QUARANTE DEUXIEME JOUR : LE 10 DECEMBRE 2017
Contrariés par l'issue négative de la séance de mécanique
d'hier après midi , nous passons une nuit en pointillés , en
multipliant les réveils successifs . Il n'y a rien de dramatique dans
l'affaire hormis le fait que je ne peux plus me servir de mon super
coffret Facom , faute de douille principale ; pour la première fois de
ma vie que je me laisse aller à acheter des outils de luxe , je suis
récompensé !Aussi, dès que nous avons pris le petit déjeuner , j'essaie
de faire des vas et viens avec le camping car en freinant brutalement ,
histoire de faire tomber ou rouler l'embout en dehors de sa cachette !
Malheureusement mes efforts restent vains ! Je prends quand même le
temps de tirer quelques clichés des montagnes rosissantes dans la
lumière du matin , là-bas tout au fond , derrière le bleu sombre du lac
encore zébrer par l'écume de grosses déferlantes . Après avoir salué au
passage Jean Marc qui erre déjà de long en large sur large sur la plage
, puis Claire et Roger déjà sur le départ , nous décidons d'en faire
autant, bien qu'il ne soit pas encore 7h00 pour nous arrêter à Périto
Moréno afin de compléter notre plein de gasoil , l'étape d'aujourd'hui
étant longue de 420 bornes . En même temps , nous comptons profiter de
la wifi de la station dont nous connaissons déjà le mot de passe pour
envoyer les deux derniers chapitres du blog .
Dès la sortie du campement, la route grimpe à flanc de
coteau , offrant une vue superbe sur le lac Buenos Aires à laquelle le
plus indifférent des photographes ne pourrait résister longtemps .Ce
matin le bleu de l'eau prend des nuances sombres qui mettent d'avantage
en valeursles bruns et les ocres de la côte rocheuse , en face de nous .
Encore 25 kilomètres et nous retrouvons notre pompe YPF préférée, qui
semble bien déserte , mais il ne faut pas oublier que nous sommes
domingo( dimanche) et qu'il est encore très tôt . Tous les autochtones
doivent faire la grasse mat ! Par chance le blog passe comme une lettre
à la poste , mais il n'en va pas de même avec le chargement de la mise à
jour de l'anti-virus qui finit par échouer au bout de vingt cinq minutes !!
Nous quittons Périto Moréno par la Ruta 43 pour aller
chercher la mythique Ruta 40 un peu plus à l'Est et continuer notre
progression plein Nord . Et bien sûr nous ne tardons pas à retrouver la
pampa , encore plus monotone que d'habitude, car d'ici , nous ne voyons
qu'exceptionnellement une petite crête de la Cordillère des Andes . De
plus, le relief est assez plat jusqu'à ce que l'on traverse le Rio Mayo
au niveau du village éponyme . Comme j'ai peu de chose à vous décrire,
j'en profite donc , en grand bavard que je suis , pour vous parler d'un
autre fléau que le vent de Patagonie ; un fléau que nous subissons en
courbant l'échine depuis des semaines , qui est un corollaire du premier
, c'est la Poussière ! Elle est partout... , elle rentre partout , dans
notre nez dont elle sèche les muqueuses au point de les faire saigner ,
dans nos yeux dont elle irrite les conjonctives , dans la bouche où elle
croque sous la dent , dans les cheveux au point de les rendre poisseux
comme une touffe de calafate ; elle sèche aussi la peau des mains
,qu'il faut sans cesse réhydrater à grands coups de crème . Au niveau du
camping car , c'est pire ...! La grande plage de notre tableau de bord ,
de prés d'un mètre de large , est passée du noir mat au gris souris !
Par terre , nos pieds n'adhèrent plus , ils glissent, comme si nous
avions des patins ! Les meubles sont poisseux , les portes de placards,
pareilles...! Dans la soute , dans les tiroirs extérieurs, c'est en
centimètres qu'il faut compter , c'est affreux , et très , très
désagréable au toucher . Au repas mieux vaut ne pas déplacer son
assiette ou son verre , ça crisse au point de donner la chair de poule !
Quant à la carrosserie elle est toute grise , elle a pris dix ans d'un
coup , notre brave camping car!
En donnant le manche à Dominique , je constate que l'un des
voyants moteur reste allumé : j'espère que c'est lié au fait qu'hier
j'ai dû débrancher un circuit électrique pour démonter le filtre à air
.Un rapide coup d'oeil à la liste des diagnostics électroniques, me
conforte dans ce sens ,mais il faudra quand même brancher la valise
diagnostic ce soir à l'étape , pour en savoir plus et annuler cette
anomalie . En route ,nous arrêtons à l'entrée d'un petit musée consacré
à l'habitat ,dont nous faisons l'impasse étant donné le prix d'entrée et
le peu d'intérêt que ça nous inspire . Nous y retrouvons Claire et
Roger qui ont trouvé sur le GPS un petit lac situé à une quarantaine de
bornes de l'arrivée où ils pensent que l'on pourrait se retrouver pour
manger ce midi . Dès que Dominique hérite du volant , la route se met à
être dans un état déplorable :" quand ce n'est pas le vent c'est les
ornières , ma parole tu le fais exprès , Pierre !"
Aussi au bout de 150 bornes , je profite d'avoir fini la
frappe du blog pour prendre le volant . Nous ne tardons pas à arriver à
l'embranchement de la piste qui mène au petit lac repéré par Roger .
Comme il y a un groupe de cantonniers qui fait la pause juste au
carrefour, j'en profite pour leur demander s'ils ont vu passer un
camping car sur la piste . Ils en ont bien vu un, mais sur le macadam
de la Ruta 40 ! Comme nous ne sommes pas très emballés par le site qui
est affreux et par l'idée de se taper 40 bornes de caillasses pour aller
manger , nous décidons de finir l'étape avant de déjeuner . Une demi
heure plus tard , nous nous installons au camping ,à l'ombre, dans de
la belle herbe verte , au bord d'une rivière . Apparemment nous sommes
les premiers arrivés , mais le temps de passer à table quelques
équipages suisses ne tardent à s'installer suivis de peu par Monique
et Jean Marc qui s'embourbent en voulant nous rejoindre prés de la
rivière . Nous décidons de finir de manger , de boire le café chez nous
, puis de s'occuper du camping car Bories qui finit par s'extirper de ce
mauvais par une petite manoeuvre et une poussette . Je profite d'être
ressorti du trou en vu de remorquer Jean Marc , pour aller faire le
plein d'eau . Malheureusement , le débit du robinet où nous sommes
branchés est très faible , il faut se résoudre à compléter le
remplissage avec des bidons ; résultat l'opération prend une demi-heure
. Puis pendant que Dominique et Monique attaquent de vastes lessives
avec leur machine respective , nous essayons avec Jean Marc de supprimer
le voyant lumineux du tableau de bord . Par chance , ça marche du
premier coup ! Dommage que pour la recherche de l'embout et de la
douille , ça ne se soit pas passé aussi bien !
Après un briefing fort intéressant concernant l'étape de
demain, avec une option par une piste qui longe les lacs en s'approchant
de la Cordillère des Andes, pour arriver à El Bolson , nous terminons la
soirée avec un apéro en terrasse en compagnie des six équipages français
et Janette qui nous rejoint après s'être penchée sur ses obligations
matérielles .Une journée un peu creuse ,à travers la pampa ,mais qui en
laisse présager une bien mouvementée pour demain , en tout cas on espère !
PS Comme aujourd'hui avec cette étape de transition à travers la pampa
,il n'y a pas beaucoup de photos intéressantes , nous en profitons pour
envoyer à Antoine , Alexandre et Charlotte , nos trois petits enfants ,
un récapitulatif des photos des animaux que nous avons rencontrés en
Argentine .Gros bisous à tous les trois !
d'hier après midi , nous passons une nuit en pointillés , en
multipliant les réveils successifs . Il n'y a rien de dramatique dans
l'affaire hormis le fait que je ne peux plus me servir de mon super
coffret Facom , faute de douille principale ; pour la première fois de
ma vie que je me laisse aller à acheter des outils de luxe , je suis
récompensé !Aussi, dès que nous avons pris le petit déjeuner , j'essaie
de faire des vas et viens avec le camping car en freinant brutalement ,
histoire de faire tomber ou rouler l'embout en dehors de sa cachette !
Malheureusement mes efforts restent vains ! Je prends quand même le
temps de tirer quelques clichés des montagnes rosissantes dans la
lumière du matin , là-bas tout au fond , derrière le bleu sombre du lac
encore zébrer par l'écume de grosses déferlantes . Après avoir salué au
passage Jean Marc qui erre déjà de long en large sur large sur la plage
, puis Claire et Roger déjà sur le départ , nous décidons d'en faire
autant, bien qu'il ne soit pas encore 7h00 pour nous arrêter à Périto
Moréno afin de compléter notre plein de gasoil , l'étape d'aujourd'hui
étant longue de 420 bornes . En même temps , nous comptons profiter de
la wifi de la station dont nous connaissons déjà le mot de passe pour
envoyer les deux derniers chapitres du blog .
Dès la sortie du campement, la route grimpe à flanc de
coteau , offrant une vue superbe sur le lac Buenos Aires à laquelle le
plus indifférent des photographes ne pourrait résister longtemps .Ce
matin le bleu de l'eau prend des nuances sombres qui mettent d'avantage
en valeursles bruns et les ocres de la côte rocheuse , en face de nous .
Encore 25 kilomètres et nous retrouvons notre pompe YPF préférée, qui
semble bien déserte , mais il ne faut pas oublier que nous sommes
domingo( dimanche) et qu'il est encore très tôt . Tous les autochtones
doivent faire la grasse mat ! Par chance le blog passe comme une lettre
à la poste , mais il n'en va pas de même avec le chargement de la mise à
jour de l'anti-virus qui finit par échouer au bout de vingt cinq minutes !!
Nous quittons Périto Moréno par la Ruta 43 pour aller
chercher la mythique Ruta 40 un peu plus à l'Est et continuer notre
progression plein Nord . Et bien sûr nous ne tardons pas à retrouver la
pampa , encore plus monotone que d'habitude, car d'ici , nous ne voyons
qu'exceptionnellement une petite crête de la Cordillère des Andes . De
plus, le relief est assez plat jusqu'à ce que l'on traverse le Rio Mayo
au niveau du village éponyme . Comme j'ai peu de chose à vous décrire,
j'en profite donc , en grand bavard que je suis , pour vous parler d'un
autre fléau que le vent de Patagonie ; un fléau que nous subissons en
courbant l'échine depuis des semaines , qui est un corollaire du premier
, c'est la Poussière ! Elle est partout... , elle rentre partout , dans
notre nez dont elle sèche les muqueuses au point de les faire saigner ,
dans nos yeux dont elle irrite les conjonctives , dans la bouche où elle
croque sous la dent , dans les cheveux au point de les rendre poisseux
comme une touffe de calafate ; elle sèche aussi la peau des mains
,qu'il faut sans cesse réhydrater à grands coups de crème . Au niveau du
camping car , c'est pire ...! La grande plage de notre tableau de bord ,
de prés d'un mètre de large , est passée du noir mat au gris souris !
Par terre , nos pieds n'adhèrent plus , ils glissent, comme si nous
avions des patins ! Les meubles sont poisseux , les portes de placards,
pareilles...! Dans la soute , dans les tiroirs extérieurs, c'est en
centimètres qu'il faut compter , c'est affreux , et très , très
désagréable au toucher . Au repas mieux vaut ne pas déplacer son
assiette ou son verre , ça crisse au point de donner la chair de poule !
Quant à la carrosserie elle est toute grise , elle a pris dix ans d'un
coup , notre brave camping car!
En donnant le manche à Dominique , je constate que l'un des
voyants moteur reste allumé : j'espère que c'est lié au fait qu'hier
j'ai dû débrancher un circuit électrique pour démonter le filtre à air
.Un rapide coup d'oeil à la liste des diagnostics électroniques, me
conforte dans ce sens ,mais il faudra quand même brancher la valise
diagnostic ce soir à l'étape , pour en savoir plus et annuler cette
anomalie . En route ,nous arrêtons à l'entrée d'un petit musée consacré
à l'habitat ,dont nous faisons l'impasse étant donné le prix d'entrée et
le peu d'intérêt que ça nous inspire . Nous y retrouvons Claire et
Roger qui ont trouvé sur le GPS un petit lac situé à une quarantaine de
bornes de l'arrivée où ils pensent que l'on pourrait se retrouver pour
manger ce midi . Dès que Dominique hérite du volant , la route se met à
être dans un état déplorable :" quand ce n'est pas le vent c'est les
ornières , ma parole tu le fais exprès , Pierre !"
Aussi au bout de 150 bornes , je profite d'avoir fini la
frappe du blog pour prendre le volant . Nous ne tardons pas à arriver à
l'embranchement de la piste qui mène au petit lac repéré par Roger .
Comme il y a un groupe de cantonniers qui fait la pause juste au
carrefour, j'en profite pour leur demander s'ils ont vu passer un
camping car sur la piste . Ils en ont bien vu un, mais sur le macadam
de la Ruta 40 ! Comme nous ne sommes pas très emballés par le site qui
est affreux et par l'idée de se taper 40 bornes de caillasses pour aller
manger , nous décidons de finir l'étape avant de déjeuner . Une demi
heure plus tard , nous nous installons au camping ,à l'ombre, dans de
la belle herbe verte , au bord d'une rivière . Apparemment nous sommes
les premiers arrivés , mais le temps de passer à table quelques
équipages suisses ne tardent à s'installer suivis de peu par Monique
et Jean Marc qui s'embourbent en voulant nous rejoindre prés de la
rivière . Nous décidons de finir de manger , de boire le café chez nous
, puis de s'occuper du camping car Bories qui finit par s'extirper de ce
mauvais par une petite manoeuvre et une poussette . Je profite d'être
ressorti du trou en vu de remorquer Jean Marc , pour aller faire le
plein d'eau . Malheureusement , le débit du robinet où nous sommes
branchés est très faible , il faut se résoudre à compléter le
remplissage avec des bidons ; résultat l'opération prend une demi-heure
. Puis pendant que Dominique et Monique attaquent de vastes lessives
avec leur machine respective , nous essayons avec Jean Marc de supprimer
le voyant lumineux du tableau de bord . Par chance , ça marche du
premier coup ! Dommage que pour la recherche de l'embout et de la
douille , ça ne se soit pas passé aussi bien !
Après un briefing fort intéressant concernant l'étape de
demain, avec une option par une piste qui longe les lacs en s'approchant
de la Cordillère des Andes, pour arriver à El Bolson , nous terminons la
soirée avec un apéro en terrasse en compagnie des six équipages français
et Janette qui nous rejoint après s'être penchée sur ses obligations
matérielles .Une journée un peu creuse ,à travers la pampa ,mais qui en
laisse présager une bien mouvementée pour demain , en tout cas on espère !
PS Comme aujourd'hui avec cette étape de transition à travers la pampa
,il n'y a pas beaucoup de photos intéressantes , nous en profitons pour
envoyer à Antoine , Alexandre et Charlotte , nos trois petits enfants ,
un récapitulatif des photos des animaux que nous avons rencontrés en
Argentine .Gros bisous à tous les trois !
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