CINQUANTE NEUVIEME JOUR : LE 27 DECEMBRE 2017
Une violente tempête de vent secoue le camping car dans
tous les sens pendant une bonne partie de la nuit . Il faut dire que
du haut de notre perchoir rocheux qui domine le lac on ne peut pas
prétendre à beaucoup de protection . Pas facile de dormir dans de telles
conditions ; d'ailleurs j'entends Dominique circuler une bonne partie de
la nuit . Résultat je me lève quand même à 5h30 alors que nous n'avons
aucune contrainte avec une étape d'à peine 100 bornes au programme .
Comme Dominique est fatigué par l'insomnie , je m'occupe
personnellement du café , puis je m'installe à l'ordi car j'ai pris un
peu de retard hier avec la baignade , le barbecue et le diner en
terrasse . Après le petit déjeuner, Dominique commence une aquarelle
avec pour modèle , le lever de soleil sur le Fitz Roy pendant que
j'essaie de faire une sélection la plus drastique possible parmi les 400
clichés d'hier . Heureusement qu'il y a des doublons , voir des triplons
, des mauvais cadrages , des pilonnes qui passent au milieu des paysages
,des reflets à travers le pare-brises, mais malgré tout il y a de beaux
restes ! Dehors la tempête sévit toujours . En allant dire un petit
bonjour aux Bories ,j'apprends de la bouche de Jean Marc que le coin
s'appelle "Cabo del Viento" , pas étonnant que nous ayons été secoués de
la sorte ! Monique a passé une aussi bonne nuit que Dominique et je la
charrie un peu en lui répétant que son camping car est vraiment très
proche du bord de la falaise !
Comme pour une fois que nous avons un peu de temps libre ,
je m'occupe des tiroirs extérieurs qu'il faut décoincer régulièrement ,
puis je cherche une nouvelle boite de produit WC , la première ayant
rendu l'âme avant hier après deux mois d'utilisations régulières .
Ensuite je contrôle le niveau d'huile moteur qui est un peu en dessous
du minima ; résultat , je suis bon pour en rajouter un litre . Puis
comme nous commençons à tourner en rond , nous décidons de partir vers
9h30 malgré la brièveté de l'étape . Il faut d'abord contourner le lac,
et par chance juste à ce moment le soleil parvient à filtrer au travers
des nuages pourtant épais , mettant de la sorte en valeur toutes les
nuances de couleurs des rochers : ici ça passe progressivement du blanc
au rose , là bas c'est de l'orange très clair à l'ocre foncée . A droite
de la route l'érosion a poli la roche, arrondissant la moindre
angulation ; à gauche le ravinement a découpé des bouquets de cheminées
de fées plus ou moins hautes , rangées les unes contre les autres, comme
de grands jeux de quilles . C'est superbe avec cette lumière fugace qui
se promène comme un faisceau . Nous multiplions d'autant plus les
arrêts photos que nous n'avons pas grand chose d'autre à nous mettre
sous la dent aujourd'hui .
Quelques kilomètres plus loin , nous arrivons à Rodéo , une
des dernières petites villes argentines . Nous décidons d'y entrer,
d'une part par curiosité et d'autre part , pour utiliser les 315 pésos
restant avant notre d'entrée au Chili. Nous commençons par remonter une
belle allée d'eucalyptus géants , puis tout un réseau de petites rues
jusqu'à ce que nous trouvions un supermercado de village ouvert. Pour
ne pas être obligés de tout cacher , ordinateur , GPS, appareil photo ,
Dominique reste à bord pendant que je fais les courses . Arrivé à la
caisse , je suis obligé de reporter une boite de coeurs de palmier car
je n'ai pas assez d'argent pour payer la cuenta : il faut dire qu'elle
coûte 150 pésos (7,5 euros !) . Je tombe alors sur Michèle et Monique
venus flamber leurs dernières cartouches également . En sortant j'ai la
surprise de ne pas retrouver le camping car où je l'avais laisser ! La
maréchaussée ayant trouvé sa présence gênante , elle a fait circuler
Dominique . Résultat je suis obligé de remonter l'avenue avec mes deux
grosses bonbonne d'eau au bout des bras .
Nous reprenons la Ruta 150 jusqu'à Las Flores où nous
retrouvons Claire et Roger devant un petit supermercado .Comme le
village ne présente pas de particularités , nous décidons de filer vers
le poste frontière distant de deux bornes . Après un contrôle des
passeports par une charmante douanière qui se déplace jusqu'au camping
car , nous sommes invités à nous présenter dans deux bureaux successifs
pour obtenir le fameux petit papier blanc couvert de tampons . On nous
souhaite bonne route et on nous prévient que la frontière chilienne est
distante de 89 km ! La route traverse alors une vaste plaine d'altitude
car le GPS indique 2100 mètres : c'est ça que l'air était si léger au
poste de douane . Autour de nous, une immensité de sable parsemée de
touffes d'épineux rachitiques , derrière une première ligne de monts
pelés où la roche ocre est à nue et derrière dans les nuages toujours
aussi épais on devine par moment des sommets neigeux . Nous profitons de
l'isolement du site pour faire la corvée des eaux grises et des
toilettes . Puis nous reprenons l'interminable ligne droite qui monte
apparemment puisque le GPS indique maintenant 2500 mètres . On tombe
alors sur le deuxième poste frontière , toujours argentin celui-là ,
pour redonner le petit papier blanc décoré de tampons . A partir de là ,
la Ruta 150 se met à suivre la vallée d'un torrent bordé d'un fin liseré
de verdure . On grimpe alors plus sérieusement en décrivant une série
de virages pour essayer de trouver le parking indiqué à 2900 m par
Janette ,comme point de ralliement où nous devons passé la nuit en
attendant l'ascension du col Agua Négra à 4767m (un des cols les plus
élevés des Andes)avec 100 bornes de piste prévu pour demain !
A peine sommes-nous à table que Jean Marie arrive , suivi
de peu par Roger et puis de Jean marc qui clôt la marche . Après le
déjeuner , nous nous retrouvons chez nous pour le café avant que chacun
décide de faire une petite sieste , histoire de compenser la nuit
précédente un peu écourtée . Après avoir récupéré , chacun se met à
bricoler sur son camping-car : Roger s'occupe de dévoiler sa porte de
cellule dont le verrou du bas ne se crochète plus très bien , Jean Marc
qui aime bien se vautrer dessous le camion ,rafistole à nouveau son
évacuation ; de mon côté je refixe la cloison de salle de bain avec des
vis beaucoup plus longues pour refaire une ouverture de porte
rectangulaire car avec les chaos des pistes elle était devenue
trapézoïdale . J'en profite pour reposer le rail de la porte à
glissière dont les vis flottent dans le plafond suite aux vibrations sur
la tôle ondulée . En bourrant le trou avec le bois d'une brochette , ça
fait office de cheville et les vis tiennent beaucoup mieux , mais pour
combien de temps? Dès que Janette arrive , nous faisons le briefing dans
la foulée : elle nous conseille de partir très tôt , avant 6h30 car
l'étape est longue avec les 100 bornes de pistes et le passage de la
frontière chilienne qui demande quelque fois trois heures . Et puis
comme selon elle c'est le plus beau parcours de notre périple , les
arrêts photos risquent d'être très fréquent . Il faut aussi tenir compte
que les moteurs vont peiner et perdre 30 % de leur puissance , que les
passagers seront peut être loger à la même enseigne ! Il parait que la
colonne allemande qui nous précède de trois jours est arrivé à 18h00 en
étant parti à 6h00 .
tous les sens pendant une bonne partie de la nuit . Il faut dire que
du haut de notre perchoir rocheux qui domine le lac on ne peut pas
prétendre à beaucoup de protection . Pas facile de dormir dans de telles
conditions ; d'ailleurs j'entends Dominique circuler une bonne partie de
la nuit . Résultat je me lève quand même à 5h30 alors que nous n'avons
aucune contrainte avec une étape d'à peine 100 bornes au programme .
Comme Dominique est fatigué par l'insomnie , je m'occupe
personnellement du café , puis je m'installe à l'ordi car j'ai pris un
peu de retard hier avec la baignade , le barbecue et le diner en
terrasse . Après le petit déjeuner, Dominique commence une aquarelle
avec pour modèle , le lever de soleil sur le Fitz Roy pendant que
j'essaie de faire une sélection la plus drastique possible parmi les 400
clichés d'hier . Heureusement qu'il y a des doublons , voir des triplons
, des mauvais cadrages , des pilonnes qui passent au milieu des paysages
,des reflets à travers le pare-brises, mais malgré tout il y a de beaux
restes ! Dehors la tempête sévit toujours . En allant dire un petit
bonjour aux Bories ,j'apprends de la bouche de Jean Marc que le coin
s'appelle "Cabo del Viento" , pas étonnant que nous ayons été secoués de
la sorte ! Monique a passé une aussi bonne nuit que Dominique et je la
charrie un peu en lui répétant que son camping car est vraiment très
proche du bord de la falaise !
Comme pour une fois que nous avons un peu de temps libre ,
je m'occupe des tiroirs extérieurs qu'il faut décoincer régulièrement ,
puis je cherche une nouvelle boite de produit WC , la première ayant
rendu l'âme avant hier après deux mois d'utilisations régulières .
Ensuite je contrôle le niveau d'huile moteur qui est un peu en dessous
du minima ; résultat , je suis bon pour en rajouter un litre . Puis
comme nous commençons à tourner en rond , nous décidons de partir vers
9h30 malgré la brièveté de l'étape . Il faut d'abord contourner le lac,
et par chance juste à ce moment le soleil parvient à filtrer au travers
des nuages pourtant épais , mettant de la sorte en valeur toutes les
nuances de couleurs des rochers : ici ça passe progressivement du blanc
au rose , là bas c'est de l'orange très clair à l'ocre foncée . A droite
de la route l'érosion a poli la roche, arrondissant la moindre
angulation ; à gauche le ravinement a découpé des bouquets de cheminées
de fées plus ou moins hautes , rangées les unes contre les autres, comme
de grands jeux de quilles . C'est superbe avec cette lumière fugace qui
se promène comme un faisceau . Nous multiplions d'autant plus les
arrêts photos que nous n'avons pas grand chose d'autre à nous mettre
sous la dent aujourd'hui .
Quelques kilomètres plus loin , nous arrivons à Rodéo , une
des dernières petites villes argentines . Nous décidons d'y entrer,
d'une part par curiosité et d'autre part , pour utiliser les 315 pésos
restant avant notre d'entrée au Chili. Nous commençons par remonter une
belle allée d'eucalyptus géants , puis tout un réseau de petites rues
jusqu'à ce que nous trouvions un supermercado de village ouvert. Pour
ne pas être obligés de tout cacher , ordinateur , GPS, appareil photo ,
Dominique reste à bord pendant que je fais les courses . Arrivé à la
caisse , je suis obligé de reporter une boite de coeurs de palmier car
je n'ai pas assez d'argent pour payer la cuenta : il faut dire qu'elle
coûte 150 pésos (7,5 euros !) . Je tombe alors sur Michèle et Monique
venus flamber leurs dernières cartouches également . En sortant j'ai la
surprise de ne pas retrouver le camping car où je l'avais laisser ! La
maréchaussée ayant trouvé sa présence gênante , elle a fait circuler
Dominique . Résultat je suis obligé de remonter l'avenue avec mes deux
grosses bonbonne d'eau au bout des bras .
Nous reprenons la Ruta 150 jusqu'à Las Flores où nous
retrouvons Claire et Roger devant un petit supermercado .Comme le
village ne présente pas de particularités , nous décidons de filer vers
le poste frontière distant de deux bornes . Après un contrôle des
passeports par une charmante douanière qui se déplace jusqu'au camping
car , nous sommes invités à nous présenter dans deux bureaux successifs
pour obtenir le fameux petit papier blanc couvert de tampons . On nous
souhaite bonne route et on nous prévient que la frontière chilienne est
distante de 89 km ! La route traverse alors une vaste plaine d'altitude
car le GPS indique 2100 mètres : c'est ça que l'air était si léger au
poste de douane . Autour de nous, une immensité de sable parsemée de
touffes d'épineux rachitiques , derrière une première ligne de monts
pelés où la roche ocre est à nue et derrière dans les nuages toujours
aussi épais on devine par moment des sommets neigeux . Nous profitons de
l'isolement du site pour faire la corvée des eaux grises et des
toilettes . Puis nous reprenons l'interminable ligne droite qui monte
apparemment puisque le GPS indique maintenant 2500 mètres . On tombe
alors sur le deuxième poste frontière , toujours argentin celui-là ,
pour redonner le petit papier blanc décoré de tampons . A partir de là ,
la Ruta 150 se met à suivre la vallée d'un torrent bordé d'un fin liseré
de verdure . On grimpe alors plus sérieusement en décrivant une série
de virages pour essayer de trouver le parking indiqué à 2900 m par
Janette ,comme point de ralliement où nous devons passé la nuit en
attendant l'ascension du col Agua Négra à 4767m (un des cols les plus
élevés des Andes)avec 100 bornes de piste prévu pour demain !
A peine sommes-nous à table que Jean Marie arrive , suivi
de peu par Roger et puis de Jean marc qui clôt la marche . Après le
déjeuner , nous nous retrouvons chez nous pour le café avant que chacun
décide de faire une petite sieste , histoire de compenser la nuit
précédente un peu écourtée . Après avoir récupéré , chacun se met à
bricoler sur son camping-car : Roger s'occupe de dévoiler sa porte de
cellule dont le verrou du bas ne se crochète plus très bien , Jean Marc
qui aime bien se vautrer dessous le camion ,rafistole à nouveau son
évacuation ; de mon côté je refixe la cloison de salle de bain avec des
vis beaucoup plus longues pour refaire une ouverture de porte
rectangulaire car avec les chaos des pistes elle était devenue
trapézoïdale . J'en profite pour reposer le rail de la porte à
glissière dont les vis flottent dans le plafond suite aux vibrations sur
la tôle ondulée . En bourrant le trou avec le bois d'une brochette , ça
fait office de cheville et les vis tiennent beaucoup mieux , mais pour
combien de temps? Dès que Janette arrive , nous faisons le briefing dans
la foulée : elle nous conseille de partir très tôt , avant 6h30 car
l'étape est longue avec les 100 bornes de pistes et le passage de la
frontière chilienne qui demande quelque fois trois heures . Et puis
comme selon elle c'est le plus beau parcours de notre périple , les
arrêts photos risquent d'être très fréquent . Il faut aussi tenir compte
que les moteurs vont peiner et perdre 30 % de leur puissance , que les
passagers seront peut être loger à la même enseigne ! Il parait que la
colonne allemande qui nous précède de trois jours est arrivé à 18h00 en
étant parti à 6h00 .
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