VINGT ET UNIEME JOUR : LE 19 NOVEMBRE 2017
Comme la veille et l'avant veille , une tempête de vent
a secoué furieusement le camping car une bonne partie de la nuit malgré
qu'hier soir , juste avant d'aller au lit , j'ai pris la précaution de
remettre notre véhicule bien dans l'axe du vent . La violence des
rafales nous a littéralement passé au shaker jusqu'à ce que nous
plongions dans les bras de Morphée . Ce matin , pas question de louper
le lever de soleil , je suis sur le pont dès cinq heures et quart . Lors
de ma seconde sortie , je tombe sur Roger qui a dû plonger en
catastrophe dans le pantalon de peur de louper le spectacle qui en vaut
la peine : la lumière de l'aube fait rosir la baie où reposent les lions
de mer en même temps que les flancs des camping cars , perchés sur un
promontoire rocheux . C'est superbe , aussi l'appareil photo est mis à
rude contribution!
C'est dimanche aujourd'hui , résultat nous finissons le
reste des croissants avec un café au lit pour Dominique qui préfère
rester sous la couette . Heureusement que j'ai laissé marcher le
chauffage toute la nuit car il fait 7 degrés dehors , soit 3 ou 4
ressentis avec le vent qui souffle déjà bien fort .La plus basse
température extérieures que nous ayons eu ces derniers jours était de 6
degrés . Ca promet des claquement de dents et des frissons dans le dos
pour la Terre de Feu ,tout ça !! Le temps de laver le pare-brise , j'ai
les mains gelées ; Jean-Marie profite que je suis dehors pour
m'expliquer son problème de fuite de gasoil et me demander notre numéro
de téléphone argentin au cas où il aurait un problème sur la route .
Ca fait déjà trois semaines aujourd'hui que nous avons
quitté la maison et une dizaine de jours que nous errons sur les
routes de d'Argentines ; en principe ce soir nous aurons franchit la
barre des trois milles kilomètres .Comme d'habitude nous décollons vers
7h00 . La Ruta 3 dans un premier temps suit la côte , nous offrant de
magnifiques vues plongeantes sur une succession de caps rocheux , de
petites criques et de grandes plages de galets en arc de cercle . Avec
le bleu presque turquoise de l'océan et les nuances d'ocre des rochers ,
nous nous régalons sur une vingtaines de bornes avant d'obliquer vers
l'intérieur des terres . Par chance ,nous ne récupérons pas tout de
suite la monotonie plate de la pampa , bien contraire car la RN3 se
lance à l'assaut de petites montagnes pelées ,en décrivant de larges
lacets . Par moment les touffes d'épineux s'écartent pour laisser la
place à des pans de sable blond qui descendent du sommet jusqu'au fond
des vallées ,occupées parfois par des lacs ; certains , en voie
d'assèchement , s'auréolent d'une croûte de sel qui tranche avec l'ocre
de l'argile voisine . En arrêtant au bord de l'un d'eux ,notre
apparition déclenche la panique chez un groupe de flamants roses qui
s'envolent aussitôt . Nous nous octroyons également un autre arrêt
photo à la borne 2001 , la 2000 étant disparue malheureusement .
Un peu plus loin , au niveau de l'embranchement de la piste
qui mène à la forêt pétrifiée, qu'hier nous avions envisagé de visiter
, nous retrouvons Claire et Roger pour boire un café . A peine
sommes-nous installés que Monique et Jean Marc nous rejoignent pour
partager ce moment de détente, en grignotant quelques biscuits .
A peine avons nous quitter le confort douillé de la
pause-café, que nous retrouvons la monotonie de la steppe , les coups de
boutoir du vent toujours aussi violent et bien sûr les rails creusés
profondément dans la route . A part qu'aujourd'hui une autre embuche se
met de la partie, annoncée par le panneau :"Calzada en estado mal " ; le
tend de traduire , "chaussée en mauvaise état , me voilà entrain de
faire du slalom entre de profondes ornières pendant quelques kilomètres
.. Le problème c'est que le calzada en estado mal ,revient comme un
refrain tout au long du reste de la matinée, et un peu trop souvent à
notre goût .
Vers midi , d'un commun accord , sans concertation
préalable , nous empruntons sur la gauche de la Ruta 3 une petite piste
de 32 km qui suit la côte et mène à Puerto San Julian où nous devons
faire étape ce soir . Nous trouvons un superbe coin au bord d'une
plage de galets , juste au pied d'une falaise creusée de cavernes : un
petit coin de paradis ,qui une fois immortalisé par quelques rafale de
photos , se transforme en terrasse avec salon de jardin , barbecue et
plancha . Un petit coup de blanc le temps que la viande cuise et nous
passons à table , bercés par le bruit du ressac . Au café , nous avons
droit à un ballet improvisé par un groupe de dauphins qui s'amusent à
sauter au dessus des vagues , malheureusement nous parvenons pas à leur
tirer le portrait tant ils sont rapides .
Il faut vraiment se gendarmer pour quitter un tel lieu où
on aimerait que la fuite du temps s'arrête! Malgré tout , vers 14h30 ,
nous reprenons la piste, qui rapidement offre quelques difficultés :
profondes ornières qui obligent à passer dans la pampa , flaques de
boues ,devers , petits raidillons nerveux et même des zones couvertes
d'une épaisse couche de galets qui roulent sous les roues . Il faut bien
mettre un peu de piment pour relever la sauce . Une série de belvédères
nous permettent d'admirer la côte riches en falaises . Puis après 16
bornes de piste, tout à coup , après une grande descente nous voilà
obligés de traverser le lit d'une rivière où de profondes flaques de
boue nous poussent à la sagesse : il faut faire demi tour . De toutes
façons , nous n'en verrons pas d'avantage sur la seconde moitié du
parcours et se serait dommage d'entacher une journée si bien commencée !
Pendant le retour , lors du passage d'un devers , la roue avant de Roger
provoque l'effondrement du bord d'une tranchée d'un bon 40 centimètres
de profondeur , entrainant la roue arrière du même côté dans le trou .
Comme le dessous du camping car frotte , il faut se résoudre à terrasser
un peu pour sortir de ce mauvais pas et installer les plaques de
désensablement . Tout le monde s'y met et en moins d'une demi heure ,
nous pouvons reprendre la piste .
Après avoir fait le plein de gasoil nous allons voir la
reproduction du navire principal , la Victoria , de la flotte de cinq
esquifs dont disposait Magellan pour faire le premier Tour du Monde . Il
fit escale ici en raison d'une mutinerie qui entraina l'exécution de 44
matelots sur les 238 membres de l'expédition dont seuls 18 marins
rentreront sain et sauf en Espagne . Quant à lui , il mourut aux
Philippines après avoir reçu une flèche empoisonnée . Nous sommes
obligés de nous contenter de quelques photos de l'extérieur car la
visite n'est pas possible à cause des conditions météo trop mauvaises .
Nous allons ensuite nous installer au camping , face à l'océan où pour
une fois depuis bien longtemps nous pouvons bénéficier des installations
sanitaires . Chez les Coffinet la scoumoune continue ; aujourd'hui
c'est Annie qui reste coincée dans les douches et il faut l'intervention
de la taulière pour la libérer . On sait très bien que les e....es
n'arrivent jamais seuls mais on espère tous que la liste va s'arrêter là !
Ce soir on a droit à un méga-briefing mais tard , à 19h30,
car les suisses allemands ont monopolisé les lieux un bon moment ! En
effet demain , non seulement nous avons une longue étape , mais en plus
nous passons la frontière argento-chilienne et nous traversons le
Détroit de Magellan en ferry , pour enfin entrer en Terre de Feu , le
panard ! Aussi Janette est intarissable, surtout en ce qui concerne les
denrées qui ne peuvent pas entrer au Chili . J'espère que pour nous ça
se passera bien sans carte grise , ni permis internationaux . Puis elle
nous fait tirer le nom de l'équipage à qui on doit acheter un cadeau
pour Noel et bien sûr Dominique tombe sur Janette .
a secoué furieusement le camping car une bonne partie de la nuit malgré
qu'hier soir , juste avant d'aller au lit , j'ai pris la précaution de
remettre notre véhicule bien dans l'axe du vent . La violence des
rafales nous a littéralement passé au shaker jusqu'à ce que nous
plongions dans les bras de Morphée . Ce matin , pas question de louper
le lever de soleil , je suis sur le pont dès cinq heures et quart . Lors
de ma seconde sortie , je tombe sur Roger qui a dû plonger en
catastrophe dans le pantalon de peur de louper le spectacle qui en vaut
la peine : la lumière de l'aube fait rosir la baie où reposent les lions
de mer en même temps que les flancs des camping cars , perchés sur un
promontoire rocheux . C'est superbe , aussi l'appareil photo est mis à
rude contribution!
C'est dimanche aujourd'hui , résultat nous finissons le
reste des croissants avec un café au lit pour Dominique qui préfère
rester sous la couette . Heureusement que j'ai laissé marcher le
chauffage toute la nuit car il fait 7 degrés dehors , soit 3 ou 4
ressentis avec le vent qui souffle déjà bien fort .La plus basse
température extérieures que nous ayons eu ces derniers jours était de 6
degrés . Ca promet des claquement de dents et des frissons dans le dos
pour la Terre de Feu ,tout ça !! Le temps de laver le pare-brise , j'ai
les mains gelées ; Jean-Marie profite que je suis dehors pour
m'expliquer son problème de fuite de gasoil et me demander notre numéro
de téléphone argentin au cas où il aurait un problème sur la route .
Ca fait déjà trois semaines aujourd'hui que nous avons
quitté la maison et une dizaine de jours que nous errons sur les
routes de d'Argentines ; en principe ce soir nous aurons franchit la
barre des trois milles kilomètres .Comme d'habitude nous décollons vers
7h00 . La Ruta 3 dans un premier temps suit la côte , nous offrant de
magnifiques vues plongeantes sur une succession de caps rocheux , de
petites criques et de grandes plages de galets en arc de cercle . Avec
le bleu presque turquoise de l'océan et les nuances d'ocre des rochers ,
nous nous régalons sur une vingtaines de bornes avant d'obliquer vers
l'intérieur des terres . Par chance ,nous ne récupérons pas tout de
suite la monotonie plate de la pampa , bien contraire car la RN3 se
lance à l'assaut de petites montagnes pelées ,en décrivant de larges
lacets . Par moment les touffes d'épineux s'écartent pour laisser la
place à des pans de sable blond qui descendent du sommet jusqu'au fond
des vallées ,occupées parfois par des lacs ; certains , en voie
d'assèchement , s'auréolent d'une croûte de sel qui tranche avec l'ocre
de l'argile voisine . En arrêtant au bord de l'un d'eux ,notre
apparition déclenche la panique chez un groupe de flamants roses qui
s'envolent aussitôt . Nous nous octroyons également un autre arrêt
photo à la borne 2001 , la 2000 étant disparue malheureusement .
Un peu plus loin , au niveau de l'embranchement de la piste
qui mène à la forêt pétrifiée, qu'hier nous avions envisagé de visiter
, nous retrouvons Claire et Roger pour boire un café . A peine
sommes-nous installés que Monique et Jean Marc nous rejoignent pour
partager ce moment de détente, en grignotant quelques biscuits .
A peine avons nous quitter le confort douillé de la
pause-café, que nous retrouvons la monotonie de la steppe , les coups de
boutoir du vent toujours aussi violent et bien sûr les rails creusés
profondément dans la route . A part qu'aujourd'hui une autre embuche se
met de la partie, annoncée par le panneau :"Calzada en estado mal " ; le
tend de traduire , "chaussée en mauvaise état , me voilà entrain de
faire du slalom entre de profondes ornières pendant quelques kilomètres
.. Le problème c'est que le calzada en estado mal ,revient comme un
refrain tout au long du reste de la matinée, et un peu trop souvent à
notre goût .
Vers midi , d'un commun accord , sans concertation
préalable , nous empruntons sur la gauche de la Ruta 3 une petite piste
de 32 km qui suit la côte et mène à Puerto San Julian où nous devons
faire étape ce soir . Nous trouvons un superbe coin au bord d'une
plage de galets , juste au pied d'une falaise creusée de cavernes : un
petit coin de paradis ,qui une fois immortalisé par quelques rafale de
photos , se transforme en terrasse avec salon de jardin , barbecue et
plancha . Un petit coup de blanc le temps que la viande cuise et nous
passons à table , bercés par le bruit du ressac . Au café , nous avons
droit à un ballet improvisé par un groupe de dauphins qui s'amusent à
sauter au dessus des vagues , malheureusement nous parvenons pas à leur
tirer le portrait tant ils sont rapides .
Il faut vraiment se gendarmer pour quitter un tel lieu où
on aimerait que la fuite du temps s'arrête! Malgré tout , vers 14h30 ,
nous reprenons la piste, qui rapidement offre quelques difficultés :
profondes ornières qui obligent à passer dans la pampa , flaques de
boues ,devers , petits raidillons nerveux et même des zones couvertes
d'une épaisse couche de galets qui roulent sous les roues . Il faut bien
mettre un peu de piment pour relever la sauce . Une série de belvédères
nous permettent d'admirer la côte riches en falaises . Puis après 16
bornes de piste, tout à coup , après une grande descente nous voilà
obligés de traverser le lit d'une rivière où de profondes flaques de
boue nous poussent à la sagesse : il faut faire demi tour . De toutes
façons , nous n'en verrons pas d'avantage sur la seconde moitié du
parcours et se serait dommage d'entacher une journée si bien commencée !
Pendant le retour , lors du passage d'un devers , la roue avant de Roger
provoque l'effondrement du bord d'une tranchée d'un bon 40 centimètres
de profondeur , entrainant la roue arrière du même côté dans le trou .
Comme le dessous du camping car frotte , il faut se résoudre à terrasser
un peu pour sortir de ce mauvais pas et installer les plaques de
désensablement . Tout le monde s'y met et en moins d'une demi heure ,
nous pouvons reprendre la piste .
Après avoir fait le plein de gasoil nous allons voir la
reproduction du navire principal , la Victoria , de la flotte de cinq
esquifs dont disposait Magellan pour faire le premier Tour du Monde . Il
fit escale ici en raison d'une mutinerie qui entraina l'exécution de 44
matelots sur les 238 membres de l'expédition dont seuls 18 marins
rentreront sain et sauf en Espagne . Quant à lui , il mourut aux
Philippines après avoir reçu une flèche empoisonnée . Nous sommes
obligés de nous contenter de quelques photos de l'extérieur car la
visite n'est pas possible à cause des conditions météo trop mauvaises .
Nous allons ensuite nous installer au camping , face à l'océan où pour
une fois depuis bien longtemps nous pouvons bénéficier des installations
sanitaires . Chez les Coffinet la scoumoune continue ; aujourd'hui
c'est Annie qui reste coincée dans les douches et il faut l'intervention
de la taulière pour la libérer . On sait très bien que les e....es
n'arrivent jamais seuls mais on espère tous que la liste va s'arrêter là !
Ce soir on a droit à un méga-briefing mais tard , à 19h30,
car les suisses allemands ont monopolisé les lieux un bon moment ! En
effet demain , non seulement nous avons une longue étape , mais en plus
nous passons la frontière argento-chilienne et nous traversons le
Détroit de Magellan en ferry , pour enfin entrer en Terre de Feu , le
panard ! Aussi Janette est intarissable, surtout en ce qui concerne les
denrées qui ne peuvent pas entrer au Chili . J'espère que pour nous ça
se passera bien sans carte grise , ni permis internationaux . Puis elle
nous fait tirer le nom de l'équipage à qui on doit acheter un cadeau
pour Noel et bien sûr Dominique tombe sur Janette .
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