VINGT HUITIEME JOUR :26 NOVEMBRE 2017"

            Chose incroyable nous avons dormi comme des bébés , dans un
calme plat . Pourtant hier soir rien ne laissait présagé une telle nuit
, nous étions secoués comme des pruniers pendant l'apéro , le vent
miaulait ,mugissait , hurlait même par moment , les lanterneaux
battaient la mesure , c'était dantesque ! Et puis curieusement , plus
rien, la trêve jusqu'à 4h00 du matin pour recommencer de plus bel dès
que le jour s'est levé . Comme à l'approche du pôle nord , ici aussi
dans l'hémisphère sud les nuits raccourcissent bon train dès qu'on
fricote avec le pôle sud . Malgré tout, le thermomètre a bien chuté pour
tourner autour de 5 degrés ce matin . Résultat ,lorsque je tente ma
première sortie vers 5h30  pour photographier le campement, le soleil
pourtant déjà bien ardent ,ne  se révèle guère efficace . J'ai les mains
glacées en rentrant , heureusement que le café bien chaud pris dans un
gobelet en métal émaillé à vite fait de réparer ça .

            Bien que Janette nous ait conseillé de ne pas partir trop
tôt , nous décidons de décoller dès que nous sommes prêts ,vers 7h15 .
Ce matin la Go-Pro est de service et nous la mettons aussitôt à
contribution pour filmer les grosses vagues qui zèbrent la moindre pièce
d'eau , écrêtant  celles-ci pour former des nuages  d'embruns dispersés
aussitôt par les rafales suivantes . C'est superbe ,mais le froid
m'oblige à écourter la prise de vue pour retrouver la chaleur douillette
du camping-car , le plus dur dans l'affaire étant d'ouvrir et de fermer
la porte sans qu'elle ne s'arrache ; d'ailleurs hier , à l'arrivée au
campement , je me suis écorché tout le dos de la main gauche dans la
bagarre,  afin d'éviter des dégâts  matériels importants .

            Nous retrouvons notre piste caillouteuse  à souhait ,
l'avantage c'est que nous sommes partis les premiers du campement ,
résultat ,nous ne mangeons pas trop de poussière . En plus à cette heure
matinale , peu de camions ont déjà passé la frontière .Dans la pampa ,
les moutons s'abritent du mieux qu'ils peuvent , exploitant le moindre
repli de terrain , le moindre trou, pour se cacher du vent . Lorsque
nous traversons la zone de travaux , nous assistons au coulage d'une
chaussée en béton sur la piste d'en face . C'est bien la première fois
que je vois une machine fabriquer des routes belges ! Après trente
bornes , nous tombons sur le carrefour où nous avions pris à gauche à
l'aller lorsque nous venions du Détroit de Magellan . Là , avec la
déviation des travaux, le GPS se révèle complétement incompétent . Il
faut en toute logique laisser Porvenir  sur la droite et prendre la
direction de Camerone, pour tomber sur la Estancia Clémente où il est
possible de voir une colonie de pingouins royaux  selon Janette .Par
sécurité ,nous demandons confirmation au chauffeur d'un pick-up qui
arrive en face .

            Et nous voilà partis pour dégommer 15 bornes de très
mauvaise piste : une belle tôle ondulée avec des crans joliment profonds
et pointus à la fois . Après dix kilomètres de pampa balayée par les
vents , l'océan, blanc d'écume, apparait  sur notre droite . C'est
curieux comme sensation de voir déferler d'énormes vagues, presque au
dessus de nos têtes ! Nous sommes arrivés au fond de Bahia Inutil
..Encore un peu de piste et nous nous installons sur le parking de
l'Estancia Clémente pour aller boire le café chez Monique . Puis comme
il faut attendre encore une heure , j'en profite pour m'occuper du blog
pendant que Roger cherche le fusible qu'il a grillé  hier en surestimant
les capacités d'une de ses prises allumes-cigares .

            A 11h00 précises  ,après avoir payé 20 dollars US par
personne, on a droit à un petit laïus sur les Pinguïnos Reyes (manchots
empereurs) : d'une taille plus importante que les pingouins , ils
peuvent atteindre 1,20 mètres et sont reconnaissable par leur tache
jaune-orange au niveau du cou , un peu de rouge sur le côté du bec et au
niveau de ce qui correspond au oreilles . Dotés de plus grandes pattes
arrière , ils sont obligés d'écarter les jambes pour assurer leur
stabilité en position verticale . Originaire de l'Antarctique ,cette
colonie est venue s'installer ici, suite à de violentes tempêtes .
D'autres sont partis sur les Falklands . Puis nous sommes invités à
suivre un petit sentier qui mène à proximité d'une plage  de galets .
Cachés derrière une palissade  en planches ,garnie de postes
d'observation, nous découvrons avec beaucoup de plaisir cette espèce
rare de pingouins aux couleurs magnifiques . Seules les jeunes ,couverts
d'un duvet marron et dotés d'un gros ventre , ne sont guère élégants :
rien à voir avec les adultes  , vêtus de leur "queue de pie"  et 
redressant fièrement la tête , ce qui les rend vraiment, impériaux !

            Nous reprenons le camping car le plus vite possible dès la
visite achevée : d'abord parce que nous sommes transis et d'autre part
pour être les premiers sur la piste pour ne pas manger trop de poussière
.. Il n'y a pas , il faut d'abord refaire les 15 bornes de chemin défoncé
pour sortir d'ici avant de reprendre cette fois la route en béton vers
Cerro Sombrero . On ne peut pas rouler trop vite malgré tout à cause des
rafales qui nous surprennent le plus souvent par le travers ; il faut
rester très vigilant , aussi je passe le manche à Dominique car je
commence à avoir un coup de mou . Nous arrêtons quand même au niveau
d'un lac salé en voie d'assèchement pour faire quelques clichés ainsi
qu'au niveau d'une pâture où paissent des lamas d'élevage fraichement
tondus : ce sont certainement des alpagas domestiqués pour la production
de laine .

            Parvenus au détroit de Magellan ,nous commençons par
doubler une file de camions d'au moins trois kilomètres avant de nous
installer dans la file des voitures , heureusement beaucoup plus courte
.. Nous en profitons pour déjeuner avant d'aller prendre le café chez
Roger , positionné deux portes au dessus . Devant nous le Détroit de
Magellan est blanc d'écume ; nous avons bien peur que notre traversée ne
soit pas pour aujourd'hui, vue l'état de la mer ! Et puis ,tout à coup
vers 17h00, nous avançons d'un seul coup , un ferry venant juste
d'arriver . Mais malheureusement pour nous , Roger est le dernier à
pouvoir monter à bord , pour nous c'est remis à la prochaine traversée .
Et quelle traversée ! Là aussi ça balance sévère sur le Détroit de
Magellan et c'est amusant de voir les nuages tourner dans tous les sens
une fois à bord du ferry ! Le pauvre capitaine doit certainement jouer
avec la houle démesurée et les courants ,pour suivre une trajectoire
aussi tordue ! Lorsque nous débarquons il faut traverser un banc de
graviers  qui barre le débarcadère, pour pouvoir enfin grimper la pente
de la berge . Puis  docilement , selon les instructions de Janette ,
nous nous installons au pied du phare  , un peu sur la gauche du port où
des dauphins nous offrent un joli ballet de bienvenue !

            Le briefing , retardé par la crevaison  d'un équipage
suisse qui vient de perdre définitivement son second pneu de rechange, a
lieu au pied du phare vers 19h30 ,dans un petit renfoncement pour être 
à l'abri du vent .Janette nous explique un peu l'étape de demain qui
doit nous mener  à Punta Arenas  et nous donne quelques détails
techniques concernant la vie au Chili , notamment la parité du pesos : 1
dollars US pour 634 pesos chiliens , 1 euro pour 756 pésos chiliens.
Elle nous explique par la même occasion que les distributeurs chiliens
sont un peu plus généreux que leurs homologues argentins car ils
permettent de sortir l'équivalent de 300 euros d'un coup . Mais
rapidement le vent glacé met un terme à notre petite réunion qui a pour
toile de fond le Détroit de Magellan .

PS : Pour Clotilde et Claude que je remercie  fortement pour leur
assiduité à lire le blog et pour leurs commentaires aussi pertinents que
réguliers, qui sont un excellent stimulant pour celui qui s'y colle tous
les jours . En remerciement je vous adresse la photo de votre prochaine
exploitation où parait-il le sol sableux fait des miracles . Je pense
que  courageux comme vous l'êtes ,quelques dizaines de milliers
d'hectares ne vous feront pas peur!!

Commentaires

  1. Bravo et merci de nous faire partager votre aventure au jour le jour ! En tous cas, ça a l'air de souffler dans le coin ! Et dire qu'on trouve parfois que la Manche joue à la lessiveuse sur les rivages d'Ault ! Mais vous ne boxez pas dans la même catégorie !

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  2. Bon les Adeles vous vous faites bousculer par le vent
    Pierre heureusement que tu es là ..... La famille à des nouvelles par ton blog . merci c'est super. Bon bon voyage à tous les 2
    Bisous

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