CINQUANTE ET UNIEME JOUR : LE 19 DECEMBRE 2017'

            Comme hier, je suis obligé de me lever tôt pour rattraper
mon retard de blog et de transfert de photos car hier soir je n'ai pas
eu beaucoup de possibilités avec l'anniversaire de Jean Marie et
d'Esther . C'est d'autant plus dommage qu'aujourd'hui nous avons
quartier libre mais c'est tellement plus facile de composer dans le
calme , un petit café à porter de main . Au fait , en parlant de café ,
j'ai oublié de le mettre en route ! Comme il faisait 16 degrés lorsque
je suis descendu de notre chambre , je n'ai pas cru bon d'allumer le
chauffage mais je le regrette car à rester immobile , j'ai les doigts et
le bout du nez glacés . On voit que nous sommes installés sous une
magnifique voûte d'arbres qui empêche le soleil de donner dans les
vitres et de réchauffer le camping car . Je termine juste lorsque
Dominique se réveille ; nous  en profitons pour prendre le petit
déjeuner ensemble avant d'attaquer le rangement à bord car aujourd'hui
nous avons envi d'aller voir la vallée de Curarréhué , un des derniers
bastions Mapuche du Chili . Comme Jean Marc va faire une randonnée
pédestre de 20 kilomètres en montagne , il nous a confié Monique pour la
journée et nous décidons de demander à Claire et Roger de se joindre à
nous plutôt que de prendre deux camping cars pour faire la même excursion .

            En attendant que  Monique soit  prête , je propose aux
Gruffat de venir regarder les photos prises d'avion que je viens de
charger sur l'ordi , d'autant qu'hier avec la réparation du frigo, ils
ont surtout vu les garages du coin ! Puis comme Roger a réussi à envoyer
son blog hier soir depuis son camping car en se servant de son téléphone
comme modem , nous décidons d'en faire autant , mais malheureusement ce
matin ça ne passe pas! Comme il est déjà 8h30 et que tout le monde est
prêt , nous décidons d'y aller . Malgré tout, en passant faire le plein
à la station Shell , je tente le coup mais , pas de chance , ils n'ont
pas de wifi . Nous prenons d'abord la route du lago Caburga sur quelques
kilomètres puis nous tournons à droite pour suivre une verdoyante vallée
où coule un magnifique torrent . Sur notre droite , lorsque les arbres
daignent s'écarter un peu nous avons de magnifiques points de vue sur le
volcan Villarica , tout illuminé par la chaude lumière du levant . C'est
d'autant plus beau qu'une haie ininterrompue de genêts, débordant de
fleurs ,court le long de la route . Avec les forêts de sapins qui
couvrent les montagnes  le long de la vallée, les prairies où paissent
des troupeaux de vaches , les maisons construites en rondin , on se
croirait vraiment en Suisse ou en Autriche ! Claire et Roger , après la
sèche pampa d'Argentine qu'ils ont eu du mal à supporter , ont vraiment
l'impression d'être rentré dans leur Savoie natale . Tout le long de la
route nous  admirerons un autre cône neigeux , aussi parfait que celui
du Villarica , mais sans la fumée et beaucoup plus haut puisque le
volcan Lanin atteint plus de 3800 mètres d'altitude .

            Après quarante bornes de paysages on ne peut plus alpins ,
nous traversons Curarréhué , village qui nous parait aussitôt très
sympathique avec sa rue principale bordée de maisons en planches peintes
de couleurs vives mais nous ne nous y arrêtons pas tout de suite ,nous
la réservons pour tout à l'heure , au retour . En sortant du petit bourg
, en passant sous un  grand portique fait de troncs d'arbres ,un panneau
nous apprend que c'est la dernière agglomération chilienne avant la
frontière argentine ,distante de trente kilomètres . Nous nous mettons
alors à grimper un petit col en enfilant une succession de virages
serrés . Des miradors installés tout au long de la route permettent 
d'admirer le Volcan Lanin sous toutes ses faces puisque nous en faisons
le tour .Nous pouvons ainsi admirer l'épaisse couche de glaciers qui
forme une calotte tout autour du cratère. A partir de mille mètres
d'altitude la forêt commence à être envahie d'Araucarias , mi-sapin ,
mi-épineux ,appelé aussi vulgairement "le désespoir du singe" du fait
que son tronc est couvert d'épines . Un peu plus haut, nous nous
arrêtons au bord d'une marre peuplée d'algues et joncs , qui offre un
miroir parfait à la végétation et aux rochers qui l'entourent ; après
avoir satisfait nos réflexes de photographes amateurs, nous décidons d'y
faire la pause café pour goûter pleinement la douceur , le silence , la
sérénité des lieux .

            En reprenant la route ,nous nous apercevons que notre marre
aux reflets romantiques n'est autre que le bout du lac que nous
commencions à désespérer de voir .Lui aussi joue les miroirs pour les
montagnes voisines et les sommets neigeux qui nous entourent . Là
encore, une série de miradors permet de pouvoir stationner sans soucis ,
surtout avec un  camping car . A l'autre extrémité du lac , nous
découvrons d'énormes araucarias de plusieurs dizaines de mètres qui
perdent leur forme de sapin de Noël pour prendre celle de pins parasols
. Lorsque nous approchons de la plage de sable noir volcanique ,nous
voyons un couple de pêcheurs à la mouche  ,qui dérivent sur le lac à
bord de curieuses petites embarcations individuelles gonflables . Nous y
découvrons aussi des empreintes de sabots de gros cervidés ,
certainement venus boire l'eau du lac . En reprenant la route ,nous
tombons sur le poste frontière quelques kilomètre plus loin ,et sur un
magnifique point de vue sur la face sud du volcan Lanin , moins couverte
de calotte glacière .

            Comme prévu une fois redescendu du col qui culmine à 1200
mètres , nous arrêtons à Curarréhué pour essayer d'y prendre un repas
mapuche . Nous trouvons un magnifique petit troquet tout en rondins ,
avec un décor intérieur soigné et un patron on ne peut plus accueillant
. Nous décidons de commander la même chose que ce que nos voisines de
table ont l'air d'apprécier : il s'agit de pépinos (courgettes) farcies
avec un mélange de maïs , de riz et de poulet, servi avec de grandes
rondelles de pomme de terre et leur pelure, bien aromatisées . Un peu de
salade verte , de tomates , d'avocat, et une bonne cerveza bien fraiche
surtout . Après le café , nous partons visiter le village ou plus
exactement l'unique rue principale où nous trouvons des coiffeurs , des
ferblantiers , des marchands de graines , de légumes , un dentiste et un
vétérinaire et bien sûr un super mercado où nous achetons une guirlande
de Noël électrique et un petit sapin artificiel déjà décoré . Ce n'est
pas tout le monde qui a un sapin mapuche ! C'est l'occasion aussi de
faire des photos des maisons en planches peintes de couleurs vives, avec
des auvents soutenus par des piliers faits  de troncs d'arbres laissés à
l'état brut .

            Il est déjà 15h30 lorsque nous prenons la route du retour,
satisfaits de notre visite en territoire mapuche  . En route, nous
arrêtons pour voir ce que nous croyons être un magasin d'artisanat
indien : en fait c'est un restaurant réellement mapuche celui-là, avec
une superbe décoration, mais nous n'avons aucun regret à avoir car il
est fermé aujourd'hui . Un peu plus loin ,c'est une immense passerelle
suspendue au dessus de la rivière qui nous attire au point de nous
arrêter pour aller s'y amuser , sans Dominique bien sûr , qui se dévoue
pour garder le camion ! A ce rythme, il est déjà 16h15 lorsque nous
rentrons au campement pour tester les douches et s'attaquer au transfert
des photos et au blog en attendant l'heure de l'apéro : ce soir c'est
pisco sour  fabrication maison .

            Jean Marc semble très content de sa rando en montagne en
compagnie de Maria , l'assistante de Janette et de deux suisses , par
contre il a l'air un peu fatigué , ce qui ne l'empêche pas de vérifier
la pression de sa suspension pneumatique ainsi que la notre, puis de
s'occuper de ses pneus avants . Après l'apéro, Roger se dévoue à
déplacer son camping car pour qu'un énorme camion de 30 tonnes puisse
s'installer avec à bord une armée de campeurs anglais qui se dépêchent
de monter quatorze tentes un peu partout autour de nous dans la
clairière ; l'un d'eux nous explique qu'ils sont partis d'Alaska , puis
sont descendus sur la Colombie , et finissent leur périple en février à
Rio . Nous avons l'impression qu'une tornade s'est abattu sur nous !
Nous les surveillons de prés pour qu'ils ne s'installent par dans le
passage car demain matin ,nous comptons bien partir de bonne heure , une
longue étape nous attend !

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