VINGT CINQUIEME JOUR : LE 23 NOVEMBRE 2017'

            Et encore et toujours une nuit de  violente tempête qui
nous secoue dans tous les sens et qui fait claquer affreusement les
aérateurs . Pourvus qu'ils tiennent le coup ceux-la, on serait  vraiment
très mal sans leur protection !! Pour la première fois  du voyage nous
dormons avec la porte à glissière de chambre fermée , nous isolant ainsi
de la fraicheur du reste de l'habitacle . Effectivement je suis obligé
de constater ce matin l'efficacité de cette réduction de volume , le
thermomètre n'affichant que 9 degrés côté cabine malgré le chauffage
laissé à 1,5 sur une échelle de 5 graduations . Un coup d'oeil rapide
par la fenêtre des toilettes me fait comprendre aussitôt  la situation:"
il a neigé cette nuit , l'herbe est toute blanche , Dominique ! Ca
promet pour notre ballade en bateau sur le canal de Beagle ! Je crois
bien , si ma mémoire ne me fait pas défaut , qu'il y a trente cinq ans ,
nous avions eu aussi de la neige sur le bateau , mais c'était en
mars-avril je pense !" Malgré tout, je tente une sortie pour faire
quelques photos du campement sous la neige ! La paroi droite du camping
car , côté vent, est encore décoré de dépôts de gros cristaux au niveaux
des gardes-boues , des roues , les portes et les fenêtres étant
soulignées d'un liseré blanc . Le paillasson , quant à lui, est
recouvert carrément . Un cheval , resté dehors dans son enclos , ne
semble pas gêné  du tout par la  situation et continue à brouter
consciencieusement ce qui doit être un véritable sorbet à la chlorophylle !

            Comme les minibus viennent nous chercher  vers 8h30 pour
aller au port , nous avons le temps de trainer un peu . Pendant que je
travaille sur le blog, Dominique s'occupe de son journal de voyage ,  en
sirotant son café à la chambre . Sur les conseils de Roger, nous
déplaçons le camping car à proximité d'un hangar où le sol est moins
boueux . Et puis d'après Janette , nous risquons de prendre des coups de
ballon si nous restons où nous sommes , en bout de terrain de rugby car
ce soir il y a entrainement .

            A 9h00, nous nous installons à bord d'un super catamaran
tout vitré comme un bateau mouche , chauffé , avec un bar où nous
pouvons commander un café : le panard ! Rien à voir avec la petite
vedette que nous avions emprunté il y a 35 ans où nous étions debout
dehors sur le pont arrière ! Les nuages , bas et menaçants de ce matin
,se lèvent tout doucement pendant que de timides rayons de soleil
tentent une sortie , éclairant  tantôt le port , tantôt la ville haute 
, tantôt les montagnes ,mais jamais le tout en même temps ; il faut être
très vigilant pour saisir ces opportunités photographiques ,car elles
sont rares et fugaces  . Après nous être occupés de la côte du mieux que
nous pouvons , nous nous attaquons à tout une série d'îlots qui peuplent
le canal de Beagle , bras de mer qui va de l'Océan Pacifique à l'Ouest 
à l'Océan Atlantique à l'Est en longeant l'îles Navarino qui appartient
au Chili . Ces récifs rocheux constituent d' excellents refuges à des
colonies de  pingouins et de cormorans occupés à la construction de leur
nid avec des algues qui servent à tapisser la moindre anfractuosités
rocheuse . C'est amusant de les voir voler en rase-motte le bec chargé
de varech . Comme ils se tiennent debout sur leurs pattes arrières et
que leur plumage est également noir et blanc ,ont les prendraient
volontiers pour leur voisin immédiat , les pingouins . Mais eux, sont
dotés de plus grandes ailes qui leur permettent de voler . D'après
Janette , ils sont capables aussi de plonger très profondément dans
l'eau pour aller pêcher poissons et calamars .

            Diego , notre capitaine , nous emmène ensuite au Faro Les
Eclaireurs , autre îlot rocheux doté d'un phare appartenant au Chili ;
ici c'est le domaine des Lions de Mer  (Isla de Los Lobos ) qui se
prélassent au soleil,  faisant briller leur fourrure comme jamais ; nous
voyons de vieux mâles se dresser fièrement sur leurs nageoires en
rugissant ,la gueule grande ouverte . Plus bas sur les rochers  , une
femelle allaite son petit pendant que de jeunes phoques semblent
s'amuser comme dans une cour d'école , à se bousculant à souhait . Après
avoir fait le tour de l'île au ralentit , le capitaine nous emmène sur
Islas Bridges , un petit archipel où des bancs d'algues jaunes éclatants
ceinturent les récifs rocheux . On nous invite à débarquer pour faire
une petite marche parmi les herbes rases et les buissons taillés par le
vent . Partout , nous voyons des baies rouges  formant parfois de petits
bouquets , un peu comme les airelles . Malheureusement personne n'est
capable de répondre à nos questions  les concernant ,mais je reste
persuadé qu'il s'agit d'un fruit de la même famille comme ceux que nous
avions pu voir en Norvège . Le jeux des rayons du soleil, sur les bancs
d'algues devenant subitement fluorescents ,sur l'eau transformée
brutalement en miroir métallique , sur les montagnes exhibant
orgueilleusement de larges pans neigeux, nous ravie . Les appareils
photos crépitent comme jamais .

            Nous rentrons  sur Ushuaïa vers 13h00 juste pour aller
déguster des centolla chez  Freddy ,installé calle San Martin . Comme
nous ne pouvons pas avoir une table pour  12 personnes , nous décidons
de manger en hommes et laissons ces dames se débrouiller toutes seules :
on  déguste donc ces fameuses araignées de mer, avec des crevettes et
des moules , avec du parmesan , aux fines herbes , au naturel , bref à
toutes les sauces et c'est toujours aussi excellent que lorsque nous
étions venus à Ushuaïa il y a 35 ans . Puis nous nous rendons à la poste
pour acheter des timbres : 85 pesos soit 4,5 euros pour envoyer une
carte postale en France , ça n'est pas donner ,mais ça vient du bout du
monde !! Nous passons ensuite dans un atelier de serrurerie indiqué par
Janette pour faire un double l' unique clef qui sert à ouvrir les
différentes soutes et portes du camping car . On fait aussi un peu de
lèche vitrine : on achète des unités pour notre téléphone argentin , un
bonnet de laine pour Dominique et trois tee shirts  avec des pingouins
pour Antoine , Alexandre et Charlotte, nos petits enfants . Nous tombons
sur Annie et Christian, qui finissent leurs courses également, pour
aller boire un chocolat au "Lago Négro" ,offert par la compagnie
maritime qui nous a transporté ce matin .  Il ne reste plus qu'à trouver
un taxi pour rentrer au campement ; en discutant avec le chauffeur pour
progresser en espagnol , nous apprenons qu'un sous-marin militaire
argentin a explosé ce matin à Puerto Madryn où nous sommes passés il y a
quelques jours . Il y aurait 44 morts  selon lui .

             En rentrant , nous prenons le café en compagnie de Claire
et Roger puis nous nous attelons au transfert des photos, encore très
nombreuses aujourd'hui .Ce soir nous sommes invités dans les hauteurs du
campement ,chez Annie et Christian ,pour un apéro en plein air, face aux
montagnes neigeuses : c'est frisquet mais royal ! Avec le secours  de la
convivialité  et de l'alcool réunis, il faut le dire  ,nous parvenons à
tenir jusqu'à 20h30 avant de rentrer au chaud ,dans nos camping cars
respectifs .

Commentaires

  1. c'est comme ci on était avec vous avec votre blog !!
    bonjour aux gruffat et coffinet

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  2. Tu as passé des années à soigner les corps de tes patients aujourd hui c est leur âme que tu fais voyager. C est vrt un plaisir de pouvoir vous lire. Merci

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