QUATORZIEME JOUR : LE DOUZE NOVEMBRE 2017"
Quel bonheur de dormir sur la plage et d'être réveillé par
le bruit du ressac ! Merci Janette pour ce superbe bivouac ! Bien qu'il
face un peu moins froid à bord qu'hier matin , je suis quand même obligé
de mettre un peu de chauffage par chasser la fraicheur de la nuit . Il
est 5h30 , mais déjà le soleil levant offre un magnifique spectacle sur
la plage . Le temps d'enfiler quelque chose et aussitôt je me précipite
dehors , l'appareil photo en main ; il faut faire vite car le spectacle
est fugace ! Une bonne dizaine de pêcheurs sont déjà entrain de mettre
à l'eau une lancha à moteur (barque) d'au moins huit mètres de
longueur . Pas facile avec les grosses vagues de l'océan qui déferlent
sur la plage .
Je rentre de mes investigations juste pour servir le
café qui vient de passer : aujourd'hui aussi nous prendrons le petit
déjeuner à bord ; d'abord parce qu'il fait un peu frais dehors mais
surtout parce que nous sommes décidés à ne pas trainer pour partir tôt .
Nous avons une étape assez longue au programme et aussi une multitude de
petites obligations matérielles à faire tout au long de la route . Après
les préparatifs habituels , nous nous attaquons à un sérieux lavage du
parebrise couvert d'insectes écrasés car il devient impossible de tirer
la moindre photo à travers .
Malgré tout, à 7h00 nous sommes prêts à décoller . Il faut
d'abord enlever les cales que j'ai posé par prudence sur nos plaques de
désensablement sous le train avant pour horizontaliser le camping-car
qui faisait un peu la gueule avec la pente de la plage . Ensuite, il
faut rejoindre la terre ferme en évitant les bancs de sable mous qui
foisonnent dans le secteur . Nous ne retrouvons la paix que lorsque nous
remontons la piste de caillasses à l'ombre de grands eucalyptus qui nous
mènent à la route . Joli bivouac , mais d'un accès délicat !
A peine sortis des dunes ,nous franchissons un premier
barrage sanitaire aussi désert que la veille ,et très vite nous nous
arrêtons pour nous occuper de la vidange des eaux grises et des
toilettes dans les roseaux , au bord d'un marigot . Après une dizaine
de bornes de petites routes , nous reprenons la RN3 en direction de
Bahia Blanca ,distante de 100 km, où nous espérons faire le plein de
gasoil . L'idéal serait d'en trouver avant car d'après notre jauge ,ça
risque d'être juste ! Sur les bas côtés , nous remarquons comme la
veille, de petites chapelles rouges d'à peine 50 centimètres de hauteur
, souvent balisées par des rubans rouges attachés aux arbres qui
l'entourent quand ce ne sont pas des fanions qui volent au vent , rouges
également . Hier soir Janette nous a expliqué la légende de "Gaucho Gil"
(prononcez gaoutcho il !) qui est à la base de tout ceci : un gaucho
était amoureux d'une belle jeune fille , qui malheureusement était aussi
convoitée par un flic . Jaloux , celui-ci s'arrangea pour faire arrêter
le gaucho pour un délit imaginaire . Le pauvre vacher fut emmener à
Buenos Aires par deux gendarmes pour être juger . Comme la route était
trop longue , ceux-ci décidèrent d'exécuter la sentence sur le bord du
chemin . Le pauvre gaucho demanda à l'un de ses bourreaux de prier pour
lui s'il voulait que son fils malade soit sauvé . Après la pendaison,
le gendarme retrouva son fils en si mauvais état qu'il se mit à
construire une petite chapelle rouge , de la couleur du foulard des
gauchos et se mit à prier pour sauver la vie de son fils . Depuis ce
sont surtout les jeunes fiancés qui construisent ces petites chapelles
en quête de bonheur ! Nous, on ferait peut être bien d'en construire une
pour avoir du gasoil ,car le peu de stations que nous rencontrons ,
sont abandonnées depuis bien longtemps !
Arrivés à l'entrée de Bahia Blanca ,ça fait au moins 20
bornes qu'on roule sur la réserve . Dominique commence à s'énerver :"
c'est toujours la même chose avec toi ,il faut que tu ailles jusqu'à
l'extrême limite . Au lieu d'avoir rempli les deux jerricans de la soute
la dernière fois , monsieur fait le fanfaron ! Eh bien tant pis pour toi
, tu vas encore savoir ce que c'est que de marcher ....!" Bassiné par le
couplet habituel , je me dépêche de rattraper Claire et Roger qui sont
un peu plus loin devant , histoire de me faire prendre en stop si la
situation tourne au vinaigre . Pour finir , après avoir tourner un peu
dans les faubourgs de Bahia Blanca ,nous trouvons une petite pompe, de
justesse , il faut le dire !Ouf...! Après avoir rempli le réservoir et
un jerrican de carburant , nous profitons de la gentillesse du pompiste
pour faire le plein d'eau . Il nous donne même le code wifi de la
station , ce qui nous permet en plus, d'envoyer le blog d'hier et de se
connecter sur Skype pour Claire et Roger . Aussi je le remercie en lui
offrant un porte-clef Tour Eiffel qui le ravit .
Nous remontons ensuite un paquet de rues , de boulevards et
d'avenues avant de trouver le fameux supermarché Walmart indiqué par
Janette où nous retrouvons Jean Marie et Michèle , partis de bonne heure
eux aussi , apparemment . Nous achetons une nouvelle cafetière , du vin
argentin , du pain , du café colombien et de la viande de boeuf locale .
Bien que nous n'ayons pas trainé dans les rayons , il est
déjà 11h00 lorsque nous sortons de Bahia Blanca où beaucoup d'Argentins
des beaux quartiers font leur jogging dominical . C'est alors que nous
traversons une région sinistre, faite de terrains vagues, suivie de la
première zone industrielle que nous rencontrons depuis Buenos Aires .
C'est vraiment un pays encore très agricole . Ensuite nous franchissons
le premier vrai contrôle sanitaire spécialisé dans les légumes : cela se
résume en une visite de notre frigo, que nous avions préalablement vidé
pour la circonstance , et le paiement d'une taxe de 30 pésos .
Juste après cette formalité administrative, nous
franchissons le Rio Colorado pour entrer dans la province de Patagonie ,
matérialisée par un grand panneau montrant la carte géographique de
l'Argentine . Comme hier, nous traversons une zone au relief un peu plus
vallonné et légèrement boisée . Dans un pré où paissent des vaches ,nous
voyons un groupe de quatre nandous dodeliner de la tête en marchant à
grands pas . Malheureusement , nous roulons trop vite à cet endroit pour
nous octroyer une petite halte photo . Nous parcourons encore cent
bornes et nous tombons sur le second contrôle sanitaire ,spécialisé
dans la viande celui-là . Ici , zéro visite du camping-car , simplement
quelques mots de bienvenu ,et surtout une demande de Tour Eiffel :
certainement que Jean Marc ou Roger sont passés par là avant nous, mais
n'ont donné qu'un porte-clef alors que les contrôleurs sont deux ; nous
réparons donc l'injustice ! Quelques kilomètres plus loin , nous nous
installons à l'entrée d'un chemin pour casser la croute, et aussi pour
remettre nos vivres périssables dans le frigo .C'est alors que nous
constatons qu'Isabelle et Gérard sont attablés un peu plus loin dans le
même chemin .
Comme les jours précédents Dominique prend le poste d'après
midi pendant que je vaque à mes obligations photographiques et
journalistiques. Nous traversons une pampa plus aride, où l'herbe se
fait rare, laissant petit à petit la place à des touffes d'épineux .
Nous passons ainsi à proximité de Pédro Luro , de Carmen de Patagones
où nous franchissons un grand pont métallique qui enjambe le Rio Négro
pour atteindre Viedma . Nous continuons ensuite jusqu'à l'entrée d'El
Condor où nous ne parvenons pas à faire le plein de gasoil , le camion
citerne étant seulement entrain de remplir les citernes de l'unique
station ; ce sera pour demain !
Nous continuons jusqu'au phare pour nous installer en haut
de falaises sauvages habitées par une énorme colonie de perroquets qui
squattent des milliers de petites anfractuosités creusées dans la roche
par les intempéries . Une fois stationnés , nous descendons faire une
grande ballade sur la plage en compagnie d'Annie et Christian qui
viennent d'arriver juste après nous . Encore un magnifique bivouac ,
face à l'océan ! Merci Janette ! 420 bornes supplémentaires qui nous
rapprochent encore un peu plus d'Ushuaia , parcourues en un peu plus de
6 heures .
Ce soir le briefing a lieu sur les falaises , face à
l'océan et en plein vent . Mieux vaut se couvrir chaudement . Puis
Janette nous fait goûter un apéro local , sans alcool , à base de
gentiane , de baies de sureau et quelques autres plantes tout en parlant
de la fameuse péninsule Valdes , très célèbre en raison du passage
incontournable des baleines pour y mettre bas . Nous terminons ensuite
la soirée par un vrai apéro cette fois chez nous avec les Bories et les
Gruffat . Depuis notre arrivée sur la falaise jusqu'au coucher nous
vivons dans charivari permanent dû aux piaillements du nuage de
perroquet qui virevoltent en permanence au dessus de nos têtes . C'est
assourdissant et Monique , insomniaque renommée, craint le pire pour
cette nuit !
le bruit du ressac ! Merci Janette pour ce superbe bivouac ! Bien qu'il
face un peu moins froid à bord qu'hier matin , je suis quand même obligé
de mettre un peu de chauffage par chasser la fraicheur de la nuit . Il
est 5h30 , mais déjà le soleil levant offre un magnifique spectacle sur
la plage . Le temps d'enfiler quelque chose et aussitôt je me précipite
dehors , l'appareil photo en main ; il faut faire vite car le spectacle
est fugace ! Une bonne dizaine de pêcheurs sont déjà entrain de mettre
à l'eau une lancha à moteur (barque) d'au moins huit mètres de
longueur . Pas facile avec les grosses vagues de l'océan qui déferlent
sur la plage .
Je rentre de mes investigations juste pour servir le
café qui vient de passer : aujourd'hui aussi nous prendrons le petit
déjeuner à bord ; d'abord parce qu'il fait un peu frais dehors mais
surtout parce que nous sommes décidés à ne pas trainer pour partir tôt .
Nous avons une étape assez longue au programme et aussi une multitude de
petites obligations matérielles à faire tout au long de la route . Après
les préparatifs habituels , nous nous attaquons à un sérieux lavage du
parebrise couvert d'insectes écrasés car il devient impossible de tirer
la moindre photo à travers .
Malgré tout, à 7h00 nous sommes prêts à décoller . Il faut
d'abord enlever les cales que j'ai posé par prudence sur nos plaques de
désensablement sous le train avant pour horizontaliser le camping-car
qui faisait un peu la gueule avec la pente de la plage . Ensuite, il
faut rejoindre la terre ferme en évitant les bancs de sable mous qui
foisonnent dans le secteur . Nous ne retrouvons la paix que lorsque nous
remontons la piste de caillasses à l'ombre de grands eucalyptus qui nous
mènent à la route . Joli bivouac , mais d'un accès délicat !
A peine sortis des dunes ,nous franchissons un premier
barrage sanitaire aussi désert que la veille ,et très vite nous nous
arrêtons pour nous occuper de la vidange des eaux grises et des
toilettes dans les roseaux , au bord d'un marigot . Après une dizaine
de bornes de petites routes , nous reprenons la RN3 en direction de
Bahia Blanca ,distante de 100 km, où nous espérons faire le plein de
gasoil . L'idéal serait d'en trouver avant car d'après notre jauge ,ça
risque d'être juste ! Sur les bas côtés , nous remarquons comme la
veille, de petites chapelles rouges d'à peine 50 centimètres de hauteur
, souvent balisées par des rubans rouges attachés aux arbres qui
l'entourent quand ce ne sont pas des fanions qui volent au vent , rouges
également . Hier soir Janette nous a expliqué la légende de "Gaucho Gil"
(prononcez gaoutcho il !) qui est à la base de tout ceci : un gaucho
était amoureux d'une belle jeune fille , qui malheureusement était aussi
convoitée par un flic . Jaloux , celui-ci s'arrangea pour faire arrêter
le gaucho pour un délit imaginaire . Le pauvre vacher fut emmener à
Buenos Aires par deux gendarmes pour être juger . Comme la route était
trop longue , ceux-ci décidèrent d'exécuter la sentence sur le bord du
chemin . Le pauvre gaucho demanda à l'un de ses bourreaux de prier pour
lui s'il voulait que son fils malade soit sauvé . Après la pendaison,
le gendarme retrouva son fils en si mauvais état qu'il se mit à
construire une petite chapelle rouge , de la couleur du foulard des
gauchos et se mit à prier pour sauver la vie de son fils . Depuis ce
sont surtout les jeunes fiancés qui construisent ces petites chapelles
en quête de bonheur ! Nous, on ferait peut être bien d'en construire une
pour avoir du gasoil ,car le peu de stations que nous rencontrons ,
sont abandonnées depuis bien longtemps !
Arrivés à l'entrée de Bahia Blanca ,ça fait au moins 20
bornes qu'on roule sur la réserve . Dominique commence à s'énerver :"
c'est toujours la même chose avec toi ,il faut que tu ailles jusqu'à
l'extrême limite . Au lieu d'avoir rempli les deux jerricans de la soute
la dernière fois , monsieur fait le fanfaron ! Eh bien tant pis pour toi
, tu vas encore savoir ce que c'est que de marcher ....!" Bassiné par le
couplet habituel , je me dépêche de rattraper Claire et Roger qui sont
un peu plus loin devant , histoire de me faire prendre en stop si la
situation tourne au vinaigre . Pour finir , après avoir tourner un peu
dans les faubourgs de Bahia Blanca ,nous trouvons une petite pompe, de
justesse , il faut le dire !Ouf...! Après avoir rempli le réservoir et
un jerrican de carburant , nous profitons de la gentillesse du pompiste
pour faire le plein d'eau . Il nous donne même le code wifi de la
station , ce qui nous permet en plus, d'envoyer le blog d'hier et de se
connecter sur Skype pour Claire et Roger . Aussi je le remercie en lui
offrant un porte-clef Tour Eiffel qui le ravit .
Nous remontons ensuite un paquet de rues , de boulevards et
d'avenues avant de trouver le fameux supermarché Walmart indiqué par
Janette où nous retrouvons Jean Marie et Michèle , partis de bonne heure
eux aussi , apparemment . Nous achetons une nouvelle cafetière , du vin
argentin , du pain , du café colombien et de la viande de boeuf locale .
Bien que nous n'ayons pas trainé dans les rayons , il est
déjà 11h00 lorsque nous sortons de Bahia Blanca où beaucoup d'Argentins
des beaux quartiers font leur jogging dominical . C'est alors que nous
traversons une région sinistre, faite de terrains vagues, suivie de la
première zone industrielle que nous rencontrons depuis Buenos Aires .
C'est vraiment un pays encore très agricole . Ensuite nous franchissons
le premier vrai contrôle sanitaire spécialisé dans les légumes : cela se
résume en une visite de notre frigo, que nous avions préalablement vidé
pour la circonstance , et le paiement d'une taxe de 30 pésos .
Juste après cette formalité administrative, nous
franchissons le Rio Colorado pour entrer dans la province de Patagonie ,
matérialisée par un grand panneau montrant la carte géographique de
l'Argentine . Comme hier, nous traversons une zone au relief un peu plus
vallonné et légèrement boisée . Dans un pré où paissent des vaches ,nous
voyons un groupe de quatre nandous dodeliner de la tête en marchant à
grands pas . Malheureusement , nous roulons trop vite à cet endroit pour
nous octroyer une petite halte photo . Nous parcourons encore cent
bornes et nous tombons sur le second contrôle sanitaire ,spécialisé
dans la viande celui-là . Ici , zéro visite du camping-car , simplement
quelques mots de bienvenu ,et surtout une demande de Tour Eiffel :
certainement que Jean Marc ou Roger sont passés par là avant nous, mais
n'ont donné qu'un porte-clef alors que les contrôleurs sont deux ; nous
réparons donc l'injustice ! Quelques kilomètres plus loin , nous nous
installons à l'entrée d'un chemin pour casser la croute, et aussi pour
remettre nos vivres périssables dans le frigo .C'est alors que nous
constatons qu'Isabelle et Gérard sont attablés un peu plus loin dans le
même chemin .
Comme les jours précédents Dominique prend le poste d'après
midi pendant que je vaque à mes obligations photographiques et
journalistiques. Nous traversons une pampa plus aride, où l'herbe se
fait rare, laissant petit à petit la place à des touffes d'épineux .
Nous passons ainsi à proximité de Pédro Luro , de Carmen de Patagones
où nous franchissons un grand pont métallique qui enjambe le Rio Négro
pour atteindre Viedma . Nous continuons ensuite jusqu'à l'entrée d'El
Condor où nous ne parvenons pas à faire le plein de gasoil , le camion
citerne étant seulement entrain de remplir les citernes de l'unique
station ; ce sera pour demain !
Nous continuons jusqu'au phare pour nous installer en haut
de falaises sauvages habitées par une énorme colonie de perroquets qui
squattent des milliers de petites anfractuosités creusées dans la roche
par les intempéries . Une fois stationnés , nous descendons faire une
grande ballade sur la plage en compagnie d'Annie et Christian qui
viennent d'arriver juste après nous . Encore un magnifique bivouac ,
face à l'océan ! Merci Janette ! 420 bornes supplémentaires qui nous
rapprochent encore un peu plus d'Ushuaia , parcourues en un peu plus de
6 heures .
Ce soir le briefing a lieu sur les falaises , face à
l'océan et en plein vent . Mieux vaut se couvrir chaudement . Puis
Janette nous fait goûter un apéro local , sans alcool , à base de
gentiane , de baies de sureau et quelques autres plantes tout en parlant
de la fameuse péninsule Valdes , très célèbre en raison du passage
incontournable des baleines pour y mettre bas . Nous terminons ensuite
la soirée par un vrai apéro cette fois chez nous avec les Bories et les
Gruffat . Depuis notre arrivée sur la falaise jusqu'au coucher nous
vivons dans charivari permanent dû aux piaillements du nuage de
perroquet qui virevoltent en permanence au dessus de nos têtes . C'est
assourdissant et Monique , insomniaque renommée, craint le pire pour
cette nuit !
Merci bcp pour l information le mystère est levé! Le capibara est le plus gros rongeur vivant sur terre qd mm!
RépondreSupprimeren argentine il porte le nom de carpincho
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