VINGT SIXIEME JOUR : LE 24 NOVEMBRE 2017'
Enfin une nuit calme , le camping car étant plaqué contre
le mur d'un grand hangar ! Même si sur le petit matin la tempête a
réussi à nous atteindre quand même , suite à un changement de direction
du vent , nous n'avons pas été chahuté comme d'habitude . Quel bonheur !
Et ça se ressent à bord, car ce matin le thermomètre intérieur affiche
12 degrés contre à peine 9 hier . Comme aujourd'hui Janette nous laisse
quartier libre , nous avons le temps de trainer un peu . Après le rituel
du petit déjeuner au lit , nous nous octroyons une douche bien chaude à
bord , celles du gymnase étant glacées d'après Dominique qui voulait
expérimenter . Pour une fois ce n'est pas la course pour ranger les
photos (un petit 320 clichés hier !) et boucler le blog . Et puis aussi
ça fait du bien de pouvoir lire un peu sur la Terre de feu et notamment
sur ses premiers habitants : quatre tributs indiennes se partageaient ce
vaste territoire battu par les vents : les Yamanas et les Haush au nord
, les Selk'nam et les Alakaluf au sud : ils vivaient dans des huttes de
branchages, chassaient les guanacos , pêchaient du poisson et mangeaient
des coquillages (surtout des clams) , cueillaient des baies sauvages et
des racines . Comme ils faisaient des feus au sommet des falaises et des
rochers en guise de repaires lumineux pour ceux d'entre eux qui
partaient pêcher en canoë , Magellan, en empruntant le détroit auquel on
donna son nom , fut intrigué par tous ces feux et de ce fait , décida
d'appeler cette immense île ,la Tierra del Fuego".
Une fois opérationnel , je sors pour faire la tournée des
popottes , histoire de faire une proposition d'emploi du temps de notre
journée de repos car nous sommes obligés d'aller en ville avec notre
camping car , toujours pour résoudre notre problème de clef : hier, le
serrurier m'a confié une matrice vierge pour essayer si elle rentre dans
le barillet de nos serrures avant de se lancer dans la taille elle même
.. Il vaut donc mieux avoir le véhicule sous la main et pouvoir essayer
la nouvelle clef sur place une fois qu'elle sera faite . Il nous faudra
trouver aussi de la wifi quelque part , retenir une table pour manger
cette fois une centolla entière au naturel , voir le musée du Bout du
Monde , compléter nos courses touristiques , passer à la poste et si
possible après le repas, monter vers le Glacier Martial . Un solide
programme qui rencontre l'enthousiasme aussi bien chez Claire et Roger
que chez Monique et Jean Marc .
Malgré l'inertie de groupe nous parvenons à décoller vers
9h30 , direction Ushuaïa centro . Comme nous trouvons une place de
stationnement au parking du port , nous laissons tomber la séance wifi
collective à la station service . Et bien sûr en nous rendant chez notre
serrurier , ces dames en profitent pour faire du lèche-vitrine en
remontant la calle San Martin .Dominique achète une paire de mules en
plastique pour aller prendre sa douche au camping , les Bories comme les
Gruffats jettent leurs dévolus sur des bacs à glaçons avec couvercle , à
croire qu'il n'y a qu'"au bout du monde" que l'on trouve des pompes et
des ustensiles de cuisine en plastique !! Nous descendons ensuite vers
le port pour aller au musée du Fond del Mondo, dont la première salle
est consacrée aux premiers occupants de la régions : les traces humaines
les plus anciennes remontent à moins 7800 avant JC , hommes des cavernes
qui fabriquaient des harpons avec des os , des lances et des flèches
avec des pointes taillées dans la pierre . A l'époque de Magellan, la
Terre de Feu était peuplée , comme je l'ai lu ce matin , par quatre
tribus , les Yamanas , les Haush , les Selk'nam et les Alakaluf s. Comme
les nouveaux occupants venus d'Europe tuèrent beaucoup de guanacos , les
indiens se trouvèrent en manque de gibier . Ils commencèrent donc à
voler les moutons élevés par les colons . Il s'en suivit une sévère
répression, qui conjugués aux maladies contagieuses apportées par les
conquistadors , finit par venir à bout des derniers indigènes dont il
ne reste aucun descendant à nos jours . Un certain Thomas Bridges ,
missionnaire anglais , essaya d'évangéliser certains indiens Yamanas :
par la même occasion il étudia leurs moeurs et coutumes et retranscrivit
leur langue au milieu du XIXème siècle . En échange de ses bons et
loyaux services, il reçut des terres où il créa la première estancia de
Terre de Feu ,qui appartient toujours à ses descendants . Dans une autre
salle sont exposés tous les oiseaux rencontrés par ici , mais
empaillés ceux-la: toutes les variétés de pingouins , de cormorans , de
mouettes ,de goélands , des ibis , d'aigles et autres rapaces , sans
compter les pic-verts et une multitudes d'autres espèces moins
courantes . Une carte géographique vue du dessous du globe terrestre
permet de mieux comprendre le mécanisme de formation des continents : on
voit que l'Antarctique n'est distante que de 1000 km d'ici, que de
l'autre côté de ce continent glacé on est tout proche de l'Australie et
du bout de l'Afrique au niveau du Cap de Bonne Espérance . Dans le
jardin on peut voir un exemplaire de canoë indien creusé dans un tronc ,
puis une série de fresques retraçant succinctement d'histoire du
peuplement de la Terre de Feu : des premiers occupants de race indienne
jusqu'aux forçats qui construisirent les premiers bâtiments officiels :
le bagne exista pendant un demi siècle, environ de 1898 à 1947 .
Nous allons ensuite manger de nouveau chez Freddy où nous
avons la salle à manger pour nous tout seuls pendant les trois quarts du
repas : il commence par pêcher devant nous trois grosses centolla d'un
kilo et demi chacune dans l'aquarium de sa vitrine, pour les donner à
préparer en cuisine . Puis nous lui commandons une bouteille de
Torrontes en guise d'apéro en attendant nos épouses , retardées par
l'achat de trois tee-shirts identiques, pour leur usage personnel . Une
fois tout le monde installé à table , Freddy nous déguise en nourrisson
en nous offrant des bavoirs , puis nous attaquons la dégustation de nos
centolla ,servies tièdes que nos découpons à l'aide de grosses paires
de ciseaux : c'est un régale pour tout le monde , également partagé par
Isabelle et Gérard qui viennent de nous rejoindre . Ces dames préfèrent
rester sur le chardonnay qu'elles avaient plébiscité hier pour
accompagner leur centolla , quant à nous, nous persistons et signons en
commandant la soeur de la première Torrontes ! Après un festin
pareille , nous ne pouvons décemment pas faire autrement que de prendre
un dessert . Freddy nous propose une glace au chocolat garnie de mures
confites qui se révèle un excellent choix .
Malgré la pluie qui commence à tomber, nous décidons de
maintenir au programme la visite du Glacier Martial . Après quelques
difficultés pour trouver l'entrée de la route, à cause des travaux
omni-présents dans tout Ushuaïa , nous finissons par grimper à travers
la forêt ,sur quatre ou cinq kilomètres, et arriver à l'entrée d'un
chemin pédestre qui demande 3 heures de marches . Nous n'avons pas plus
de chance qu'il y a trente cinq ans car, à cette époque, à quelques
encablures du glacier nous avions dû rebrousser chemin à cause d'une
tempête de neige ! Il faudra certainement y revenir une troisième fois
dans ces conditions ! En descendant , nous décidons d'aller boire un
café chez Manu , restaurateur français installé juste un peu plus bas :
malheureusement celui-ci ne fait pas bar et il faut se résoudre à le
prendre dans le camping car . Pour ce qui est de la superbe vue sur la
ville et le port , c'est nada aussi, avec les nuages et la pluie qui
nous entourent .Avant de rentrer au campement, nous passons à la station
service, pour une séance wifi collective . Le commentaire de la photo
jointe pourrait être :" cinq geeks pour un chauffeur" !
Après le repas, Monique nous invite , depuis le temps
qu'elle le réclamait , à taper le carton . Nous y retrouvons Claire et
Roger, pour apprendre à jouer au "Castors" , c'est de circonstance je
trouve ! Il parait que nous sommes moins bons élèves que ses petits
enfants , mais ça je veux bien le croire, étant que c'est un jeu fait
intervenir la mémoire ! Merci Monique pour cette excellente soirée au
coin du feu que nous achevons par un petit verre de Limone (liqueur à
base de citron pour les non initié !)
le mur d'un grand hangar ! Même si sur le petit matin la tempête a
réussi à nous atteindre quand même , suite à un changement de direction
du vent , nous n'avons pas été chahuté comme d'habitude . Quel bonheur !
Et ça se ressent à bord, car ce matin le thermomètre intérieur affiche
12 degrés contre à peine 9 hier . Comme aujourd'hui Janette nous laisse
quartier libre , nous avons le temps de trainer un peu . Après le rituel
du petit déjeuner au lit , nous nous octroyons une douche bien chaude à
bord , celles du gymnase étant glacées d'après Dominique qui voulait
expérimenter . Pour une fois ce n'est pas la course pour ranger les
photos (un petit 320 clichés hier !) et boucler le blog . Et puis aussi
ça fait du bien de pouvoir lire un peu sur la Terre de feu et notamment
sur ses premiers habitants : quatre tributs indiennes se partageaient ce
vaste territoire battu par les vents : les Yamanas et les Haush au nord
, les Selk'nam et les Alakaluf au sud : ils vivaient dans des huttes de
branchages, chassaient les guanacos , pêchaient du poisson et mangeaient
des coquillages (surtout des clams) , cueillaient des baies sauvages et
des racines . Comme ils faisaient des feus au sommet des falaises et des
rochers en guise de repaires lumineux pour ceux d'entre eux qui
partaient pêcher en canoë , Magellan, en empruntant le détroit auquel on
donna son nom , fut intrigué par tous ces feux et de ce fait , décida
d'appeler cette immense île ,la Tierra del Fuego".
Une fois opérationnel , je sors pour faire la tournée des
popottes , histoire de faire une proposition d'emploi du temps de notre
journée de repos car nous sommes obligés d'aller en ville avec notre
camping car , toujours pour résoudre notre problème de clef : hier, le
serrurier m'a confié une matrice vierge pour essayer si elle rentre dans
le barillet de nos serrures avant de se lancer dans la taille elle même
.. Il vaut donc mieux avoir le véhicule sous la main et pouvoir essayer
la nouvelle clef sur place une fois qu'elle sera faite . Il nous faudra
trouver aussi de la wifi quelque part , retenir une table pour manger
cette fois une centolla entière au naturel , voir le musée du Bout du
Monde , compléter nos courses touristiques , passer à la poste et si
possible après le repas, monter vers le Glacier Martial . Un solide
programme qui rencontre l'enthousiasme aussi bien chez Claire et Roger
que chez Monique et Jean Marc .
Malgré l'inertie de groupe nous parvenons à décoller vers
9h30 , direction Ushuaïa centro . Comme nous trouvons une place de
stationnement au parking du port , nous laissons tomber la séance wifi
collective à la station service . Et bien sûr en nous rendant chez notre
serrurier , ces dames en profitent pour faire du lèche-vitrine en
remontant la calle San Martin .Dominique achète une paire de mules en
plastique pour aller prendre sa douche au camping , les Bories comme les
Gruffats jettent leurs dévolus sur des bacs à glaçons avec couvercle , à
croire qu'il n'y a qu'"au bout du monde" que l'on trouve des pompes et
des ustensiles de cuisine en plastique !! Nous descendons ensuite vers
le port pour aller au musée du Fond del Mondo, dont la première salle
est consacrée aux premiers occupants de la régions : les traces humaines
les plus anciennes remontent à moins 7800 avant JC , hommes des cavernes
qui fabriquaient des harpons avec des os , des lances et des flèches
avec des pointes taillées dans la pierre . A l'époque de Magellan, la
Terre de Feu était peuplée , comme je l'ai lu ce matin , par quatre
tribus , les Yamanas , les Haush , les Selk'nam et les Alakaluf s. Comme
les nouveaux occupants venus d'Europe tuèrent beaucoup de guanacos , les
indiens se trouvèrent en manque de gibier . Ils commencèrent donc à
voler les moutons élevés par les colons . Il s'en suivit une sévère
répression, qui conjugués aux maladies contagieuses apportées par les
conquistadors , finit par venir à bout des derniers indigènes dont il
ne reste aucun descendant à nos jours . Un certain Thomas Bridges ,
missionnaire anglais , essaya d'évangéliser certains indiens Yamanas :
par la même occasion il étudia leurs moeurs et coutumes et retranscrivit
leur langue au milieu du XIXème siècle . En échange de ses bons et
loyaux services, il reçut des terres où il créa la première estancia de
Terre de Feu ,qui appartient toujours à ses descendants . Dans une autre
salle sont exposés tous les oiseaux rencontrés par ici , mais
empaillés ceux-la: toutes les variétés de pingouins , de cormorans , de
mouettes ,de goélands , des ibis , d'aigles et autres rapaces , sans
compter les pic-verts et une multitudes d'autres espèces moins
courantes . Une carte géographique vue du dessous du globe terrestre
permet de mieux comprendre le mécanisme de formation des continents : on
voit que l'Antarctique n'est distante que de 1000 km d'ici, que de
l'autre côté de ce continent glacé on est tout proche de l'Australie et
du bout de l'Afrique au niveau du Cap de Bonne Espérance . Dans le
jardin on peut voir un exemplaire de canoë indien creusé dans un tronc ,
puis une série de fresques retraçant succinctement d'histoire du
peuplement de la Terre de Feu : des premiers occupants de race indienne
jusqu'aux forçats qui construisirent les premiers bâtiments officiels :
le bagne exista pendant un demi siècle, environ de 1898 à 1947 .
Nous allons ensuite manger de nouveau chez Freddy où nous
avons la salle à manger pour nous tout seuls pendant les trois quarts du
repas : il commence par pêcher devant nous trois grosses centolla d'un
kilo et demi chacune dans l'aquarium de sa vitrine, pour les donner à
préparer en cuisine . Puis nous lui commandons une bouteille de
Torrontes en guise d'apéro en attendant nos épouses , retardées par
l'achat de trois tee-shirts identiques, pour leur usage personnel . Une
fois tout le monde installé à table , Freddy nous déguise en nourrisson
en nous offrant des bavoirs , puis nous attaquons la dégustation de nos
centolla ,servies tièdes que nos découpons à l'aide de grosses paires
de ciseaux : c'est un régale pour tout le monde , également partagé par
Isabelle et Gérard qui viennent de nous rejoindre . Ces dames préfèrent
rester sur le chardonnay qu'elles avaient plébiscité hier pour
accompagner leur centolla , quant à nous, nous persistons et signons en
commandant la soeur de la première Torrontes ! Après un festin
pareille , nous ne pouvons décemment pas faire autrement que de prendre
un dessert . Freddy nous propose une glace au chocolat garnie de mures
confites qui se révèle un excellent choix .
Malgré la pluie qui commence à tomber, nous décidons de
maintenir au programme la visite du Glacier Martial . Après quelques
difficultés pour trouver l'entrée de la route, à cause des travaux
omni-présents dans tout Ushuaïa , nous finissons par grimper à travers
la forêt ,sur quatre ou cinq kilomètres, et arriver à l'entrée d'un
chemin pédestre qui demande 3 heures de marches . Nous n'avons pas plus
de chance qu'il y a trente cinq ans car, à cette époque, à quelques
encablures du glacier nous avions dû rebrousser chemin à cause d'une
tempête de neige ! Il faudra certainement y revenir une troisième fois
dans ces conditions ! En descendant , nous décidons d'aller boire un
café chez Manu , restaurateur français installé juste un peu plus bas :
malheureusement celui-ci ne fait pas bar et il faut se résoudre à le
prendre dans le camping car . Pour ce qui est de la superbe vue sur la
ville et le port , c'est nada aussi, avec les nuages et la pluie qui
nous entourent .Avant de rentrer au campement, nous passons à la station
service, pour une séance wifi collective . Le commentaire de la photo
jointe pourrait être :" cinq geeks pour un chauffeur" !
Après le repas, Monique nous invite , depuis le temps
qu'elle le réclamait , à taper le carton . Nous y retrouvons Claire et
Roger, pour apprendre à jouer au "Castors" , c'est de circonstance je
trouve ! Il parait que nous sommes moins bons élèves que ses petits
enfants , mais ça je veux bien le croire, étant que c'est un jeu fait
intervenir la mémoire ! Merci Monique pour cette excellente soirée au
coin du feu que nous achevons par un petit verre de Limone (liqueur à
base de citron pour les non initié !)
Le castor? Un nv jeu de cartes à nous apprendre à votre retour ;-)
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