VINGTIEME JOUR : LE 18 NOVEMBRE 2017'

            Une violente tempête de vent nous a bercé une bonne
partie de la nuit ; c'est agréable d'entendre  dehors le déchainement
des éléments alors que l'on est bien au chaud sous la couette ,dans son
lit douillé . Et puis ce matin plus un souffle , le calme plat , juste
le bruit inlassable du ressac . Alors, dans un demi sommeil , on tend
l'oreille pour écouter alterner le grondement  sourd de la houle qui se
fracasse sur les rochers suivi  d'un  long bruit de cristal brisé que
font les galets en roulant le long de la pente de la grève ,pour
accompagner le retour de la vague . Voilà comment j'aimerais être
réveillé tous les jours ! Et puis à 5h30 , la lumière filtre à travers
les stores . Le volet ouvert , nous admirons depuis notre chambre le
miracle du soleil se levant droit devant nous , laissant en premier plan
l'îlot rocheux se découper à contre jour, comme une ombre chinoise .
L'appel du photographe est trop fort , je plonge dans mon pantalon et me
voilà entrain de mitrailler le campement face à la baie qui s'enflamme .

            Comme nous avons acheté des croissants la veille ,nous
prenons le petit déjeuner au lit  , ou plutôt Dominique prend le petit
dej au lit, car je n'ai pas le courage de retourner sous les plumes .Et
comme aujourd'hui l'étape ne fait que 350 bornes , nous trainons un peu
dans nos préparatifs habituels . Après un rangement en règle de la soute
, je m'attaque au nettoyage du pare-brise qui a souffert hier sur la
piste . Ensuite nous passons à la station service pour acheter de l'eau
et essayer d'envoyer le blog ; mais le taulier trouve que je ne mérite
pas d'avoir le code étant donné la modestie de mon achat !

            Il faut commencer par refaire  soixante dix kilomètres 
vers l'ouest pour récupérer la RN 3 à travers la pampa où des groupes de
chevaux sauvages magnifiques viennent au devant de nous pour nous
montrer comment ils savent galoper . Un peu partout également, notre
passage sème l'émoi dans les communautés guanacos ,et aussi chez les
moutons, cachés derrière les hautes touffes d'épineux . Nous profitons
également de l'isolement pour nous débarrasser des eaux grises ,
rapidement absorbées par le sol sableux .

            Dès que nous tournons à gauche sur la Ruta 3 vers le sud,
nous reprenons un vent violent de trois quart face qui souffle en
rafales . Et comme hier, nous héritons d'une chaussée déformée à souhait
, avec de profonds rails longitudinaux , qui perturbent encore
d'avantage notre stabilité latérale, surtout lors des doublements de
camions qui heureusement sont rares dans le secteur . Très vite la
monotonie de la pampa nous accable d'autant  plus que le grand beau de
ce matin nous a quitté pour laisser place à un ciel menaçant qui
charrient de gros nuages sombres et bas .

            Après 180 bornes , nous amorçons un grande descente qui
nous fait réaliser tout à coup que nous étions sur un haut plateau sans
le savoir et que maintenant nous plongeons vers l'océan pour traverser 
du nord au sud Comodoro Rivadavia , grosse agglomération industrielle ,
dotée d'un grand port . Malheureusement les bâtiments détériorés , les
murs tagués , les fenêtres brisées , les carcasses de voitures rouillées
qui trainent un peu partout le long des trottoirs dégagent une sensation
de violence , de haine , une atmosphère irrespirable qui nous donne
aussitôt l'envie de fuir au plus vite .

            Il faut d'abord grimper sur la falaise qui s'élève au
bout du port, pour retrouver l'air pur de la nature ; ensuite la RN 3 se
met à longer la côte, en corniche , offrant des vues superbes sur une
série de caps rocheux qui s'enfoncent loin dans l'océan, protégeant
ainsi de petites criques de la forte houle . Au fond  de celles-ci ,on
retrouve des plages de galets à pente raide et de superbes amas d'algues
d'un vert éclatant ,surtout lorsque le soleil fait une apparition entre
deux nuages . Dominique prend les commandes juste au moment où la
chaussée commence à se creuser de grandes ornières  , ce qui nous
obligent à réduire la vitesse . C'est pas de chance ! Un mont
ressemblant un peu aux tables rocheuses de Monument Valley en Arizona
,attire notre attention au point de nous imposer un arrêt photo
supplémentaire .

            Après une heure de route en très mauvais état nous
arrivons à Caleta Olivia , ville de bord de mer aussi triste que la
précédente . Résultat nous nous dépêchons de la traverser pour nous
arrêter dans une station service juste à la sortie de la ville ,histoire
de faire le plein de gasoil et surtout d'envoyer le blog .  Un peu plus
loin , sur la route de la plage, notre attention est attirée par toute
une série de puits de pétrole avec leur "shaddocks" qui dodelinent de la
tête, inlassablement au milieu des  herbes folles .Puis nous nous
installons au campement prévu par Janette;  sur un promontoire d'où nous
dominons la plage de galets colonisée par des lions de mer . Cela nous
inquiète un peu car nous sommes les premiers arrivées sur les lieux,
pour une fois . Le temps de déjeuner et voilà trois camping cars suisses
qui arrivent suivis de peu par Michèle et Jean-Marie  qui viennent de se
faire contrôler par la police au niveau du dernier barrage .

            Arnachés de cirés car le ciel est de nouveau menaçant ,
nous partons ensuite pour un petit kilomètre de marche sur la plage de
galets , histoire de rendre visite à nos voisins lions de mer que l'on
entend déjà rugir d'ici . Le site est formidable car on peut les
approcher au point de les toucher .  Il y a même un petit club de
plongeurs qui loue des combinaisons isothermes pour aller nager avec les
phoques ! C'est formidable de les voir faire des sauts périlleux au
dessus des vagues pour réapparaitre au beau milieu de l'écume .Les gros
mâles à crinière rousse n'ont pas l'air commode lorsqu'ils ouvrent leur
immense gueule au vent, garnie de dents redoutables . Leurs rugissements
donnent froid dans le dos et leur démarche pesante en impose  quand même
! De vrais sumos !Avec le soleil qui est de retour ,la fourrure  des
femelles brille dans la lumière ; aussi avec l'appareil photo , je ne
sais plus où donner de la tête ! J'ai beau tirer en mode rafale , je
veux avoir le saut périlleux le plus haut , la gueule de patriarche la
mieux dotée de dents , tout ça pendant que Dominique multiplie les
séquences vidéo . C'est tellement formidable de pouvoir les approcher
d'aussi prés que nous restons là ,une heure et demi, sans nous  en
rendre compte .

            De retour au camping  , nous tombons sur Monique et Jean
Marc qui viennent d'arriver . J'en profite pour changer l'orientation de
notre camping car du fait que le vent a tourné . Après une bonne heure
consacrée au blog et au transfert des photos , cette fois c'est Claire
et Roger qui arrivent et je rechange la direction de notre camping car
du fait que le vent est passé un peu plus à l'ouest . Malgré le
déchainement des éléments Janette fait le briefing derrière notre
installation , mais vu la violence du vent , la protection est tout à
fait symbolique . On en profite pour régler les talkies walkies sur le
canal 7 , un peu moins encombré celui-la . Après avoir donné à manger à
un chien qui traine à nos côtés depuis le début d'après midi , nous nous
claquemurons dans nos véhicules respectifs avec le chauffage allumé .

PS:   Alexandre , je t'envoies personnellement la photo d'un pingouin de
Patagonie  en souvenir du film "du manchot qui faisait des claquettes"
que nous avions regardé avec "Grand Cousin" dans le camping car sur les
falaises de Boulogne . Bonne  reception du message perso et gros bisous
de mamie et papy

Commentaires

  1. Haha je lis avec qq jours de retard le blog ...ça a été un peu la course ici. De notre côté ce week-end Sir alexandre nous a fait rire il a réclamé d aller chez vous alors je lui demande pourquoi et il me répond tout naturellement parce qu il y a de beaux dessins animés! !!!
    Haha... je lui montrerai cette jolie photo et à l occasion prenez qq photos de vous :-)

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