DEUXIEME JOUR : LE 31 OCTOBRE 2017

            Il faut attendre 1h15 pour que le réacteur gauche accepte
enfin de rugir , bizarrement à mon goût , mais cette fois nous quittons
notre place de parc pour gagner la piste d'envol . L'ambiance est un peu
tendu à bord , tout le monde tend l'oreille , surveille l'évolution sur
la piste jusqu'au décollage  qui lui même  se révèle laborieux . On
dirait que notre pilote a bien du mal  à monter le rythme des moteurs ,
tout vibre à bord  , aussi jusqu'au bout de la piste nous restons très
attentif . Heureusement qu'ensuite la fatigue d'une longue journée finit
par avoir raison de nous et un peu partout dans la carlingue on voit
s'installer des bivouacs , chacun essayant d'exploiter du mieux qu'il
peut le moindre centimètre disponible . C'est amusant de voir ce
patchwork d'oreillers et de couvertures dans la pénombre du coque-pite .

            Après une nuit en pointillés , nous faisons le bilan de nos
douleurs en nous réveillant : " Ah Pierre ... j'ai le sciatique gauche
qui titille un max ! Moi ,ce sont les genoux qui sont complétement
ankylosés et je ne te parle pas des cervicales , il faut se résoudre à
faire un tour de piste pour apaiser tout çà . En regardant notre
position sur l'écran nous comprenons très vite que les trois heures de
retard d'hier nous empêcherons d'avoir notre connection à Sao Paulo .
Par chance le petit déjeuner arrive et surtout le café du matin qui
l'accompagne : ce réconfort matériel a tôt fait de dissiper l'ombre de
l'attente d'un autre vol pour rejoindre Iguazu .

            Nous atterrissons vers 12h30 , heure de Paris , soit 9h30
en heure locale  ; notre second avion est partie depuis une demi heure .
On nous invite donc à attendre devant les bureaux de LATAM mais avec
cette déconvenue , c'est presque les trois quart de l'avion qui doit
négocier un autre plan de vol . La queue s'allonge sur des centaines de
mètres . C'est alors qu'on reçoit un sms de Claire et Roger qui ont
également loupé leur avion et qui sont entrain de récupérer leur bagage
à l'étage inférieur . Après une bonne demi heure d'attente des employés
de LATAM ont pitié de nous et viennent nous aider en nous guidant dans
nos démarches ; récupération de nos bagages , passage en douane puis de
nouveau ré-enregistrement; et comme l'heure tourne , ils nous offrent
même des tickets -resto .C'est en cherchant le fameux Montana où nous
devons manger que nous tombons sur Claire et Roger qui terminent leur
repas à la terrasse d'une pizzéria ; ils ont la mine déconfites car
leurs bagages se sont égarés aux cours des péripéties de leur voyage .
Ce qui complique la chose c'est qu'à Madrid nos montagnards ont dû
prendre le vol suivant à 23h30 et en plus , avec  une autre compagnie .
Nous essayons de leur remonter le moral tout en dégommant notre premier
steak sud américain qui se révèle excellent bien qu'issu d'un fast food .

            Comme nous repartons  ensemble avec le vol  de 15h00 pour
Iguazu , nous décidons de nous reposer les jambes dans une salle
d'embarquement . On profite de ses deux heures de repos forcé pour
transférer les photos et mettre à jour le blog .

            Comme prévu ,nous décollons vers 15h15 à bord d'un Airbus
A321 qui nous offre un superbe numéro de voltige au dessus du bassin du
Parana et de l'Iguazu , deux énormes rivières aux eaux boueuses qui
serpentent au milieu de la forêt tropicale . On admire aussi au passage
les lacs et l'énorme barrage hydro électrique  d'Itaipu . Dès notre
passage à l'aéroport nous essayons de nous informer sur les bagages
errants des Gruffat  , mais  en vain . Il faut se résoudre à attendre
demain pour en savoir plus , d'autant qu'ici il n'y a pas de bureau
Iberia .

            Dès la sortie nous tombons sur notre guide locale qui doit
nous escorter pendant les trois jours à venir . Par chance elle parle le
français et décide de prendre en main l'affaires des bagages disparus .
Nous traversons Foz de Iguazu pour gagner la frontière
brézilio-argentine où il faut faire tamponner les passeports puis nous
gagnons Puerto Iguazu , son homologue argentine sur l'autre rive où se
trouve notre hôtel , le American Portal dont la superbe piscine à
débordement nous invite aussitôt à la baignade .

            Nous y retrouvons Monique et Jean Marc , les seuls à avoir
fait le trajet sans encombre ;  pour des gens du fin fond du Tarn ,
voilà qu'ils se révèlent les plus dégourdis !! Aussi ils sont là depuis
fin de matinée et ils ont déjà retrouvé deux autres couples de la
Panaméricaine Annie et Christian Cofinet et un couple de suisse
germanophone . Ils nous apprennent les déboire des Falchier , un autre
équipage bloqué à Rio à cause d'un problème de phlébite qui risque de
compromettre le reste de leur voyage . Une bien fâcheuse histoire qui
permet à Roger et Claire de relativiser quant à leur soucis de bagages .
Fatigués par une journée éprouvante , nous décidons de manger tous
ensemble à l'hôtel et nous nous retrouvons à dix autour d'une table pour
déguster de superbes pièces de boeuf argentin , venant de la région de
Mendoza et du poisson du Parana . Un régal !



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