TRENTE SEPTIEME JOUR : LE 5 DECEMBRE 2017

               Pas question de se lever tôt ce matin car c'est opération   réconciliation après un violent orage chez les Adèle hier soir à cause   du blog : un peu trop envahissant selon Dominique , pas facile à gérer   lorsqu'on rajoute sans arrêt des extras , style parties de carte en   soirée ou après midi lèche vitrine , selon moi . Il est sûr que ce sont   des vacances et que nous ne pouvons pas nous priver de tout . D'un autre   côté il faut comprendre aussi  qu'en commençant mes journée à 5h00 et   les finissant à 23h00 , je ne peux pas empiéter d'avantage sur ma nuit !   De tout façon , il fallait que ça pète , c'est chose faite , on n'en   parle plus , chacun essayant d'être un peu plus conciliant ! Donc hier   soir Dominique , pour bouder a investi la chambre pour écrire son   journal pendant que de mon côté j'ai évacué l'excédent de pression en   allant chercher  ma roue de secours enfin réparée, chez Janette ,à   l'autre bout du campement ! Transporter la roue sur 500 mètres ,   l'accrocher seul en dessous du camping car à bout de bras , rien de tel   pour évacuer les pulsions négatives . Et puis une fois le zen revenu ,   ordinateur en main , c'est le transfert des photos de la ballade en   bateau et la finalisation du blog , malgré tout !                   Les réconciliations consommées ,je descends faire le café   vers 6h30 ; nous commençons par en prendre un au lit , puis j'embraye   aussitôt sur le petit déjeuner . Ensuite nous nous attelons à la   transmission des quatre derniers articles grâce à la wifi du camping car   Janette nous a prévenu qu' ensuite  , dans le Parc de El Chalten où le   Fitz Roy règne en maitre ,nous serons privés de toutes connections avec   le monde moderne ! Pendant que Dominique termine le chargement de   l'antivirus qui nous cause moult problèmes , je fais le plein de la   réserve d'eau . Puis nous embrayons sur le plein de gasoil et quelques   courses de bouche étant donné notre futur isolement . Reste à sortir du   district de El Calafate en longeant le Lago Argentino pour retrouver la   Ruta 40 . Après quelques  lignes droites  interminables , le paysage   devient plus vallonné au point que nous n'avons pas le loisir de sombrer   dans la monotonie habituelle de la pampa ; il faut dire que sur la   gauche la Cordillère des Andes  offre toujours son défilé de monts   neigeux , plus blancs les uns que les autres . Nous traversons le Rio   Santa Cruz sur un large pont  pour suivre une vallée bordée de hautes   falaises arides , se prolongeant vers le bas par des champs d'éboulis    .L'érosion semble s'être acharnée  sur ces parois rocheuses, les   réduisant parfois à quelques doigts pointés vers le ciel  , un peu comme   Totem Pole à Monument Valley en Arizona . Ensuite nous traversons une   autre grosse rivière , le Rio Léona , qui ondule nonchalamment dans la   caillasse . Nous nous arrêtons  alors dans une Estancia du même nom ,   recommandée par Janette pour deux raisons : la première est qu'elle   abrita jadis Bush Cassidy et la seconde , c'est qu'il  y fabrique des   "Lemon Pié" (tarte au citron meringuée  , mais  pas n'importe laquelle ,   celle-ci est garnie avec 10 bons centimètres de meringue !) pour 80   pésos la part .                   Une fois le Rio Léona franchi,  la Ruta 40 donne de   nouveau accès, à une série de miradors offrant des vues magnifiques sur   le Lago Viedma , sur la Cordillère toute blanche et un peu plus au fond   sur la droite ,  sur une silhouette  plus haute que les autres , assez   pointue  ,qui doit être déjà le Fitz Roy . Il faut dire qu'avec ses 3404   mètres d'altitude il en impose . Parvenu sur la rive droite du lac ,   nous quittons la Ruta 40 pour prendre à gauche la Ruta 23 qui met le cap   droit sur le Fitz Roy et son voisin le Cerro Torre haut de 3100 m , que   nous ne quittons plus des yeux jusqu'à l'entrée de El Chalten . Là aussi   ,une série de miradors ont été aménagés pour éviter que les photographes   amateurs que nous sommes ,ne gènent la circulation . Sur notre gauche ,   de l'autre côté du Lago Viedma , nous voyons le glacier du même nom   descendre jusqu'à l'eau . Nous décidons d'arrêter sur le dernier parking   pour y déjeuner face au Fitz Roy , rien que ça , et pour nous tout seul,   de surcroît ! En regardant le compteur je m'aperçois que nous avons   juste 6 000 km  à El Chalten , nous en avions 4000 à Ushuaïa et 5000 à   Puerto Natales .                   Après le repas ,nous descendons sur le village pour faire   le plein de gasoil dans un premier temps ,car il faut en profiter   lorsque la petite station service dotée d' une seule pompe est ouverte ,   ce qui n'est pas toujours le cas d'après Janette . Puis nous nous   rendons à l'office de tourisme pour trouver l'entrée d'un chemin qui   mène au Mirador des Condors , petite randonnée d'une heure recommandée   par Janette , hier soir au briefing .Le sentier monte assez vite parmi   des massifs d'épineux et des touffes de genets nains , contournant des   falaises teintées d'un  magnifique dégradé d'ocres . Il faut se   retourner de temps en temps pour vérifier si la haute silhouette du Fitz   Roy est toujours là ,avec à son pied deux superbes glaciers bleus acier   qui le cravate  . Arrivés au sommet d'une première crête, le chemin se   divise en deux , à droite le Mirador des Condors  en 10 minutes et à   gauche le Mirador du Lago Viedma en 20 minutes . Bien que plus longue,   nous optons pour la seconde option du fait de la pente ;moins raide . La   récompense est à la hauteur de l'effort , la vue sur le lago  bleu   turquoise est superbe , avec des icebergs qui dérivent à sa surface .   Dommage qu'un pan de montagne masque le Glacier Viedma qui ,comme le   Périto Moréno ,vient mourir sur le lac après avoir serpenté dans un lit   relativement  plat ,entre les montagnes voisines . Au belvédère, nous   faisons la rencontre d'une jeune française qui nous accompagne sur la   totalité de la descente . Bien qu'à peine âgée de 23 ans , elle voyage   seule pour  une durée de 2 mois en Argentine . Hormis le plaisir de la   rencontre , notre bavardage nous empêche de sentir la fatigue de près de   2 heures de marche en montagne et surtout la douleur des genoux.                   Une fois au camping car , nous nous mettons à la   recherche du camping  , situé à la sortie du village . Bien qu'on ne   soit pas vraiment au pied du Fitz Roy , le paysage environnant y est   magnifique malgré tout . Et puis on a passé une bonne partie de la   journée ensemble ,  alors on peut bien lui lâcher un peu la grappe,  à   cette star des montagnes de la planète ! Un peu de blog , beaucoup de   discussion avec les autres équipages , une douche bien chaude et nous   voilà  à l'heure du briefing que nous faisons dans une salle du camping   étant donné la violence du vent . Puis nous décidons de nous lancer dans   un pisco sour à bord de notre camping car : Jean Marc fournit le Pisco ,   Claire le sucre en poudre et le fouet à oeuf , de notre côté je sors la   machine à piler la glace , les citrons verts , le presse-citron  un oeuf   et en avant la musique . Le résultat n'est certainement pas à la hauteur   de celui du Cabo de Horno à Punta Arenas , mais il est buvable puisque   personne ne le laisse ! Au cours de l'apéro , les discussions vont bon   train concernant le programme des prochains jours , chacun y allant de   ses désira-tas . Puis, comme demain il faut se lever de bonne heure pour   essayer de voir le lever de soleil sur le Fitz Roy ,nous nous quittons   vers 21h30 .            

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