VINGT SEPTIEME JOUR : LE 25 NOVEMBRE 2017'
Il a plu violemment toute la nuit , il pleuvait déjà hier
soir et il pleut encore ce matin !! Je ne vous explique pas l'état du
stade de rugby où nous campons ; c'est une véritable marre à canards
....! Il est plus que temps que l'on s'arrache d'ici même si Ushuaïa
reste une étape mythique dans nos têtes ,nous n'en pouvons plus de ce
bourbier . Heureusement que nous avons une position privilégiée le long
de la dalle de béton du hangar du club hippique où nous ont rejoint
Monique et Jean Marc , enfin décidés à quitter leur perchoir battu par
les vents . Il parait que leur dernière nuit passée là-haut a été
dantesque ! Pas étonnant que le Jean Marc soit venu se blottir entre
Roger et nous ! Comme au dernier lever de la nuit j'ai mis en route le
chauffage , nous réussissons à avoir 13,5 degrés ce matin côté repas
puisque maintenant nous avons définitivement adopté la fermeture de
porte de chambre .C'est quand même plus agréable de préparer le petit
déjeuner dans une ambiance chaude , pour la toilette , je n'en parle
même pas .Après le rituel de parachèvement du blog , nous nous préparons
pour le départ .
Au programme d'aujourd'hui une étape de 320 bornes que nous
avons déjà faite il y a quelques jours mais en sens inverse : eh oui ,
on commence notre interminable remontée vers le nord qui pourrait , si
tout va bien, aller jusqu'en Alaska ! Qui sait ?Mais pour l'instant,
notre premier soucis est d'aller jusqu'à notre station service préférée,
on peut dire ça puis que c'est maintenant notre troisième passage chez
eux , histoire d'envoyer le blog d'hier . Puis nous suivons la route qui
longe le port en traversant une succession interminable de chantiers des
ponts et chaussées pour retrouver avec plaisir le macadam de la Ruta 3 .
Rapidement, elle part à l'assaut de la montagne à grand renfort de
virages au milieu de la forêt . C'est avec un pincement au coeur que
nous voyons disparaitre derrière nous les jolies petites maisons de
planches peintes de couleurs vives , la haute silhouette des cargos et
le miroir des nombreux bassins où se balancent des voiliers à l'amarrage
.. Heureusement que devant nous les nuages s'écartent pour laisser place
aux rayons du soleil qui commencent à éclairer les sommets neigeux qui
nous entourent . C'est l'avantage de refaire cette route car la lumière
n'était pas si bonne il y a quelques jours . Résultat , nous multiplions
les arrêts photos jusqu'au Paséo (col) Garibaldi où curieusement il n'y
a presque plus de neige cette fois . Dès que nous avons franchi le
sommet, nous sommes obligés d'arrêter pour admirer le panorama qui
s'offre à nous ,sur l'autre versant : à nos pieds le lac Escondido
encerclé de forêts offre un miroir parfait aux monts neigeux voisins .
Au fond ,le lac Fagnano souligne l'horizon d' un fin liseré bleu turquoise .
En plongeant vers la vallée , la forêt pourtant bien verte
sur l'autre versant ,prend un tout autre aspect sur celui-ci ,avec des
troncs couverts de lichen , de longues barbes de parasites qui volent au
vent quand ce n'est pas carrément des squelettes d'arbres qui s'alignent
, formant de sinistres cortèges . Une fois parvenus face au Fagnano ,
nous obliquons sur la droite pour suivre sa rive sud , traversant au
passage une série de petits torrents, qui viennent l'alimenter . Dans le
lit de l'un d'eux, nous tirons le portrait d'un aigle aux prises avec
une grosse proie, déjà bien sanguinolente . Au bout du lac ,en
traversant Tolhuin , nous ne pouvons pas nous empêcher d'avoir une
petite pensée pour le célèbre Roberto ,perdu au milieu de son monde
surnaturel . Puis la Ruta 3 remonte une série de larges vallées
tapissées d'herbes rases où de petites rivières trainent nonchalamment
, décrivant de larges méandres au milieu des pâtures . Ensuite , comme
la route reprend ses mauvaises habitudes de tirer au cordeau au travers
du paysage ,jusqu'au fin fond de l'horizon , je passe le manche à
Dominique pour m'occuper du blog .
Quelques dizaines de kilomètres avant Rio Grande , nous
nous mettons à suivre l'océan en longeant d'interminables plages de
galets , on traverse ensuite le rio éponyme et nous voilà en vue de la
dernière grande ville de l'étape où nous devons faire quelques courses
, le plein de gasoil et remplir la réserve d'eau . Puis comme il est
déjà passé 11h30 nous décidons d'aller manger sur un parking face à la
mer . Nous profitons du repas pour cacher les fruits , les légumes , la
viande et la charcuterie pour le passage de la frontière chilienne .
Comme maintenant il fait quasiment 20 degrés dehors , nous prenons le
café avec notre porte grande ouverte sur le trottoir, et bien sûr
quelques autochtones nous interpellent pour nous demander d'où nous
venons , combien de temps risque de durer notre voyage et une foule
d'autres questions auxquelles on s'efforce de répondre pour essayer de
progresser un peu en espagnol :la plupart du temps ,ils doivent être
certainement très indulgents ,mais en tout cas ils comprennent ce que
nous leur disons . Par contre , dans l'autre sens, c'est très dur pour
nous de les comprendre ,car ils parlent vite et souvent avec des accents
régionaux qui compliquent les choses .
Nous reprenons notre remontée vers le nord en suivant
toujours l'océan que dominent par moment des falaises . Mais très vite
nous voilà de nouveau plonger dans l'immensité de la pampa ,à supporter
les caprices d'un vent latéral ,parfois très violent , venant de terre
..Nous atteignons le poste frontière argentin en un rien de temps .
Quatre coups de tampon , un formulaire à remplir et le tour est joué .
Reste à se taper les 20 bornes de pistes en mauvais état pour gagner la
frontière chilienne où les formalités vont très vite malgré notre manque
de carte grise qui les chagrine un peu quand même. Nous nous installons
ensuite dans une pâture, battue par les vents , et le mot est faible
,juste derrière les bâtiments des douanes comme nous l'avait demandé
Janette lors du dernier briefing .
Comme il n'est que 15h30 Dominique attaque une lessive avec
son petit lave-linge de poche pendant que je transfers les photos , puis
elle se lance dans une nouvelle aquarelle ayant comme sujet des phoques
entrain de se dorer au soleil sur rocher dans la baie d'Ushuaïa .
Fatigué de travailler sur l'ordinateur , je décide malgré la tempête
d'aller faire une ballade à pieds . Je commence par m'éloigner du
campement d'une bonne centaine de mètres pour en tirer un cliché ; on ne
peut décemment pas passer à côté d' une belle rangée de camping cars
,nichés auprès du bureau des douanes, au beau milieu de la pampa ravagée
par la tornade ; deux des nôtres arrivent avec le pare-brise fracassé
par les cailloux de la piste projetés par le vent ; l'un deux a même
l'avant piqueté d'impacts . Nous apprenons que c'est celui d'Annie et
Christian qui ,retardés par un nouveau plein de gaz ce matin , ont pris
le violent coup de tabac de fin d'après midi ! Décidément la scoumoune
continue pour les Coffinet! Malgré tout je continue ma promenade
jusqu'aux bâtiments que nous voyons depuis notre campement : il s'agit
d'une caserne de carabiniers et d'un petit hôtel-restaurant plus ou
moins fermé . Pas la peine de venir nous abriter ici avec nos véhicules
vu la faible hauteur des constructions .De retour je tombe sur Jean-Marc
qui, plus courageux que moi , et surtout mieux équipés en genoux , s'est
attaqué à l'ascension du petit mont qui domine le campement où batifole
un troupeau de guanacos . En revenant il m'explique qu'il a eu toutes
les peines du monde à progresser face au vent malgré la descente
pourtant bien raide . Pendant que nous discutons un petit oiseau noir et
blanc tente d'affronter les éléments de face :résultat le pauvre reste
en stationnaire à nos côté à quarante centimètre du sol pendant 10
bonnes minutes ! Désolé d'insister sur la tempête au risque d'être un
tentiné lourdingue , mais c'est notre principal sujet de conversation
dans notre petite communauté ,tant celle-ci est omni présente , jour et
nuit , depuis notre arrivée en Patagonie et qu'elle fait des ravages
parmi nous , nous déclenchant des céphalées rebelles voir même des états
ébrieux ,et en plus sans avoir eu le plaisir de picoler , c'est quand
même dommage !!
Vers 19h00 Janette nous fait un petit briefing par talkies
walkies comme elle a l'habitude lorsque les conditions météo sont
extrêmes .Ensuite , nous nous réunissons chez Roger pour l'apéro-bilan
de la journée .
PS : Pour Mr Prud'hom Raymond , maire d'Erloy en Thiérache: Merci de ton
sympathique commentaire, Raymond , aussi j'en profiter pour t'envoyer
spécifiquement une photo de canoë d'indien Yamana creusé dans un tronc
d'arbre ;rien de comparable avec les superbes embarcations que tu loues
dans ta base Canoë Evasion à Autreppes
soir et il pleut encore ce matin !! Je ne vous explique pas l'état du
stade de rugby où nous campons ; c'est une véritable marre à canards
....! Il est plus que temps que l'on s'arrache d'ici même si Ushuaïa
reste une étape mythique dans nos têtes ,nous n'en pouvons plus de ce
bourbier . Heureusement que nous avons une position privilégiée le long
de la dalle de béton du hangar du club hippique où nous ont rejoint
Monique et Jean Marc , enfin décidés à quitter leur perchoir battu par
les vents . Il parait que leur dernière nuit passée là-haut a été
dantesque ! Pas étonnant que le Jean Marc soit venu se blottir entre
Roger et nous ! Comme au dernier lever de la nuit j'ai mis en route le
chauffage , nous réussissons à avoir 13,5 degrés ce matin côté repas
puisque maintenant nous avons définitivement adopté la fermeture de
porte de chambre .C'est quand même plus agréable de préparer le petit
déjeuner dans une ambiance chaude , pour la toilette , je n'en parle
même pas .Après le rituel de parachèvement du blog , nous nous préparons
pour le départ .
Au programme d'aujourd'hui une étape de 320 bornes que nous
avons déjà faite il y a quelques jours mais en sens inverse : eh oui ,
on commence notre interminable remontée vers le nord qui pourrait , si
tout va bien, aller jusqu'en Alaska ! Qui sait ?Mais pour l'instant,
notre premier soucis est d'aller jusqu'à notre station service préférée,
on peut dire ça puis que c'est maintenant notre troisième passage chez
eux , histoire d'envoyer le blog d'hier . Puis nous suivons la route qui
longe le port en traversant une succession interminable de chantiers des
ponts et chaussées pour retrouver avec plaisir le macadam de la Ruta 3 .
Rapidement, elle part à l'assaut de la montagne à grand renfort de
virages au milieu de la forêt . C'est avec un pincement au coeur que
nous voyons disparaitre derrière nous les jolies petites maisons de
planches peintes de couleurs vives , la haute silhouette des cargos et
le miroir des nombreux bassins où se balancent des voiliers à l'amarrage
.. Heureusement que devant nous les nuages s'écartent pour laisser place
aux rayons du soleil qui commencent à éclairer les sommets neigeux qui
nous entourent . C'est l'avantage de refaire cette route car la lumière
n'était pas si bonne il y a quelques jours . Résultat , nous multiplions
les arrêts photos jusqu'au Paséo (col) Garibaldi où curieusement il n'y
a presque plus de neige cette fois . Dès que nous avons franchi le
sommet, nous sommes obligés d'arrêter pour admirer le panorama qui
s'offre à nous ,sur l'autre versant : à nos pieds le lac Escondido
encerclé de forêts offre un miroir parfait aux monts neigeux voisins .
Au fond ,le lac Fagnano souligne l'horizon d' un fin liseré bleu turquoise .
En plongeant vers la vallée , la forêt pourtant bien verte
sur l'autre versant ,prend un tout autre aspect sur celui-ci ,avec des
troncs couverts de lichen , de longues barbes de parasites qui volent au
vent quand ce n'est pas carrément des squelettes d'arbres qui s'alignent
, formant de sinistres cortèges . Une fois parvenus face au Fagnano ,
nous obliquons sur la droite pour suivre sa rive sud , traversant au
passage une série de petits torrents, qui viennent l'alimenter . Dans le
lit de l'un d'eux, nous tirons le portrait d'un aigle aux prises avec
une grosse proie, déjà bien sanguinolente . Au bout du lac ,en
traversant Tolhuin , nous ne pouvons pas nous empêcher d'avoir une
petite pensée pour le célèbre Roberto ,perdu au milieu de son monde
surnaturel . Puis la Ruta 3 remonte une série de larges vallées
tapissées d'herbes rases où de petites rivières trainent nonchalamment
, décrivant de larges méandres au milieu des pâtures . Ensuite , comme
la route reprend ses mauvaises habitudes de tirer au cordeau au travers
du paysage ,jusqu'au fin fond de l'horizon , je passe le manche à
Dominique pour m'occuper du blog .
Quelques dizaines de kilomètres avant Rio Grande , nous
nous mettons à suivre l'océan en longeant d'interminables plages de
galets , on traverse ensuite le rio éponyme et nous voilà en vue de la
dernière grande ville de l'étape où nous devons faire quelques courses
, le plein de gasoil et remplir la réserve d'eau . Puis comme il est
déjà passé 11h30 nous décidons d'aller manger sur un parking face à la
mer . Nous profitons du repas pour cacher les fruits , les légumes , la
viande et la charcuterie pour le passage de la frontière chilienne .
Comme maintenant il fait quasiment 20 degrés dehors , nous prenons le
café avec notre porte grande ouverte sur le trottoir, et bien sûr
quelques autochtones nous interpellent pour nous demander d'où nous
venons , combien de temps risque de durer notre voyage et une foule
d'autres questions auxquelles on s'efforce de répondre pour essayer de
progresser un peu en espagnol :la plupart du temps ,ils doivent être
certainement très indulgents ,mais en tout cas ils comprennent ce que
nous leur disons . Par contre , dans l'autre sens, c'est très dur pour
nous de les comprendre ,car ils parlent vite et souvent avec des accents
régionaux qui compliquent les choses .
Nous reprenons notre remontée vers le nord en suivant
toujours l'océan que dominent par moment des falaises . Mais très vite
nous voilà de nouveau plonger dans l'immensité de la pampa ,à supporter
les caprices d'un vent latéral ,parfois très violent , venant de terre
..Nous atteignons le poste frontière argentin en un rien de temps .
Quatre coups de tampon , un formulaire à remplir et le tour est joué .
Reste à se taper les 20 bornes de pistes en mauvais état pour gagner la
frontière chilienne où les formalités vont très vite malgré notre manque
de carte grise qui les chagrine un peu quand même. Nous nous installons
ensuite dans une pâture, battue par les vents , et le mot est faible
,juste derrière les bâtiments des douanes comme nous l'avait demandé
Janette lors du dernier briefing .
Comme il n'est que 15h30 Dominique attaque une lessive avec
son petit lave-linge de poche pendant que je transfers les photos , puis
elle se lance dans une nouvelle aquarelle ayant comme sujet des phoques
entrain de se dorer au soleil sur rocher dans la baie d'Ushuaïa .
Fatigué de travailler sur l'ordinateur , je décide malgré la tempête
d'aller faire une ballade à pieds . Je commence par m'éloigner du
campement d'une bonne centaine de mètres pour en tirer un cliché ; on ne
peut décemment pas passer à côté d' une belle rangée de camping cars
,nichés auprès du bureau des douanes, au beau milieu de la pampa ravagée
par la tornade ; deux des nôtres arrivent avec le pare-brise fracassé
par les cailloux de la piste projetés par le vent ; l'un deux a même
l'avant piqueté d'impacts . Nous apprenons que c'est celui d'Annie et
Christian qui ,retardés par un nouveau plein de gaz ce matin , ont pris
le violent coup de tabac de fin d'après midi ! Décidément la scoumoune
continue pour les Coffinet! Malgré tout je continue ma promenade
jusqu'aux bâtiments que nous voyons depuis notre campement : il s'agit
d'une caserne de carabiniers et d'un petit hôtel-restaurant plus ou
moins fermé . Pas la peine de venir nous abriter ici avec nos véhicules
vu la faible hauteur des constructions .De retour je tombe sur Jean-Marc
qui, plus courageux que moi , et surtout mieux équipés en genoux , s'est
attaqué à l'ascension du petit mont qui domine le campement où batifole
un troupeau de guanacos . En revenant il m'explique qu'il a eu toutes
les peines du monde à progresser face au vent malgré la descente
pourtant bien raide . Pendant que nous discutons un petit oiseau noir et
blanc tente d'affronter les éléments de face :résultat le pauvre reste
en stationnaire à nos côté à quarante centimètre du sol pendant 10
bonnes minutes ! Désolé d'insister sur la tempête au risque d'être un
tentiné lourdingue , mais c'est notre principal sujet de conversation
dans notre petite communauté ,tant celle-ci est omni présente , jour et
nuit , depuis notre arrivée en Patagonie et qu'elle fait des ravages
parmi nous , nous déclenchant des céphalées rebelles voir même des états
ébrieux ,et en plus sans avoir eu le plaisir de picoler , c'est quand
même dommage !!
Vers 19h00 Janette nous fait un petit briefing par talkies
walkies comme elle a l'habitude lorsque les conditions météo sont
extrêmes .Ensuite , nous nous réunissons chez Roger pour l'apéro-bilan
de la journée .
PS : Pour Mr Prud'hom Raymond , maire d'Erloy en Thiérache: Merci de ton
sympathique commentaire, Raymond , aussi j'en profiter pour t'envoyer
spécifiquement une photo de canoë d'indien Yamana creusé dans un tronc
d'arbre ;rien de comparable avec les superbes embarcations que tu loues
dans ta base Canoë Evasion à Autreppes
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