons n'est vraiment pas très bon mais vu
l'établissement où nous le goûtons , ce n'est pas forcément une
référence en soi .Ce qui est sûr c'est que ce plat est la rencontre de
la cuisine germanique et de la cuisine espagnole . En sortant du
troquet, en arpentant le quai du port de pêche ,nous rencontrons des
phoques et des Lions de Mer venus mendier les débris de poissons jetés
par les poissonniers ! Bande de fainéants , vas ! De l'autre côté de la
ruelle , un autre groupe de mendiants , des chiens de toutes races, font
la sieste en attendant les restes des troquets .
Comme la météo ne s'est pas améliorée , nous décidons de
laisser tomber la visite du volcan Osorno qui doit être dans les brumes
et de rentrer au camping où nous étions hier soir afin de nous avancer
sur la route des thermes prévue pour demain . Arrivés à Osorno , nous
allons faire le plein de gasoil chez Shell où nous bénéficions d'une
wifi dotée d'un débit exceptionnel (20 fois plus que d'habitude !!) ce
qui nous permet de passer le dernier chapitre et les photos des deux
précédents en sirotant un cappuccino . Puis nous rentrons au campement
où nous retrouvons Michèle et Jean Marie pour partager nos achats
communs de poissons et fruits de mer . Monique et Jean Marc nous
rejoignent un peu plus tard car ils ont eu un remord en passant sur
l'autoroute et sont sortis pour faire le tour du lac mais très vite le
temps gris et la pluie les ont rattrapés .
Comme Jean Marc sort la plancha pour faire cuire les pinces
de crabe , nous organisons un petit apéro dehors ,devant notre camping
car, où nous invitons un équipage suisse François et son épouse Javloska
: il m'avait aidé mécaniquement parlant en me donnant des colsons de
toutes les tailles pour ma réparation de filtre à air il y a quelques
jours et jusque là l'occasion de le remercier ne s'était pas présenté .
Il nous explique qu'il nous envie car notre groupe est très uni alors
que chez les suisses il n'y a pas de cohésion , même lorsqu'il y a des
problèmes ,comme ce matin avec les camping cars qui patinaient dans la
boue . C'est très agréable de pouvoir échanger nos impressions de voyage
d'autant que François parle parfaitement le français . Aussi nous lui
promettons de l'inviter à se joindre à nous lorsque la météo nous
permettra un repas de groupe en terrasse . Pendant que nous discutons
des couples d'Ibis n'arrêtent de jacasser et de batifoler au dessus de
nos têtes , parmi les branches de sapins voisins . Avec leurs
intonations de canards ils arrivent à couvrir le son de nos voix !!
Après le diner, au cours duquel nous nous régalons avec les pinces de
crabes à l'ail et au persil , nous nous retrouvons chez Monique et Jean
Marc pour un double mille de belote qui nous mène jusqu'à 23h00 .
Alors tu as gagné j espère! !!!
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