CHAPITRE 10

        Dès notre retour à Liévin fin août , après 2 mois et demi
d'errance en France et 7 000 bornes supplémentaires au compteur , nous
nous rendons compte de l'importance de notre retard dans la préparation
du voyage , surtout par rapport à Claire et Roger et aussi vis à vis de
Monique et Jean Marc .

          Aussi dès le lundi matin nous attaquons la confection de la 
tente-moustiquaire de chambre : nous avions acheté le matériel à Avignon
, le patron était déjà dessiné , la découpe des différents panneaux
faite , restait l'assemblage et la couture à la machine à réaliser et
bien sûr , l'essayage . Par chance , la prise des mesures semblait bonne
et il n'y a pas beaucoup de retouches à faire avant d'enfiler les
tringles télescopiques et de fixer la porte . Pendant que Dominique joue
les couturières , je confectionne avec l'aide du camarade Jeannot , un
support alu pour notre gros ventilateur qui sera pendu en bout de
chambre . J'en profite également pour tirer un câble 220 volts depuis la
prise de salle de bain jusque dans la chambre pour faciliter le
branchement du ventilo . Pendant que je suis le nez dans la ferraille ,
je décide de consolider les fermetures des tiroirs extérieurs qui ont
tendance à s'ouvrir spontanément avec les chaos de la route , surtout
quand ils sont bien chargés : en allongeant les butées des verrous , je
m'aperçois que ceux d'origine étaient simplement vissés dans du
plastique ...! Bravo Rapido ! C'est sûr , ce n'est pas Roger qui aura
une telle surprise avec son Hymer ! Sur les conseils de Janette , je
démonte notre pile à combustible Efoy car il est interdit de transporter
du méthanol sur le bateau et puis ça nous fait récupérer un sacré espace
de rangement . De même le démontage de la télé nous permet d'avoir un
vaste placard supplémentaire .

        Nous déposons une fois de plus le camping-car chez
Mercédes-Lille pour monter l'alternateur neuf que nous avions acheter
d'avance pour le PPI : le notre a 150 000 bornes et il est fortement
sollicité avec notre gourmandise en électricité, avec nos deux grosses
batteries au lithium (260 ampères) .C'est l'occasion également de leur
faire équilibrer les roues , ce que n'avait pas pu effectuer le Norauto
de chez Roger , faute de matériel poids lourd  . Je complète aussi notre
liste de pièces détachées à emporter par un jeu de plaquettes de frein
avant et arrière , un bidon de 5 litres d'huile moteur et 2 filtres à
gasoil supplémentaires , les deux que nous avions déjà n'étant pas
suffisants pour la Pérou , réputé pour la mauvaise qualité de ses
carburants ! Résultat , encore une facture à près de mille euros! Une
fois le véhicule récupéré , je repose le blindage sous le moteur avec
quelques difficultés car il a été endommagé sur les mauvaises pistes du
Kazakstan .

        La semaine suivante nous le déposons cette fois chez
Opale-Evasion pour installer une ventilation de cassette WC , une rampe
LED extérieure , changer de la caméra de recul  en rideau, ect ... On
fait le plein de produits WC pour 9 mois , des flacons de Micropure pour
compléter ceux qui restent du PPI , des filtres à gaz , un joint de
rechange pour la cassette WC . J'en profite pour me faire ré-expliquer
où se trouvent les différents fusibles cachés un peu partout et
j'apprends à démonter et remonter le poste radio-GPS-camera de recul de
la cabine , histoire d'éviter le vol à bord du bateau .

        De retour à Liévin , j'attaque le système de défense de la
soute où nous comptons mettre le maximum de matériel : il faut donc
essayer de la rendre inviolable ,étant donné l'importance du butin . Pas
facile de concevoir quelque chose de léger , qui soit facile à mettre en
place et qui soit solide de surcroît : la quadrature du cercle ! Pour
finir je décide de faire des trous dans la carrosserie , dessous le
camping-car , pour monter des tringles en tube d'acier de 22 millimètres
de diamètre qui passent au travers de cornières fixées sur l'intérieur
de la porte de soute et qui terminent leur trajet dans une encoche de
bois en dessous de notre lit . Toujours avec mon ami Jeannot , nous
mettons pas moins de deux jours pour que cela fonctionne correctement ,
les plus grandes difficultés rencontrées étant l'alignement parfait de
cinq trous superposés et surtout le percement des cornières en acier
jusqu'à 24 millimètres de diamètres : faute d'outillage adapté , il faut
se résoudre à terminer à la lime les quatre derniers millimètres ...!
Autre petit désagrément survenu au cours de cette fabrication artisanale
, je suis resté séquestré dans l'obscurité et la touffeur de la soute un
bon quart d'heure , le temps que Jeannot trouve la force nécessaire pour
débloquer le verrouillage de la porte ; il faut dire qu'il venait d'être
opéré d'un Canal Carpien droit , le pauvre !

        Maintenant que la soute est transformée en véritable
coffre-fort , nous pouvons nous atteler à son chargement : 250 kg de
matériel d'après notre pèse-personne  sur lequel passe le moindre objet
avant de trouver sa place définitive à l'intérieur! On installe d'abord
un étage de quatre grand cageots consacrés à la pharmacie , aux pièces
de rechange mécaniques et pour l'habitation et le dernier contenant le
cric et le matériel de crevaison . Une fois ce chargement dissimulé dans
le double fond vient ensuite un second étage avec la machine à laver  ,
du linge de maison (draps ,serviettes ,torchons) ,un peu de conserves
pour les premiers jours , la couette et les oreillers . Le troisième
étage est consacré au matériel de plein air : table , chaises , jerrican
d'eau propre , jerrican de gasoil , pneu de rechange , plaques de
désensablement , antenne d'amplificateur Wifi, et bien sûr la boite à
outil ! Le tout sanglé solidement sur le plancher pour ne pas venir
faire bélier contre la porte lors des coups de tabac en haute mer!




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